ANS AVEC LES HONGROIS
De l'an Olfi à Ton 925.
Pendant plus de sept ans Kunrad avait soutenu des luttes et des / ombats pour se faire reconnaître i>ar les princes et donner de l'autorité à son troue parmi les peuples teutschs; mais tout avait été inutile. Il (n'avait épargne I aucun moyen pour arriver à sou but, évité aucune voie, reculé devant aucun sacrifice ; mais il n'avait pas obtenu le moindre résultat. Bien plus , sa position , dans sa vie publique , était maintenant plus mauvaise que dans le temps'où il osa recevoir de l'archevêque Hatto la consécration sacerdotale , et , dans sa vie in-
LIY. XIV ,
tèrieure , il avait perdu le pins licau bonheur de l'homme. Son énergie était brisée, son eœnr affaibli , son génie épuisé par le découragement, l'inquiétude et la honte. C'est ainsi qu'il revint de la Bavière dans le pays de sa jeunesse , sans perspective et sans espérance. Il était malade, et n'avait peut-être pas même lo désir de surmonter ses souffrances. Il sentait les approches de la mort.
Dans ce sentiment , et plein de hautes pensées pour son peuple et pour sa patrie, il appela près de lui son frère Ebcrhard , les princes de sa maison , et les hommes les plus importants parmi ses fidèles , dans sa ville de Weilbour (I) , pour exprimer devant eux les résolutions inspirées par une sagesse qu'il avait acquise par une rude expérience , pour leur adresser des avis, et leur recommander cette modération qui peut seule assurer le salut de l'empire. Celui-ei se couvrait toujours encore du nom de Frank. 11 était à craindre que , la race des Karolingicns s'étant entièrement éteinte , son peuple, ébloui par le nom de Frank , ne s'efforçât encore une fois a maintenir l'empire sous ce nom. Il était à craindre qu'Eberhard , son frère, ne tirant aucune leçon de son exemple, n'aspirât à une couronne qui avait chancelé sur sa tête, mais qui , d'après toutes les prévisions , devait se briser en éclats sur celle de son frère. Car les ducs du Teutschland septentrional et méridional , arrivés plus ou moins à la conscience de leur puissance , n'accorderaient certainement pas , dans une seconde tentative , à son frère puîné ce que dans la première ils lui avaient à lui-même refusé avec succès. En somme , Kunrad reconnut peut-être de la manière la plus manifeste que l'empire teutsch devait nécessairement se dissoudre en plusieurs États indépendants, et qu'il ne pourrait plus être rétabli jamais , ou du moins bien tard , seulement après de longues guerres civiles , et après avoir été horriblement maltraité par des ennemis étrangers , si maintenant il ne recevait pour roi le duc le plus puissant du Teutschland , et si ce duc n'était pas reconnu paisiblement et aussitôt non-seulement par son propre peuple, mais aussi par toutes les autres nations teutsches ; mais que, dans un cascomme dans l'autre, les Franks devaient nécessairement disparaître du Teutschland , parce qu'ils étaient trop épuisés par les efforts qu'ils avaient faits jusqu'alors , et trop détestés par leurs voisins ,