‹ Histoire d'AllemagneChapitre 58 sur 100 · LIV. XVI, CflÀP. X · texte numérisé non relu

LIV. XVI, CflÀP. X

la mémo haine , les mêmes menées secrètes dos deux côtés; mais dans le Tculschland on ne pensait pas à mie attaque |>endaiit l'absence de l'empereur, et Rolislav « lait d'autant moins disposé à une irruption dans le Tetitsehland ,

[uerelles entre les Polonais et les Russes

continuaient , et que par là il était forer d'employer ses forées de deux côtés. Aussi une paix a\ee les TcuLsehs lui eût assurément été fort agréable; mais il parait a\oir cru impossible une paix loyale. Le sou \ cuir du passé vivait en lui, polonais, eomnie en tous les Slaves , et remplissait les .unes de douleur et d'inquiétude ;

souv ent les relations des peuples et des États aussi bien que celles des individus, il se tint en observation et dans une position équivoque, craignant la guerre , ne cbereliautque la paix.

Déjà dans le cours de l'an t(H0, tandis que l'empereur séjournait sur le Kbiu et combattait en Rourgogne, il avait fait des ouv ertures pacifiques à l'impératrice, sans négliger d'augmenter ses moyens de défense. Apres le retour de l'empereur, les négociations furent continuées ; un armistice fut conclu, cl l'empereur nomma un certain nombre de princes, a la téte desquels étaient les archevêques Krkanbald de Mavenec

l'ar rogance méprisante des hommes du glaive ■ et Cero de Magdebourg , pour traiter de la paix

repoussait quiconque portait en soi un senti nient de liberté et d'indépendance, et le zèle irascible des hommes de la parole et de la

avec Rolislav. Ces princes se rendirent sur la Mulde ; l'empereur, quoique sa présence parût nécessaire sur lcRhin, surtout à cause de grands

croix était accompagné de tant de vengeance, troubles élevés en Lotharingie, attendit le rédo cupidité et «le choses mondaines, que per- \ sultat à Merscbourg. Mais holislav ne vint pas

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ne renonçait aux pays slaves situés a l'ouest de l'Oder, il ne fallait pas attendre de paix des Teulsehs ; et Rolislav , à ce qu'il semble, ne pouvait se faire à l'idée d abandonner ces pays. Il désirait conserver chez les peuples slaves entre l'Oder et l'Klhe quelque esprit de nationalité slav e , quelque amour de.» usages et de.s mœurs des ancêtres, d'action libre et de la vertu; il désirait aus-i rester en communication immédiate avec les Hnhêmcs , qui avaient la même origine que sou peuple

sonne ne pouvait av oir confiance en eux. Si l'on ; il n'osait pas, lit-il dire aux princes, passer

l'Llbe. \u bout de quinze jours, les députés revinrent vers l'empereur, exaspérés d'avoir été joués. Aussitôt il fut décidé qu'une nouv elle et grande expédition contre les Polonais était nécessaire pour le cliAlier : et l'on résolut cette expédition. Toute communication avec les Polonais fut rompue , tout commerce interdit, et tous les fidèles furent sommés de s'armer convenablement pour l'entreprise. Mais celte effervescence ne dura pas : l'empereur ne consentit qu'avec répugnance à la continuation de

Dans toutes ces nations, qu'elles eussent re- ^ la guerre, et les vassaux ne virent pas avec

connu la suzeraineté de l'empire teutsch , ou qu'elles vécussent encore indépendantes, il uv ait des amis , des fauteurs, des av anl-gardes ; il ne pouvait et ne devait donc pas les abandonner. Lts'il av ait pu prendre cette résolution, quelle garantie lui restait-il pour la sûreté du pays de la rive droite de l'Oder? Il devait craindre que les Teutschs, une fois en possession de l'une des deux rives , ne v isassent à se rendre mai très de l'autre, sinon dans le premier moment , du moins sous un roi plus énergique que ne l'était Heinrich II ; il devait même craindre que, comme jusqu'alors des Slaves avaient été combattus par des Slaves rangés sous îes étendards de l'empire teutsch , le pays slave ne fût plus tard subjugué an loin vers l'est par des épées slaves. Ces considérations et d'autres semblables semblent avoir inquiété le prince polonais; et dans son inquiétude, comptant sur les vicissitudes qui changent si

plaisir une campagne qui causerait certainement des fatigues, des pertes, des blessures, mais d'où Ton n'était pas certain de revenir av ec du butin , des possessions ou de la gloire. Pendant que l'on armait sur le Rhin , Heinrich se rendit;» Mayenec et ensuite a Aix-la-Chapelle , pour continuer son œuvre de pacification et de réconciliation. Là, entre autres résultats heureux, il réussit à faire rentrer dans la tranquillité les deux frères de sa femme, Thicdrich, évêque de Metz , qui n'avait pas cessé de le vexer, et qui l'avait même accusé auprès du pape, et Heinrich, l'ancien duc de Ravièrc. Vraisemblablement Poppo, archevêque de Trêves, fils du markgraf Liupold , que l'empereur avait investi du siège de Trêves après la mort de l'archevêque Mcingawl , intervint comme médiateur ; du moins Poppo, pour arriver à une tranquille poss^sion de ce siège , av ait promis au duc Heinrich de l'aider a rc-

HISTOIRE I)L PEIPLE ALLEMAND.

couvrcr le duché de Bavière ; et cette réconciliation était le premier pas vers le rétablissement du duc Heinrich en Bavière , qui eut réellement lieu bientôt après. A peine cette réconciliation se fut-elle faite, que l'empereur, malgré sa précédente résolution , envoya le duc Ilcinrich, qui n'avait pris aucune part aux guerres contre les Polonais, vers Bolislav pour arriver à une paix , si cela était possible. 11 accourut lui-même à Magdebourg , ville près de laquelle l'armée se rassemblait ; et pour donner du poids aux négociations avec Bolislav , il lit passer l'Elbe à l'armée le 8 juillet; mais il eut la douleur de voir dès ce moment que ses fidèles ne le suivaieut qu'à regret et avec négligence , et d'apprendre bientôt que les négociations n'aboutissaient à aucun arrangement.

Elles duraient encore lorsque les hostilités commencèrent. Heinrich avait sommé les Luititzes soumis de se réunir à lui ; il avait aussi appelé le duc Othclrik de Bohème avec ses troupes. Othelrik s'était mis en roule afin d'opérer sa jonction avec l'empereur. Mjcsko , fils de Bolislav, profita de cette circonstance pour se jeter sur la Bohème avec un nombreux essaim de Polonais, non pour conserverie pays, mais pour punir le duc Othclrik de son attachement aux Teutschs, par le brigandage, le pillage et la dévastation. Il ne resta plus à l'empereur que de marcher en avant dans de telles circonstances, malgré des présages défavorables. Il arriva sans obstacle , mais plein d'inquiétude et de souci, jusque devant Glogau. ' Près de là se tenait Bolislav avec les siens : il raillait les Teutschs, et les provoquait à une attaque ; l'empereur n'eut pas de confiance, et défendit la bataUle. Il parait avoir conçu le plan de chasser désormais entièrement, si cela était possible, les Polonais du pays situé entre la montagne des Géants ( Rietengebmj) et l'Oder ; cette entreprise , si elle réussissait , semblait devoir assurer d'autant plus la possession de la Bohème. Il renonça donc à prendre les forteresses sur l'Oder, et pénétra vers le sud au milieu du pays. I à se trouvait une ville appelée Nemzi ou Nimplsch , construite à une époque inconnue par des Teutschs , située dans le canton silensique , d'où le beau pays le long de l'Oder a pris le nom de Silésie. Heinrich désira prendre cette \illc, pour avoir un point d'appui fortifié ; il se mit donc promptement en route , et envoya douzo bandes en axant pour

empêcher Bolislav de jeter des renforts dans la place. Mais ce projet encore échoua. Bolislav le prévint; favorisé par la nuit et par la pluie, il fit entrer une partie de ses soldats dans Nemzi; et lorsque Heinrich arriva trois jours après avec toute son armée , il trouva la ville occupée par une garnison si forte, qu'il ne put l'enlever par un coup de main. Il la cerna de tous coté». .Mais l'esprit de ses fidèles était si mauvais et leur négligence si grande , qu'alors même de nouvelles troupes purent entrer de toutes parts dans la place. Il fallut donc construire des ouvrages et des machines pour un véritable siège ; ils furent achevés au bout de trois semaines de tourments et de travail. Mais .les Polonais n'avaient pas négligé de préparer des moyens de défense ; et lorsque enfin on approcha les machines des murailles, les Polonais détruisirent en peu d'heures par le feu les ouvrages qui ax aient coûté tant de peines aux Teutschs. Puis on voulut que les Slaves de l'armée teutsche prissent la forteresse d'assaut. Ce fut en vain. Othclrik avança avec ses Bohême;, et fut repoussé; il en fut de même des Luititzes. Ces revers pénétrèrent toute l'armée impériale de douleur , de colère et de rage. Ces hommes forts ne purent supporter la honte que pourtant ils s'étaient eux-mêmes attirée par leur désunion. Ils s'en accusèrent les uns les antres , de peuple à peuple, de prince à prince. Il en résulta des vexations mutuelles, et enfin la dissolution de tout ordre. L'empereur, qui semblait avoir perdu toute autorité , n'eut plus d'autre ressource que de lever le de Nemzi, et de chercher à la pairie tout ce qu'il pourrait d'hommes et de machines.

Mais il y avait loin jusqu'à la patrie. On ne pouvait , pour y retourner , suivre la route par laquelle on était venu. Déjà , tandis que l'empereur se tenait devant Nemzi, des essaims de Polonais s'étaient avancés jusqu'à l'Elbe; ils avaient passé le neuve, et du pays situé entre l'Elbe et là Muldc, ils ax aient enlevé une foule d'hommes et une multitude d'effets ; il n'y avait plus aucune sûreté sur toute la route, à cause des bandes qui parcouraient les camjKignes en tous sens : le duc Bolislav lui-même était en observation près de la v ille de YVortizlava , que nous appelons Breslau , de sorte que Heinrich n'osa point passer devant elle avec sou armée. Il n'y axait de retraite libre que

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vers la Bohème , à travers la montagne des Géants; et Heinrich se vit contraint d'entreprendre cette route difficile pour regagner ses États, l^s perles, les douleurs et la misère que Ton souffrit dans cette marche furent prodigieuses. L'entrée en Bohême par les montagnes présentait des difficultés insurmontables aux yeux de cette armée découragée qui n'était plus une armée ; et pourtant on assure que la sortie de Bohême devint bien plus désastreuse encore. Des Polonais ou des amis des Polonais avaient déjà pénétré de la Moravie, dans la Bohême; Bolislav fit sans aucun doute poursuivre vigoureusement les ennemis fugitifs, et peut-être aussi trouva-t-on dans les montagnes situées entre la Bohême et le pays des Dalminziens , non-seulement les obstacles que présentait la nature du territoire, mais encore des guerriers armés prêts au combat et à la vengeance. L'empereur lui-même échappa néanmoins à sa perte : le 4" octobre, il se trouvait à Merscbourg ; beaucoup de ses fidèles se sauvèrent également ; quant à l'étendue des pertes en hommes et en matériaux , chacun peut se l'imaginer dans une expédition si malheureuse, mais le manque de documents nous empêche de l'indiquer exactement.

Le rusé Bolislav cmt le moment favorable pour obtenir une paix avantageuse et qui promit quelque durée; sa position envers les Russes lui rendait alors encore une telle paix aussi désirable qu'au commenccmcntdc l'année. A peine donc l'empereur fut-il revenu en Saxe, qu'un envoyé du roi de Pologne vint vers lui et demanda un échange de prisonniers. Comme l'empereur ne se montra pas défavorable à cette proposition , l'ambassadeur alla plus loin dans ses négociations, et parla d'une paix qui pût être solide et durable. Heinrich , réfléchissant à sa position, aux maux soufferts et a l'esprit de ceux qui s'appelaient ses fidèles , ne pouvait et ne devait pas rejeter une telle proposition. ,11 continua les négociations; et le 15 janvier de l'an 4018, Gero, archevêque de Magdebourg, Arnulf, évoque de Halberstadt, le markgraf llermann , le comte Thicdrieh , et te camérier impérial Fritherich , conclurent et jurèrent dans la ville de Budissin la paix avec Bolislav, et, pour en assurer l'exécution , on se donna mutuellement des otages. Les conditions de cette paix sont inconnues. Dithmar de Merscbourg, le noble évèquc , l'historieu inhabile,

confus, entraîné de côté et d'autre par la superstition, par de nobles idées et par un pur sentiment d'humanité, aimant toutefois la vérité par-dessus tout, à qui seul nous devons le récit de tous ces événements , a seulement remarqué que la paix ne fut pas telle qu'elle aurait dù êlre, mais telle qu'on pouvait l'attendre. Et, dans cette remarque, cet hommo ami de sa patrie , qui vers ce temps était déjà au bord de la tombe ( 5 ) , a résumé la douleur que lui inspirait la marehc malheureuse des choses, sans faire connaître plus complètement la honte imprimée à l'empire teutsch. Bolislav resta en possession de tout le pays que nous nommons Silésic , cela n'est pas douteux ; mais, comme le prouvent les événements postérieurs ainsi que ecux accomplis jusqu'à ce moment, il resta aussi en possession du pays situé au nord de la Silésic et de la Bohème. Jusqu'où ? voilà ce qu'on ne peut préciser. II est certain qu'il s'avança jusqu'à la Spréc ; mais il est possible que ses frontières aient été plus rapprochées encore de l'Elbe.

DÉPLORABLE CONFUSION DANS l'eMPIRE. — NOUVELLES NEGOCIATIONS AVEC LA BOUR- GOGNE. — GRANDE RÉVOLTE DES PEUPLES

SLAVES. CONSÉCRATION DE l' EGLISE

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