‹ Histoire d'AllemagneChapitre 52 sur 100 · L1V. XV , CHAI». X · texte numérisé non relu

L1V. XV , CHAI». X

ger aux moeurs et aux usages de son peuple, | pensaient, dans leur vieillesse, à l'éternité bien et on l'avait amené à se foire une telle idée de , plos qu'aux choses du monde. Otto n'avait pas sa souveraineté et de son illustration , qu'il se ■ songé à remplacer par des hommes pins jeunes croyait au dessus de tous, et ne pensait pas i ceux qui lui manquèrent successivement; ear avoir d'égal dans le monde germanique. H n'é- ceux qu'il gagna peut-être avaient été jetés, tait encore qu'un enfant lorsqu'on avait placé par ses malheureux efforts en Italie , dans une sur sa téte la couronne de Pempiro tcutseh ; ! direction entièrement fausse qui les éloignait qu'un adolescent , lorsqu'il avait reçu la cou- I de leur peuple ot de leur patrie , et ne leur préronuc impériale ; et l'une et l'autre de ces céré- sentait pour but que la domination , le pouvoir, monies tirent sans aucun doute une profonde et une vaine grandeur personnelle. Parmi eux impression sur son jeune cœur. EnÛn l'insolent projet de son père de ne lui faire épouser qu'une

aussi, ceux qui ne s'étaient insinués dans la faveur de l'empereur qu'à force d'adresse, de princesse grecque, parce qu'il ne se tronvait finesse, de perfidies et de ilatterie, étaient peutdans l'Occident aucune princesse qui parût être plus nombreux que ceux qui devaient leur

élévation à leur caractère , à leur génie , à leurs connaissances et à leurs services. Ainsi l'état de l'empire dont Otto H prit possession offrait peu de motifs do satisfaction au jeune empereur. Il se trouvait comme un étrauger au

digne d'un si haut mariage , n'avait certainement pas éveillé dans son cœur des sentiments de patriotisme et de nationalité; et l'épouse grecque qu'il avait ramenée avec lui, et son cortège grec, et ses opinions, ses mœurs et

ses habitudes étrangères, l'enveloppèrent telle- ' milien des Tcutschs; pas d'âme dans le peuple

ment d'un réseau magique d'éclat et de magniû- | ponr lui. On pouvait prévoir de nouvelles tem-

cence , de manières recherchées et de formes , pètes dans l'empire et de nouvelles attaques

courtisanesques , qu'il lui fut impossible de contre lui.

brigoer l'affection de son peuple. Et il fallait rechercher cette affection , si l'on voulait maintenir l'ordre dans l'empire et la sûreté sur les /routières , et conserver au trône sa considération et son honneur. Car Otto le Grand s'était aliéné les cœurs , à lui et à sa maison ; la fortune, qui l'avait accompagné dans sa longue

En Saxe, tout récemment , aussitôt après la mort d'IIermann le Hillinger, son fils Bernhard avait pris possession du duché, comme par droit héréditaire. Le nouveau duc s'est signalé dans la suite du temps comme un homme d'une grande bravoure , qtii ne perdait pas l'esprit même dans les dangers du combat. Mais c'était

carrière , avait fait naître la jalousie et l'envie ; I encore un jeune homme , et il n'avait pas en-

par son orgueil et son arrogance, il avait excité chez beaucoup l'indignation, le dégoût, la répugnance , la colère ; et le souvenir de l'ancienne égalité avec les ancêtres de cette insolente race , s'était élevé en eux ; enfin la

eore révélé son génie et son caractère. Son autorité sur son peuple reposait , comme autrefois celle d'Otto le Grand, sur l'impression qu'avaient laissée la vie et les exploits de son père. Les Franconiens n'avaient pas de duc , pas

longue durée de ses exjiéditions en pays étran- | plus que les Thuringiens. Ijc pays était admi-

ger, entreprises, non pour le bien du peuple teutsch, mais pour une vaine grandeur de sa famille , avait produit une certaine indifférence ot une certaine froideur qui s'étendait sur tout l'empire. Otto le Grand ne laissait pas même à son fils un certain nombre d'hommes de génie , d'énergie et d'activité , fidèles et dévoués, capables de lui concilier de nouveau le peuple teutsch. Car les compagnons de sa jeunesse , dont il avait conquis l'affection , qui étaient devenus grands avec lui , et qui par là même lui avaient montré un attachement inébranlable anx jours de bonheur et aux jours d'orage, étaient presque tous morts avant lui , et le petit nombre deceux qui pouvaient vivre encore m.

nistré par des comtes. Aussi ses relations sontelles peu connues, ou même entièrement ignorées, parce que l'histoire descend rarement aussi bas. Il parait toutefois que, dans les derniers temps, le fils d'Otto le Grand , Wilhclm , archevêque de Mayencc, exerça une sorte de pouvoir ducal dans les pays du Rhin , du Mein , de la Lahu et de la Diemcl , qu'on appelait Franken ; et ce pouvoir , soutenu par l'autorité sacerdotale, passa peut-être, en tout ou en partie, au successeur de Wilhclm. Mais le souvenir de l'ancienne gloire du nom frank se perdait tout aussi peu parmi ce peuple énergique que le souvenir de cette grande maison de Hessc, de laquelle était sorti le roi Runrad I";

et bien que les branches principales de cette race eussent été détruites ou desséchées par les orages du temps , kunrad le Sage, duc de Lotharingie, gendre d'Otto le Grand, avait ravivé pour toujours la mémoire des hommes pansa lutte si longue et si virile, par sa mort déplorable au sein d'une glorieuse victoire remportée sur les plus odieux ennemis de la patrie.

En Lotharingie , la dignité ducale n'avait pas non plus été rétablie après la mort de Bruuo , archevêque de Cologne. Le pays fut également administré par des comtes ou soumis aux évèques, qui, là comme partout, exerçaient chaque jour davantage l'autorité de princes temporels. Sans doute, dans la partie inférieure de ce beau royaume, sur la Meuse , comme dans la partie supérieure, sur la Moselle, un comte puissant put s'élever au dessusdesautres, parce que peut-être, par ordre ou par mission de l'empereur , il tenait la première place dans des affaires communes , suivant l'exemple donné par Bruno ; et ensuite on n'eut probablement pas de peine a saluer ces comtes du titre honorifique de duc : mais, comme nous l'avons déjà fait observer, une véritable collation du titre ducal avec une autorité suprême sur les comtes ne parait avoir eu lieu ni pour le pays tout entier ni pour une de ses parties. 11 était devenu d'autant plus facile aux vassaux et aux seigneurs ecclésiastiques et laïques de suivre leurs projets particuliers, et de tendre au but de leur ambition personnelle, et de conserver en eux cet esprit d'inquiétude et de mobilité qui semble être dans la nature d'un peuple mélangé.

En Souabc , Burchard II était encore duc au moment de la mort d'Otto le Grand. Mais il était trôs-avancé en âge et sentait approcher sa dernière heure. Son épouse , Haduwig ou Hcdwig , lille du premier Ileinrich , duc de Bavière , était encore dans tout l'éclat de sa jeunesse, et c'était nue femme distinguée par sa beauté et par ses charmes. Elle était aussi pleine d'esprit et de vivacité , et l'on vantait la sévérité de ses mœurs. Mais elle n'avait pas donné d'enfant à son mari. Burchard, surtout sur la fin de ses jours , chercha à faire oublier la privation des plaisirs maternels à cette nièce du puissant empereur , en lui laissant une grande influence sur les affaires publiques et en écoutant volontiers ses conseils. Toutefois, elle tourna son Ame vers le ciel , et son esprit vers les sciences.

i Aussi les couvents du pays obtinrent-ils particulièrement de grandes donations en terres on

j en objets précieux , immédiatement de sa main ou par son intervention : car les couvents étaient à ses yeux les asiles de la piété et de la science tout ensemble. Sa prévoyance assura do beaux jours à St-Gall et à Beichenaii ; d'antre monastères aussi curent à se féliciter de <a bonté. Mais personne ne savait ce que l'on voulait faire du duché après la mort de Burchanl. La duchesse Haduwig ne semblait pas dispos* à renoncer à un pays qu'elle avait sous tant de rapports favorisé et même administré. Va» il vivait encore un Otto, petit-fils d'Otto le Grand, fils de l'infortuné duc Luidolf; re prince, âgé de dix-neuf ans, avait assurément les droits les plus immédiats sur lo duché. (> qui n'est pas douteux non plus, c'est que h cœurs des Souabes étaient dévoués à ce jennf homme, dont le père, victime d'intrigues passionnées , n'avait pas seulement perdu la perspective de la première dignité du inonde occidental, mais même la vie, et qui lui-même, orphelin dès sa première jeunesse, s'était trouvé à l'ombre d'un oncle plus jeune que loi. Mais il était peut-être aussi dangereux de l'éliminer que de l'élever. Son élimination pouvait exciter le mécontentement des Allemanni, dont le duché devait continuer de subsister fort et uni par cela même que la conservation de l'Italie semblait en dépendre immédiatement ; soo élévation, au contraire, pouvait aisément contribuer à ranimer d'anciennes passions. Il fnl-

( lait tenircomptede deux circonstances. D'abord,

j si quelque prétention par droit d'hérédité sur la couronne tcutschc pouvait valoir, Otto pouvait bien soutenir qu'il avait un droit p\os direct sur la couronne qu'Otto II , qui s'intitulait déjà roi et empereur ; si, au contraire, cette couronne ne devait être donnée que par l'élection des princes teutschs , la validité de l'élection d'Otto II pouvait bien être contestée , parce qu'elle n'avait pas été libre, mais forcée par la volonté de son père. En second lieu , la position du nouveau duc des Souabes à l'égard des Ba-

; varois et de leur duc pouvait devenir très-dangereuse , lors même que la couronne ne serait pas mise en question.

l^s Bavarois avaient pour duc Heinrich II , fils de ce Heinrich qui n'avait pas cessé de persécuter le duc Luidolf, père du jeune Otto de Souabe, et de se placer jusqu'à sa mort entre

lui et Olto le Grand , pour empêcher une entière et confiante réconciliation entre le père et le fils. Si donc les fils de deux pères qui avaient été divisés par la discorde , par la haine et par une inimitié irréconciliable, devenaient princes de deux grands duchés voisins , il était à craindre que le souveuirdu passé ne fit naître entre eux de nouvelles discordes, ne stimulât les passions humaines et n'entraînât des troubles incalculables. Mais llcinrich , duc de Bavière, se trouvait lui-même dans une position difficile à l'égard du roi. Dans les grandes familles bavaroises vivait encore ce souvenir que jadis la Bavière avait formé un royaume particulier ; elles n'avaient pas encore oublié que l'empire teutsch avait pris naissance en Bavière, et que le premier roi de cet empire avait eu sa résidence au milieu d'eux : elles ne voyaient donc ps sans indignation et sans jalousie l'orgueil des Saxons , de ce peuple le plus jeune de l'empire et du christianisme. Elles n'avaient pas eu d'affection pour le duc Heinrieh I«r, le Saxon , parce qu'elles ne voyaient en lui qu'un étranger qui leur était imposé, et parce que sa dureté et sa roideur l'avaient empêché de les gagner. Mais le second Heinrich était un fils de la Bavière ; il était né au milieu du peuple d'une princesse bavaroise, de la charmante Juditta , fille du duc Arnulf. Après la mort de son père, Otto le Grand , son oncle , lui avait donné le duché de Bavière : il n'était alors qu'un enfant de quatre ou cinq ans. Le duché avait été gouverné en son nom par Juditta , sa mère , avec douceur , prudence et bonne volonté. Elle avait en pour conseiller et pour collègue Abraham, évéque de Freisingen : c'était un homme très-prudent , plein d'adresse et de finesse de société, de sorte que partout il était très-aimé des femmes. Et bien qu'un monde soupçonneux supposât que dans les entretiens confidentiels de l'évôque avec la duchesse il n'était pas toujours question des affaires publiques , personne ne niait que ces affaires ne fussent dirigées avec intelligence et adresse, d'une manière bienfaisante et heureuse. Le duc Heinrich II lui-même était, a la mort de son oncle Otto le Grand, un beau jeune homme, de quatre ou cinq ans plus âgé qu'Otto IL Pour son temps et pour sa position , il était bien élevé et ne manquait pas de culture. Il y avait en lui beaucoup de l'esprit et du caractère de son père ; il avait surtout

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cet amour de la grandeur et du pouvoir qui avait entraîné Heinrich 1" à tant de projets désastreux. 11 ne le cédait en hauteur à aucun membre de son orgueilleuse race, et il n'ignorait pas les efforts que son père avait faits pour s'emparer de la couronne. Peut-être même son aïeule Mathilde , cette reine aussi respectable que faible, entraînée par la prédilection que lui inspiraient sa qualité de fils de son enfant chéri et son nom de Heinrich , avait-elle fait germer, dès son enfance, de grands projets dans son âme et nourri en lui de hautes espérances. Quoi qu'il en soit, il semble certain que l'idéo d'élever le duc Heinrich à la royauté avait été conçue en Bavière déjà avant la mort d'Otto le Grand; que Heinrich vivait lui-même dans cette pensée; que Juditta, la duchesse mère,ot l'évèque Abraham, agissaient dans cette idée, et que d'autres vassaux et seigneurs de Bavière la partageaient et la favorisaient.

Il n'y avait pas à compter sur les pays slaves qui appartenaient à l'empire. Les peuples slaves ressentaient encore péniblement la douleur de leur liberté perdue , et la puissance sous laquelle cette liberté avait succombé avait perdu beaucoup de sa force par le partage du pouvoir. Car chacun des cinq markgrafs aurait volontiers , comme cela est naturel à l'homme , possédé toute la puissance de Géro ; aussi non-seulement ils jetaient des regards attentifs sur les pays slaves, mais encore ils s'examinaient les uns les autres avec envie. I^s deux princes slaves , roi ou ducs , Bolislaw de Bohème et Miesko de Pologne, n'avaient plié qu'avec répugnance sous le joug d'Otto le Grand ; et peutêtre n'attendaient-ils qu'une occasion pour reprendre leur ancienne indépendance. D'un côté, ils excitaient les âmes des Slaves dans les Marches tentsches , et de l'autre on les considérait comme lcscolonnessur lesquelles reposaient les dernières espérances de ces Slaves.

Harald , roi des Danois , était en hostilité manifeste avec l'empire teutsch, on plutôt avec la Marche saxonne, qui menaçait la liberté de son peuple. Le prompt retour de l'empereur d'Italie l'avait seul empêché de commencer aussitôt la guerre. Le changement amené par la mort d'Otto le Grand semblait devoir l'exciter à la résolution et à l'action. Ce n'était pas un ennemi dangereux pour le peuple teutsch ; mais la situation et la nature de son pays pouvaient le rendre très-incommo 'e , si les forces

do l'empire ôtaiont divisées et affaiblies par i d'un côté sans peine les vassaux contre le trône:

d'autres guerres et par des troubles intérieurs, mais d'autre part aussi, il rendait impossible

I.a France , voisine occidentale de l'empire , entre eux une union solide. Il produisait dt>

n'était pas non'plus à craindre , à cause de ses j conjurations, et les détruisait; il n'entrait d ha-

ébranlements intérieurs et de la faiblesse de son ; bilude que dans la voie au bout de laquelle

roi. Mais la conquête de la belle Lotharingie semblaient être les plus grands avantages,

était une idée favorite des Français. Les rois i Otto le Grand l'avait bien éprouvé; Otto 11 pou-

espéraient y trouver la puissance qui leur vait s'y attendre avec confiance. En second

échappait en France même, et les vassaux s'en 1 lieu, il y avait une grande jalousie entre le

promettaient de grands avantages. Plus Otto : clergé et les vassaux laïques. Cette jalousie,

le Grand semblait avoir tenu à réunir ce riche qui remontait aux époques antérieures, étaii

territoire auTcutschland , plus était devenu vif devenue plus grande encore dans les

chez les Français le désir de s'en mettre en J temps. Otto le Grand avait singuliéreroeot possession. Dans le fait , des inquiétudes de plus étendu les domaines et les droits des caJesiasd'une sorte pouvaient bien naître en eux , s'ils < tiques. Sans aucun doute il avait été détermine

calculaient leur propre puissance, et s'ils reportaient ensuite leurs regards sur le monde qui maintenant était soumis aux Teutschs. L'Italie était remplie de colère et de ressen-

tout d'abord à cette faveur par sa piété ; mais ce qui probablement yavait aussi contribué,cest cette circonstance qu'il avait la conscience de pouvoir faire valoir sa volonté dans la nomtoa-

timent, en même temps que de crainte et de 1 tion aux archevêchés, aux évéchés et aux ablâcheté. Les forces étaient paralysées, le sen- bayes, tandis que pour les dignités et les bontiment national engourdi , tout confondu et en , neurs séculiers de l'empire, l'hérédité, si elle dissolution. Mais Rome restait Rome. Tous les | n'avait pas été établie légalement , avait da maux que la ville éternelle avait soufferts n'é- ; moins été réclamée traditionnellement , cl w taient pas capables d'effacer les sentiments que pouvait être contestée qu'à la faveur d'une le nom de Rome produisait et entretenait dans \ occasion particulière , qui fût de nature à joules cœurs; et la mort du pape Jean XIII, qui , tiûer un empiétement par la violence, te clergé coïncida presque avec celle de l'empereur Otto s'attacha donc au trône tantôt par reconnaisle Grand, arriva très à propos pour donner à sanco pour les bienfaits reçus, tantôt par espèces sentiments une nouvelle force et une non- ranced'en obtenir de nouveaux. Et les grands vellc vie. vassaux laïques , qui convoitaient les domaines

Voilà la confusion et les passions qui domi- , de l'Église, virent avec une indignation toujours naientl'état intérieur de l'empire, et 1 incertitude croissante les biens ecclésiastiques s étendre de et l'indécision qui présidaient à sa position à : plus en plus : car ils croyaient qu'on leur

l'égard des pays voisins. Il fallait la moindre levait tout ce qui venait en partage à l'Église. occasion , et, selon toutes les prévisions hu- Mais, grâce à la puissance de la parole, à la foi maincs, pouvait arriver un éclat qui troublât profonde et à la terrible superstition de ce et déchirât tout , et remit en doute tout ce que siècle, les ecclésiastiques étaient d'autant plus Ion avait gagné pour la sûreté , la liberté , la forts, qu'Otto le Grand avait aussi rétabli les grandeur et la gloire de l'empire. Le jeune roi < liens du clergé teutsch avec le siège aposto» Ottollsetrouvaitaumilieu de cet te position, sans | lique de Rome , et par là renouvelé l'unité de expérience, sans connaissance des circonstances, i l'Église. En troisième lieu, l'esprit de canton et sans préventions, sans soupçon, et plein de con- : de peuplade était, il est vrai, bicu plus déveliance en la souveraineté qu'il tenait de sa nais- 1 loppé dans le Tcutschland que l'esprit de uatiosance, et en la fortune de sa jeunesse. Mais trois nalité et de patriotisme commun; mais pourtant ou quatre choses semblaient pouvoir le sauver ! l'idée de l'unité de l'empire et de la nation desdangersqui le menaçaient de toutes parts, de j teutschs s'était éveillée, et partout, sur les

loin comme de près. D'abord la féodalité avait donné naissance à un certain égoïsme, fds dégénéré de l'épée et de l'honneur. Cet égoïsme , qui se jouait de la foi et qui savait même présenter la trahison sous un beau jour , poussait

côtes de la mer du Nord comme au pied des Alpes , on sentait le désir d'une patrie teutsche. Et ce désir ne trouvait nulle part d'appui et de foyer que dans le trône royal. Enfin le jeune roi Otto 11 fut assez heureux pour que ni dans

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le Teutschland ni dans les pays voisins il ne se trouvât un grand homme qui pût gagner le cœur des peuples teutschs. Partout régnaient l'irréflexion de la jeunesse, des forces sauvages ou une inconstante faiblesse.

TROUBLES DANS L'EMPIRE. — EXPÉDITIONS D'OTTO II CONTRE LES DANOIS , LES BO- HÈMES ET LES FRANÇAIS.

De l'an 073 à l'an 980.

H semble qu'Otto II ne pressentait pas les dangers dont il était entouré, et qu'il ne lit rien non plus pour se concilier le respect et l'amour. A ses yeux, le souverain pouvoir lui' était dû parce qu'il lui avait été transmis. Son épouse Je considérait comme elle considérait l'empereur de Constantinople , et les serviteurs j et la tourbe de ceux qui voulaient faire fortune étaient d'une souplesse admirable. L'empereur prenait plaisir à ces usages étrangers , auxquels le despotisme militaire et une déplorable servilité avaient <lonné naissance dans un pays lointain. Et tout restait tranquille. On pouvait être étonné de ces innovations , mais on en restait spectateur impassible. La mort d'Otto le Grand avait été trop inattendue; aussi fallaitil à ses ennemis et à ceux de son (Ils quelque temps pour montrer leur manvais vouloir et mettre leurs projets h exécution. Il parait aussi que le jeune empereur suivit dans le principe les conseils de l'impératrice Adelheid , sa mére. Fidèle aux idées de sou père , il donna de nouveaux droits et de nouveaux domaines à l'archevêché de IHagdebourg et à levéché de Merdebourg ; et après la mort de Burchard , duc de Souabe , il investit de ce duché son neveu, le jeune Olto, fils de Luidolf ; de sorte toutefois que la duchesse douairière Haduwig , sœur de Heinrich , duc de Bavière , conserva la libre administration des grands domaines de la maison ducale, qui avaient appartenu à ellemême ou 'à son mari ; on mit ou on laissa particulièrement sous sa surveillance et sous sa garde et protection les riches couvents du pays. Vraisemblablement Otto fit tout cela à l'instigation de sa mère, qui , par la douleur qu'elle montrait de la mort du père , devait l'émouvoir et le disposer a l'accomplissement de sa volonté et de ses désirs. Mais bientôt tout changea. L'empereur sut se soustraire à lu di- |

rection de sa mère et s'abandonna à ses goûls et à ses caprices. Adelheid en accusa la jeune impératrice Thcophano ; soit que l'affection de son fils fût on besoin pour son cœur, et qu'en conséquence elle vît d'un œil envieux la jeune épouse qui semblait lui enlever entièrement cette affection ; soit qu'elle connût l'antipathie qui s'élevait parmi le peuple tcutsch contre les (irecs et contre leurs mœurs, et qu'elle pressentit les suites que les habitudes étrangères d'un si jeune empereur pouvaient avoir pour lui. Dans l'état actuel des choses , il parait que de graves mésintelligences s'élevèrent à la cour impériale , et entraînèrent des scènes fâcheuses. Avant qu'une année se fût écoulée , l'impératrice Adelheid crut nécessaire ou convenable de se retirer. Elle quitta la cour de son fils, et se rendit auprès de son frère Kunrad, roi de Bourgogne, surnommé le Pacifique, qui porta cinquante-sept ans le titre de roi, et qui , pendant tout le temps de sa vicillesseou plutôt de sa longue enfance, attira une fois à peine sur lui l'attention du monde. Kunrad résidait habituellement à Lyon , et se livrait, dans un commode repos, à des plaisirs matériels, tantôt grossiers, tantôt raffinés.

Vers le même temps , des troubles s'étaient déjà élevés en Lotharingie. Quatorze ans auparavant, Bruno, archevêque de Cologne, avait chassé le comte rebelle Kagincr ou Rainer , surnommé au Long-Cou , de son comté de llainaut , et donné l'administration du pays à deux autres comtes, Warner et Rainald. Ragincr était mort ; mais ses deux fils , Raginer et Lantbert , avaient vécu en France. Ces deux frères, considérant combien le moment était favorable, réunirent un corps de compagnons belliqueux , franchirent la frontière française pour reprendre possession du llainaut comme de leur patrimoine. Les deux comtes, Warner et Rainald , leur livrèrent bataille près de Péronne , et furent tués l'un et l'autre. Alors les vainqueurs s'emparèrent du château fort de Bossut , augmentèrent leurs forces , et poussèrent plus loin leurs hostilités. Lorsque Karl, frère de Lothar, roi de France , et petit-fils de Heinrich Ie* , roi des Teutschs , vit le succès de cette entreprise , il crut qu'il réussirait aussi à se créer en Lotharingie une position meilleure et plus solide. De fait , il se trouvait dans une triste situation. Les vassaux , avides et pillards , avaient peu à peu , par leurs intrigues, leur arrogance et leur

HISTOIRE DU PKI

violence, appauvri tellement la maison de Karl le Grand , qu'un prince puîné ne pouvait obtenir qu'une très-petite part des faibles débris de domaines immenses; mais Gisclbert, duc de Lotharingie , avait jadis donné, comme en Morgengab, des domaines assez importants en Ijotbaringie à Gerberga, sa femme, sœur d'Otto le Grand , qui avait eu de son second mariage le roi Lothar et ce prince Karl : celui-ci crut pouvoir, dans les circonstances présentes , élever des prétentions sur ces domaines et les soutenir par les armes. Il trouva sans peine des partisans prêts à défendre sa cause, pourvu qu'il y eût du profit et du pillage. Il entra donc aussi en Lotharingie. Ces événements et la retraite de l'impératrice Adclheid de la cour de son fils semblent avoir stimulé toutes les passions et mis en mouvement tous les ennemis de la maison impériale et tous ceux de l'empire teutsch.

La pauvreté des documents rend impossible de reconnaître l'enchaînement et la marche des choses. Ce qui est certain , c'est qu'à la cour de l'empereur on conçut le soupçon que le duc Ileinrich avait le projet d'arracher la couronne de la tête d'Otto; et , comme nous l'avons fait voir plus haut , ce soupçon n'était pas tout h fait dénué de fondement , bien que ni Hcinrich ni d'autres n'eussent rien fait de particulier pour le justifier. Les mesures que l'on prit pour prévenir toute tentative semblent également témoigner que l'on était fermement convaincu des projets de Ileinrich , et que l'on n'avait pourtant entre les mains aucune preuve contre { lui. Ileinrich, en effet, fut invité à se rendre J h la cour de l'empereur à Gi ona pour les fêtes de Pâques de l'an 074 , ou bien il s'y rendit de son propre mouvement, selon l'usage des princes et des grands vassaux de l'empire. Quoi qu'il en soit , il s'y montra , ce qui parait indiquer qu'il ne se sentait encore coupable d'aucun acte qui pût le mettre en danger. Mais h peine y fut-il arrivé , que son cousin , l'empereur Otto, le fit arrêter et conduire sous une sûre escorte à Ingclheim. Cette conduite , quelque fondée qu'elle pût être , dut nécessairement sembler arbitraire aux ennemis de l'empereur, et aigrir davantage les passions des amis de Hcinrich. Peut-être même fut-ce la seulement ce qui mûrit décidément en lui la résolution de suivre désormais sans ménagement sa j route dés que la liberté lui serait rendue.

PLK ALLEMAND.

Otto, après avoir ainsi enlevé à ses adversaires dans l'empire sinon leur Ame , du moins leur soutien, entreprit, au printemps de l'année suivante, une expédition en Lotharingie. Il pnt la place forte de Bossu t (I) , et chassa peut-être du pays les deux comtes et son cousin Karl : mais en réalité il n'obtint aucun résultat. L'empereur se vit contraint de quitter la Lotharingie pour marcher contre un autre ennemi , contre Harald, roi des Danois, qui avait franchi la frontière de l'empire. Ce fut peut-être cette nécessité qui le détermina à placer sur le siège archiépiscopal de Mayence , qui venait de devenir vacant, un homme odieux à beaucoup de grands seigneurs ecclésiastiques et laïques, mais qui avait sa confiance et sur la fidélité duquel il comptait sans réserve. C'était son chancelier Willigis, personnage né , il est vrai , dais la dernière classe de la société, mais élevé par Bolcold, depuis évèqucde Mcissen , et qui, par sa modestie, sa piété , son esprit et sa fermeté de caractère , semblait briller h Pégal du soleil , tellement que l'on croyait devoir regarder sa naissance comme un signe et comme un miracle. L'empereur le connaissait depuis longtemps ; car Willigis avait été l'un de ses instituteurs , et probablement il était convaincu que cet homme était capable d'exercer la plus grande influence sur la Lotharingie, et de sauver , sinon tout , du moins une partie.

L'expédition contre les Danois fut entreprise dans l'automne. Elle ne fut pas malheureuse Les Danois s'étaient déjà rendus mai très des fortifications élevées par les Tetitschs pour la défense de la patrie. Mais auprès de l'empereur se trouvaient deux hommes qui insistèrent sur la nécessité d'arracher ces ouvrages aux mains 'de l'ennemi : ces hommes étaient Bernhanl, duc de Saxe, et Hcinrich, comte de Stade. On hasarda l'attaque; les Danois furent chassés, et les frontières de l'empire assurées, bien qne des querelles se fussent élevées , à ce qu'il parait, entre les guerriers des princes laïques et ceux des princes ecclésiastiques. \as jeune empereur revint en vainqueur: il célébra la fête de Noël à Heerstein , et celle de Pâques a Alstedt.

Heinrich , duc de Bavière, était toujours prisonnier à Ingelhcim. lorsque , l'année précédente, l'empereur avait été forcé de laisser la Lotharingie dans une position incertaine , pour préparer et exécuter une nouvelle campagne

contre les Danois, il avait aussi songé au duc; et certainement , au moment de l'invasion d'un ennemi étranger, il avait désiré se réconcilier avec ce prince. On négocia. L'empereur lui donna, par un diplôme, la ville de Bamberg avec une certaine étendue de territoire environnant. Mais il semble que la négociation fut interrompue, et probablement les succès d'Otlo contre les Danois firent naître en lui d'autres idées. Heinrich resta dans sa prison; mais il parait qu'il réussit à s'en échapper vers le printemps de l'an 97G. 11 accourut en Bavière. Aussitôt ses partisans se mirent en mouvement. Parmi eux, les plus importants étaient, avec Abraham , évéque de Freisingen : Heinrich , évéque d'Augsbourg , et le comte Heinrich le jeune, fils du comte Berthold, rejeton de, cette race de Bambcrg , que de si grands malheurs avaient frappée au temps de Ludwig l'enfant; homme d'un esprit héroïque, et qui, de tous les partisans de Heinrich , savait le mieux faire la guerre. Le duc se rendit a Ratisbonnc, et l'évéque Abraham ne craignit pas de lui placer sur la tétc la couronne royale dans l'église de Saint-Emmeramm.

Mais le moment était mal choisi. Otto était au centre de l'empire et pouvait employer les forces de la plus grande partie du Tcutschland pour étouffer promptement la révolte. Le duc de Souabe lui-môme, le jeune Otto, se montra, à ce qu'il semble , prêt avant tous les autres à soutenir la cause de son oncle contre son cousin le duc Heinrich : le sort de son pore , toujours présent à son Ame , était peut-être pour lui un grand avertissement , et la position incertaine où il s'était trouvé dans sa jeunesse l'avait rendu circonspect; d'ailleurs il était impossible qu'il vit un avantage pour lui dans la réussite des projets de Heinrich. Avant que les Bavarois eussent pu prendre les mesures nécessaires pour défeudre leur oeuvre trop hàtivc , l'empereur Otto s'avança avec une armée. Ce ne fut pas le courage qui manqua à la résistance , mais les moyens et les préparatifs. I-es partisans du nouveau roi , inférieurs en nombre , se dispersèrent çà et là ; les chefs cherchèrent à se sauver de tous côtés. Heinrich , évéque d'Augsbourg , tomba prisonnier au pouvoir de l'empereur ; Abraham , évéque de Frisingen , chercha et trouva un asile dans les montagnes; le duc Heinrich , qui prenait le titre de roi , et le comte Heinrich le jeune , accompagnés d'un

certain nombre de vaillants hommes qui ne croyaient pas encore tout perdu, ou qui ne se fiaient pas au vainqueur, se retirèrent vers la Bohême, pour se réunir au duc Bolislav , avec lequel ils avaient saus doute noué des intelligences déjà précédemment , et pour continuer la guerre de ce pays. Ils comptaient vraisemblablement aussi sur Miesko , prince des Polonais , beau-frère de Bolislav.

L'empereur Otto, maître désormais de la Bavière , déclara sans autre formalité le duc Heinrich, qui avait osé s'élever contre lui et prendre le litre de roi , déchu de ses dignités et de ses fiefs , et investit du duché de Bavière son neveu , le duc Otto de Souabe , qui parait avoir prouvé son fidèle dévoùment au point que l'empereur n'hésita pas à mettre entre ses mains la puissance de deux grands duchés. L'empereur poursuivit ses ennemis jusque sur le territoire des Bohèmes. La marche se fit sur deux colonnes , pour diviser les forces des Bohèmes. Otto lui-même , à ce qu'il parait , pénétra dans le pays eu partant de Ratisbonnc et en traversant Kichstfodt; le second corps d'armée , qui se composait, dit-on, de Bavarois, passa la frontière plus au nord, aux environs de Pilsen. Tout sembla réussir d'abord; ce qui rendit négligents les Bavarois, qui formaient le second corps d'armée. Ils se laissèrent surprendre sans armes, au bain et au jeu , près de Pilsen , et un petit nombre seulement se sauva la vie. Le revers eut d'autres suites. L'empereur se vit contraint de battre en retraite sur la ville do Cbamb. Le duc Heinrich ne le poursuivit pas dans cette direction ; mais , tournant à gauche , il arriva au Danube , qu'il passa , et se rendit maître de la ville de Passau , assurément avec l'espérance de se remettre bientôt en possession de toute la Bavière. Mais il se trompait. Otto s'avança ; et tandis qu'à ce qu'il parait, il négociait avec les princes slaves Bolislav et Miesko, pour les gagner ou du moins les paralyser, il bloqua Passau et assiégea la ville. Le duc et les siens opposèrent aux attaques de l'empereur une longue et vigoureuse résistance. Le siège se prolongea jusque dans l'année suivante, 977 ; enfin Heinrich se vit réduit à remettre la ville à l'empereur et à se rendre prisonnier avec ses adhérents. Traduit en jugement à Magdebourg, il fut condamné à l'exil; Otto néanmoins le confia à la surveillance de l'évêquc d'I trecht. ! Telle fut l'issue de cette malheureuse entro-

prise ; et les princes slaves se retirèrent volon- ] nemeuts portèrent le roi Lothar à croire qw tiers alors, parce qu'on avait laissé échapper | l'empereui Otto était dans un grand embarras, l'occasion favorable. j parce qu'autrement il n'aurait pas consenti «

Mais déjà armait un nouvel ennemi qui se de telles transactions avec des princes san> faisait illusion sur les troubles de l'empire , qu'il terres et sans boni nies ; et que pour cela même ne parait pas s'être attendu à voir finir sitôt. I on réussirait à réunir encore une fois à la C'était Lothar , roi de Fiance. L'empereur en France la Lotharingie , que les Français desieffet n'avait pu terminer sa petite guerre avec ] raient tant. Et de fait , il aurait fait sans peine les comtes Ragincr et Lantbert et avec le duc [ de grands progrès en Lotharingie , et salue Karl, frère du roi de France , parce qu'il avait j peut-être le Rhin antique, s'il eût pu disposer cru nécessaire d'entreprendre contre le roi de , de forces capables d'inspirer quelque confiance. Dancmarck l'expédition dont nous avons parié. 1 Mais lui , ce roi dépouillé par ses vassaux , était Ces trois princes s'étaient en conséquence atta- > hors d'état de hasarder aucune entreprise mihchés plus étroitement les uns aux autres, et j taire: il n'avait de moyens que pour une course avaient cherché à augmenter leurs forces. Ra- ] aventureuse.

gincr avait épousé lladuwig, fille de ce lingues , Dans l'été de l'an 978, l'empereur Otto se Capct qui plus tard renversa du trône de France j rendit en Lotharingie , sans aucun doute pour le dernier descendant de Karl le Grand pour ! concilier et ordonner, et probablement at» s'y placer lui-même; Lantbert , de son côté, pour recevoir en personne le serment de fidéliv avait épousé Gcrbcrga , fille du duc Karl, des nouveaux princes de son empire. Sa femew Ainsi unis et renforcés, ils avaient continué la était avec lui; mais sa suite était peu non-

guerre. Mais l'empereur Otto, tout occupé de ses querelles avec le duc Hcinrich, dont il ne pouvait prévoir les complications et la durée, avait trouvé celte petite guerre sur une frontière éloignée de l'empire onéreuse et dangereuse tout à la fois. II avait donc cherché à l'étouffer ; il y avait réussi , mais par une condescendance dangereuse. Vers le temps proba- { n'était plus qu'à une journée de marche, k blemcnt où le roi de Bohême commença à ! cette nouvelle , l'empereur partit aussitôt et se prendre intérêt à la cause de son cousin , U 1 retira vers Cologne. Lolliar occupa Aix-la-Chaavait abandonné aux deux frères le comté de pelle, et ût retourner l'aigle placé au haut do Hainaut , et donné en fief au duc Karl , son i sacré palais du côté de la France , au lieu du

breuse, telle qu'il la fallait pour soutenir l'éclat de la dignité impériale, mais non pour une opération militaire. Il se trouvait sans inquiétude à Aix-la-Chapelle , dans le palais de Karl le Grand. Là on lui annonça tout à coup que son cousin Lothar, roi de France, accourait avec des troupes pour le surprendre , et qu'il

cousin, la basse Lotharingie, le pays occidental sur la Meuse. Eu France on blâma le descendant de Karl le Grand comme s'il av ait fait un acte indigne de son extraction royale, en acceptant d'un suzerain saxon un pays que l'on considérait si volontiers comme appartenant à la France : mais on oubliait que ce Karolingien était dans une si triste position , qu'il ne lui restait d'autre ressource que de chercher les moyens de s'entretenir d'une manière convenable. Otto peut-être serait blâmé avec bien plus de raison d'avoir donné à un prince français le gouvernement d'un pays dépendant de l'empire tcutseh , de ce que par là il amenait , selon toutes les probabilités, des complications dangereuses , si d'ailleurs sa po-

côté du Teutschland , qu'il avait regardé jusqu'alors : il voulait montrer par là que c'était en France désormais qu'il fallait chercher le souverain de la lx>tharingie. Rien qu'à son arrivée Ixilhar fût solennellement reçu et salué roi par beaucoup de grands seigneurs de Lotharingie , selon la vieille coutume de tenir toujours pour celui qui a ou avoir la force, il fut cependant bientôt mal va de cette race inconstante. Il vit bientôt que les visages de ces seigneurs n'av aient plus pour lui la même expression que dans le principe , parce que dans l'intervalle ils avaient compté ses troupes et mesuré leurs forces. Il crut donc nécessaire de retourner le plus vite possible d'où il était venu. Il ût donc dévaster et piller Aix-

sition dans l'empire et à l'égard des Slaves et la-Chapcllo et les campagnes environnantes, des Danois ne justifiait et n'excusait bien des ; semblable au chef d une bande de brigands choses. Quoi qu'il en soit , il parait que ces évé- : vulgaires qui est contraint de prendre la fuite.

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