‹ Histoire d'AllemagneChapitre 23 sur 100 · MAP. 1". W · texte numérisé non relu

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avec lui. Car Arnolf fut assez prudent pour ne pas réunir les vassaux en assemblée publique , mais pour les recevoir individuellement. S'il les avait réunis avant qu'ils ne se fussent engagés par le serment de fidélité , la discussion aurait facilement aborde les choses qu'il désirait le plus laisser de côté; et il savait bien que tous le reconnaîtraient bien plus sûrement pour roi , si chaque individu restait dans l'incertitude avec ses passions et ses tendances , et qu'une fois reconnu, il se maintiendrait d'autant plus fermement sur le trône , qu'il s'en montrerait plus digne.

Pendant ce temps , les événements du Teutschland et la mort de Tempcreur furent connus des Français et des Italiens. Aussitôt s'éleva dans les deux pays la plus grande confusion , qui aurait également désolé le Teutschland , sans la révolte d' Arnolf. Ici , comme là , plusieurs prétendants aspirèrent à la couronne, et tous trouvèrent quelques partisans. Ce même Wido , duc de Spolùtc , qui avait eu de si mauvaises querelles avec l'empereur Karl le Gros, et de si pernicieuses hostilités avec Bcrngar, duc de Frioul , passa en toute hâte les Alpes à la première nouvelle des mouvements qui s'opéraient dans le Teutschland contre l'empereur, accourut dans la France septentrionale, d'où il était peut-être originaire , et en Lotharingie , dans l'espoir qu'il réussirait à y acquérir une couronne royale. Il fut vraisemblablement favorisé par le pape Etienne V , qui , par nécessité ou par inclination , s'était lié avec lui de la manière la plus étroite. Car le saint-père lui souhaitait peut-être plus volontiers un royaume au nord des Alpes qu'un duché dans le voisinage de Rome , et le séduisit peut-être même par l'appât do la couronne impériale , qu'après tout Karl le Chauve avait aussi portée , et que le pape voyait de préférence sur la tête d'un prince éloigné. Wido fut réellement salué roi à Lnngres. Toutefois , il trouva bientôt trop peu de bras disposés à le défendre, pour ne pas être obligé de renoncer aux provinces septentrionales et d'attendre en Italie une meilleure fortune. Plus loin , dans l'ouest et au centre de la France , jusqu'à la Ivoire , cet Odo qui avait défendu avec une si grande résolution Paris contre les Nordmans, homme non moins distingué par ses qualités physiques que par sa bravoure , reçut une couronne à Coinpictznc. flans la France méridionale , dans les pays

situes derrière la Loin;, et que l'on appelait I fortune au milieu de si grandes révolutions.

Aquitaine , le duc Rannoll prit le titre de roi , et parut d'autant plus puissant, que non-seulement une grande partie du pav savait été placée sous son gouvernement , mais qu'il pouvait encore compter sur les vieux sentiments d'inimitié qui animaient les Aquitains contre les Neustfiens, et que de plus il était maître de la personne du plus jeune (ils de Ludwig le Bègue, le jeune Karl le Simplet , qui continuait bavoir un parti. En Italie, Iterngar, le puissant duc de FKoul, ne perdit pas un moment pour exécuter les projets qu'il méditait depuis longtemps : il se lit placer sur la tète, a Pavie, par l'arche* vèque Anselm de Milan, la couronne d'Italie; et il serait peut-être arrivé à la tranquille possession de ce royaume, si son ancien ennemi , Wido de Spolète, avait réussi à trouver au nord des Alpes un trône qui eût satisfait son ambition.

En face de tout cet essaim de rois, Arnolf, roi de tous les Teutsclis , se tenait désormais comme un puissant seigneur. Dans le principe, il semble être resté tranquille spectateur du tumulte, parce qu'il désirait avant tout réunir sous son autorité tous les peuples du Tentsehland,bien que ni en Lotharingie ni en France il ne manquât de dignitaires et de vassaux qui, par leurs prières et leurs séductions , le pressaient de se rendre auprès d'euxet de se déclarer leur roi. Mais lorsqu'il crut son succès assuré dans le Teutschland, et qu'il fut instruit des tentatives faites par Rudolf sur la Lotharingie , il convoqua sans hésiter une assemblée générale à Francfort. On se rendit à son appel. L'assemblée résolut une expédition en Lotharingie, pour conserver au royaume tcutsch ce pays habité par des hommes de langue teutsehe.

Kniin , dans les hautes Alpes, que la nature Lorsque les préparatifs furent terminés et que

semble avoir placées comme frontières décisives I l'armée se fut réunie, Arnolf la conduisit à

entre trois grands peuples, les Teutsclis , les Worms, où, à ce qu'il semble, il avait aussi

Français et les Italiens, s'éleva un nouveau convoqué les Lotharingiens. Pendant ce temps,

royaume , à l'est du roy aume de Provence , que Koso avait fondé. En effet, Rudolf, iils de

Odo , qui prenait le titre de roi de France , av ait remporté sur les Nordmans une victoire qui

Chuonrad, avait , plus de vingt ans auparavant, semble, il est vrai, avoir été peu importante tué l'abbé llucbert de Saint-Maurice en Valais , en elle-même , mais qui reçut une grande vafrère de la malheureuse Teutberga , et , depuis leur des circonstances où elle avait été obtenue, ce temps, il avait eu un grand gouvernement Après ce succès, en effet, un grand nombre de dans ces contrées. Ce même abbé Hugo, qui ses adversaires , entre autres Baldnin , comte de

s'était distingué dans la défense de Paris contre les Nordmans , était son oncle ; et, grâces a lui, il avait été comblé de faveurs. Maintenant que

Flandre , se déclarèrent en sa faveur, et le reconnurent comme leur suzerain et leur roi. Sa cause sembla décidée dans la France septen-

l'empire karolingien était dissous , il se sentit trionale. Dans cet état de choses , Arnolf invita assez fort pour s'emparer d'une couronne dans les montagnes inaccessibles dont il était en

le roi de France Odo h une entrevue à Worms. Il voulait sans aucun doute connaître cet homme,

jMîssession. II convoqua donc les ecclésiastiques [ et se convaincre de ses intentions, particulière* elles vassaux laïques de ces contrées élevées de ! ment au sujet de la Lotharingie. Et Odo, qui

l'ancienne Rurgondie entre le Jura et les Apennins à une diète indiquée à Saint-Maurice. Là il fut reconnu roi. Les pays qu'aujourd'hui nous appelons Suisse , y compris les Grisons , le V alais et Genève , furent soumis à son autorité. Mais lui , lier du succès , jeta désormais ses regards des montagnes sur la plaine, et conçut l'espérance d'acquérir toute la Lotharingie ,

devait sans doute reconnaître les avantages qu'Arnolf av ait sur lui dans sa position , n'hésita pas à se rendre à i'inv itation du roi , en se faisant accompagner de quelques hommes éminents. Commc,danscetteentrevue, Odo exprima des intentions paciliques et amicales , et comme il déclara expressément qu'il désirait entretenir les meilleures relations av ec Arnolf , et comptait

qui n'avait pas encore de roi. Il envoya des I trouver en lui un bon voisin, Arnolf, qui savait

aflidés dans les cantons de la Lotharingie, et chercha à gagner les esprits par de brillantes promesses. Et il |»rail que beaucoup de vassaux se déclarèrent prêts à jurer fidélité a. un homme si libéral : car chacun cherchait à faire aussi sa

bien que ses droits sur la France ne valaient pas mieux , ou plutôt valaient moins que ceux d'Odo , fut assez sage pour accepter les offres de celui-ci , pour y répondre et lui reconnaître le titre de roi; seulement il s'interposa en fa-

vêtir des hommes qui s'étaient adressés à lui et avaient tenté de lut assurer la couronne de France, afin que les dispositions qu'ils avaient montrées pour lui ne leur nuisissent pas auprès d'Odo,roi de France. D'autre part, Arnolf chassa des plaines de Lotharingie les partisans de Rudolf, et il aurait volontiers châtié l'arrogance de ce roi des montagnes lui-même; mais Rudolf était en sûreté derrière les gorges, les précipices et les glaciers de son nouveau royaume. De ses hauteurs , il jetait un regard de mépris sur les armes des Teutschs, et Arnolf était moins que jamais en état de triompher de lui. Les difficultés d'une guerre contre un prince pour lequel la nature elle-même combattait avec tant de force n'échappèrent point a Arnolf. Aussi , lorsque Rudolf vint le trouver l'hiver suivant à Ratishonnc, conclut-il avec lui un traité de paix ; mais il n'oublia pas cette première rencontre, et les relations où il se trouva mêlé en Italie durent nécessairement réveiller l'inimitié entre lui et Rudolf.

En effet, les rapports d'ArnoIf avec l'Italie prirent malheureusement une tournure moins naturelle que ses rapports avec la France. La raison s'en trouvait en partie dans les relations antérieures du roi , en partie dans cette circonstance , que Rudolf s'était fait roi des montagnes , et avait pris une position hostile à l'égard d'ArnoIf; en partie enfin dans la position du pape , comme chef reconnu de l'Église, au milieu des factions sauvages qui s'élevaient en Italie, et qui tantôt émouvaient a peino les Italiens, et tantôt les précipitaient les uns contre les autres d'une manière si terrible , qnc le siège apostolique lui-même, entouré de ces vagues et de ce tumulte, n'échappa que difficilement à ces tempêtes.

Berngar avait été, comme nous l'avons dit, couronné roi d'Italie à Pavie. Vraisemblablement il aurait réuni tous les Italiens que l'on regardait comme appartenant au royaume d'Italie , si son ancien ennemi , Wido de Spolète , avait réussi à conserver la couronne que l'évoque (icilo avait placée sur sa tête à Langrcs. Peut-être avait-il tenté de devenir roi de France parce qu'il désirait éparguer aux Italiens les calamités d'une guerre civile. Mais après que cette tentative eut échoué , il ne put oublier l'éclat d'une couronne, et voulut profiter de la considération dont iljouissait en Italie. Il oublia patrie et peuple pour lui-même. A son arrivée en Italie,

Berngar pressentit le danger qui s'élevait contre lui , ou du moins il sut le calculer. Arnolf, le puissant roi des Teutschs , lui inspirait des craintes , parce que précédemment ses vues avaient été suspectes à ce prince, et que Liutwurd, évêque de Verceil , son ennemi, était devenu Paini d' Arnolf. Pris entre Wido et Arnolf, sa ruine paraissait inévitable. Aussi s'adrcssa-t-il au roi des Teutschs, afin de se mettre en sûreté au moins d'un côté. Arnolf, rassuré maintenant au sujet de la Lotharingie, se rendit dans les montagnes avec un corps de troupes considérable. 11 reçut a Trente Berngar, roi (l'Italie , et il le reçut avec amitié et bienveillance. II lui laissa, sans rien en détacher, le royaume qu'il possédait : il parait toutefois qu'il s'y réserva les domaines appelés domaines royaux , et où se trouvaient des palais; il parait aussi qu'il imposa au roi Berngar certaines prestations ou certains services. Arnolf fut peutêtre déterminé a ces réserves par le sentiment de la supériorité qu'il avait maintenant sur son ancien ennemi; et Berngar ne résista pas aux prétentions du roi , en partie sans doute parce qu'il u'était pas en état de les repousser , en partie peut-être aussi parce qu'il voulait intéresser Arnolf an maintien de son royaume et se ménager un appui en cas de besoin. Par là les relations, sinon des États, du moins des rois, se compliquèrent , et ce ne fut certainement pas à l'a\ antage des peuples. Et le cas de besoin se présenta bientôt; car Wido ne tarda pas a se montrer très-redoutable. Beaucoup d'hommes belliqueux de Lotharingie et de France vinrent à lui, pour faire leur fortune en Italie, puisqu'ils l'avaient compromise de ce côté des Alpes pour avoir embrassé sa cause. L'Italie centrale, qui s'était déclarée pour Berngar, fut aisément gagnée par lui, parce que autrefois il a\ait gouverné ce pays , et y avait acquis et exercé au loin une grande influence. Ses intrigues enfin et ses promesses attirèrent beaucoup d'hommes entreprenants , dont les espérances ne s'étaient pas toutes réalisées, dont les prétentions n'avaient pas été toutes satisfaites, et qui par conséquent quittèrent Berngar pour passer dans son parti. Plus d'un vaillant homme ferma peut-être aussi son c(cur a Berngar, parce qu'il désirait voir l'Italie devenir un royaume indépendant , et qu'il ne pouvait en conséquence pardonner à ce roi de s'être mis dans une position si dangereuse à l'égard d'ArnoIf, roi des

Tculschs. Et de cette maiiiére , l'Italie se divisa bientôt en factions nombreuses, et bientôt il fut incertain lequel des deux rois serait le plus fort, Wido ou Berngar. Mais cette incertitude môme eut bientôt un terme. On en vint aux armes avant môme la fin de cette année. La première bataille, livrée dans le pays de Brcscia , j>aralt , il est vrai , avoir tourné à l'avantage de Berngar; mais celui-ci y essuya pourtant des pertes si considérables, qu'il se vit forcé d'entamer des négociations avec Wido , son ennemi. Les deux princes convinrent d'une entrevue qui devait avoir lieu au commencement de l'année suivante, et où l'on devait conclure un accommodement. Mais ['interruption des hostilités, causée par la nécessité seule, n'amena pas une réconciliation. Des le printemps de l'anuée 889, une nouvelle et sanglante bataille fut livrée sur la Trebia, vraisemblablement aux environs de Plaisance. Berngar la perdit, et Wido fut solennellement déclaré roi et suzerain d'Italie par les évoques, à Pavic, qui jusqu'alors avait été considérée comme la capitale du royaume. Berngar se maintint , il est v rai , dans le nord-est de l'Italie ; il conserva même Vérone ; toutefois, d'après la tournure quo les choses avaient prise jusqu'à ce moment, il semblait hors d'état de se soutenir longtemps contre la puissance de Wido son ennemi.

Tandis que les pays voisins , qui jadis avaieut appartenu à l'empire de Karl le Grand , étaient livrés à des troubles si malheureux , et souffraient , par une suite nécessaire de ces agitations , des maladies et de la famine , les peuples tcutschs tournaient vers leur nouveau roi, vers Arnolf, des regards animés par de nouvelles espérances; et ce roi lui-môme ne négligeait rien pour tranquilliser et gagner les esprits , pour consolider avant tout la situation intérieure de son royaume. Bientôt il crut que les opinions lui étaient assez solidement acquises pour que , dès le mois de mai de l'an 889 , il pût convoquer à Forchhcim une diète où, après avoir parlé de la nécessité de mettre le Teutschland à l'abri des calamités sous lesquelles gémissaient les peuples voisins , il proposa que l'on reconnût comme héritiers du royaume , dans le cas où il viendrait à mourir, ses deux bâtards , Zuentibald et Ratolf. 11 avait déjà obtenu cette promesse des Bavarois; les autres Teulschs hésitèrent , il est v rai , à établir

en principe que les bâtards du roi seraient considérés comme fils légitimes ; mais , soit pour ménager ses sentiments, soit par respect pour sa personne , soit à cause des craintes que leur inspirait l'incertitude de la succession au trône , ils lui firent également la promesse solennelle d'appeler au trône ses fils naturels , dans le cas où il n'aurait point de ûls de son légitime mariage. Du reste , on vit paraître à cette diète des ambassadeurs des Danois et de plusieurs peuples slaves , qui venaient demander paix et amitié. Arnolf se rendit à leurs désirs. Les Abodrites seuls n'envoyèrent pas d'ambassadeurs. Ce fait sembla prouver leurs dispositions hostiles. Aussi une expédition fut-elle soudain entreprise contre eux. Arnolf toutefois se contenta volontiers de les ramener par la terreur à leurs anciennes relations ; de môme qu'en général il chercha manifestement à éviter de tous côtés ces guerres où le Teutschland avait jusqu'alors dépensé tant de force cl gagné si peu de gloire. Le Teutschland , c'était là son désir, devait se refaire ; il devait augmenter ses forces par la communauté de pensée qu'il chercha à éveiller et à maintenir par ses voyages à travers le royaume , et particulièrement par la tenue de diètes fréquentes. Il n'est pas moins évident qu'il avait de grands projets en vue. Le petit roi Rudolf, qui, tout en recherchant son amitié, avait dans les montagnes une position si arrogante, excitait sa colère; et l'Italie, où l'attirait la mauvaise position de Berngar , où l'appelait le siège apostolique env ironné d'un formidable tumulte, où l'en I rainaient de si grands souvenirs, l'Italie occupait sa pensée. Il voulait ménager ses forces et celles de son peuple pour ce pays et pour la haute Bourgogne. Ce fut chez lui, dans ce même but, un acte de sagesse d'en tretenirdes relations amicales avec le petit royaume de Provence : il aurait cherché à le faire , lors môme qu'Irmingarde , veuve de Boso, fille de l'empereur Ludvvig II , ne serait pas venue auprès de lui , afin de solliciter sa bienveillance en faveur de son fils , le jeune roi Ludvvig ; bien que, d'un autre côté , par cette alliance avec la Provence , il forçât presque Rudolf, roi de la haute Bourgogne, à s'allier avec Wido, roi d'Italie. Mais où il manqua de sagesse , ce lut dans sa conduite avec Zuentibald, prince ou roi des Moraves. Depuis une suite d'années, Arnolf avait appris à connaître cet homme dans la paix et dans la guerre. Zuentibald dé-

testait les Teutschs , parce qu'il avait pénétré leur dessein de soumettre son peuple. Aussi était-il dans la guerre un ennemi redoutable , et dans la paix un ami dangereux : dans la guerre, il ne reculait devant aucune action ni devant aucun moyen; dans la paix, il profitait de toutes les occasions pour renouveler la lutte interrompue et préparer quelque désavantage aux Teutschs. Dans les demiers temps, les armes s'étaient reposées. Mats maintenant , en Tannée 890 , une entrevue eut lieu entre Arnoli* et lui dans un endroit qui est appelé Omuntesberg , soit que de nouvelles querelles se fussent élevées, soit qu'Arnolf désirât se garant il- de ce côté à cause de ses vues sur l'Italie : peut-être Zuentibald prétendait-il s'agrandir aussi , puisqu'Arnolf s'était tant agrandi par l'acquisition du royaume teutscli ; car bien qu'il ne soit nullement vraisemblable que Zuentibald ait soutenu l'entreprise d'Arnolf contre l'empereur Karl III, il n'avait du moins pas cherché à y mettre obstacle , et probablement il regardait volontiers son inaction comme un grand service, digue d'une grande récompense, bien qu'elle ne pùt avoir sa raison que dans les circonstances. Quoi qu'il en soit, le roi Arnolf laissa, dans cette entrevue, au prince Zuentibald toute la Bohême, soit qu'il y fût contraint par la nécessité , pour satisfaire aux exigences du prince morave; soit par sa libre volonté, pour se rattacher d'autant plus intimement par les liens de la reconnaissance. Mais Zuentibald , qui résumait en lui la colère de tout son peuple, n'avait qu'une seule pensée. Il ne vit dans l'inféodation de la Bohême qu'un acte de folie de ] son ennemi , qui lui donnait lui - même les I moyens d'assurer la vengeance de son peuple , et il n'attendit que l'occasion d'agir.

Arnolf apprit bientôt quel ami il s'était fait. Dés l'année suivante, 891, on en vint à des querelles animées, et ces querelles durent être d'autant plus désagréables au roi , qu'un autre ennemi l'empêcha de faire sentir sa colère au prince des Moraves. Cette année, en effet , une bande de ces Nordmans qui continuaient à tourmenter et à maltraiter sans cesse la France lit de nouveau irruption en Lotharingie : ces barbares pénétrèrent jusqu'à Nimègue et Yix-la- Chapclle , et exercèrent au loin de grands ravages. lAi roi donna aux Lotharingicns et aux habitants des bords du Rhin l'ordre d'entrer en campagne contre ces bandes de brigands; et I

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