‹ Histoire d'AllemagneChapitre 24 sur 100 · HA · texte numérisé non relu

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dès le mois de juin, les Lotharingicns s'avancèrent contre les Nordmaus jusqu'à la Meuse. Mais bientôt l'ancienne perversi té, la désunion, la lâcheté, la trahison , se mirent dans l'armée ; et l'archevêque de Maycncc et le comte Arnolf périrent d'une mort inutile, car l'armée fut battue ou dispersée par les Nordmans; les troupes retournèrent dans leurs foyers, et le pays resta en tous sens ouvert aux ennemis. Cet événement causa une vive douleur au roi Arnolf. Il crut nécessaire de faire lui-même une campagne contre les Nordmans ; il ne pouvait pas souffrir une chose qui avait couvert les rois de la maison karolingienue de honte et de déshonneur. Il essaya donc , par des négociations avec Zuentibald , sinon de rétablir la paix , du moins de prévenir l'éclat d'une guerre ouverte ; quant à lui, il se rendit sur les bords du Rhin, vers l'automne. Les vassaux d'Allemannie et de la France orientale devaient l'accompagner. Les Allcmanni toutefois, qui peut-être n'avaient pas oublié le malheur que la révolte d'Arnolf avait fait peser sur l'empereur Karl le Gros, qu'ils avaient vu comme roi à leur tête , refusèrent de suivre la bannière du roi. Ils se mirent en marche ; mais , sous prétexte que les maladies répandues dans l'armée rendaient impossible de continuer l'expédition , ils retournèrent bientôt dans leurs foyers, et abandonnèrent le roi à son sort. Les Franks , au contraire , se joignirent loyalement à lui, et avec eux Arnolf descendit le Rhin contre les Nordmans.

Cette expédition nous fait voir un grand changement dans l'organisation militaire des Teutschs. Jusqu'au temps de Karl le Grand et même jusqu'à celui de Ludwig le Pieux, la principale force de l'armée teutschc consista dans l'infanterie. Nous avons remarqué , à l'occasion des guerres de Karl le Grand, qu'on y voit rarement figurer la cavalerie. Ce ne fut que dans les querelles de Ludwig le Pieux avec ses fils et dans celles de ces princes entre eux que les historiens s'expriment de temps en temps de manière à faire penser que les guerres et les expéditions se firent en grande partie avec de la cavalerie. Cette pensée devient toujours plus vraisemblable avec la suite du temps; il est toujours plus fréquemment question de chevaux et de cavaliers. Mais, à l'occasion de cette campagne d'Arnolf contre les Nordmans, on dit formellement que son armée consistait en grande partie en cavaliers ; et un écrivain de

HISTOIRE IH PEl PLE ALLEMAND.

sauvage cri de bataille , fier* de leurs ancienne victoires, et surpris par l'enthousiasme buttendu de leurs ennemis. Us Nordmans étaient semble, une preuve du rapide développement : Danois. Personne u'avait jamais entendu diiv

celte époque .ajoute même l'observation : ■ que les l-'rnnks n'étaient pas accoutumés à combattre à pied. » Ce changement donne, à ce qu'il

du système féodal. Les hommes libres de l'ordre inférieur étaient tous accablés par les tempêtes de cette époque, ou avaieut été engloutis dans les Ilots du vasselage; avec eux avait été entraînée une grande partie des petits vassaux; quant aux grands vassaux , ils ne voulaient se

qu'une forteresse des Danois av ait été prise ; qui les Danois avaient été vaincus dans une forteresse. Cette pensée enflamma les coeurs dis Teutsebs; cette confiance rendait inaccessible» à la crainte les cœurs des païens. Le combat fut terrible, mais il dura peu. Devant la puis-

montrer qu'à cheval et à la tétc de troupes de I saute épée des Teutsebs, il ne resta aux Dauoi»

cavalerie. Les guerres contre les peuples slaves, j de salut que dans la fuite. Mais la Dyle était un

qui d'habitude entraient en campagne avec une ' obstacle à cette fuite. Poussés parla honte, pav

cavalerie nombreuse , développèrent davantage ; le désordre , par le désespoir , ils se jetèrent daib

encore l'orgueil des vassaux teutschs , et ren dirent peut-être nécessaire le service à cheval.

Lorsque les ISordmans furent instruits de la marche du roi Arnolf, ils avaient cette fois encore réuni leurs forces près de Louvain, et s'étaient mis en sûreté derrière des retranchements et des abattis. Arnolf s'avança rapidement, et passa la rivière de la Dyle. Son projet était d'attaquer aussitôt; mais la position de l'ennemi rendait toute attaque impossible à l'armée du roi ; car d'un côté elle était entourée par la rivière, et de l'autre couverte par un marais. Arnolf étudia le pavs, et chercha tous les moyens de saisir ces cruels ennemis avec ses troupes de cavaliers; mais il ne trouva ni moyen ni accès. Alors il appela près de lui les plus vaillants des siens , et leur parla en ces termes : « Hommes chrétiens ! vous n'avez jamais été, par la grâce de Dieu , vaincus dans la lutte pour la patrie. Ranimez vos courages! Vous avez à venger le sang si pieux de vos pères qui a été versé par la fureur barbare de ces païens ; vous av ez à venger les églises de votre Créateur, fondées en l'honneur des saints, qui ont été renversées dans votre patrie, et les serviteurs de Dieu, qui ont été massacrés par ces païens. La , guerriers , les auteurs de ces crimes sont devant vos yeux! Suivez-moi! Je descends de cheval et porte devant vous la bannière de la patrie. Suivez-moi! ce n'est pas notre cause que nous défendons ; non ! c'est la cause de Dieu , au nom duquel nous commençons le combat. » A ces mots, il s'élança de son cheval , et tous les guerriers suivirent son exemple avec le plus grand enthousiasme. Cette armée, habituée à combattre h cheval , se précipita à pied , avec des cris de joie , sur les pas du roi , vers le camp des païens. Ceux-ci poussèrent un

la rivière, où ils trouvèrent tous la mort. La victoire des Teutchs fut si décisive , que la renommée l'agrandit au point d'en faire un miracle. Deux rois des Danois , dit-on , Sigifriedet Godefried, les mômes sans aucun doute dont nous avons raconté la fin et la destinée , furent tués; le fleuve , dit-on encore , monta tellement par les cadavres des noyés, que son lit fut vu moitié à sec. Arnolf, le roi, envoya en Bavière , comme signes de sa victoire , seize drapeaux pris sur l'ennemi ; les guerriers teutschs ne perdirent qu'un seul homme. Quoi qu'd en soit, cette victoire fut belle et glorieuse. Arnoll en sentit toute l'importance pour lui-môme et pour la patrie. 11 en rapporta l'honneur à celui de qui nous tenons l'existence, la vie et la victoire. Il lui rendit des actions de grâces avec toute son armée, et ordonna que le jour de te triomphe serait à jamais célébré à louvain par une fétc solennelle (2;.

LES HONGROIS. — DERNIÈRES EXPÉDITIONS d' ARNOLF CONTRE ZIENTIBALD. MAL- HEUREUX ÉTAT DE L' ITALIE.

De l'an 891 h fan 893.

Des bords de la mer teuloniquc , Arnolf, après sa victoire sur les Nordmans , revint dans le Teutschland méridional. H se rendit au château royal d'i lm ; car, pendant son expédition contre les Nordmans, la ville de Ratisbonue avait été entièrement détruite par un épouvantable incendie, le tO août, et , au milieu de la ville embrasée, les églises de St-Emmeramm et tic St-Cassien avaient seules été respectées par les flammes. L'Italie attirait toute l'attention d'Aruolf ; de grandes choses s'y étaient accomplie»

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