‹ Histoire d'AllemagneChapitre 51 sur 100 · LIV. XV,C»Ar. a · texte numérisé non relu

LIV. XV,C»Ar. a

son caractère et Sort règne embarrasseront pins I ploya sons pins d'une forme dans le Teutscn-

d'une fois même le pins juste.

On rte peut refuser h Otto le Grand trois vertus ou qualités: une piété solide, une haute bravoure et une sage persévérance. Elles lui suffirent pour de si longues années et pour des circonstances si difficiles. Mais toutes les autres qualités, toutes les autres vertus de l'homme ou du prince, se présentent en lui avec des modifications qui les faussent, ou font contraste avtfc des défauts devant lesquels elles disparaissent. Ces modifications et ces défauts résultèrent peut-être tous de cette seule circonstance, que l'on tint compte à Otto , alors jeune homme énergique, mais ignorant, de tous les services de ton illustre père , et que, sons l'influence de cette idée , on lui donna , sur le tombeau de Karl le Grand , la couronne de l'empire teutsch avec une solennité , avec un dévoùment qui semblaient touchera la servilité. Dctels hommages , qui n'étaient le prix d'aucuns exploits , d'aucunes vertus, mais qui furent reçus comme une reconnaissance solennelle d'une plus haute naissance, troublèrent, a ce qu'il semble, les pensées du jenne prince , et jetèrent dans son àmc cet orgueil , cette hauteur, cette vanité , qni étouffèrent en lui tant de nobles germes , qui dégénérèrent si souvent en dureté cl en cruauté, et qui le poussèrent à suivre opiniatrément des projets de domination et de grandeur personnelles , en l'éloignant de son peuple et de sa patrie.

Ln grand nombre des années de son règne s'écoulèrent en guerres civiles et en guerres de familles, etdcs mains teutsches couvrirent les cantons de la patrie de terreur , de misère , de sang et d'atrocités de tonte espèce. 11 en passa près d'nn tiers au delà des Alpes , abandonnant sa patrie a elle-même. Quant au surplus, qu'A semblait pouvoir consacrer en repos aux relations intérieures du Tcutsehland , une grande partie en fut encore consumée en préparatifs pour les expéditions dltalie. Il n'est donc pas facile de voir comment il serait possible qu'Otto eut fait quelque chose d'important pour les progrès de son peuple ; il est tout aussi difficile de voir en quoi a pu consister l'âge d'or dont le Teutschland , selon beaucoup d'écrivains , jouit sous Otto le Grand, si ce n'est peut-être dans cet éclat que la soumission de peuples étrangers répandit sur lui et sur sa couronne. Sans doute, an temps d'Otto , l'activité -se dé-

land , et la civilisation fit des progrès qu'il no faut pas dédaigner ; mais cette activité résulta de la nature même de l'esprit humain , dont l'essence est de se développer de plus en plus, et ces progrès furent fc résultat de commencements antérieurs. Tout se fit sans lui et en dehors de lui , non par loi ni par son impulsion , tout au plus sous la protection qu'il assura aux frontières teutsches , et grftce à la confiance qu'inspirait le succès de ses armes. Rien ne non* apprend qu'il ait compati au sort des classe» inférieures , ou qu'il ait montré de la sympathie pour leurs souffrances infinies. Les institution! de Karl le Grand et les établissements de fldnrich I*r reçurent une vie nom elle et prospérèrent par les soins de l'Église. Ce fol un bonheur qu'Otto, dans sa pieuse dévotion , fît tant de concessions aux ecclésiastiques. Pour leur procurer uu plus grand revenu en péages et eh casucl , beaucoup de villes obtinrent des immunités de marchés et d'autres privilèges; et , si les ecclésiastiques connaissaient leur intérêt* les villes surent bien aussi calculer le leur. Mais il parait qu'Otto avait peu de goût pour le» sciences et pour les arts. Il avait à peine goûte à leur source sacrée, dont la vertu disparut sans peine chez fui au milieu de ses travaux guerriers.

C'est sur ses travaux militaires que se fonde sa plus grande gloire. Il dut une grande partie de ses victoires et de ses Succès h ses généraux; à des héros comme Knnrad , Gcro , llcrmann ç mais il lui reste lè mérite d'avoir distingué et apprécié de tels hommes. L'humanité gémit souvent aussi de ses guerres et de l'usage qnH fit de ses victoires, et son triompho sur les Hongrois est le seul de ses hauts faits qui inspire une joie complètement pure. Sans douto il serait injuste de juger les projets, les entrer prises et la conduite d'Otto d'après les opinions et les mœurs de notre siècle. La sanglante dévastation des contrées slaves , la cruelle oppression et l'anéantissement des peuples slaves excitent l'horreur et l'indignation ; mais la position était violente; les choses ne pouvaient rester comme elles étaient ; de plus , il est difficile de dire si ces petites peuplades auraient fait des progrès par elles-mêmes , et s'il eût été possible de remédier d'une autre manière à un mai qu'on ne pouvait tolérer. La Bohême, assurée mcnt} rcitd jxû "témoignage favorable pour Otto*,

HISTOIRE DL' PEiTLE ALLEMAND.

pour ses ducs et pour ses markgrafs. Dans la suite du temps aussi la croix élevée par le fer et le feu au milieu des larmes et de la désolation , répandit graduellement tant de lumière et de bonheur, que l'homme rélléchi,qui tient compte de la position des pays et se rappelle l'histoire des temps antérieurs, n'osera exprimer son jugement qu'avec une grande modération. I<es expéditions d'Otto en Italie trouvent aussi , comme nous l'avons montré, dans les relations et dans les opinions de ce siècle , sinon leur justification , du moins peut-être leur excuse. Les mauvais traitements que l'Italie avait A souffrir ne peuvent également se mesurer sur la mesure des mœurs de notre siècle. Ils étaient la suite de l'asservissement que les Italiens ne savaient pas éviter et qu'ils ne pouvaient pas non plus supporter. Depuis une suite de générations , l'Italie s'était d'ailleurs trouvée dans un tel état de dissolution , de bouleversement et de décadence , que dans le fait il est difficile de dire si le malheur des peuples de ce beau pays eût été moindre sans l'intervention des Teutschs, et si ces peuples auraient jamais réussi à se relever de cette décadence par leurs propres forces. Mais ce qui ne souffre aucun doute, c'est que, par la soumission de l'Italie, Otto le Grand ouvrit pour le Teutscbland une source féconde de calamités dans ses alliances av ec le royaume des Langobards, avec le saint-siége , et enfin avec les Grecs. Il laissa à ses successeurs nn legs déplorable , et il impliqua le peuple tentsch dans des relations qui devaient réclamer ses plus belles forces , et avoir des inconvénients inexprimables pour le libre développement de son caractère propre et pour la formation d'une véritable nationalité.

OTTO II. — POSITION DE l'eMPIRE A l'aVÉ- KEMENT DE CE PRINCE.

L'an 973.

Aussitôt après la mort d'Otto le Grand , son fils, l'empereur Olto II, surnommé aussi le Jftnix(J), prit les rénes de l'empire, ou plutôt des royaumes dont il avait depuis longtemps reçu les couronnes. Le nouvel empereur était nn aimable jeune homme de dix-îiuit ans. Il surpassait de beaucoup son père en connaissance et en culture ; son esprit aussi n'avait pas (le peine a être plus riche que celui de son père.

Mais il lui manquait cette force morale qui résultait chez celui-ci d'une inébranlable confiance en Dieu , et le fardeau de deux royaumes était trop lourd pour ses jeunes épaules.

Otto le Grand aussi était arrivé fort jeune a la royauté ; mais cependant , ce qui avait fut une très-grande différence, il avait sept ans o> plus , et les circonstances étaient tout autre*. Son éducation s'était faite par la pratique, ci d avait passé les années de sa jeunesse au mihra des embarras et des dangers. l,e génie de m père était devant lui comme une sublime e. belle figure de héros. Heinrich I«r avait, par sa exploits et par ses vertus, gagné l'affection des Saxons, auxquels il était attaché de corps et d'âme en fds fidèle de la patrie ; et par sa sagesse et sa modération, il s'était concilié le respect des autres Teutschs, des peuples comat des princes , et la considération des nation voisines. Sur cette afTection , sur ce respect d sur cette considération , il avait , si cette expression est permise , tiré au moment de sa mort , en faveur d'Otto I*r, son fils, une lettre de chaogf que les peuples et les princes du Teutscbbmd avaient aussitôt acquittée volontairement et intégralement en loyaux débiteurs. De plus, autour du jeune roi se rangea un cercle d'hommes héroïques et éprouvés , animés d'un esprit élev é , parce qu'ils n'avaient combattu et vaincu que pour la patrie, pour son salut et sa liberté, pour sa sûreté et sa conservation , et qui se plaisaient à espérer du fils tout ce que le par avait garanti. Enfin à la <» ouronoe placée sur la tète d'Otto I" tenait un empire national qui n'avait pas même encore atteint ses frontières naturelles ; on songeait à peine à l'Italie bouleversée et abreuvée de sang ; la couronne impériale était tombée dans l'oubli , et le siège apostolique excitait sans doute encore des désirs mêlés de curiosité dans des ornes

pieuse*. ,

mais ne provoquait aucun appui et aucun sacrifice.

Otto H, au contraire, avait été placé dès sa naissance dans une tout autre position. Fcnimos et ecclésiastiques l'avaient élevé, instruit , dirigé: Mathildc, sa pieuse aïeule, Adelheid, s» tendre mère, Bruno , son savant oncle , son frère naturel Wilhelm , moines et prêtres. Il ne fut pas tenu comme un jeune prince qui devait mériter de devenir un jour roi des Teutschs, mais il fut nourri dans la pensée que la royau té et l'empire lui étaient dus. On l'avait rendu étran-

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