‹ Histoire d'AllemagneChapitre 38 sur 100 · LIV. XIV, CHAP. XII · texte numérisé non relu

LIV. XIV, CHAP. XII

liberté cl leurs propriétés; il n'est pas moins v rai que les peuples slaves de ces contrées ne ] furent pas frappés par les Teutschsd'un sort plus affreux que celui dont, quatre siècles aupnra- j vant , leurs ancêtres avaient frappé les peuples tcutscbs'qui avaient alors possédé ces pays : mais la cruauté resta la même , et ce fut pour les petits-fils une triste consolation, que la pensée d'expier peut-être les fautes do leurs aïeux.

Mais en même temps que le système féodal teutsch, l'organisation ecclésiastique teutschc devait être fondée parmi les peuples slaves. Le christianisme , avec ses grandes , simples et éternelles vérités, n'était pas plus à cette époque un besoin pour ces peuples qu'il ne l'avait été jadis pour les Saxons , leurs oppresseurs. Ils avaient, à ce qu'il semble, une mythologie complètement formée , un monde de dieux assez grand et assez riche pour leurs souffrances et pour leurs joies , et qui les enveloppait de superstitions compliquées et toutes particulières. Leur âme pouvait se révolter à l'idée de renoncer à ce monde et de s'incliner devant la croix de leurs oppresseurs. Ils devaient d'autant plus résister à la nouvelle doctrine, qu'ils sentaient et reconnaissaient peut-être que , par l'anéantissement de tout ce que leurs pères avaient eu de plus sacré , elle était destinée à servir de sceau à la charte de leur asservissement. Et pourtant la doctrine du christianisme ne leur fut pas exposée dans sa pureté. Ce qu'on leur apportait , c'étaient les usages religieux du xfl siècle, avec toutes les institutions de l'Église et du sacerdoce. Leurs propriétés furent déclarées terres de l'Église aussi bien que terres féodales , et la dime de tout le produit de leurs travaux et de leur sol jadis libre fut exigée pour une institution qui ne pouvait leur apparaître comme un moyen de salut, mais seulement comme une source de calamités.

Cependant le markgraf Gero et ses collègues réussirent , à force d'activité , à mener en peu d'années l'œuvre de la transformation des contrées slaves assez loin pour que , jusqu'à l'année 940 , le roi Otto pùt fonder deux évêchés , ceux d'Oldcmbourg (2) et de Ilavelbcrg , et partout des couvents et des églises, qni subsistèrent et prospérèrent , et tenir sous le bâton pastoral du christianisme , et par là même sous la suzeraineté de l'empire teutsch , tous les peuples slaves septentrionaux entre la mer Baltique et les fron-

tières du pays sur lequel Tugumir régnait jusqu'à l'Oder. Et n\ même temps tout fut si bien préparé dans le pays de Tuguinir, qu'un an après la mort de ce prince, Pévèché de Brandebourg put aussi être fondé. Et bien que la partie méridionale du pays entre cet évêohé et la Bohême , et où demeuraient les Lusaciens , restât encore en dehors du lien ecclésiastique , et par là même de la suzeraineté de l'empire teutsch , cette exception ne dépendit en partie que des projets qu'Otto avait sur Mcisscn , et en partie de la situation et des relations de ce pays à l'égard des Bohèmes et des Polonais. 11 était donc à prévoir qu'ils ne pourraient échapper au sort de la soumission.

Tandis que les frontières de l'empire étaient ainsi étendues et fortifiées, le roi suivait de plus vastes projets et saisissait l'occasion que la fortune continuait à lui offrir pour leur exécution. Il conserva les duchés de Saxe et de Thuringe, à l'exemple de son père, sous son gouvernement immédiat , parce qu'il ne voulait exposer à aucune oscillation la puissance que ces peuples lui assuraient ; mais il ne négligea pas do voyager dans les pays de l'empire , de faire tenir des synodes ecclésiastiques , do se ménager des entrevues avec les princes, pour assurer l'ordre dans la société civile et dai s l'Église, et de faire sentir ainsi à tous la dignité royale comme bienfaisante pour tous. Par là il gagna les cœurs et leur inspira le respect ou la crainte.

L'an 942, il célébra à Francfort la fête de la naissance de Jésus- Christ. Dès l'aurore de ce jour sacré, il se rendit à l'église. Là un jeune homme se jeta toutà coup à ses pieds , implorant sa miséricorde. C'était Heinrich son frère. A la nouvelle de la présence du roi à Francfort , il s'était secrètement sauvé de sa prison d'Ingelhcim, favorisé par Buodbert, diacre de l'église de Mayence : il voulait essayer, dans la solennité de ce grand jour , de toucher le cœur d'un frère qu'il avait si cruellement offensé. Et cette tentative réussit. Otto , pénétré de sentiments pieux comme devant la face du Sauveur du monde, releva son frère prosterné et lui pardonna pour la troisième fois ses offenses et ses intrigues. Heinrich, de son côté, reconnut, à ce qu'il semble, la grandeur d'âme du roi. Ses anciennes passions continuèrent peut-être à troubler son cœur ; mais sa raison, fortifiée par de grandes expériences , fut assez

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énergique pour leur imposer un frein. Il se soumit à la sentence prononcée par les événements de six années, et, s'il ne put renoncer au désir de régner, il n'étendit plus du moins la main vers la couronne. Trois ans après cet événement mourut en Bavière le duc Berthold, et il mourut dans Téclat d'une belle gloire : car Tannée précédente il avaitlivré près de Wels une grande bataille aux Hongrois, qui cherchaient de nouveau à pénétrer dans le Teutschland , et il avait remporté une victoire telle qu'on n'en avait obtenu jamais une pareille sur ce peuple. Mais ce prince, qui avait gouverné le duché de Bavière avec bienveillance et sagesse , expira sans laisser un fils qui pùt élever des prétentions sur le duché. En conséquence , Otto , partant encore une fois du principe que la collation des fiefs appartenait à lui et non aux vassaux , donna le duché à son frère Ileinrich. Sa digne mère , Mathilde , le détermina, dit-on , à cette résolution ; et probablement il se rendit d'autant plus volontiers a ses désirs , qu'ils s'accordaient avec ses projets, et que la Bavière semblait être un apanage digne de son frère. Mais pour ne pas blesser par trop l'orgueil des Bavarois en disposant arbitrairement du duché, Heinrich avait été marié, dès avant la mort de Berthold, à une nièce de ce prince , à Judith, fille d'ArnolL, dont on a célébré la beauté et les grâces.

Deux ans déjà avant l'élévation de Heinrich à la dignité ducale en Bavière , la Lotharingie avait vu mourir non-seulement le duc Olto, mais encore Heinrich , fils de Gisclbert et neveu ■du roi. Le roi Otto , fidèle à son principe , avait alors revêtu de la dignité ducale le fidèle duc Kunrad, surnommé par ses contemporains le Jfoux, et plus tard de Wormi. Il fit épouser à ce Kunrad , Tan 947 , sa fille uniquo Liudgarda , qui touchait à sa quinzième année : il avait san6 doute la confiance que son gendre, par cette distinction , qui était à la fois une récompense et un encouragement, ne pouvait qu'être affermi dans son affection et dans son dévoument pour lui ; mais il ne pressentait pas assurément que Kunrad et Liudgarda deviendraient la souche d'une maison royale qui , dans la suite , sur le tronc de l'empire tcutsch , devait accomplir de grandes choses et souffrir beaucoup.

Il ne restait donc plus qu'un duché , celui de Souabe , qui ne fût pas encore entre les mains

du roi ou entre celles de ses parents : car on

n'avait pas donné de ducs aux Franks après la mort d'Eberhard ; et peut-être même , dans leur douleur et dans leur faiblesse, causées par les passions d'Eberhard , n'avaieut-ils pas osé demander un duc : bien plus , ils avaient été , à ce qu'il semble , assignés aux princes de l'ancienne maison hessoise qui étaient restés fidèles au roi , à Hermann de Souabe et au comte Ldo , sans qu'il soit possible de préciser les limites du territoire que chacun d'eux obtint. L'an 945, il s'éleva eutre le duc Hermann et le nouveau duc des Lotharingicns une querelle , vraisemblablement au sujet des possessions de la maison franconienne sur la rive gauche du Rhin , sur lesquelles le nouveau duc formait peut-être des prétentions , et qu'Hermann s'efforçait de conserver. Le roi Otto arrangea cette querelle à Cassel , près de Mayence ; et peut-être cette rencontre du roi avec les deux princes fournitelle l'occasion d'une nouvelle alliance. Hermann était un prince très-sage et très-prudent. Il avait gouverné le duché de Souabe avec tant d'intelligence, que le pays, se relevant des ravages qu'y avaient commis autrefois les Hongrois, florissait déjà autant que ce siècle le permettait , et qu'Hermann lui-même était devenu un seigneur très-riche en propriétés territoriales et en autres biens. Il n'avait pas de fils , mais une fille unique , encore très-jeune, nommée Ida. Il désirait conserver à cette enfant chérie ce qu'il avait lui-même acquis. Or le dessein du roi de réunir dans sa maison tous les duchés du Teutschland ne pouvait lui être inconnu ; et en particulier il avait peut-être acquis à Cassel la certitude qu'Otto ne laisserait pas échapper le beau duché de Souabe. Il offrit donc au roi le mariage de sa fille uniqoe Ida avec Ludolf, fils unique d'Otto, jeune homme de seize ans , distingué par ses qualités. Le roi accéda volontiers à cette proposition , parce qu'elle répondait à ses vues et semblait donner le meilleur moyen de gagner les Souabes. Le mariage du jeune couple eut lieu la même année où Liudgarda , fille d'Otto, devint l'épouse de Kunrad, duc des Lotharingicns. Deux ans après , en 949 , le duc Hermann descendit au tombeau , et Ludolf, fils d'Otto, devint duc de Souabe.

Voilà comment la maison de Saxe arriva au gouvernement de tous les peuples teutschs ; et Otto put être aussi sur de toute la nation

teutschc , qu'il pouvait l'être de son fils , de son frère et de son gendre. Cependant la fortune , qui semblait lui prodiguer ses faveurs , ne fut pas toujours égale pour lui. En ces jours mômes d'éclatants succès , le roi fut atteint , dans son empire et dans sa propre maison, de tristes événements , comme si une puissance secrète avait voulu lui rappeler la fragilité des choses humaines. Une comète effraya le monde; un hiver rigoureux tourmenta les hommes ; une épizootic causa de grandes pertes. L'an 046 , l'épouse de sa jeunesse , la mère de ses deux enfants , de Ludolf et de Liudgarda , avec laquelle son père l'avait marié dix-neuf ans auparavant , lui fut enlevée par la mort. Elle se nommait Edid, et était fille du roi Edouard d'Angleterre , et sœur du roi Athelstan ; femme distinguée du reste par sa beauté et ses hautes vertus. Par sa bienveillance et par sa douceur elle avait exercé une heureuse influence et contribué a la concorde de la maison royale. Dans les derniers temps de sa vie particulièrement, elle avait accompli une belle œuvre , qui ne finit pas avec elle.

La reine Mathilde , veuve de Heinrich !•» , avait sa résidence à Quedlinbourg. Son mari lui avait assigné de grands domaines , de grands revenus , parce que , par respect pour lo caractère élevé de cette noble femme , et peut-être par méfiance pour la jeunesse de ses fils , il voulait, autant que cela était au pouvoir d'un homme, la soustraire aux vicissitudes de la vie. Mais elle , toujours portée à des œuvres pieuses , détourna entièrement, dans son veuvage, ses regards des choses d'ici-bas , et ne vécut que dans la méditation , dans la prière et dans de saints exercices. Ayant besoin de peu pour ellemême, et se contentant de moins encore, elle donnait tout ce qu'elle avait aux églises, aux ecclésiastiques, aux pauvres. Les éloges par lesquels on exalta une vie si complètement vouée à Dieu lui firent perdre tonte mesure ; et peutêtre des ecclésiastiques et des laïques abusèrent de sa bonté. Peut-être aussi n'écoutait-elle point de sages représentations, parce qu'elle se perdait entièrementdansscs sentiments extatiques. Mais ses pTodigalitéschagrinaient son fils, le morose Heinrich , qui ne visait pas moins aux richesses qu'au pouvoir. Il excita le roi contre leur mère commune; et les deux frères, qui avaient été si longtemps divisés, se réunirent aisément pour empêcher sa pieuse douceur, qui leur semblait

un abus. Et comme elle ferma l'oreille à la demande qu'ils lui firent de renoncer à ses grands revenuset des'enfermer dans un couvent pour s'y occuper tout entière du salut de son âme, on n'évita pas mêmedesdémarches violentes. Aux yeux de la bonne reine , une telle conduite no pouvait paraître que coupable et cruelle ; mais dans son dévoùment à Dieu , elle supporta sans murmurer tous les tourments dont on l'accabla. Elle n'avait pas non plus de colère contre Otto ; mais que Heinrich, son fils chéri, pour lequel elle avait vécu et agi , montrât une ingratitude aussi inouïe, c'est ce qui l'affligea jusqu'au fond de l'àmc. Elle résolut donc de fuir pour toujours ses fils et l'empire , pour retrouver dans un couvent étranger la paix du cœur, que ses propres enfants lui avaient enlevée avec tant de dureté. Elle se mit en route. Aussitôt la reine Edid se rendit auprès de son mari et lui adressa des paroles d'affection ; et a l'iustant les sentiments de respect filial et de reconnaissance pour une mère chérie se réveillèrent dans l'àme du fils. Il écrivit à sa mère une lettre pleine de repentir et d'émotion , implora son pardon et la supplia de revenir. Mathilde ne résista point aux prières de son fils. Elle revint. Otto se trouvait dans son château de Grona. Lorsqu'il fut informé qu'elle approchait , il accourut au devant d'elle avec sa femme Edid et une suite nombreuse. A sa vue , il s'élança de cheval , s'approcha d'elle , se jeta à genoux , et implora de nouveau le pardon de sa mère. Et Mathilde, profondément émue de taut d'effusion , pressa en pleurant son fils entre ses bras, et personne ne songea plus à cette malheureuse mésintelligence. Heinrich , lorsqu'il apprit cette réconciliation , sentit aussi son opiniâtreté se briser. 11 accourut également auprès de sa mère ; il sollicita également son indulgence, et il reçut d'elle l'assurance qu'elle lui avait conservé dans toute sa vivacité et sans altération son ancienne tendresse. A partir de ce moment, la bonne harmonie subsista entre la mère et les fils , et cette belle position ne fut plus troublée , bien que Mathilde revint aussitôt à ses pieuses libéralités.

Mais la série d'heureux événements dont le roi Otto se vit favorisé reçut aussi quelque atteinte d'une ou deux campagnes sans victoires qu'Otto fit en France. Toutefois , il est difficile de dire si le peu de succès de ces campagnes doit être attribué à la fatalité, à une mauvaise

direction, ou peut-être à cette circonstance, qu'Otto , en les entreprenant , ne se proposait pas un but important, mais voulait seulement prévenir de plus grands maux. Et probablement cette dernière conjecture se rapproche le plus de la vérité.

Les hostilités précédentes entre Otto et le roi de France Ludwig avaient été arrangées , comme nous l'avons raconté plus haut, l'an 942. Dans une entrevue des deux rois , Otto s'était efforcé de réconcilier son beau-frère , le duc Hugo , avec le roi Ludwig , qui était également son beau-frère; et il avait réussi à rétablir l'union entre ces deux princes. Mais cet accord, amené par les seules exhortations d'Otto, n'eut pas de durée , et bientôt les relations se brouillèrent de nouveau. Le comte Arnolf de Flandre assassina le duc Guillaume do Normandie. Comme ce Guillaume ne laissait qu'un fils mineur, nommé Richard, et né d'une concubine , le roi Ludwig , qui , dans sa pauvreté , empiétait sur tout , crut qu'il lui serait possible de s'emparer d'une partie au moins du duché , pourvu qu'il rendit son beau-frère, le duc Hugo, complice de cette spoliation. H ne se

ci était dans son droit. Ludwig en conçut du ressentiment. 11 vit avec douleur Otto, qui était devenu si grand et si puissant par l'abaissement et l'anéantissement de vassaux rebelles, s'efforcer de l'empêcher d'humilier anssi ses vassaux et de se tirer de l'état d'impuissance qui le rendait malheureux. Dans sa douleur , il alla jusqu'à tendre des embûches contre la vie d'Otto; et comme cette tentative échoua également et fut découverte , il se livra à de violentes injures contre le roi , qu'il signalait comme un parjure, Otto ne supporta pas tout cela avec indifférence ; mais il ne se laissa pas entraîner à une guerre , tout en se prononçant toujours plus énergiquement pour Uugo.

Bientôt, toutefois, une révolution dans ]a marche de la lutte changea la conduite d'Otto. Les Nordmans n'avaient occasionné ou attiré la querelle entre Ludwig et Hugo que parce qu'elle leur avait semblé le meilleur moyen de rendre au jeune Richard , le fils de leur duc , la dignité de son père, et de se délivrer des deux princes français. Us avaient secrètement demandé des secours au roi des Danois Ilarold, qu'en France on appela Haigrold; et Harold

trompa point. Les deux princes s'entendirent \ se montra avec des forces assez imposantes.

pour le partage de la Normandie , et s'emparèrent du pays , tandis que Ludwig retenait le jeune Richard prisonnier. Nais a peine en furent-ils maîtres , que le rusé comte nord mai), Bernard de Rouen, révéla au roi que les nordmans supporteraient avec moins de chagrin la perte d'un duc de leur nation que leur partage entre deux seigneurs. Cette révélation

Vers le même temps , le jeune duc Richard fut tiré , caché dans une botte de foin, de la prison où Ludwig le retenait. Aussitôt le roi des Danois proposa une conférence an rot de France. Ludwig l'accepta. Pendant l'entrevue, la suite du roi danois engagea à dessein une querelle avec la suite du roi de France. On en vint aux armes. Ludwig échappa par la fuite

éveilla en lui l'espérance qu'il pourrait acqué- au massacre; mais en se sauvaut il fut pris par

rir pour lui seul tout le duché ; et comme, vers le même Bernard de Rouen, qui l'avait excité

ce même temps, la mort le délivra de son plus aux hostilités contre le duc Hugo. Aussitôt la

« ruel ennemi, du comte Herbert de Verman- ! reine Gerberga, femme de Ludwig, éleva la

«lois, il s'attacha d'autant plus a cette espé- j voix ; elle appela les princes voisins et éloignes

rance , que, dans son impuissance et sa pan- ! à la délivrance du roi. Elle s'adressa avant tout

\ roté , il voyait avec jalousie et douleur la for- ' au roi Otto , son frère, et au duc Hugo, son beau-

tnne, l'éclat et la grandeur de son beau-frère * frère. Celui-ci se déclara de suite pour le roi.

le roi des Tcutschs. Il somma donc le duc Hugo d'évacuer la Normandie ; et comme Hugo repoussa cette sommation , il se procura quelques secours des vassaux de la France méridionale, rompit ensuite le traité, et commenta une guerre privée ( fehde ) désastreuse contre le duc. Il parait qu'Otto intervint dans ces relations , sans doute pour amener la paix entre ses deux beaux-frères; et probablement il se déclara pour Hugo, parce que cette lois celui-

Les Nordmans promirent au roi sa liberté s'il garantissait la dignité ducale à leur jeune prince Richard. Ludwig promit. Mais ils demandèrent en otage les deux fils du roi , pour être sûrs que cette promesse serait tenue. Enfin, Gerberga , se refusant a livrer l'aîné , le plus jeune leur fut livré par le duc Hugo, et Wido, évêque de Soissous, se constitua volontairement leur prisonnier en place du fils ainé. En échange de ces otages , les Nordmans remirent

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le roi cuire les mains île Hugo , duquel ils reyurent les otages. Mais Hugo ne manqua pas de profiter d'une occasion si favorable : il retint lui-même prisonnier le roi son beau-frère; il le mit sous la surveillance de Tbeobald, comte de Chartres et de Blois , et déclara au roi , à la reine et au monde , que Ludwig n'aurait la liberté qu'en lui livrant le ville de Laon. Le malheureux captif résista a ces honteuses exigences ; car Laon était la dernière place forte qui lui restât du riche héritage de ses pères ; s il la livrait, lui, le roi de France, avait à peine une place où il pût avec sûreté reposer si tète. Et l'insolence des vassaux était telle , que Hugo , inébranlable aux prières et aux supplications , laissa son roi et sou beau-frère gémir en prison pendant presque une année.

Otto , roi des Teutschs, cmt qu'il ne pouvait rester plus longtemps simple spectateur de ces relations. La douleur de sa sœur , qui se voyait , par une trahison si criminelle, privée tout à la fois de son époux et de son enfant, lui fit résoudre une expédition en France, non pour faire des conquêtes ou de grands exploits, mais pour rétablir son beau-frère dans la position où il se trouvait avant cette double pcrû- <lit\ Dans l'automne de l'an »4C, il se rendit à son armée, qui s'était réunie près de Cambrai : '1 avait avec lui le jeune Kunrad, roi de Bourgogne ou d Arles. Mais dans le mémo temps qu'Otto arrivait eu Lotharingie , le roi Ludwig , latigué de sa longue captivité, et craignant peutêtre |Knir sa vie a l'approche des Teutschs, avait acheté sa liberté par la cession de la ville «le l,aon. Il accourut au devant du roi Otto, et le peu de jwirtisans qui lui étaient encore ie>lés se réunirent à l'armée teutschc : Arnulf, • ointe de Flandre , était Je plus important. Le duc Hugo essaya d arrêter par des négociations le roi Otto , mais il fut durement repoussé ; il essaya aussi d'effrayer la roi par de grandes rodomontades sur sa prodigieuse puissance, mais il ne reçut que des réponses méprisantes.

Le nombre de ses hommes d'armes ( il jurait l*r la pauvre àmo de son père ) était si grand, «|u Otto n'en avait jamais tant vu ; et les Français étaient si supérieurs aux Saxons, qu'il IHHivait avaler d'un seul coup sept javelots -'xoris. otto ne répondit rien à cette van- •me. . H faut pourtant, dit-il, que je lui montre une fois tous mes chapeaux de loin ; °'« père et lui-même n en ont pas encore vu

CHAI». XII. ISÎ

autant. » En affel , toute l'armée , com|K)sée de trente-deux légions, portait des casques qui avaient la forme de meules de foi u, et pour cela on les appelait chapeaux de foin , à l'exception de l'abbé Bovo et de trois hommes de sa suite, parce que ce pieux et savant homme méprisait toute arme et tout ornement.

Les deux rois passèrent la frontière. \a ville de Laon était trop bien fortifiée pour être facile à prendre. Reims, au contraire, tomba eu leur pouvoir. Cette ville devait être défendue par un évéque, Hugo, que le duc Hugo avait placé par la force sur le siège archiépiscopal , après en avoir chassé par la force le véritable archevêque Hugo; et cet archevêque se laissa effrayer par la menace qu'on lui crèverait les yeux, si la ville était prise par les armes. 11 n'osa donc pis défendre la ville, mais il se retira avec ses guerriers. Artald fut replacé sur son siège; puis on passa devant Senlis, et de là on marcha sur Paris. Aucune de ces villes ne fut prise. Mais comme pendant ce temps les Nordmans s'étaient réunis au duc Hugo, le roi Otto tourna ses armes contre la Normandie, et ravagea au loin le pays, comme il avait dévasté les terres du duc Hugo. Cej>cndant Rouen ne fut non plus ni gagné , ni effrayé, ni forcé. Bien plus, la saison contraignit Otto à retourner dans le Teutschland , et Ludwig établit sa résidence a Reims , ville bien fortiliée.

C'était une guerre affligeante; Otto ne I.; faisait pas avec ardeur, et les vassaux et seigneurs teutschs étaient probablement peu disposés n des expéditions entreprises sans un grand but et simplement pour les relations de famille du roi. Mais les choses ne pouvaient rester dans l'état où elles étaient. La lutte eon tiuua en France. Le duc Hugo tourna ses urinecontre Arnulf de Flandre, et assiégea en même temps Bcims, la seule ville qui restât encore au roi de France comme dédommagement de Laon. La position difficile du siège épiscopai de Reims ne fut pas non plus sans inlluence et augmenta le désordre eu soulevant de grandes passions. Ludwig et sa femme fondaient toutes leurs espéranees sur Otto. Ludwig vint luimême dans le Teutschland , et célébra les l'êtes de Pâques à Aix-la-Chapelle avec Otto, son protecteur et sou beau-frère. Otto ne pouvait l'aboiidonner. Et de fait il entreprit dans celle année , 047 , une nouvelle campagne eu France,

HISTOIRE Dl PEIPLE ALLEMAND.

évidemment moins encore que la première fois pour s'illustrer par des exploits guerriers, mais simplement dans la vue de déterminer le due Hugo à la paix et à une réconciliation avec son roi. Les deux rois s'avancèrent jusqu'à la rivière du Cher. La, Hugo prît position en face d'eux avec de telles forces , que Ludwig n'osa pas désirer une décision par les armes, et qu'Otto ne se montra pas disposé à courir un tel risque. Otto essaya donc de ménager un accommodement entre ses deux beaux-frères , et les querelles au sujet du siège archiépiscopal de Reims, qui ne pouvaient être décidées que par l'Église et non par le pouvoir temporel , facilitèrent sa médiation. Il fut convenu que l'affaire des évêques Artald et Hugo serait jugée par une assemblée d'évèques et d'abbés , et que jusque-là il y aurait trêve entre Ludwig et le duc Hugo. Après la conclusion de cet accommodement , Otto retourna dans le Tcutschland.

Là-dessus il se tint, cette année et la suivante , quatre assemblées d'évèques pour étouffer les discussions au sujet de l'archevêché de Reims : à Verdun , à Mouson , à Ingelheim , à Trêves. La première assembléo refusa l'archevêché à Hugo, et reconnut Artald pour évêque légitime. La seconde fut embarrassée et mécontentée par une lettre du pape 'Agapet , qui, ma! informé, avait déclaré Hugo légitime évêque. Mais les prélats assemblés se prononcèrent contre la déclaration du papo, maintinrent leur sentence, et interdirent l'église de Reims, qui avait refusé deux fois de comparaître. La troisième assemblée fut convoquée I par Otto, à la demande du pape mieux informé. Tous les évêques tcutschs y furent invités , et un grand nombre d'entre eux y assista , ainsi que quelques évêques de France. Marinus, légat du pape , assista pareillement à l'assemblée. La sentence fut encore une fois contraire à Hugo; et comme il ne voulut pas s'y conformer, on le frappa d'excommunication. Dans son danger, Ludwig, roi de France, parut aussi devant les vénérables pères , vraisemblablement dans l'espérance qu'ils s'intéresseraient à lui aussi bien qu'à levèquc Artald, qu'il avait replacé sur le siège de Reims. Il raconta comment il avait été rappelé d'outre mer pour recevoir la dignité royale, et comment on s'était conduit à son égard de la manière la plus criminelle et la plus impie : lui-même, dit-il, n'avait pas donné lieu au crime dont il

avait eu à souffrir ; il soumettait sa vie cl ses actes au jugement des évêques et d'Otto, roi des Teutsehs, qui était également présent; d'ailleurs il était prêt à soutenir son innocence parl'épéc contre quiconque la contesterait. La vénérable assemblée semble pourtant avoir hésité à se mêler aussitôt d'une affaire dont oo ne pouvait encore prévoir le développement. Pour cette raison, et parce que Hugo, l'archevêque excommunié, comptant sur le duc Hugo, ne s'inquiétait pas des résolutions du synode d Ingelheim, le roi Otto chargea le duc Kunrad, son gendre, de faire une expédition vigoureuse contre le vassal rebelle. Kunrad entra en campagne avec ses Lotharingiens , accompagné du roi Ludwig. Il s'empara de Mouson , et Ludwig prit par surprise la ville de I.aon, à l'exception toutefois de la partie la plus forte, de la tour. Là-dessus la quatrième assemblée des évêques , qui sans doute ne fut pas réunie sans difficulté à Trêves , prononça l'excommunication contre le duc Hugo, jusqu'à ce qu'il se fût soumis au roi Ludwig et qu'il eût donné satisfaction à l'Eglise pour les crimes qu'il avait commis contre elle. Le papo Agapet confirma les deux excommunications. Cependant Kunrad se vit encore forcé à deux expéditions contre Hugo. Par la première , l'an 949 , il 1 amenaàune trêve; par l'autre, il le coutraignit à se soumettre au roi Ludwig, à lui rendre la tour de Laon , et en général à reconnaître les relations qui avaient existé précédemment oo qui furent nouvellement entreprises; de sorte qu'Otto , roi des Teutsehs , atteignit complètement le but qu'il s'était proposé en se mêlant à ces querelles.

La môme année , il remporta en bien moins de temps , parce qu'il l'avait à cœur , une autre victoire qui fut d'une plus grande importance pour lui et pour l'cmpire.teutsch. Les Rohèmes, comme nous l'avons raconté , avaient été rendus tributaires quatorze ans auparavant. Mais ils s'étaient de mauvaise grâce soumis à cette position , et plus d'une fois peut-être ils furent en retard de payer. Pendant la lutte contre les peuples slaves au nord de la Rohème , Otto ménagea sans doute le roi de ce pays , Bolislaw , pour ne pas compliquer davantage cette lutte. Il parait même que dans l'intervalle furent conclus entre Otto et Bolislaw de nouveaux traités , que nous ne connaissons pas , mais qui probablement furent tout aussi peu obser-

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vés quo les précédents. Mais maintenant que tout l'empire était tranquille, la guerre de France terminée , les Slaves septentrionaux soumis , Tugumir mort , et l'évéché de Brandebourg fondé pour l'affermissement du christianisme et de la domination teutsche , Otto crut que le moment était venu de terminer les querelles avec les Bohèmes , et de consommer la soumission de ceux-ci. Les historiens tcutschs accusent Bolislaw de s'être révollé contre Otto , roi des Teutschs ; mais comme il n'avait point pris part à la lutte sanglante avec les peuples de même origine que le sien pendant qu'Otto était serré de prés dans l'empire, il est difficile de croire que maintenant, après la soumission des peuples slaves septentrionaux, après le rétablissement de la tranquillité dans l'empire, il s'en soit volontairement détaché. S'il commença la guerre , c'est que vraisemblablement il était provoqué de tant de façons , qu'il ne pouvait plus s'y soustraire. En tout cas, Otto entreprit l'an 950 une expédition en Bohème. Il pénétra jusqu'à Prague , et fit prendre position à son armée devant la partie de cette ville située sur le côté occidental de la Moldau, et qu'on a appelée la ville Neuve. Elle était défendue par un fils du roi Bolislaw. Otto hasarda contre la ville Neuve un assaut qui promettait un heureux succès. Bolislaw en fut effrayé. Redoutant la perte de son lils et de son peuple, il s'adressa au roi , et implora la paix. El Otto , qui n'était pas sans inquiétude sur le désordre que la prise de Prague par assaut pouvait mettre dans sou armée , suspendit l'action. Là-dessus Bolislaw se soumit. Nonseulement il s'engagea à l'ancien tribut, mais encore il se soumit au service militaire. Otto , pour être sûr, à l'avenir, des Bohèmes , les plaça sous la surveillance et le commandement de son frère Heinrich, duc de Bavière. Car il connaissait l'ambition de celui-ci , et il savait bien qu'il serait pour le peuple soumis des Bohèmes le surveillant le plus sévère.

A celte époque, le roi Otto était dans toute la force de la vie, à l'âge de trente-huit ans. Il avait traversé de rudes épreuves ; mais il s'était maintenu inébranlable, et était resté vainqueur de tous ses ennemis. Son empire s'étendait de la Meuse à l'Oder , des Alpes à la Schlei. Les frontières de cet empire semblaient complètement assurées. Les Danois pouvaient bien encore renouveler d'impuissantes tentatives sur

la marche de Schlcswig et sur les frontières septentrionales de l'empire , mais ils n'étaient pas à craindre. L'espérance même paraissait enlevée aux malheureux Slaves jusqu'à l'Oder ; et bien qu'à l'aspect de leur pays dévasté, déchiré , bouleversé , la douleur du désespoir s'élevât en eux , ils pouvaient â peine trouver un appui pour leurs espérances et un foyer pour leurs projets : leur sort paraissait décidé. On avait fait sentir plus d'une fois aux Hongrois la force de l'épée des Teutschs : on ne pouvait s'attendre à ce qu'ils renonçassent déjà à leur vieil esprit de brigandage , pour s'accommoder d'une vie régulière; mais la terreur que leur nom inspirait s'était évauouie , et on ne redoutait plus leurs mœurs sauvages. La France enfin se paralysait elle-même et consumait ses propres forces. Les Français songeaient sans doute encore à la Lotharingie ; mais cette idée semblait ne pouvoir enfanter que de vains songes. Dans l'intérieur de l'empire , tout était tranquille. Les duchés étaient tous entre les mains du roi ou de ses parents. Ses plus grands ennemis avaient péri ; les princes qui avaient pris parti avec eux contre lui et qui avaient survécu à la tempête devaient bien enfin être revenus à la rétlcxion. Heinrich lui-même , le frère du roi , paraissait calmé. Oubliant dans l'administration du grand duché de Ba\ière les désirs de sa jeunesse , il semblait attaché avec fidélité et dévonment au roi son frère , dont il avait tant de fois éprouvé la grandeur d'âme. Otto pouvait donc se dire à lui-même ce que le monde disait de lui , qu'il n'était pas seulement le plus grand roi de son temps , mais aussi , à l'exception peut-être de Karl le Grand , le plus grand de tous ceux qui avaient occupé le trône depuis la chute de l'empire romain. Il était d'autant plus puissant , que lui-môme avait pris confiance en sa fortune, et que le monde ne croyait pas moins à l'homme qu'à sa fortune. En de telles circonstances , le génie de Karl le Grand , que le sien avait plus d'une fois entrevu, se présenta peut-être à lui sons une forme plus déterminée. Il est certain que dans son âme s'éleva l'idée du pouvoir impérial ; et la situation de l'Italie était telle , qu'elle devait le provoquer et l'attirer vers la première dignité du monde. Dans le siècle où nous vivons , cette pensée peut nous apparaître comme une folie, la dignité impériale comme une ombre, la couronne impériale comme un vain météore;

nous pouvons noue figurer qu'Otto serait devenu bien plus grand et qu'il aurait exerce sur le monde une influence bien plus puissante , si , libre désormais de toute guerre et débarrassé de toute révolte, il s'était entièrement consacré à son peuple, et s'il avait favorisé le génie dans les relations sociales aussi bien que dans les sciences et dans les arts. Mais le dixième siècle était bien différent du nôtre. Aujourd'hui beaucoup de voies sont ouvertes aux princes des peuples, qui conduisent toutes à un but élevé , et où ils peuvent mériter la reconnaissance de la génération présente et un beau nom dans l'histoire ; mais alors il se présentait à peine aux rois , pour déployer leur force et leur vertu , une autre carrière que celle de l'action , de la lutte et de la victoire. Le plus puissant même ne pou\ait rien au delà de la nature du système féodal. Tant que ce système se maintint dans sa force, les sciences et les arts ne purent truutcr de culture que dans l'Église , qui était indépendante et ne pouvait recevoir aucune direction des rois ; la législation , fidèle à cette

nature du système féodal, dut d'autant \du> enchaîner le génie, qu'elle dev int plus complète ; et l'administration écrasait au lieu d'élever. Dans le fait , qu'était donc maintenant Oit» !«• Grand avec tout son pouvoir? 11 était impossible de réduire le génie au silence , car sa nature est l'activité et le progrès ; il ne pouvait toutefois trouver son terrain dans les domaine* et dans les châteaux des grands vassaux , mais seulement dans la vive activité cl le libre commerce des villes; et l'organisation des ville< ne pouvait être complétée et recevoir sa forme par l'épée du roi , mais seulement par les besoins naissants du cœur de l'homme et que le temps devail mettre au jour. Quel que soit le jugement que l'on porte, Otto dirigea désormais ses regards vers l'Italie , ses désirs vers la couronne impériale. Il passa eu Italie , et conquit la couronne impériale. Ainsi commença une nouvelle série d'événements qui se continue à travers les siècles suivants et qui ont exero? une immense influence sur la vie du peuple tcutsch.

NOTES DU LIVRE XIV

(1) Le nombre des bâtards de la maison karollnglcnne est très-grand ; mais on ne volt nulle part qu'il* eussent a élever quelques prétentions sur la couronne. On leur donnait de temps en temps des corn lé* ou des duchés ; mais habituellement on les destinait à l'église, et on en faisait des abbés ou des évéques. Le puissant Karl lui-même, bien qu'il eût le malheur de perdre tous ses ÛJs légitimes , à l'exception du faible Ludwig , ne songea pas même à tenter de mettre un Ûls naturel sur la même ligne que ce Ludwig ( le Pieux ).

(?) Le jour même n'est pas indiqué. Eodem in loco die Kal.... (ici une lacune) letarieu rex celebrare pracipit. (Annal, fuld.). D'après un diplôme auquel renvoie Pertz ( ad Annal, fuld. ), Arnolf se trouvait le 1*' octobre à Maestricht ( Trojecti ad Motam). Selon les Annal, vedatt., les Nordmana ne se réunirent à Lou- *aio que mente novembrio , ad hiemandum. Et les Annal fuld. disent que le roi célébra déjà les fêtes do Noël 4 uim. Du reste, d'après les Annal, vedatt., la victoire ne fut pas si grande que la font les Annal, fuld. Car bien qu'Arnolf eut pris le camp des Nordmans, et non modica multitudo interfecta est, les Iwitlus rentrèrent dans Louvain et s'y maintinrent Aortmanni vero qui bue illucque ditperti erant , ndunati, in eodem loco iterum sibi sedem firmant. D'autre part, Regino s'accorde avec les Annal, fuld. Les N'ordmans furent si bien battus, ut ex innumerabili multitudine tix retiduut ettet, qui ad clattem adeersum nuntium reportant.

(!) C'étaient ces bandes qui, selon les Annal, vedatt. , s'étaient reformées près de Louvain. Regixo , Adèle à sa première assertion, dit que c'étaient des Nordmans , qui ad navet remanieront.

(2) Il ne faut pas prononcer madteharet le mot mayaret, mais majores. La forme mayarok n'est *ans doute pas slave , mais tirée de la langue du peuple étranger nouveau venu. Seulement, comme les Hongrois asiatiques ont admis et altéré par la prononciation seule tant de mots européens , et particulièrement de mots slaves , 11 serait possible que cette dénomination leur eût été. donnée dans le principe par les Slaves, et qu'ils n'eussent accepté ce nom qu'en Europe, parce qu'ils n'en avaient encore aucun. Le mot slave mayari slgnillait peut-être ce que ces barbares Paient réellement, des hordes mêlées.

;3) LiiTpm.ND déjà appelle les Hongrois Titrci. \) On prétend qu'il se ût ermite, el qu'il disparut

même entièrement , de sorte qu'on ne retrouva plus ses traces. CostaAS prag. , ad a. 884 ; comparez ;Eneas Sïlvils {lier. Boh., cap. 13). — Recino : Rex Maharensium Sclavorum, vir inter tuot prudentistimui , et ingenio eallidissimus , diem elautit extremum, a. 894.

(1) Mabillo (Annal, ord. bened. , t. 3, append. , cap. Zh). Le passage est Insignifiant par rapport à la peine qui consiste à porter un chien. Qui (c'est-à-dire les comitet) venientes juxla TVarmatiam per milliare unumab urbe A3CARIAS ferentet, ventant postulantes, usque ad pedet Arnoldi episcopi Tullentis, qui apud regem erat, iptas angarias depotuervnt. On ne peut préciser ce que veut dire Ici le mut angaria'; mais la peine de porter des chiens (can«i portare) est déjà mentionnée dans la première moitié du siècle suivant, c'est-à-dire du et comme pourtant II cstqiic*tlon ici d'un dedecus , d'un opprobrium , comme on appelle la peine de porter un chien , et comme le fait est raconté comme on raconte plus tard le |iort du chien , il est vraisemblable que les quatre comtes furent forcés de porter des chiens.

(2) Cette histoire est racontée d'une manière singulièrement obscure dans les Annal, fuld. , a. 898.

(3) Reguo, a. 898.... In quendam Minimum lorum,qui Durfos dieitur , intravit. Peutz remarque: For tasse Dover cm prope Heusden est.

(4) Annal, fuld. : eivitas Mutarmsis.

(1) Cependant on volt figurer aussi des duces en Lotharingie, comme Reginar, l'ami de ZucnUhald.

(2) SI nous admettons qu'il est déjà question des Saxons dans Ptoloiée, et des Thuringlcns seulement au temps d'Attila , on comprend qu'il ne s'agit que des noms et non des hommes.

(3) Le troisième, également bâtard, n'a du moins aucune importance pour l'histoire.

(4) Puer, rex et puer, fréquemment.

(6) On peut bien admettre, d'après Liutprand, que de semblables bruits circulaient. Du reste, on volt se répéter l'idée que l'on avait eue jadis des Hongrois, ensuite des Avares; et plus tard, on confondit dans la même Idée les Huns , les Avares et les Hongrois.

(C) Salomo , episc. ConstantUnsis , un contemporain (selon Hermannus cojct. , il mourut en 919; selon les Annal, vceingarl. , en 920; dans Pertz , 1 , P- 67).

NOTES DU LIVRE XIV

in versibus ad Dadonem, episc. (in Cakisii, tiqq. , ed. Basnage , t. 2 , p. 3 , 241 )

Del

Et les vers suivants prouvent qu'il s'agit des Hongrois; car on regardait habituellement les Hongrois comme des Huns, et l'on avait toujours aimé donner aux Huns l'ëplthète injurieuse de chiens [hunde):

rerrt eanit pretium templo 1er pritca rejutat : Anne canit ipte domum CkrUti tpurettiimut Inlrat.

(7) Les mêmes qui ont été nommés à plusieurs reprises dans les querelles de Zucnlibald. Ce sont eux aussi qui enlevèrent au bon abbé Regino, l'historien , l'abbaye de Prum pour la donner à leur frère Richard. Regino , a. 892.

(8) Cependant Otto n'est, à ma connaissance, Jamais appelé dux Thuringorum,

(9) Il devait exister encore sur la fia du Jeune roi d'autres renseignements que ceux que nous trouvons dans le misérable Ludovicus moritur-, c'est ce que semble prouver Adam i»e Brème ( Iliu. eccle. , i , cap. 44) : Luthewicus puer deposites est,«( Conradus, Francorum dux, in regem levatus.

(1) WmcMNDtJS , p. G3&. D'atord : Otto reliquit Henrico TOT il s Saxonia ducat um. Ensuite t Cunradus veritus est ei ( Henrico) tradere omnem potestatem patris. Or Helnrlch , comme nous le raconterons totit à l'heure , prend de force celte polestas patris ; et ensuite il parait , ainsi que nous le disons également, non-seulement comme dominant en Saxe et en Thuringe, selon Witikind et Ditumar ; mais Liltprakii ( lib. 2, cap. 7) l'appelle aussi Saxonum et Thuringorum dux protpotens. C'est sur ces passages et sur d'autres qu'est fondée la conjecture qu'Otto, frère de Hcinrich , avait aussi déjà été dux Saxonum et Jhurin gorum, bien qu'il ne le fût peut -être pas de tous les Thuringiens , bien qu'OMo lui-même, comme nous l'avons déjà remarqué, ne soit jamais appelé dux Saxonum et Thuringorum.

(2) Quelques auteurs modernes supposent que cetto urbs Grona était In place forte dont on voit encore des trace» près du village de Grohne ou de Grohnde , non loin de Gœllingen. Mais comme on ne rencontre que le nom de Grona , il est impossible de se former à cet égard une opinion certaine à ce sujet.

(3) Ekrehardus. Kpiseopo pro partis conspeeto , clamativo itio cantu satulant: ueil uerro! heil liebo !

(4) 11 est impossible d'indiquer la position de cet Al- Uicim.

(1) .... In civitate sua tniinaburg.

(2) Selon Witichimd et Vannai is te saxon , 11 fut enseveli à W'eilbourg; selon le Contin. Régis., t'n Fulda tnonasterio honorifica seputtura tumulatus est. Ma-

RIAHl'S SCOTC8 ( SCHASMAT. , Uist. fuld. , p. 118) B

également tu a Fulda son tombeau (tumulus) et son

epitaphe tions?

(3) HERMASN. Coxtr., a. 919 : pugna ad Wint**turum (Titodurum).

(4) Le eontinuator Reginoms, a. 920, dît simplement: IJenricus, dux consensu Francorum, Aima r»norum , Bawariorum , Thuringorum H Sa

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