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LIV. XV . CHAP. XI. 2Go

Et dès trois jours après son orgueilleuse entrée, rassemblé quelques troupes en Bourgogne , où

il quitta la ville et revint en France , méprisé et Henri , frère de Hugues Capct , était duc. Av ec

maudit. Un hérant de l'empereur Otto se pré- elles il s'avança sur les lianes de l'armée de

senta à lui, et lui apporta le menaçant avis l'empereur qui se retirait. Otto arriva sur

que l'empereur arriverait le 4" octobre avec l'Aisne. I,a rivière était grossie. Un homme de

une armée, lui demanderait compte en plaine sens conseilla à l'empereur de la faire traverser

campagne , et tirerait vengeance d une conduite en toute hate à l'armée, parce que les eaux

si lâche et si perfide. devaient monter beaucoup plus haut jusqu'au

Otto tint parole. A son appel, les princes lendemain. Otto suivit ce conseil. La plus teutschs accoururent avec leurs hommes obligés grande partie de l'armée passa la rivière. Mais au service , moins assurément pour venger avant que les charrois et les bagages eussent l'honncnr de leur roi , de l'empereur Otto , que atteint l'autre rive , la nuit arriva , et une parpour châtier l'insolence des Français , sur les- tie de l'armée resta en arrière pour couvrir les quels ils s'étaient accoutumés depuis longtemps équipages. Dans la nuit, les eaux de l'Aisne à laisser tomber des regards de mépris. La montèrent réellement à un point tel, que la force de l'armée mit le monde dans un tel communication entre les deux rives fut entièreétonneraent , que les écrivains et français et ment interrompue ou du moins rendue trèstcutschs trouvent a peine des expressions pour difficile. Dans cet état de choses , Ixrthar arriva en donner nne idée ; on dit môme , et sans au- avec ses troupes, se jeta sur les hommes qui cun doute avec beaucoup d'exagération, qne « étaient encore de l'autre coté delà rivière, les l'armée était forte de plus de soixante mille dispersa sans peine, et s'empara de la plus hommes. Quoi qu'il en soit , l'empereur passa grande partie des charrois et du bagage, avec ses troupes rassemblées la frontière fran- Otto fut transporté de douleur et de colère par çaise au jour fixé , le 1 octobre , et il ne trouva cet événement , qui se passait sons ses yeux , nulle part de résistance. Les diocèses de Reims , sans qu'il eût pu secourir ou sauver les siens. Il de Laon , de Soissons, furent occupés, soumis fit donc repasser ia rhière en bateau à quelà de lourdes contributions et livrés à d'affreux ques hommes, parmi lesquels était le comte ravages; toutefois , les églises furent non-seu- Godefrid , et fit faire au roi Lothar , son cousin, leraent épargnées , mais aussi comblées de cette proposition : « Si Lothar se sent le couriches présents. L'armée pénétra jusqu'à Paris rage de soutenir un combat honorable, qu'il et campa à Montmartre. Le comte Hugues reçoive des otages de l'empereur, pour sa sùre- Capet , qui depuis devint roi, avait établi sa lé, et passe le fleuve sans obtacle avec ses résidence à Paris; homme très-versé dans l'in troupes ; ou bien il donnera des otages , et laistrigue et les sourdes menées, mais qui n'a pas sera l'année teutsche passer sans obstacle sur encore paru sur la scène comme un héros, et . l'autre rive: ensuite il soutiendra un combat, qui n'avait encore fait entrer son nom dans j et le vainqueur restera souverain de la Lothal'histoirc par aucune action d'éelat. L'empereur ringie. » A peine ce message eut-il été signi- Otto était hors d'état d'assiéger la ville , à eause fié, que le comte Goisfrid , qui se trouvait parmi de la saison avancée. Mais il désirait provoquer la suite de Lothar , s'écria : « Pourquoi faire lecomte Hugues , pour le décider à une sortie. H périr tant d'hommes ? Les deux rois peuvent se lit donc dire au comte: «que Hugues eût à faire rencontrer et combattre seuls. Nous autres, attention ; que lui , l'empereur voulait lui faire ; nous nous soumettrons au vainqueur. » Aussichanter un alléluia si haut , que certes il n'en tôt le comte teutsch Godefrid répondit au Kranavait entendu de pareil. » I-c comte toutefois çais avec une colère méprisante : « Nous avons ne se laissa pas troubler. L'allcluia fut chanté ; appris depuis longtemps que vous tenez peu de Hugues l'écouta tranquillement , et tout Paris compte de votre roi. Maintenant nous pouvons admira le méprisant chant de victoire de l'ar- le croire, car nous l'avons entendu de votre naec teutsche. bouche. Mais nous ne resterons jamais en repos si

Immédiatement après, l'empereur leva le notre empereur se bat; nous ne nous tiendrons

camp sur la fin de novembre, afin d'arriver le jamais à l'abri si nous voyons notre empereur

plus tôt possible , à l'entrée de l'hiver, dans sa ' en danger. « Ces paroles firent rougir les Fran-

patrie. Pendant ce temps , le roi Lothar avait i çais ; mais le roi Lothar n'accepta pas la propo-

çais ; mais

si lion d'otto, et il ne 'pouvait l'accepter; du reste , elle n'avait peut-être pas été faite sérieusement , mais seulement par mépris et par arrogance.

Ce trait aventureux termina toute l'entreprise. On ne nous a transmis aucun renseignement sur ce qui a pu arriver après. Vraisemblablement des négociations furent suivies entre l'empereur et le roi de France , pour apaiser ces discordes aussi inutiles que pernicieuses. Mais ces négociations nous sont inconnues. En général, on ne fait mention, pour cette année 979, que d'un seul événement, qui n'eut pas précisément d'influence sur les relations sociales , mais qui n'est pas sans importance pour déterminer l'état de ces relations. Un comte (iero fut accusé auprès de l'empereur par un comte Waldo, d'un crime qu'on ne fait pas connaître; il fut, de plus, fait prisonnier par son adversaire I Scemmeringen en Thuringe , et remis à la garde du comte Sigefrid et de Liuthar , l'un père et l'autre oncle de Dithinar, l'historien. Ensuite , dans une diète de Magdebourg, les princes de l'empire condamnèrent les deux comtes à un duel pour décider leur affaire. Le duel eut lieu dans une ilede l'Elbe. Waldo, blessé deuv fois au cou, pria ù son adversaire un coup si fort à la tète , qu'il tomba à la rem erse. Puis il demanda au comte Gero s'il élait en état de combattre plus longtemps, (iero répondit que non. Waldo s éloigna et quitta ses armes pour se laver : Gero se releva , et le tua par derrière tandis qu'il était ainsi sans défense. Ce crime détermina le tribunal de l'empereur et des princes à condamner (Iero à être décapité par la main d'un bourreau. Et il fut décapité le \ I août, mais non avec l'assentiment général.

11 dut y avoir des négociations entre l'empereur et le roi d^ France Lothar ; l'issue de leurs querelles semble le prouver. L'an 980, les deux princes curent une entrevue sur la petite rhière do Cbier. Otto s'y rendit d'Ingelheim, où il avait célébré la féte de Pâques. Lothar parut devant lui avec des présents de réconciliation. Otto, occupé d'autres pensées, accepta les présents et accorda au roi la paix qu'il cherchait; Ixrthar toutefois dut renoncer avec serment à ses prétentions sur la Lotharingie. Au sujet de cette renonciation, les écri\ains français ont de bonne heure faussé l'histoire. \a paix, ont-ils dit, fut conclue à Reims, et

l'on y accommoda les différends au sujet de h Lotharingie , en ce qu'Otto reconnut la suzeraineté du roi de France sur la Lotharingie, et que Lothar donna la tatharingie à l'empereur Otto il comme fief de la couronne de France : et cet accommodement même blessa profondément les princes et les seigneurs de France , «■< Hugues Capct et son frère Henri s'y opposèrent. Mais cette assertion est dans une tradiction si évidente avec la marche des i avec l'état des relations, avec la puissance ri la dignité des deux princes, qu'elle ne mérit* aucune attention. D'abord elle a peut-être èUintroduite dans l'histoire pour attribuer au moins un service à Hugues Capet, qui n'en avait rendu aucun lorsque, peu d'années aprfe ces événements , il se fut attribué le titre dp roi de France , et pour jeter une tache de pto sur la malheureuse race des {Carolingiens. I'lu> tard, les écrivains français l'ont égak maintenue , bien qu'ils fussent mieu:

parce que les Français ont toujours prétends faire du cours du Rhin la limite de leur empire.

NOUVEAUX TROUBLES EN ITALIE. — PÉD1TION D'OTTO U DANS CE PAYS. — SON MALHEUR , SON SALUT ET SA MORT.

De l'an 973 à l'an 983.

U y avait huit ans que l'empereur Otto V Grand avait quitté l'Italie. Ses actes dans ce pays si beau et si malheureux avaient fait une profonde impression sur les esprits. On redoutait l'homme qui savait diriger d'une main si forte les affaires de la société, et qui n'hésitait pas à faire valoir partout la puissance qui était à sa disposition. On ne donnait jour à sa haine que par des railleries et des insultes secrètes. Otto d'ailleurs , au moment de sa retraite, avait pourvu au maintien de la tranquillité. Les fondions publiques , ecclésiastiques et séculières, avaient été confiées par lui à des hommes sur lesquels il croyait pouvoir compter. Le saint-siège était occupé par Jean XIH , pontife qui lui était fidèlement dévoué , soit qu'il crût devoir être reconnaissant des services rendus par Otto à l'Eglise et particulièrement au siège apostolique , soit que sa raison lui fit apprécier le caractère du siècle et qu'il cherchât à se conformer à l'état des choses. Lesarchevêcliés,

nv. xv ,

les évêchés et les abbayes, qui presque tous avaient reçu de l'empereur de nouvelles immunités, de nouveaux droits, de nouveaux domaines , étaient en partie occupés par des Teutschs, et en tout cas par des hommes qui , s'ils n'étaient pas Teutschs, semblaient du moins, dans l'intérêt de l'unité de l'Église ou pour leur propre avantage, devoir tenir loyalement ou fermement à sa cause. Parmi ces hommes , se distinguait au premier rang Gerbert , l'esprit le plus éclairé de son siècle , et qui dans la suite monta dans la chaire de saint Pierre. Né en France, doué par la nature de belles qualités , ballotté par les caprices du sort , ec personnage , jugé d'après son siècle et d'après les relations de son époque, avait acquis de hautes lumières; il n'avait négligé aucune occasion d'étendre ses connaissances et chez les fidèles et chez les infidèles, de faire l'épreuve de ses facultés innées, et de déployer son génie inventif. Durant le dernier séjour d'Otto le Grand en Italie, Gerbert était venu aussi dans cette contrée , et s'y était fait connaître de l'empereur. Otto l'avait décidé à donner des leçons à son fds , le jeune empereur Otto II ; et par reconnaissance, il l'avait investi de la riche abbaye de Bobbio, où il fit de grands efforts pour les sciences et pour les arts, en même temps que pour la cause de son impérial bienfaiteur. Enfiu Otto avait également donné les dignités séculières à des hommes qui ne se distinguaient pas seulement par leur bravoure et par leur énergie , mais qui semblaient aussi avoir attaché leur fortune à la sienne.

Et défait, tant qu'Otto vécut, toutes choses restèrent en Italie dans l'ordre où il les avait laissées. Le pape Jean XIII mourut l'année même où L'empereur revint dans le Teutschland : un nouveau pape, Benoit VI, fut élu à sa place, et on demanda, à ce qu'il semble, sa confirmation à l'empetrar. 11 en était de même partout. Mais à peine la nouvelle de la mort d'Otto le Grand eut-elle retenti en Italie, qu'il devint manifeste que la crainte de son nom avait seule contenu toutes (es autres passions, nobles et basses. Partout mouvement, désordre, violence. Gerbert se vit contraint à la fuite pour ne pas être victime de la haine qui éclata contre les Teutschs et contre I eurs adhérents. Bientôt Adalbcrt reparut dans l'Italie supérieure, et fit de nouvelles tentatives pour recouvrer la couronne qu'Otto lui avait

arrachée ; et si ce malheureux prince ne réussit pas à remonter sur l'ancien trône ou à en élever un nouveau , son apparition fit du moins impression au loin , et réveilla chez beaucoup d'hommes le souvenir du passé. Il rendit beaucoup de choses incertaines, et mit tout, sinon en confusion , du moins en émoi. Comme les freins de l'ordre , imposés par Otto , furent brisés, chacun chercha à se mettre en sûreté de son mieux. Non-seulement le nombre des châteaux forts s'accrut, mais au sein même des villes on transforma des maisons en tours fortifiées , afin qu'en cas de troubles et de factions, l'habitant fût en état de se défendre contre toute surprise. Ces inquiétudes et ces précautions s'étendirent successivement sur tout le pays, aussi loin qu'il reconnaissait l'autorité impériale ; et si ces mesures sont d'un côté un grand témoignage de l'ébranlement des relations sociales, elles ne contribuèrent pas peu non plus, dans la suite du temps , à entretenir et à augmenter cet ébranlement : car l'homme livré à ses propres forces pour se défendre contre les autres, risque d'autant plus qu'il croit pouvoir compter davantage sur sa force, et il emploie facilement , dans son arrogance , pour l'attaque, ce qu'il avait simplement préparé pour la défense. Alors , comme toujours , les classes inférieures furent tantôt les victimes, tantôt le prix des nouvelles discordes qui s'appesantirent sur la société ; en tout cas , se trouvant sans défense , elles durent vider jusqu'à la lie le calice du malheur préparé par les classes supérieures, qui étaient poussées par des passions mauvaises plutôt que nobles. .Mais il y eut aussi plus d'un homme éminent qui ne put échapper à la tempête. Teutschs et partisans des Teutschs, ecclésiastiques et laïques, qui devaient à l'empereur de hautes dignités ou de riches bénéfices, durent s'enfuir en toute hftte pour se soustraire au ressentiment des Italiens ou périr; et Gerbert ne fut pas le seul qui chercha de ce côté des Al|>es un rempart contre la vengeance d'un peuple humilié et opprimé (4).

Toutefois , le plus horrible tableau de la confusion causée par les passions fut présenté par Borne, la ville éternelle. Là, tout tomba en dissolution. 11 existait encore des restes de ce parti d'où étaient sorties ces deux Theodora et cette Marozia dont il a été parlé , parti qui semble avoir été , dans l'origine , animé de sen-

timents patriotiques, mais qxii , dans la tour- i monte du temps, avait perdu pou à peu toute ' consistance et toute direction , et n'avait eon- j serve que l'intrigue, la perfidie et les menées | vagues et souterraines. A la tête de ce parti se ! trouvait maintenant un homme dur et ruse, nommé Crcscentius ou f.encio, et (ils, dit-on, de Theodora la jeune(2). Mais plus Otto le Grand, depuis ses querelles avec le pape Jean XII, avait tenu sévèrement ce parti sous sa surveillance, plus il l'avait tenu durement sous son fouet , plus la faction avait agi mystérieusement, et concentré jusqu'au venin son ressentiment et sa haine. Mais dans ces entrefaites , et pendant le temps de son abaissement, d'autres maisons , éclipsées jadis ou comprimées par ce parti , s'étaient élevées contre lui avec d'autant plus de force et d'opiniâtreté, que probablement il les avait plus blessées par son arrogance et sa puissance. Ces maisons formèrent contre cette faction d'autres factions qui n'étaient pas unies entre elles, mais qui s'accordaient contre l'ennemi commun. Tous ces éléments d'une terrible fermentation furent en quelque sorte mis au jour et en liberté par la nouvelle de la mort d'Otto le Grand , dont la main les avait durement contenus et comprimes. Ils éclatèrent et se précipitèrent les uns contre les autres. Le nouveau pape, Benoit VI, fut assassiné par Crescentius ou par les siens ; puis vint une telle confusion , qu'il est impossible à l'histoire de suivre les événements et de les classer dans leur ordre ; bien plus, elle peut à peine donner avec certitude la suite des papes qui arrivèrent alors au siège pontifical , ou qui en furent précipités (5).

Ces choses ne restèrent pas inconnues dans le Tcutschland. Assurément le jeune empereur fut stimulé et pressé , non-seulement par son précepteur , l'abbé Gerbert , mais encore par beaucoup d'autres, de marcher sur l'Italie et de ne point permettre que l'œuvre de son père tombât en ruines. Car les Italiens ne se le cédaient pas, il est vrai, les uns aux autres, en haine contre les Teutschs ; mais la cupidité, l'envie et la jalousie contre leurs voisins nationaux fit oublier plus d'une fois celte haine contre les étrangers lointains. Quiconque était devenu grand sous les armes des Teutschs, et voyait du danger pour sa grandeur ; quiconque désirait devenir grand et avait quelque perspective ; en général , quiconque se trouvait en pré-

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sence d'un plus fort , qu'il fût seul ou qu'il appartint à un parti, tournait ses regards vers 1<* Alpes et soupirait après l'arrivée «l'une amiimpériale : le pape lui-même pria, dit -on. l'empereur de venir au secours de l'Église, Dans le Teutsehland, probablement, on cur en général peu disposé aux expéditions d'Italie ; mais une foule de jeunes gens désirait les jouir sauces et les magnificences du Midi ; plus J a indomptable guerrier aimait mieux troin»: dans la basse Italie une carrière où il pût ployer sa force et son activité , que de combatif, dans les sauvages et incommodes pays d<* Slaves et des Danois ; le jeune empereur luimême était appelé en Italie et à Rome par cl;1 grands souvenirs, par l'honneur impérial", par ses devoirs de fils et par l'humilité religieuv qui , dans ces temps, ne quittait jamais rat*.les hommes les plus arrogants. Toutefois, fe événements qui s'accomplirent dans le Tents«Lu Iand ou sur ses frontières , et dont nous avitsparlé , avaient pendant sept ans rendu impossible pour l'empereur une expédition en Itali*. Mais après que les ennemis qu'il avait ttaa> l'empire eurent été vaincus et que les frontirn^ de l'empire semblèrent en sûreté , il crut ne pouvoir tarder plus lontcmps pour sauver on rétablir l'autorité de sa couronne , partout chancelante , et sur bien des points entièrement méprisée, et pour arracher le saint-siège àe l Rome, auquel se rattachait l'unité de l'Église, aux cruautés dont il était de nouveau l'objet 6 la victime. Et dans le fait , on ne peut faire un grand crime à ce jeune prince d'avoir préf. i. ; la carrière brillante des expéditions guerrier?* à la voie silencieuse de la sagesse et de la légpsj lation , lorsque des hommes âgés , donl \a volonté donne l'impulsion aux mouvements de /a vie sociale , aiment trop souvent mieux courir dans cette carrière après une vainc gloire que de chercher dans l'autre voie une renommé*' durable.

Les monuments de, cette époque ne noc< apprennent rien des actes qui sans aucun dente précédèrent cette entreprise], et des préparatifs qu'elle occasionna. Bien plus, l'histoire m«montre l'empereur se mettant en route jpocr l'Italie aussitôt après son entrevue av ec Lothar. roi de France , l'an 080. 11 est de suite date l'Italie mémo ; et il parait que nulle part il t* fut contraint a se servir des armes. A la vnr d une armée teutsehe , toute division disparu*

pour le moment parmi les Italiens. Tous s'abaissèrent devant la force ; car dans le sentiment de leur désunion et de la faiblesse qui en résultait, ils n'avaient plus de courage que les uns coutre les autres. Pourtant il parait que la réconciliation de l'empereur avec ^a mère contribua beaucoup an prompt succès de l'entreprise. Adclhcid avait encore un grand parti en Italie , pays de sa jeunesse et de son malheur. Malheureuse encore une fois par ses querelles avec son lils , elle était venue deux ans auparavant en Italie , et , se présentant comme une mère repousséc, elle avait sans peine répandu une vie nouvelle parmi ses anciens amis. Or, soit que l'empereur Otto , son fds , ait été pénétré de douleur à l'idée de sa déplorable position , soit que ses conseillers et ses amis eussent reconnu l'avantage qui résulterait pour lui de l'appui et de la coopération de sa mère , il est certain qu'Otto sollicita le pardon de sa mère , et chercha à amener et a maintenir une entière réconciliation avec elle ; et l'on réussit aisément , par l'intervention d'hommes sensés , a toucher le cœur maternel d'Adelbeid. Cette princesse vint â Pavic auprès de son lils ; elle l'accompagna dans le reste de son expédition , et si elle ne lui gagna pas beaucoup de cœurs , elle entraîna du moins beaucoup d'hommes de son côté. Il fut également accompagné de sa femme Théophano , qui , quelques mois avant leur départ du Tentschland , lui avait donné un fils que l'on appela également Otto , et qui , troisièmo du nom , obtint dans la suite la dignité impériale et royale. L'empereur Otto se trouva pour les fêtes de Noél à Kavcnne ; de là il se dirigea sur Rome dans les premières semaines de l'an 1)81.

Vers ce temps , le siège apostolique était occupé par le pape Benoit VII ; car Bonifacc VII, qui s'était emparé du trône papal après le meurtre de Benoit VI , avait été forcé de s'enfuir devant la colère qu'inspira à tout le peuple cette nouvelle violation de ce qu'il regardait comme sacré : il avait pris les trésors des églises et s'était rendu avec eux à Constantinople. Benoit V II était devenu pape peu de temps après. Cet homme , précédemment évêque de Sutri , appartenait au parti opposé à Crescentius , et dont les comtes de Tusculum étaient l'âme. Otto II avait confirmé son élection , parce qu'alors , menacé de tons les côtés , il ne pouvait heurter tous les partis à Borne ,

| sans voir publiquement rejeter son autorité impériale. Pendant les cinq années pourtant , qui s'étaient écoulées depuis ce temps , il ne j parait pas qu'il y ait eu de communications j bien actives entre l'empereur et le pape. On ne trouve pas non plus que l'on ait remarqué dans : les documents de ce temps que l'empereur ait établi des rapports de plus grande confiance avec le pape.

Sans doute entre eux il se fit des actes au J sujet des intérêts ecclésiastiques, et des affaires ! se décidèrent; mais cela se fit de la manière 1 habituelle et sans confiance réciproque. C'est ainsi qu'après la mort d'Adelbert , archevêque de Magdebourg , le pape Benoit VU , avec rassentiment de l'empereur, déclara dissous l'évôché de Mersebourg , qu'Otto le Grand avait fait vœu de fonder dans de graves circonj stances , et que dans la suite il avait effeeti- [ vement fondé avec une pieuse fidélité à sa promesse : le diocèse fut partagé entre Halbcrstadt , Zcit/ et Magdebourg, et Ciseler, évèquc de Mersebourg , fut élevé au siège archiépiscopal ! de Magdcbourg. Mais ce fait n'était que le j résultat de perfides intrigues et de longues 1 menées. L'assentiment de l'empereur lui fut arraché par le rusé évèque Ciseler , qui se trouvait près de lui; et à force d'argent ou d'adresse , on persuada au pape , ou du moins aux grands dignitaires ecclésiastiques de Rome, des conseils et de la volonté desquels le pape dépendait, que l'évêché de Mersebourg n'a- : vait pas été fondé eu vertu de droits valables, et que d'ailleurs il n'avait pas été doté dans les intérêts de l'Église et de la religion.

On ne nous a pas dit non plus comment l'empereur Otto fut reçu par les Romains , ni ' quelle position il prit à leur égard. A une épo- . que postérieure , on a parlé , il est vrai , d'actes | de dureté et même de cruautés qu'Otto II aurait exécutés ou ordonnés à Rome ; mais il parait que tantôt on a confondu les temps, et que tantôt l'on s'en est rapporté à des bruits popu- ; laires qui , nés du sentiment de la position peu l naturelle des Teutschs à l'égard des Italiens , j furent peut-être répandus à dessein , par co- 1 1ère et par haine. Le silence des écrivains sur I l'arrivée d'Otto à Rome aussi bien que sur son I séjour dans cette ville , semble plutôt fonder cette conjecture, que tout se passa dans un I calme profond , et qu'il n'y eut pas plus de I peines et de châtiments que de cris de joie et

d'enthousiasme. Mais on peut conclure des entreprises ultérieures d'Otto II , que le séjour de Rome ne fut pas un repos pour lui , et qu'il s'y occupa surtout des préparatifs de grands actes militaires.

Son but était évidemment de réunir l'Italie tout entière à l'empire d'Occident et de chasser tout à fait les Grecs et les Sarrasins de la partie inférieure de ce pays. Cette pensée était fort naturelle , et quiconque étudie les relations de l'empereur , comprendra complètement cette entreprise dans l'état où se trouvaient les choses. Avant tout, ce jeune prince, âgé de vingt-six ans , devait tenir à ne pas le céder à son père et à son aïeul en brillants exploits et en gloire guerrière. Jusque-là il n'avait fait que défendre et protéger ; il devait désirer d'augmenter et de conquérir. En second lieu, il devait être préférablement entraîné à la conquête de l'Italie inférieure par le souvenir des circonstances qui avaient précédé son mariage. Son père n'était pas tout à fait sorti avec honneur de ces négociations. C'était une chose extrêmement délicate. Le pays avait été livré ou abandonné aux Grecs , et le prix n'en avait pas [ été payé eu la monnaie convenue. Otto le Grand l n'avait cédé que parce que la situation de | l'empire teutsch et peut-être aussi le sentiment | du déclin de ses forces l'avaient rappelé et repoussé vers sa patrie ; ce semblait un devoir pour le fils d'accomplir ce que le père n'avait pu achever. En troisième lieu , il n'est pas douteux que si quelque chose pouvait consoler les Italiens de la perte de leur indépendance , c'était , plus que tout le reste , la réunion de toutes les provinces et de toutes les villes de ce pays, depuis les Alpes jusqu'au détroit de Sicile , sous un seul roi et souverain. Car la division de l'Italie ne produisait pas seulement des luttes et des querelles continuelles , dont l'actiou se faisait sentir au loin , qui permettaient aux Sarrasins de diriger contre l'Italie leurs courses et leurs brigandages ; mais elle bouleversait encore de plus d'une manière les communications des hommes, empêchait tout concert dans les institutions ecclésiastiques et civiles, et arrêtait par là même le développement de toute civilisation nationale. Enfin , à cette époque même, la conquête de ces contrées semblait plus facile qu'elle ne l'avait été antérieurement. Le puissant guerrier , l'empereur Jean Tzimiscès , n'était plus le chef du

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malheureux empire d'Orient ; après avoir , par de glorieux exploits contre des ennemis voisii ? et éloignés, taché d'inspirer une Ame nouvelle a ce corps usé , il avait dù payer de la vie s** efforts, cl les deux [ils de l'empereur Romain. Basile el Constantin , jusqu'alors collègues ilr Jean , avaient pris les rênes de l'État. Ni Tua ni l'antre ne l'égalaient. Et bien que Basile w fût nullement un prince sans mérite, il èta.i pourtant tellement occupé, non peut-être par son frère et collègue , mais par des guerre contre les ennemis du dedans et du dehors, qu'il ne pouvait songer à l'Italie.

Dans ces circonstances , Otto II , sans négociations préalables , sans occasion particulière . et par là môme sans que les (irecs s'y attendissent , s'avança vers l'Italie inféneurr1 dans l'automne de l'année indiquée. Ns/ie armée grecque ne s'opposa à lui : les nioraillcs seules résistèrent. Otto arriva jusqw devant la ville de Salerne ; on ne sait s'il la prit, mais il lie la garda pas. Et peut-être cette interruption inattendue de son entreprise le décida-t-elle à ne pas continuer la guerre , moj> à attendre les renforts de la Bavière et de la Souabe, que devait lui amener son neveu Otto, duc des deux peuples. Cependant l'empereur grec Basile envoya à Otto une ambassade pour lui faire des représentations au sujet de cette irruption injuste et non méritée sur sou territoire, et pour détourner , s'il était possible, cette guerre si gênante pour l'empire gr«. Cette tentative échoua complètement. 11 prit alors non-seulement pour la résistance toutes les mesures que les circonstances lui permettaient, mais encore il n'hésita pas à s'entendre et à s'allier avec les Musulmans , surtout avec ceux qui s'étaient établis en Sicile. Les Sarrasins , comme les Grecs , voyaient dans Otto un ennemi dangereux. S'il réussissait à se rendre maître de l'Italie inférieure, non - seulement une riche source de butin était fermée pour eux , mais ils ne pouvaient même plus compter sur la conservation de leurs possessions en Sicile. Ils accédèrent donc volontiers aux propositions que Basile leur fit, reçurent l'argent qu'il leur offrit, et se joignirent aux Grecs pour combattre l'ennemi commun.

Au commencement de l'année suivante, 982, Otto, duc des Souabcs et des Bavarois , se réunit à l'empereur avec ses hommes belliqueux et exercés à la guerre. Aussitôt Otto,

comptant snr ces renforts, s'avança de nouveau par Capoue vers Tarente. Il enleva cette ville. Pendant ce temps arrivèrent les Sarrasins. Otto sortit pour chasser aussi ou anéantir ces ennemis. Il les reponssa dans une ville, peut-être dans Basientcllo. Mais bien lût on les vit revenir, forte armée, disposée en plaine campagne. Otto marcha contre eux le 13 juillet. 11 s'engagea une rude bataille. Une grande multitude de Sarrasins tomba sous l'épée des guerriers teutschs et italiens. La bataille semblait décidée , et la victoire , une belle victoire assurée. Mais tout à coup un malheur infini s'appesantit sur l'empereur et snr son armée, Les Sarrasins avaient-ils dressé une embuscade d'où ils sortirent avec des troupes fraîches sur l'armée impériale , qui , fatiguée par de grands efforts, se livrait à la joie de la victoire? l'armée impériale , éblouie par sou succès, et rendue téméraire par le bonheur qu'elle avait eu jusqu'alors , s'était-elle imprudemment dispersée pour s'emparer du butin que pourtant personne n'aurait pu lui enlever si la victoire avait été assurée? les guerriers italiens , voyant dans les Teutschs inoins des amis et des alliés , que d'insolents oppresseurs , considérèrent - ils et soutinrent -ils la cause commune avec indifférence et répugnance ? ou bien toutes ces choses et d'autres encore inlluèrent-elles ensemble ? voilà ce que la pauvreté et les contradictions des monuments nous forcent à laisser dans l'incertitude. Mais ce qui est certain , c'est que les Sarrasins se jetèrent de nouveau sur l'armée impériale, la rompirent, en ûrent un grand massacre et la mirent en déroute complète. La plus grande partie des guerriers impériaux trouva la mort ou tomba entre les mains de l'ennemi. Parmi les morts se trouvèrent Werncr, abbédcFulda, et Ileinrich , évéque d'Augsbourg : celui-ci avait été condamné à la prison , à cause de ses liaisons avec Hcinrich , duc de Bavière ; mais l'empereur lui avait rendu la liberté. Parmi les morts se trouva aussi une longue suite de comtes et de seigneurs dont les noms sont insignifiants , parce que l'histoire a conservé à peine quelques indications sur la valeur de leur vie. Plus d'un peut-être s'échappa ; mais aucun sans le pénible sentiment de cet immense malheur. C'est ainsi qu'Otto, duc deSouabe et de Bavière, neveu de l'empereur , évita sa perte ; mais il ne revit pas sa patrie , car il trouva la mort à Lucqucs.

L'empereur Otto lui-même ne fut sauvé que par hasard, et:'» force de fermeté, et encore d'une manière romanesque. Selon le récit de Dithmar, évéque de Mersebousg, il atteignit la mer, sans escorte , à ce qu'il semble. Sur la mer il vit deux grands vaisseaux. Ceux-ci étaient envoyés de Constantinople pour chercher le tribut annuel que la Calabrc devait payer ; mais lors de la conquête de la Calabre, ils étaient tombés au pouvoir de l'empereur Otto ; et , comme ils avaient à bord du feu grégeois , Otto les avait envoyés incendier les vaisseaux des Sarrasins. Un juif, nommé Calonim , donna un cheval à l'empereur, qui se jeta à la mer avec sa monture pour atteindre le premier vaisseau. Mais le navire continua sa route sans faire attention h ses cris. Il se vit forcé de revenir sur le rivage. Mais a l'approche de l'ennemi il s'élança une seconde fois dans la mer pour atteindre l'autre vaisseau. Un guerrier slave de ce vaisseau , qui s'appelait Zolunta,ct auquel les Teutschs donnaient le nom de Heiorich , aperçut cet homme qui demandait du secours, et le fit recevoir sur le bâtiment. Alors le Slave crut reconnaître Otto , et lui demanda s'il n'était pas l'empereur? Otto se tut. Il le nia. Mais bientôt il vit le danger où il se trouvait ; et il vit bien qu'il ne pouvait que l'augmenter par son silence et ses dénégations. Il dit donc : « Oui , je suis l'empereur. Mes péchés m'ont fait tomber dans cette infortune. Mais écoutez ce que nous avons maintenant à faire en commun. J'ai perdu les hommes les plus éminents de mon empire. Dans la douleur que me cause cette perte , je ne veux et ne peux reparaître dans ces pays et revoir les amis de ceux qui ont succombé. Mais ma femme se trouve à Rossano. Elle a avec elle tout mon argent. Allons à Rossano chercher ma femme cl mes trésors. Ensuite nous mettrons h la voile pour Constantinople, et nous ferons une visite à l'empereur, mon frère. 11 se montrera certainement mon ami dans mon malheur. » Et le capitaine du navire accepta la proposition de l'empereur, d'autant plus volontiers qu'il y avait ajouté la promesse d'une récompense considérable. Lorsqu'on fut près de Rossano , l'empereur envoya à terre le Slave Zolunta à Hcinrich , avec une lettre pour sa femme et pour l'évèquc de Metz , Thiedrich ; il leur faisait connaître sa position , et leur donnait la mission d'envoyer sur le rivage un certain

nombre de chevaux chargés d'argent en apparence; l'évêquc Thiedrich d'abord, puis l'impératrice, devaient passer du rivage sur le vaisseau avec toute la précaution convenable. Tout cela se fit ; on convint de tout , et Thiedrich retourna à terre. Le vaisseau s'approcha du bord lorsqu'on aperçut l'impératrice et les chevaux de bât. On jeta l'ancre. L'empereur se tenait sur l'avant; autour de lui étaient le peu de fidèles qui avaient pu venir de terre sur le bâtiment. Tout à coup, comptant sur ses forces et sur son adresse à nager , il se jeta dans la mer. Un Grec le saisit par ses vêtements , pour le retenir ou l'empêcher de s'échapper; mais Liuppo, un Saxon , poignarda ce Grec et dégagea l'empereur. Les Grecs, épouvantés de ce trait d'audace , s'enfuirent sur l'arriére du vaissean. Aussitôt tous ceux qui faisaient partie de la suite de l'empereur sautèrent dans la mer, et tous, comme l'empereur lui-même, atteignirent heureusement le bord. Otto resta debout sur le rivage , dans le dessein de récompenser en empereur le service que les Grecs lui avaient rendu. Mais les Grecs, surpris par ce dénoùment inattendu , levèrent promptement l'ancre et cherchèrent à gagner la hauto mer.

C'est ainsi que l'empereur év ita et la mort par le fer ennemi et la captivité ; mais il n'échappa point à l'impression que laissa cet événement, à la douleur, à la honte, à la colère et au désir de la vengeance; et ces passions continuèrent à consumer ses forces et à miner sa santé. Beaucoup de vaillants hommes partageaient ses sentiments. A la joie causée par le salut de l'empereur , qui semblait avoir expié par son infortune toutes les fautes qu'il avait pu commettre, se mêlèrent les regrets donnés aux frères morts et la douleur qu'inspirait la perte de la victoire. L'impératrice Theophano seule, quelque joie qu'elle éprouvât d'avoir retrouvé son jeune époux, ne put contenir certaines expressions malicieuses sur la défaite des Teutschs par des armes qui servaient sa patrie. Peut-être ne se permit-elle que quelques petites railleries contre les vassaux et les seigneurs teutschs , dont elle avait eu à supporter assez souvent l'orgueil, puisé dans leur gloire militaire et le mépris qu'ils faisaient de toutes les autres nations: mais ces plaisanteries causèrent un grand mécontentement parmi les Teutschs , et peut-être aussi parmi les Italiens. Les premiers , en par-

1 liculicr, virent de nouveau ce qu'ils avaU-tn vu depuis longtemps , que l'impératrice , élev n dans des mœurs et daus des habitudes étrangères, n'avait pas d'affection pour le peupk teutsch ; aussi détournèrent-ils leurs cœurs 6e

\ cette femme d'un autre climat et d'un antrr caractère. Sans aucun doute ce mécontentement excita plus encore les esprits ; et de h réunion de tant de passions diverses sortit le zèle empressé avec lequel les princes et les vassaux teutschs offrirent leurs secours à l'empereur pour venger la honte qui était tombée sar leurs armes.

I Lorsque la nouvelle du malheur et do saint I d'Otto arriva dans le Teutschland , tous les princes saxons s'assemblèrent aussitôt ; et dans leur douleur, ils s'accordèrent pour cbj voyer une lettre commune h l'empereur, a ; pour le prier de leur permettre de venir aupres | de Ini et de prendre part à la lutte qui leur se» I blait désormais nécessaire pour sa vengeance rt pour sa gloire. L'empereur reçut cette lettre avec satisfaction et assigna la ville de Vérone pour rendez-vous (4). En même temps il appela des autres pays teutschs à Vérone le nombre d'hommes dont il croyait avoir besoin, et il y invita également les vassaux et seigneurs I italiens. Kunrad , roi de Bourgogne , oncle d'Otto, fut lui-même décidé à prendre part à la guerre. Et tous les .princes teutschs qoi avaient reçu la permission ou l'invitation de l'empereur, se mirent en route l'année soij vante, 983, et passèrent les Alpes. Kunrad se i dirigea également vers l'Italie. Bcrnhard, duc j de Saxe , interrompit seul sa marche. Les l>ai nois avaient surpris une ville forte sur la frontière de Saxe , massacré la garnison et brûlé la ville : le duc crut donc nécessaire de retourner ' chez lui , afin qu'a la faveur de la guerre d'Italie la patrie ne fût pas exposée aux dévastations d'autres barbares. Les margkrafs saxons ' Thiedrich et Rikdag ne purent pas non plus quitter le pays, parce que les peuples slaves I s'étaient encore une fois soulevés , comme nous ! le dirons ailleurs. Une troupe de Bohèmes, en- ! voyée par Bolislav , arriva aussi en Italie. L'empereur Otto semble avoir été surpris de l'arrivée de tant de princes et de seigneurs avec leurs hommes , après un tel désastre. Il j n'est pas invraisemblable qu'à la vue de cette | nombreuse armée, qui s'augmentait tous les I jours, il ait passé tout à coup, comme cela est

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