‹ Histoire d'AllemagneChapitre 39 sur 100 · REX ELIGITUR · texte numérisé non relu

REX ELIGITUR

(6) Witichindcs. Rex erat in prasidio urbis dicilur Werlaon. Kam rudi adhuc militi, et betfo publico insueto , contra tam savam gentem «o» credebat. Le palais de Werla, prononcé sans doate Werlcn , d'après la manière dont Witicdimd l'écrit , étatt à deux milles d'Assebourg , dans l'évéché de HUdesheim , district de Sladcn.

(3) Hroswith*. hist. (Mémo*., rer. germon., t. 1 , p. 711):

Concertante tua Mathllda conjuge clora.

Cui nunc tn rrgno mm compenutbitur ut ta Quar pouet mérita illun tu pérore wpreMit.

(2) Je ne crois pas que les écrivains moderne* qui pensent que c'était la lance dont Jésus-Christ fut percé sur la croix, aient raison. Sans doute il est dit dan» l'hymne sur celle lance, chanté souvent depuis celle époque pendant la guerre et pendant la paix (Roxeb. dissert, de imperalia sacra lancat, p. 7 ) :

Are . ftrrum triumpkalë , Intrant pectut tu citale,

Mais, d'autre part, Lim>RA*D(HI , cap. 12), qui certainement n'aurait pas manqué de s'étendre sur cette lance si I on avait cru la posséder, dit que c'était une lance excepta ca-terarum specie lancearum , «oi-o quodammodo opère , novaque laborata figura.... qua média in spina ex clavis, manibus et pedibus Domini et Redemptoris nostri J.-C affixis, crureshabet. \ L'annaliste saxon, a. 925, s'exprime de même. L'autorité du poète doit-elle être décisive contre ces témoignages ?

(3) Les rois sans doute, à l'exemple d'Arnolf , en Inféodant les terres a leurs vassaux, leur Imposèrent l'obligation d'y construire des villes.

(1) 11 est tout aussi dlfllciic de préciser les limites des pays habités par ces peuples que celles de* peuple* germaniques dont parle Tacite. Les Abodrites demeuraient le plus au nord entre l'Elbe et la mer ; les Wilzcs plus au sud ; les Rcdarlcns peut-être Jusqu'à l'Oder.

(2) WlTlCHIND : postremo Roma profirisd statuit. Il n'est pas vraisemblable que Witiculnd entende par la un pèlerinage à Rome.

(1) Wmcill.ND (lib. H) : Sifridus, Saxonum opHmus, geerr quondam régis, tune tero affinitate conjunctus. Toutefois on a expliqué ces mots de différentes manières.

NOTES DU LIVRE XIV

(2) .... M anus ei danies , ac fidem pollicentes, operatnque suam contra omnes inimico» spondentes, more suc fecerunt eum regem.

(1) Chron. bavar. {Script, austr. , l. il, p. 73) : Etiam décimas clericorum concessitmilUibus.

(2) Lotus, qui dicitur Thrimmening. Le DrommHng, h ce qu'on a supposé.

(3) Sur la Ruhr?

(I) Contin. Régis... Rexusque ad Caprimontem

ptrvenit. Witichind (p. 64T) : Ar * , quœ dicitur Kievermont. C'est ChiWremont. Wedekkd, Noten.Z. Hein, p. 200.

(2) Wmcoixo.... Quo facto omnes barbarce nationesusquein Oderam fluvium simili modo tributis régal i bus se subjugarunt.

(1) Ils remplaçaient la police et la gendarmerie des temps modernes.

(2) Oldenbourg ou Aldenbourg [Mdinburg) est dans le Holstein , sur la pointe qui s'avance vers Femcrn.

LES DEUX SAXONS: OTTO lCT ET OTTO II. — VAINE GRANDEUR ET MAGNI- FICENCE DE L'EMPIRE TEUTSCH. — RÉUNION DURABLE DE LA DIGMTÎ IMPERIALE A LA COURONNE DE L'EMPIRE TEUTSCH.

BOULEVERSEMENTS DE h ITALIE, DEPUIS LA DERNIERE CAMPAGNE d'aRNOLF DANS CE PAYS JUSQU'A LA PREMIERE d'oTTOI*.

Do l'an 895 à l'an 051.

Il y avait cinquante-cinq ans qu' Arnolf, roi des Teutschs , était venu en Italie avec une armée. A cette époque , la plus violente agitation avait régné dans ce pays. Le roi, en passant les Alpes, avait eu l'espérance «le réussir à mettre un terme aux troubles, et d'effacer les dernières traces des factions par la majesté de la dignité impériale et par la crainte des armes des Teutschs. Mais cette espérance l'avait trompé. Son apparition avait excité les passions les plus barbares ; sa conduite avait poussé ces passions à des actes audacieux. Il avait été forcé de rétrograder pour ne pas périr dans le tumulte; il était revenu dans sa patrie , omé d'une couronne à laquelle était attaché le titre d'empereur, mais que beaucoup regardaient comme une couronne mensongère , et tourmenté d'une maladie qui annonçait la mort. Et derrière lui et sur ses flancs, l'avait accompagné le cri menaçant du ressentiment; et, après son départ, les princes et les

vassaux avaient aussitôt pris position les uns contre les autres avec la plus amère inimitié, lorsqu'ils venaient à peine d'être réunis par une haine commune contre les étrangers venus du Nord.

Depuis ce temps , pendant plus d'un demisiècle , la discorde n'avait pas cessé de répandre à pleines mains sur l'Italie les semences du malheur. Ces semences étaient tombées sur un sol fertile; et favorisées par de malheureuses mésintelligences et de singuliers hasards, elles avaient produit une abondante moisson de désastres. Le malheur pesa depuis l'extrémité du pays jusqu'aux montagnes des Alpes. La domination de l'empire romain d'Orient subsistait encore jusque dans le voisinage de Rome ; mais elle n'était maintenue que par des hordes de mercenaires , qui, levés parmi des peuples barbares, sans patrie , sans foyer et sans honneur , étaient un terrible fléau pour les habitants de ces belles contrées. Dans la partie supérieure , aussi loin que l'Italie s'était inclinée devant l'épéc de Karl le Grand , ne s'offrait pas un meilleur aspect. Sur les rochers des côtes , à droite et à gauche, les Sarrasins avaient fait leur nid comme des oiseaux de proie, et par leurs incur-

IJV. XV ,

sions et leurs violences, ils tourmentaient et maltraitaient les hommes assez malheureux pour se trouver a leur portée. Depuis la Marche de Frioul jusqu'aux rivages de la Lignite, le pays «'•tait expose aux insolents brigandages des Magyares, qui, pénétrant tantôt par le Nord , tantôt par le Sud, remplissaient ecs régions de cruautés non moins horribles que celles qu'ils avaient fait souffrirai! Teutschland.

Kt cette désolation ne réunit nullement les I taliens. Il ne s'éleva pas de Heinrich parmi eux. Au milieu des mauvais traitements que leur faisaient subir et les infidèles et les barbares, ils persévéraient dans leur ancienne carrière de malheureuses querelles , sans songer h leur propre salut , à la sûreté de l'Italie , au bien-étre îles générations à venir. Dans l'Italie supérieure, l'idée d'une patrie commune, qui ne peut s'effarer de l'esprit de l'homme, se réveilla peutêtre chez quelques individus, et beaucoup sentirent peut-être le besoin de prévenir un démembrement ; mais à tous il manquait une base , un foyer , un appui. I^s chefs des partis trouvèrent leur ruine : Bemgar y échappa tout aussi peu que Wido ctLantbert, fils de Wido; mais le génie des factions resta et poussa incessamment le* hommes les uns contre les antres, comme s'ils étaient entraînés hors du droit chemin par un charme qu'il était impossible de rompre. Malgré toute la haine que l'on nourrissait généralement contre l'étranger, on n'hésita pas, sous l'empire d'une crainte mutuelle ou d'un aveuglement universel, à solder même les annes de barbares farouches (4) pour les employer dans la lutte des intérêts de localité on de personnes ; on n'hésita pas à chercher à l'étranger un chef, et à concéder h ce chef une dignité et une puissance que l'on n'avait pas le courage de concéder à un compatriote plus habile. Par la se maintint et se propagea la grande discorde qui avait d'abord éclaté entre ceux qui s'étaient rangés sous les drapeaux de Wido de Spolète , et ceux qui s'étaient déclarés pour la vertu et la nom de tlerngar de Frioul. A cette discorde se mêlèrent une foule de petites querelles qui furent soutenues avec une égale perversité et une égale passion. Individus et communautés perdirent toute mesure et toute direction. Partout, dans les villes et dans les campagnes, on ne vit que pillage et im endie , que meurtres et mutilations. I.a bravoure se changea co témérité , la résolution en arrogance, l'audace en cruauté.

r.HAP. I". JtH

Mais le spectacle de grands crimes et d'insolentes violences n'est pas ce qui , dans la situation de l'Italie, parait le plus odieux et excite le plus de douleur dans le cœur de l'homme qui pense : non , c'est la perte des principes desquels dépend la v aleur de la vie , des principes de religion et de morale ; c'est l'impudence avec laquelle le vice se pavane , s'exerce et se développe. Il n'est pas douteux (et c'est pour le cœur de l'homme un besoin de le croire) que dans le silence de la famille, dans la cabane du pauvre, dans l'enceinte sacrée du couvent , la vertu et l'amour , la paix et la piété continuèrent à régner, et partout il y eut des faits et des actes où se révéla et se manifesta le véritable esprit d'une noble humanité. Mais dans la vie publique , parmi les hommes cl les femmes placés assez haut pour frapper les yeux de l'histoire, on ne voit que rarement ou jamais de grands principes , de grands caractères ou des actions honorables. L'égoïsme et l'intérêt personnel sont ici la base de la vie ; des désirs effrénés de domination , de puissance , de grandeur et d'éclat , sont les mobiles des actions; la ruse, l'astuce, la perfidie, l'intrigue, préparent les voies et tendent au loin leurs filets : rien ne se fait que par la force brutale et par la cruauté , qui ont pour cortège l'arrogance , le dédain , le méprise! une débauche effrénée , insatiable.

Venise , jeune encore , échappa seule à ces atrocités. Sa position géographique la protégeait contre les tempêtes qui bouleversaient le continent. Les dures épreuves a travers lesquelles elle avait eu a soutenir une lutte longue et diftîcile avaient produit un esprit de circonspection, d'activ ité et de simplicité de mœurs qui s'était transmis de génération en génération ; une prospérité universelle en était la récompense, excitait à l'activité, et prévenait encore à cette époque l'oisiveté et l'arrogance. Venise portait ses regards , sinon sans intérêt , du moins sans passion, sur les agitations de l'Italie , tirait de la nécessité un avantage durable , florissait , et dirigeait sa vue au loin pour chercher du gain et des possessions.

Rome , au contraire , la villo éternelle , fut de plus d'une manière entraînée dans le tumulte. Plus le nom de Home brillait avec éclat dans le monde ; plus étaient grands les souvenirs que les restes des merveilles de l'antiquité évoquaient dans les âmes ; plus étaient grandes les espérances que le siège de saint Pierre avait ôvcil-

lées , pins aussi , d'un côté , tous les puissants et tous les ambitieux d'Italie devaient diriger leurs regards et leurs désirs vers Rome , et plus, d'un autre coté, devaient être terribles les maux causés à Rome par le eboe de leurs intrigues et des efforts des Romains. A Rome , de grandes relations se combinaieut d'une manière singulière : le sacré et le profane se touchaient , bien plus, se mêlaient d'une façon que rend assez concevable , il est vrai , le développement historique des choses, mais qui par là ne cesse point de paraître bizarre et malheureuse. A Rome était le foyer de l'Église chrétienne universelle ; à Rome était le sol natal de la dignité impériale, qui ne pouvait trouver sa puissance qu'à l'étranger, et même chez des peuples éloignés. Le siège de saint Pierre reposait sur une base spirituelle, sur la foi et sur les besoins des nations chrétiennes de l'Occident; mais l'homme qui était placé sur ce siège pour gouverner le navire de l'Église à travers les tempêtes, les rochers et les écueils, n'était pas élevé à cet honneur par le seul clergé romain. I>e sénat de la ville éternelle exerçait aussi une grande influence sur ce choix ; les familles éminentes des environs y contribuaient aussi , et la multitude elle-même n'était pas sans importance lors de l'élévation (qu'on appelait élection) d'un prêtre à la dignité papale , parce qu'elle avait le plus de poids et le plus de bras. Et le même homme qui , par une telle élection , était arrivé à la dignité papale , avait ensuite le droit de donner la dignité impériale à tout prince étranger comme à tout prince natioual qui savait obtenir de lui la couronne d'empereur à force de présents, de flatteries, d'arrogance ou de terreur ; et le même homme auquel le pape avait donné la couronne impériale était non-seulement souverain de Rome et du territoire romain, mais encore on le considérait sans doute aussi , en sa qualité de successeur des anciens empereurs romains , comme ayant des droits légitimes sur tous les pays qui avaient jadis appartenu à l'empire romain d'Occident. Plus d'un Romain qui ne passait pas sans réflexion à travers la vie pouvait donc en venir à croire que , dans la personne de son élu, il participait au gouvernement de son Église, et, par son élu , au couronnement de l'empereur et à l'exercice de la puissance impériale sur Rome et sur d'autres pays.

Devant de si grandes relations , devait , à ce

qu'il semble, s'évanouir à Rome l'agitation vulgaire des autres villes; elles devaient éveiller des sentiments tout particuliers et donner aut âmes quelque chose de plus élevé. Par là même il était impossible que Rome restât simple spectatrice des bouleversements de l'Italie ; il était impossible, vu les dangers et les mauvais traitements auxquels elle était exposée de la part des Grecs et des Sarrasins, qu'elle se tranquillisât par la perspective de devenir victime des passions et de la perversité d'étrangers. Bien plus, l'idée dut se développer à Rome de réunir les partis dans la ville éternelle , et de rattacher de nouveau au nom de Rome la domination de toute l'Italie et peut-être du monde. Et, dans le fait , on travailla et on agit à Rome dans ce sens et dans ce but , à ce qu'il semble , dès avant le commencement du x' siècle.

Mais la tâche était grande , et à l'exécution se rattachaient des difficultés prodigieuses. La puissance qui pouvait le plus rapidement tout décider , la puissance du glaive manquait , et l'on ne pouvait ni se la créer ni l'acquérir. Il fallut donc combattre l'intrigue par l'iutrigue, opposer la ruse à la ruse. L'immoralité même du siècle exigeait sa satisfaction , et le vice sa victimes. De plus, le siège apostolique se trouvait dans une position qui demandait toute sorte d'égards. 11 barrait le chemin , et pourtant de grandes espérances se rattachaient à lui. On oe pouvait le tourner; on n'osait pas le jeter de côté. Si on le gagnait, on exercerait peut-être au loin par lui une grande influence ; et pour le gagner , il fallait s'en rendre maître. Peut-être même cette audacieuse pensée ne fut-elle pas étrangère à cette génération , que lorsque l'Italie serait rameuée à la concorde et à l'obéissance par la parole et l'autorité sacerdotales , il serait possible et nécessaire de réunir la puissance temporelle à la puissance spirituelle, pour l'exécution de plus vastes projets.

C'était une entreprise hasardeuse, et le succès même était scabreux. Le saint-siége n'était édifié ni pour Rome ni pour l'Italie, mais pour le monde entier ; et les papes avaient dirige leurs regards et leurs désirs vers l'infini. La vie apostolique des papes consistait en ce qu'ils s'efforçaient d'étendre , comme dans un saint enthousiasme, [sur toutes les contrées de la terre l'édifice de l'Église , et de donner à cet édifice une telle perfection ^ que tous ceux qui t ployaient les genoux au nom de Jésus-Christ

fussent saisis non-seulement d'une seule foi i et d'un seul amour, mais aussi d'une seule fidélité et d'une seule obéissance envers le vicaire du Sauveur. Aussi , tant que le saintsiége fut occupé par des hommes d'un esprit pontifical, pénétrés non précisément de l'esprit de la religion de Jésus-Christ , mais de l'idée de l'Église une et universelle , on n'avait pu compter en rien sur eux pour les affaires temporelles de l'Italie , ni pour la cause d'un parti , ni pour celle du pays tout entier , parce que les papes , dans l'intérêt de l'Église , étaient forcés de se prononer à la fin pour le plus puissant ou pour le plus heureux. Mais lorsqu'on essaya de placer sur le siège apostolique des hommes dénués de l'esprit pontifical, indifférents au but apostolique, il était sans doute à craindre que l'Église ne tombât en décadence , et que la puissance acquise déjà en partie , ou du moins préparée par le saintsiége, ne se perdit on ne reçût une rude atteinte. Mais l'embarras du moment était le plus urgent , et des hommes qui luttaient pour des choses temporelles, pour la domination et le pouvoir, et peut-être pour un parti, envisagèrent sans doute avec quelque indifférence les suites que l'abus de la puissance papale pourrait avoir dans des temps postérieurs et dans des pays plus éloignés. En Italie d'ailleurs , le pape n'avait pas beaucoup à perdre. Il ne s'agit donc que de trouver des hommes qui, d'un côté, fussent en état d'occuper le siège apostolique , et qui , de l'autre, n'hésitassent pas h servir des projets étrangers au saint-siége, et qui pouvaient aisément lui devenir pernicieux. Et cette difficulté même fut levée. Le parti romain réussit , par ses artificieuses intrigues , â soumettre entièrement le siège papal à son pouvoir. A ce succès contribuèrent surtout , à ce qu'il semble, des femmes de haut rang, qui par leur esprit et par leurs charmes surent gagner sur les Ames nn pouvoir que nous ne pouvons comprendre dans nos temps modernes et avec le peu que nous savons des relations sociales de cette époque éloignée ; et parmi ces femmes se distinguèrent principalement Théodora et ses deux filles Marozia et Théodora , dont nous pouvons d'autant moins èclaircir ici la position et les relations , que les ténèbres qui ! rouvrent l'histoire de ces femmes sont plus épaisses.

Mais ce plan était trop hasardé. Quelque

Page 1