‹ Histoire d'AllemagneChapitre 8 sur 100 · LIV. XIII , CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. XIII , CHAP. VI

nôtre, dans l'espoir de toucher le cœur de 1 empereur. Mais les guerriers de ce prince se jetèrent sur cette multitude désarmée , au moment où elle se mettait en mouvement pour monter les degrés du Vatican. Les croix furent brisées et renversées dans la boue ; les hommes furent frappés et mis en fuite. lorsque le saintpère apprit cette chose horrible , il se rendit secrètement du palais de Latran dans l'église de St-Pierre , et y resta en prière pendant deux jours et deux nuits sans boire et sans manger. Pendant ce temps mourut un homme qui avait insulté la croix , et l'empereur fut saisi d'une lièvre violente. Effrayée de ces circonstances , l'impératrice Irmengardc , femme de Ludwig , se rendit auprès du pape. Il s'ensuivit une convention , et le pape retourna dans son palais. Mais , dans l'intervalle , les deux évêques condamnés avaient adressé au pape un écrit de la dernière violence contre leur déposition. Ils y reprochaient au saint-père une conduite perfide et dissimulée et une arrogance sans bornes : « Sa sentence était contraire à la raison , à la justice , impie , maudite, et en opposition avec tous les préceptes de l'Église, car elle avait eu lieu sans synode, sans enquête, sans accusation , sans témoignages , sans aveux , par simple arrogance et par un arbitraire tyrannique ; en conséquence ils rejetaient la sentence et le pape lui-même; ils ne voulaient avoir rien de commun avec un tel homme, qui , en émettant ce principe , que quiconque ne respecte pat tes décisions apostoliques doit être maudit , s'est maudit lui-même , puisqu'il a foulé aux pieds toutes les lois divines et tous les préceptes de l'Église. » Us envoyèrent une copie de cet écrit aux évêques de Lotharingie, par lesquels ils avaient été députés vers le siège apostolique , en les exhortant à être tranquilles , à tenir bon , h consoler le roi Lothar , à l'engager à la fermeté, et à chercher à gagner à ce prince le plus d'amis qu'il serait possible , mais avant tous , Ludwig , roi des Teutschs. Quant à l'original, il devait être remis au pape Nicolas par le prêtre Hilduin, frère de Gunthar. Nicolas refusa de le recevoir. Alors Hilduin , ainsi que son frère le lui avait conseillé , accompagné d'hommes armés, et armé lui-même , pénétra dans l'église de Saint-Pierre pour déposer l'écrit sur le tombeau de l'apôtre. Les gardes du sanctuaire s'y opposeront. Hilduin se précipita violemment en avant , non sans répandre du sang , jeta l'écrit

sur le tombeau de l'apôtre , et sortit l'épée nue de l'église avec les siens. Mais l'empereur Ludwig , effrayé de toutes ces scènes , effrayé aussi des brigandages, des meurtres et des souillures que ses guerriers se permettaient, même sans ménagement pour les églises et pour les vierges consacrées à Dieu, ordonna aux archevêques Gunthar et Théotgaud de sortir d'Italie , et ramena lui-même son armée de Rome à Ravcnne.

Devant ces événements s'évanouit l'ivresse où les archevêques Gunthar et Théotgaud s'étaient agités jusqu'alors. Isolés et abandonnés désormais , ils se trouvaient en présence d'un monde qui applaudissait le pape, le chef de l'Église, qui venait de sauver et de venger. Ils ne pouvaient compter sur leurs collègues, les évôques de Lotharingie : on devait s'attendre qu'aucun d'eux ne passerait indifférent devant les portes de la gr&cc que le pape, aussi prudent que juste, leur avait laissées ouvertes. Une seule espérance les accompagna dans leur retour à travers les Alpes; ils pensaient que le roitathar, sortant de son apathie , aurait le dessus ou succomberait pour sa cause et pour la leur : cet espoir même les trompa. \a débauche est lâche ; elle rend l'homme impudentetluiôte toute honte; mais elle efface aussi toute empreinte de l'âme, et la rend incapable sinon de résolution, du moins de persévérance et d'action. Les intrigues et les charmes de Waldrade enchaînaient tellement le roi , que les hommes de cette époque attribuèrent son influence à un pouvoir magique ; mais ces intrigues et ces charmes ne donnaient ni force à l'esprit de Lothar , ni consistance à sa conduite. Le coeur lui manqua lorsqu'il apprit l'issue de la mission dont Gunthar et Théotgaud s'étaient chargés ; et aussitôt, dans le sentiment de ses fautes , il perdit non ses anciens désirs, mais son ancienne conflance. Se rappelant les exhortations que ses oncles lui avaient faites è diverses reprises , il en vint h penser qu'ils étaient eux-mêmes ses accusateurs auprès du saint-siége, parce qu'ils convoitaient son royaume, et croyaient avoir trouvé une occasion favorable de le dépouiller de ses États et de ses leudes. Contre ce danger, qui l'aurait privé même de sa chère Waldrade , il semblait n'avoir de ressource que dans la plus profonde humilité à l'égard du pape, afin d'être protégé par la puissante main de ce prêtre. Aussi I tourna- 1- il aussitôt le dos aux prêtres qui

s'étaient sacrifiés à ses passions. Gunthar, qui , au mépris tic la réprobation pontificale , avait repris ses fonctions d'évoqué, reçut l'ordre de ne pas se montrer devant le roi et de ne décider aucune affaire ecclésiastique avant d'avoir satisfait le pape , chef universel de l'Église , et de s'être complètement réconcilié avec lui. Cet ordre éclaira aussi d'une manière terrible la simplicité de l'archevêque Théotgaud , qui n'avait pas encore osé prendre une résolution convenable à son caractère sacerdotal. Plein d'humilité et de repentir , avouant sans réserve ses erreurs et ses péchés, il s'adressa aussitôt au saint-père , dont il implora l'indulgence et le pardon. Tous les évêques qui avaient assisté au synode de Metz reportèrent avec horreur leurs regards vers cet antre de prostitution , et ne manquèrent pas de profiter du signe que le pape leur avait fait avec bienveillance. L'un se rendit à Rome, un autre y envoya un député, tous s'inclinèrent devant la puissance qui, du haut delà chaire de saint Pierre, s'était révélée à eux avec tant de force et d'une manière si formidable , et confessèrent leur erreur. Gunthar luimême , abandonné et trahi , évité et méprisé de tous , était hors d'état de persévérer dans son ancienne arrogance ; bientôt il perdit courage, et reconnut qu'il serait forcé de s'humilier d'autant plus, qu'il s'était élevé plus haut, pour ne pas être foulé aux pieds et s'éteindre dans le mépris. Lui aussi , emportant les trésors de son église, accourut donc en Italie et à Rome , espérant apaiser le pape d'autant plus aisément qu'il se serait plus vite rendu auprès de lui. Le roi Lothar, enfin, accoutumé aux paroles mensongères et à l'hypocrisie , s'empressa d'écrire au pape dans les termes les plus flatteurs et les plus rampants , et avec une dévotion affectée , et de lui reconnaître tous les droits et toute la puissance que Nicolas avait revendiqués pour le saint-siége, parce qu'il nourrissait sans aucun doute l'espérance que le pape emploierait «l'autan t moins ses droits contre lui , qu'il les lui accordait plus volontiers. 11 promit de se rendre en personne à Rome pour recevoir son pardon et la bénédiction apostolique; de sorte que le pape sembla avoir remporté une victoire complète.

Pendant ce temps, Ludwig , roi dcsTeutschs, avait continué ses luttesde la manière habituelle, sans perdre de vue la Lotharingie. Les Nordmans , remontant encore une fois le Rhin , ap-

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portèrent de nouveaux désastres ; et si , alors comme toujours , ils reculèrent devant la puissance du roi des Teutschs , ils laissèrent pourtant encore une fois derrière eux les traces de ravages destructeurs. Karlmann, fils de Ludwig, avait éveillé de nouvelles inquiétudes dans l'esprit de son père. Sous prétexte d'une partie de chasse, il avait pris la fuite pour se soustraire à la prison sur parole, à laquelle ou l'avait obligé, et s'était rendn dans les pays dont le gouvernement lui avait été confié ; et les Margraves s'étaient vus dans la nécessité de reculer devant lui , parce que leurs guerriers passaient du côté du prince que la trahison de Gundacar avait précipité dans une si grande infortune (4). Le roi Ludwig ne jugea pas à propos, dans l'état présent des choses , de commencer une nouvelle guerre contre son fils , sentant bien que, sans la trahison, elle ne se terminerait pas sitôt. Aussi promit-il a son fils un sauf-conduit. Sur cette promesse, Karlmann parut devant son père ; et Ludwig, par nécessité peut-être plutôt que de bonne volonté, remit encore une fois à son fils le gouvernement de la Marchepannonienncetdela Carinthie. Ensuite, pourscellerpar des actes cette réconciliation verbale , une expédition fut entreprise en commun contre Rastiz, prince des Moraves , avec lequel Karlmann aurait fait alliance, si l'on s'en rapjK>rtait aux accusations de ses ennemis. Rastiz avait occupé le rocher fortifié de Dovvina, la Vierge, à l'embouchure de la Marche dans le Danube. Cette forteresse fut cernée par les Teutschs. Rastiz ne se sentait pas assez fort pour soutenir une bataille ; tous les moyens d'échapper lui étaient étés, il se vit donc contraint d'accepter les conditions qu'il plut au roi de lui imposer. 11 jura avec tous les personnages émiuents de sa nation de rester désormais fidèle au roi des Teutschs, et donna pour garantie de son serment autant d'otages que le roi en demanda.

Après que de cette manière la tranquillité intérieure du rovaume fut rétablie , et ses frontières orientales paraissant être en sûreté, le roi Ludwig eut une entrevue avec son frère Karl le Chauve dans la rif/a de Tousy, aux environs de Toul : ce fut au mois de février de l'an 863. Les deux frères renouvelèrent leur alliance , et délibérèrent sur les affaires de Lothar. Ce qu'ils exprimèrent et résolurent officiellement à ou sujet semblait résulter d'une pure bienveillance pour leur neveu , et était digne de fidèles voisins,

vn la complication des relations ecclésiastiques. Ils le firent exhorter par des députés à réparer toutes les fautes qu'à la grande indignation du inonde il avait commises contre les lois divines et humaines ; a veiller avec soin sur l'état intérieur de son royaume, et ensuite à se rendre à Rome , comme il l'avait annoncé , afin de chercher et de recevoir son pardon sur le tombeau des apôtres. Mais Lotliar crut que l'entrevue de ses oncles avait un but caché ; il pensa qu'ils voulaient lui arracher sonroyaumepour le partager entre eux. Dans cette persuasion , qui , après tout , ne parait pas avoir été dénuée de fondement, il envoya Luitfrid, frùre de sa mère, à l'empereur Ludwig, priant celui-ci de décider le pape à écrire aux rois ses oncles pour leur enjoindre de maintenir la paix et de respecter l'intégrité de son royaume. L'empereur , qui avait partagé avec Lothar, et d'une manière fort avantageuse , les possessions de son frère Karl , après la mort de ce dernier, l'année précédente, et qui par là avait conçu pour lui une bienveillance nouvelle et toute particulière, prit ses intérêts. Le pape sentit que ce serait pour lui un nouvel et grand avantage, si , après avoir prononcé sa sentence sur un roi et sur le clergé de tout un pays , il garantissait maintenant , par la puissance de son saint-siége, la sûreté d'un roi contre des rois , et s'il représentait ce siège au monde non-seulement comme le refuge des faibles et des opprimés , mais aussi comme le rempart des puissants contre de plus puissants. Il accepta donc avec plaisir et confiance cette grande tâche. 11 envoya l'évôque Arsénius, avec des lettres qui n'étaient pas seulement adressées aux deux rois Ludwig et Karl , mais aussi aux évéques et aux grands dignitaires de leurs royaumes. Dans ces lettres (5) , il interdisait aux deux rois de faire des usurpations sur Lothar et sur son royaume ; et il ne faisait pas cette défense en termes doux et respectueux , comme habituellement les évêques de Rome avaient jusqu'alors écrit aux rois , mais il employait un langage tranchant, amer, menaçant : car il savait bien que les princes du glaive ne renonceraient àleurs projets ambitieux que par crainte de l'éternité. Arsénius se rendit d'abord dans le Teutschland. Il remit au roi Ludwig , à Francfort, la lettre du pape, et rien ne nous fait croire que Ludwig ait même osé faire entendre une observation ; puis il se mit en route pour la cour de Lothar. Il remit à celui-ci une autre

lettre, où le pape déclarait au roi que, s'il ne repoussait pas sur-le-champ d'auprès de lui Waldrade pour reprendre Tcutbcrga comme sa légitime épouse , il serait de toute nécessité entièrement exclu delà communion des fidèles. De là, Arsénius alla vers Karl le Chauve, pour déposer entre ses mains une lettre conforme à celle qu'il avait donnée à Ludwig, roi des Teutschs ; et Karl, à ce qu'il semble, fut, comme son frère, effrayé des paroles du prêtre redoutable. Enfin l'envoyé do pape retourna en Lotharingie : il était accompagné de Teutberga, que Karl le Chauve lui avait solennellement remise. Une grande assemblée avait été fixée dans la villa de Vcndrcssc ; une foule de peuple y accourut. On vit des hommes éminents de tous les royaumes Karolingiens ; on vit aussi quatre archevêques et quatre évéques de Lotharingie ; un chapelain impérial et deux évèquesdu royaume de Karl le Chauve, qui avaient remis et accompagné la reine Tcutbcrga. Devant cette assemblée , six comtes et six vassaux de Lotharingie jurèrent , sur les quatre Évangiles et sur de saintes reliques, le serment solennel qu'à partir de ce jour , leur senior lo roi Lothar acceptait sa femme Teutberga pour son épouse légitime , et qu'il la traiterait , sous tous les rapports, comme il convient à un roi de traiter la reine sa femme. Après ce serment, l'envoyé du page et les évéques remirent la reine au roi Lothar, avec cette imprécation, que si tout ce qui avait été promis et juré n'était pas tenu et accompli par lui, il aurait à en rendre compte non-seulement dans cette vie , mais encore dans l'éternité devant le redoutable tribunal de Dieu et devant le prince des apôtres , et que par ce tribunal il serait condamné aux flammes éternelles. Lothar et Teutberga furent enfin couronnés avec une magnificence royale , et Waldrada fut livrée à Arsénius pour être emmenée en Italie.

Il est hors de doute queces événements inouïs firent sur le monde une profonde impression. Le glaive s'était abaissé devant la parole : dans le glaive résidait la force ; la puissance de la parole ne semblait être que le droit. L'ancien ordre de la société était ébranlé ; bien que les relations semblassent se maintenir d'un côté , se rétablir de l'autre , il ne s'en opéra pas moins dans les âmes un changement dont l'influence devait aller plus loiu, selon la nature des esprits : * la réflexion s'éleva , le doute se réveilla, et la pensée s'élauca des bases du saint-siége ; mais le

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développement de la vie se continua au milieu eje passions confuses, qui tantôt poussaient en avant, et tantôt rejetaient en arrière.

Le second fils du roi Ludwig, appelé Ludwig, avait basé ses calculs sur la défaveur où son frère aine" Karlmann était tombé auprès de son père. Ces calculs avaient été déjoués par la réconciliation du père avec Karlmann. I.udwig en éprouva un vif ressentiment contreson propre père, et, dans sa colère , U conçut la pensée de suivre l'exemple de son frère , de s'opposer par la force h son père, et de contraindre par la celui-ci à satisfaire ses prétentions. 11 chercha a exciter a la révolte, en leur envoyant des messagers secrets , les vassaux de la Thuringc et de la Saxe, qui étaient restés étrangers aux querelles suscitées jusqu'alors, et qui, pour affermir leur domination, n'avaient songé qu'à se défendre contre les Slaves et les Danois ; et plusieurs , soil qu'ils se rappelassent leur ancienne liberté , soit qu'ils fussent entraînés par une perspective de pillage et de gain , se laissèrent aller à ses séductions. Les vieux ennemis du roi , les comtes Wcrinliar , Lto et Berengar , que son père avait dépouillés de leurs places et de leurs lîefs (ftï , furent aussi appelés par lui dans ses conseils , et il leur promit de Tes réintégrer dans leurs dignités et dans leurs honneurs. Bien plus, il n'hésita pas à faire ce dont on avait accusé son frère; il envoya le chef de son corps de compagnons , nommé Hcinrieh, à Hastiz , le vieil ennemi des Teutschs , qui venait a peine d'être forcé par le roi son père à jurer une fidélité constante, et il l'excita à ne pas négliger ce moment et a seconder son entreprise en recommençant la guéri e. Enfin il chercha encore à gagner les partisans de son frère Karlmann , qui lui était odieux parce qu'il était rentré en grâce avec son père , et il réussit à gagner à ses projets l'un de ses partisans , C.unt- Edd. Ainsi tout promettait au jeune prince l'heureux succès de son crime , et un grand ébranlement semblait inévitable dans le Teutschland.

Mais, sur ces entrefaites , cette œuvre de ténèbres fut révélée au roi. Aussitôt il prit les mesures convenables. Il confia à son fils Karlmann, contre lequel le mouvement n'était pas moins dirigé que contre lui-même, le soin de défendre la Bavière contre les tentatives possibles du prince des Moraves. Il se rendit lui-même dans les pays occidentaux de son royaume , désignés sous ie nom de France , et sur la fidélité des-

quels il croyait pouvoir compter. Il convoqua à Francfort ses vassaux de tous les peuples teutschs, et, à son appel, les vassaux accoururent en grand nombre, et prouvèrent au roi un attachement non équivoque. Far là , ïc plan téméraire d'un prince irréfléchi fut déjoué avant que l'exécution eût pu commencer. Le courage du prince lui-même chancela aussitôt ; ses partisans perdirent toute confiance et n'osèrent pas se mettre en avant ; tout était fini. Gunlbold seul essaya de lever le glaive contre Karlmann; mais il fut abandonné par les siens , et put a peine sauver sa v ie. 11 ne fallait plus qu'amener une réconciliation entre le père et le fils, et Ludwig fut assez doux pour ne pas fermer l'oreille a la v oix amicale d'hommes bienv eillants de l'ordre laïque et de l'ordre ecclésiastique. Au mois de novembre 800, à Worms, le roi ouvrit ses bras paternels à son fils repentant , et mit ainsi un terme à ces malheureuses dissensions.

Du reste, il est difficile de dire si à ces dissensions se rattacha ou non un soulèvement qui, vers ce même temps, éclata près de .Mayence, et où quelques-uns des gens de l'archevêque Liuïberg perdirent la vie. Du moins, lorsque ces dissensions eurent été apaisées, ce soulèv cment fut étouffé , et ses auteurs et ses complices furent punis d'une manière qui excita la terreur et la stupéfaction. Si l'on se rappelle les anciens temps et l'ancienne liberté du peuple teulscb , elle prouve de la manière la plus évidente à quel point était arrivé le pouvoir des seigneurs, à quel point les hommes avaient été dégradés et abaissés dans l'esclavage, et combien les cœurs étaient endurcis. Quelques-uns furent pendus; d'autres furent privés de la v ue , après qu'on leur eut coupé les doigts et arraché les dents; quelques-uns enfin se virent confisquer leurs biens , et furent env oyés eu exil.

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