DE KARL LE CHAUVE. — KARLMAIW , ROI D* ITALIE
De Tan 876 à l'an 878.
Durant la génération tout entière pendant laquelle Ludwig , petit-fils de Karl le Grand, avait été roi des Teutschs, les espérances dout on pouvait avec raison attendre l'accomplissement de la réunion de tous les peuples teutschs en un seul royaume, n'avaient pas sans doute été toutes réalisées ; mais on ne peut accuser le roi d'avoir rien arrêté, rien paralysé, rien comprimé. Il ne manqua ni de génie, ni d'énergie, ni de pénétration , ni de bonne volonté ; mais il se trouvait placé dans un monde qu'il n'avait pas créé et que le défaut de moyens l'empêchait de changer. II avait à porter tout le poids des troubles que nous avons signalés plus haut , et il fut entraîné par les relations de son royaume bien plus souvent qu'il ne fut en état de leur imprimer une autre direction. Les institutions des temps antérieurs furent respectées par lui. 11 protégea les ecclésiastiques , veilla au perfectionnement de l'organisation de l'Église, et encouragea la religion autant qu'il le put. De même , il tint chaque année , ou aussi souvent qu'il le jugea nécessaire , des diètes pour délibérer avec les officiers et les vassaux sur les besoins du temps et les exigences du moment. Toutes les institutions de Karl le Grand pour le progrès des tendances humaines, et toutes ses fondations pour la culture de l'esprit, continuèrent aussi a subsister sous Ludwig , son petit- fils , bien que la génération orageuse qui s'écoula entre ce puissant empereur et la réunion de tous les peuples teutschs en un seul royaume eût déjà détruit beaucoup de choses, et détourné beaucoup d'autres de leur direction originaire. Enfin le droit fut observé et la justice rendue suivant les anciennes formes. En toutes ces choses , Ludwig ne fut ni en arrière ni au dessous des relations de son siècle.
Mais le système féodal sur lequel était fonde le royaume teutsch était en lui-même si désastreux , que tout progrès qui le rapprochait de son complément était une nouvelle entrave pour le génie et pour le développement du génie : car un tel progrès affermissait et fortifiait la domination souveraine des vassaux , et par là même abaissait davantage encore les masses sujettes à la servitude. La liberté publique,