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disparait de l'histoire. Ses neveux, Adalbert, Ilcinrich et Adalhard , hommes pleins de bravoure, pleins de l'esprit de leur père, et euxmêmes profondément blessés, partageaient la douleur et la colère de leur oncle. Beaucoup de grands seigneurs de la Marche , de la Thuringc et de la Bavière tenaient pour celte grande maison. En face d'eux tous , Kunrad , le nouveau duc des Thuringiens , ne put conserver le duché. Il se retira , dit-on , volontairement , pour sauver du moins les apparences , et la dignité ducale fut donnée à un certain comte Burchard. Mais Kunrad , bien qu'en dépit de ses ennemis sa famille eût reçu en dédommagement de l'empereur Arnolf des fiefs considérables dans la marche des Sorabcs et dans les contrées voisines , n'oublia pas la perte qu'il avait faite , et un aiguillon empoisonné resta fixé dans son Ame. Il se passa peut-être beaucoup de choses que l'histoire n'a pas consignées. Il parait que le premier éclat des hostilités , en l'an 897 , fut bientôt comprimé par l'empereur Arnolf. Mais il ne manqua ni d'un coté ni de l'autre de provocations , d'intrigues et de menées secrètes. Les fils du duc Heinrich se mirent en communication avec Otto , le puissant comte ou duc des Saxons , pour être assurés de son appui en cas de besoin. D'autre part, leurs ennemis conservèrent dans l'archevêque Hatto de Mayence un ami dont le bras spirituel pouvait se faire sentir au loin , et dont les intrigues ecclésiastiques n'échouaient jamais. Dès l'an 890, très-peu de temps avant la mort d'Arnolf , les comtes Kunrad et Gebehard curent une conférence avec Zuentibald, fils d'Arnolf, gendre d'Otto, roi de totharingie. Cette entrevue fut sans aucun doute ménagée par l'archevêque Hatto ; du moins il y assista , et de France même il y vint deux princes, un évèquc , Haschirich, et un comte , Odacar. Il parait qu'on flatta le prince Zuentibald de l'idée qu'il deviendrait roi de tout ("empire de Karl le Grand , parce qu'on espérait détacher par lui et par sa femme Oda , le père de cette reine , le duc Otto de Saxe, du parti des fils du duc Heinrich , et que par suite l'anéantissement de cette grande famille deviendrait plus facile. Mais la mort d'Arnolf et la violence de Zuentibald renversèrent les projets qui avaient été conçus dans les ténèbres, et combinés dans le mystère.
La fe Me ou guerre privée ouverte commença
l'an 902. Les neveux de Poppo avaient rassemblé près de Babenbcrg une troupe de soldats ; l'évêque Rudolf et ses frères (avec lesquels toutefois kunrad ne se trouvait pas) avaient réuni leurs forces près de Wiïrtzbourg. Les premiers s'avancèrent; les derniers marchèrent à leur rencontre. On en vint a un rude combat. Ceux de Babenberg furent battus et mis en fuite. Du coté de ceux de Wiirtzbourg , on trouva parmi les morts le comte Eberhard, si grièvement blessé , qu'il expira peu de jours après ; mais du côté de ceux de Babenberg , non-seulement Heinrich périt dans la mêlée , mais Adalhard eut encore le malheur d'être fait prisonnier. Et telle fut la fureur si longtemps alimentée de ces seigneurs , que Gebehard vainqueur ne rougit pas de faire trancher la tête à son prisonnier , au comte Adalhard.
Après cette victoire, les frères de Rudolf re vinrent dans leurs comtés de la France rhénane , soit qu'ils crussent que la puissance de leurs ennemis était tellement brisée que l'évéque de Wiirtzbourg n'avait rien à craindre, ou que du moins ils n étaient pas assez forts pour attaquer la forteresse de Babenberg , soit que des circonstances inconnues nécessitassent leur présence chez eux. Mais Adalbert n'était pas encore vaincu. Doublement affligé de la perte de la bataille et de la mort de ses deux frères si fidèles , poussé par le redoutable génie de la vengeance , il se précipita en avant , dès l'année suivante, avec des forces nouvelles; et l'évéque Rudolf de Wiirtzbourg ne put lui résister. Adalbert le contraignit n la fuite , s'empara de tous les biens de l'Eglise , chassa la femme et les fils du comte Eberhard du pays jusqu'au delà du Spessart , et prit sans ménagement possession des propriétés et des biens que le roi leur avait inféodés. De là des combats et des luttes confuses, et au loin le défaut de sûreté et la destruction. Adalbert et les siens furent maîtres du pays qui s'étend sur les deux rives du Mcin en descendant le cours de ce fleuve.
Pendant ce temps, lesévêquesdu Teutschland méridional, sans aucun doute invoqués par Rudolf et sommés par l'archevêque Hatto , s'étaient mis en mouvement, et plusieurs comtes s'étaient réunis à eux. 11 parait que le duc Otto de Saxe ne prit absolument aucune part à cette lutte, soit qu'il crût que le meilleur moyen de ménager son influence était de tenir toutes les forces des Saxons réunies , soit
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qu'il rédoutàt de voir cette guerre privée s'étendre plus loin, soit enfin qu'il poursuivit l'accomplissement de vues particulières. Il paraît qu'il retint également Burchard, duc des Thuringiens. Mais ce furent probablement l'un et l'autre qui empêchèrent les peuples slaves de tirer parti de la désunion des Teutschs. D'autre part, les princes du Teutschland méridional, ayant au milieu d'eux le petit roi Ludwig , s'étaient mis en campagne avec des troupes considérables, pour venger les vexations que subissait un prince de l'Église. Vendant qu'Adalbcrt victorieux poursuivait ses anciens ennemis, ses ennemis nouveaux s'emparèrent d'un de ses châteaux , appelé Tarasse ; et là , au nom du jeune roi , une grande partie des domaines d'Adalbert et de son frère mort , Ilcinrich v fut aussitôt confisquée et inféodée pour toujours à l'évèché de Wûrtzbourg , à titre d'indemnité. Mais cet acte d'impuissance n'eut pas de résultat. L'armée avec laquelle se trouvait Ludwig l'enfant se dissipa , à ce qu'il parait , peut-être parce que la désunion s'était mise entre les chefs ; car il ne se trouve aucune trace qu'elle ait fait d'autres actions , et le jeune roi se trouvait l'an 904 à Ratisbonne et à Tribor. Adalbert cependant suivait le chemin de la vengeance. Après avoir augmenté le plus possible le nombre de ses guerriers , il résolut , l'année suivante , d'attaquer les comtes franks dans leurs possessions hessoises. Deux comtes de Lotharingie, Gérard et Matfrid (7), ces deux frères si remuants, furent décidés par lui à faire irruption sur les domaines que ses ennemis avaient sur la rivo gauche du Rhin , taudis que lui-môme manœuvrait avec tant d'adresse , que ses adversaires ne purent pénétrer son plan. Désirant tout protéger contre ce dangereux ennemi, les comtes franks divisèrent leurs forces : Kunrad envoya son fils , (pii s'appelait également Kunrad, et qui dans la suite devint roi des Teutschs, au delà du Rhin avec une partie de leurs guerriers; luimême prit position avec un corps considérable d'infanterie et de cavalerie auprès de Fritelar ; son frère Gebchard enfin devait essayer de défendre la Wcttéravie.
Kunrad , fils de Kunrad, ne combattit pas «ans bonheur. H contraignit bientôt à la paix les deux comtes Gérard et Matfrid. Son père lui d'autant plus malheureux; car Adalbert sut tellement donner le change à ses ennemis,
qu'ils se persuadèrent qu'il attaquerait le comte
Gebchard dans la Wettéravie ; mais tout à coup il dirigea sa marche sur Fritzlar , et la termina avec une telle rapidité, que Kunrad n'eut pas le temps de ranger ses guerriers en bataille. Deux de ses corps, P'un d'infanterie, l'autre de cavalerie, prirent la fuite dès qu'ils virent l'ennemi. En vain Kunrad chercha à les ramener par la voix et par l'action , en vain il leur rappela leurs femmes et leurs enfants. Dans son désespoir, il se précipita avec soa troisième corps au devant de son ennemi ; mats dès le premier choc il tomba grièvement blessé, et perdit la vie. Aussitôt les siens prirent la fuite. Adalbert poursuivit les fuyards, et es passa un grand nombre au fil de l'épée. Puis le pays fut pendant trois jours livré au pillage et dévasté par le fer et le feu. Ensuite le vain* queur retourna chez lui , pour mettre le butin en sûreté dans son château de Babenberg.
Dans le môme temps où se passaient ces malheureux événements, une diète se tint à Tribur : car la désolation était grande partout , et le sentiment qu'il fallait réprimer une telle licence était général. Adalbert avait contre lui la voix de beaucoup d'hommes, parce que la fortune le favorisait et qu'il abusait de la fortune. U fut invité à comparaître devant les princes du royaume, à rendre compte de sa conduite, à entendre les conditions auxquelles on lui accorderait la paix , et à s'abstenir jusque-là de pillage , de meurtro et d'incendie. Adalbert n'eut pas égard à cette invitation , et il ne pouvait voir aucun avantage à s'y rendre. On résolut donc de le contraindre à la soumission par la force des armes. Beaucoup de princes du royaume se mirent en campagne avec leurs hommes obligés au service. Le jeune roi , âge d'environ treize ans , était à l'armée avec les Bavarois; Hatto, l'archevêque de Mayence, avec les vassaux de son siège : les comtes franks on hessois , qui avaient tant à venger , en formaient sans aucun doute le noyau. Bientôt Adalbert fnt enfermé dans Babenberg, ofi on l'assiégea ; mais bientôt les deux partis se trouvèrent dans un embarras égal. Adalbert, abandonné par ceux qui s'étaient joints à sa fortune , et qui maintenant cherchaient à sauver leur butin par la trahison , fut réduit aux extrémités ; l'armée royale reconnut que le château de Babenberg ne serait pas facile à forcer. Chacun, dans son embarras, fit plus
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d'une tentative pour échapper à sa mine ; dans l'armée royale, l'exaspération devenait de pins en plus grande contre le prince récalcitrant. Bientôt il fut regardé par tons comme la cause de tout le mal , parce que , réduit à lui seul , il osait derrière les murs de son seul château montrer au monde entier la faiblesse de l'empire. On en vint donc à croire que tout était permis contre un si grand coupable ; et l'on résolut d'anéantir par la perfidie l'homme qu'on ne pouvait vaincre par les armes. L'archevêque de Mayence, Hatto, se laissa déterminer à devenir l'instrument de la destruction , sous le caractère sacré de sa haute dignité ecclésiastique, par l'intermédiaire du comte bavarois Liutpold , qui jadis avait été l'ami d'Adalbert.
Mais on ne peut exposer clairement l'histoire de l'issue de cette affaire. La part que Hatto prit au malheur d'Adalbert resta dans le souvenir des hommes, et, livrée aux bouches de la renommée, elle fut, dans la suite des temps, transformée en une fable où l'archevêque figure comme un personnage rusé, hypocrite, trompeur et traître. Mais il est possible que l'on n'ait fait de cet homme orgueilleux et adroit qu'un bouc émissaire, tout autant qu'il fut le véritable auteur dn crime. Car voici tout ce qu'on peut admettre comme vérité historique : Adalbert , par la promesse d'un accommodement, d'une réconciliation , promesse que lui transmirent Hatto et Liutpold , fut déterminé à sortir de son château et à se présenter devant le roi. 11 vint sans armes et avec une faible escorte dans le camp royal. 11 implora son pardon , et promit de se corriger. Mais aussitôt il fut arrêté et chargé de chaînes , sous prétexte qu'il méditait de nouvelles intrigues , comme les siens l'avaient révélé. Puis un tribunal composé de ses adversaires le condamna à mort, et il fut décapité sous les yeux de l'armée ennemie. Ses domaines furent con- /isqués et partagés, au nom du jeune roi , entre ses ennemis, appelés Us plus nobles. Quant au château de Babenberg , il resta au roi.
C'est ainsi que se termina , l'an 900, la fehde de Babenberg, la première grande lutte de princes teubdis les uns contre les autres, au mépris de l'empire et du roi. Après qu'elle se fut close, il ne se trouva plus dans tout l'empire, a l'exception de la maison ducale de Saxe, une seule famille qui égalât en grandeur
et en puissance celle des comtes franko-hessois, sortie victorieuse de ces querelles. Du reste , les deux comtes lotharingiens qui , longtemps inquiets , avaient enfin pris le parti d'Adalbert ou cherché à faire tourner sa fortune a leur propre avantage, furent punis de leur audace. Car le jeune roi passa le Bhin sous la direction de Hatto, et, dans une diète tenue à Metz, ils furent déclarés déchus de leurs charges et de leurs biens, et condamnés à l'exil.
Mais le rétablissement de la tranquillité dans l'empire , qui avait coûté si cher, n'éteignit pas les passions excitées durant ces longues discordes et par les grands changements que ces discordes produisirent. D'ailleurs le Teutschland eut à peine le temps de se féliciter de cette tranquillité. Dès l'année suivante , 907, un nouvel et ignominieux désastre vint frapper les Tcutschs. Les Hongrois , comme nous l'avons déjà remarqué, n'avaient pas cessé, depuis leur première tentative contre les Bavarois, de maltraiter et de dévaster les cantons voisins , et ils avaient été favorisés en ce qu'il avait fallu employer une partie des Bavarois dans la fehds de Babenberg. Désormais il fallait essayer d'imposer aussi une digue à ces cruautés ; et peut-être le moment parut-il d'autant plus favorable , que le vieux duc Arpad venait précisément de mourir , et que son fils Zoltan , encore enfant, avait été élevé à la dignité ducale. On rassembla une grande armée composée de Bavarois et d'Allemanni ; l>eancoup de comtes étaient à la tète des bandes ; beaucoup d'évêques étaient présents; le jeune roi Ludwig lui-même n'y manqua pas ; mais , comme cela était juste, le commandement suprême fut remis à Liutbald, margrave sur l'Ens, qui fut investi de la dignité ducale. Les Hongrois, familiarisés dès cette époque avec la pesante tactique des Teutchs, ne s'effrayèrent pas d'un tel armement. Ils attaquèrent l'armée teutsche avec leur rapidité habituelle, et remportèrent nne grande victoire. Le duc Liutbald tomba dans le combat ; avec Ini beaucoup d'évêques et beaucoup de comtes trouvèrent la mort; de toute l'arméo chrétienne , un petit nombre d'hommes seulement échappèrent au cimeterre des païens. Toute la Bavière était ouverte aux sauvages vainqueurs. Ils remplirent le pays d'incendie , de sang et d'atrocités de toute nature. Ceux qui échappèrent ne rachetèrent leur vie qu'en sa-
m HISTOIRE DU PEUPLE AJXEMAND.
crifiant ce qu'ils avaient de plus précieux, I avec laquelle les Bavarois soutinrent la latte, qu'ils fussent ecclésiastiques ou laïques, qu'ils ' essuyèrent encore une fois une grande déhabitassent les villes ou les villages , les cou- faite , et perdirent encore une fois beaucoup
vents , les châteaux ou les chaumières. Les places fortes furent seules épargnées. Et la terreur parcourut tous les cantons tcutschs , et tous les peuples teutschs furent plongés dans la désolation.
Les Hongrois ne perdirent pas de temps pour exploiter cette terreur. L'année suivante , ils pénétrèrent de nouveau dans le Tcutschland , mais dans une autre direction. La Bavière fut pillée, et les Hongrois ne firent point leurs expéditions pour s'illustrer par leurs victoires , mais pour s'enrichir par leur butiu. Ils se précipitèrent par la Moravie et la Bohème vers la Thuringc et la Saxe ; et des peuples slaves se joignirent a eux , en partie sans doute par nécessité, pour réparer leurs propres pertes ; en partie sans doute aussi, comme les Daleminziens , par une vieille inimitié, contre les Teutschs. On ne peut préciser jusqu'où ils étendirent leurs courses ; mais il est probable que toute la Thuriugc fui traversée par eux dans toutes les directions et exposée à leurs mauvais traitements. L'évèque Rudolf de Wurtzbourg fut tué par eux; Burchard, duc de Thuringc, trouva la mort; le comte Egino périt, et un très-grand nombre d'ecclésiastiques et de laïques curent le même sort. H parait toutefois que le duc Otto, si par son fils Henri, qui devint dans la suite roi des Teutschs , il ne mit pas la Saxe à couvert de toute attaque , la délivra du moins bientôt non-seulement des Daleminziens , mais des Hongrois eux-mêmes. Peut-être ensuite la Thuringc fut-elle également purgée de ces barbares; car à partir de celte époque, Otto, déjà duc des Saxons , réunit incontestablement à ce titre celui de duc des Thuringiens (8).
Apres qu'à la suite de ces événements, les Hongrois eurent fait, l'an 909, une course dévastatrice en Souabe, sans trouver de résistance et sans être châtiés de leur audace , ils revinrent l'année suivante par grandes bandes dans le Tcutschland , pour visiter la France rhénane. \a roi Ludwig fit tout ce que pouvait faire un jeune homme de dix-sept ans. H convoqua les Franks et les Âllemanni contre cette race redoutable, et les Bavarois eux-mêmes ne manquèrent pas. Ou en vint à une bataille sur les frontières de la Bavière et de la France rhénane. Les Teutschs , malgré la bravoure
de princes et de seigneurs ; parmi eux le duc Gebehard trouva aussi la mort. Là dessus les Hougrois pillèrent le pays jusqu'au Rhin ; bien plus, ils portèrent leurs horribles dévastations jusque sur la rive gauche de ce fleuve majestueux; et ils firent de celui-ci, qui avait été si souvent témoin de l'honneur et de la gloire des Teutschs , le témoin de la honte et de l'ignominie attirées sur le peuple teutsch par les seigneurs et par les vassaux. Les Hongrois retournèrent chez eux avec leur butin , et les hommes du Tcutschland, maltraités, insultés , mourant de faim, les virent partir daus une silencieuse désolatiou. Ils ne semblaient plus avoir qu'un seul sentiment, celui de la terreur que leur inspirait le retour possible des Hongrois.
De tels événements brisèrent les forces de l>eaucoup d'hommes. Ils moururent de crainte, d'inquiétude et de douleur. Peut-être le pauvre adolescent qui eut le malheur de porter dans ce temps le titre de roi , Ludwig, le dernier rejeton de la race de Karl le Grand , succomba-t-il aussi à un sentiment de douleur et de découragement. Car il était mort vers le milieu de l'année suivante , 9H . Les écrivains mentionnent sa mort avec une brièveté et une indifférence singulières. Rien ne nous apprend si ce roi s'était affaibli ou s'il avait été malade. On ne dit pas même où il mourut ; on dit seulement qu'il fut enseveli à Ratisbonnc ; et trèspeu de temps avant sa mort, il parait s'être trouvé encore bien portant à Francfort , près de celui qui devait devenu: roi à sa place. On soupçonne presque qu'il y a ici quelque chose à cacher. On peut d'autant moins songer sans douleur à la fin de ce malheureux jeune homme. 11 était dans sa dix-huitième année. Il est possible et vraisemblable qu'il avait commencé non-seulement à reconnaître la honte et le malheur qui pesaient sur l'empire teutsch, mais aussi à voir avec quelle impiété on avait pillé sa maison , à quelle complète pauvreté on l'avait réduit , de quelle manière honteuse on avait abusé et l'on abusait encore de sa jeunesse. En tout cas , ce qui est certain , c'est que beaucoup qui avaient atteint le but de leurs efforts ne virent pas sa mort sans plaisir, et que sa vie était indifférente à tous (9).
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