UY. XVIII
l'archevêque Sigefrid do Mayence, le premier des ecclésiastiques du Teutsehland.
La Thuriuge en effet , sous le rapport ecclésiastique, était en grande partie soumise immédiatement à l'archevêché de Mayence. Cette partie du pays n'avait point à payer de dtmes à l'Église, taudis que les abbés de Fulda et de Hersfcld avaient toujours tiré les dîmes d'autres parties de la province (3). On ne sait quelle avait été l'origine de cette immunité pour la Thuringe. Peut-être dés le temps de saint Boniface les églises avaient-elles été si richement pourvues de domaines, que plus tard, à l'époque de Karl le Grand, on ne crut pas nécessaire d'y ajouter encore la dlme sur le bétail et sur les moissons. Ce qui est certain , c'est qu'en Thuringe on jouissait des avantages de cette franchise, mais que personne ne savait de quelle manière on l'avait acquise. Mais l'an 1050, tandis que l'impératrice Aguès administrait l'empire au nom de son fils , et que tous les grands seigneurs, ecclésiastiques et laïques, usurpaient de tous côtés et vendaient à Terni leur fidélité, Luitbald, archevêque de Mayence, essaya le premier d'obtenir la dtmc des domaines royaux en Thuringe. Et cet essai réussit. Il soutint que déjà Heiurich III a^ait reconnu la légitimité de ses prétentions sur les dîmes de Thuringe ; et ce personnage était trop important pour que l'on eût osé révoquer en doute ses assertions ou repousser ses prétentions. Cependant on jugea à propos de s'accommoder tout à coup avec l'archevêque, pour éviter le payement des dîmes sur les domaines royaux. Eu conséquence on céda et l'on abandonna à l'archevêque , par un diplôme formulé au nom du roi , cent vingt maoses pour les dîmes qui lui étaient ducs. Un si heureux début encouragea sans doute l'archevêque à pousser plus loin ses tentatives, pour amener les vassaux de Thuringe à s'entendre aussi avec lui pour le payement de la dlme. Ces vassaux néanmoins n'eurent pas autant de condescendance qu'en avait eu le roi , leur seigneur dominant. Or, en l'année \ 002 mourut le markgraf Wilhclm de Meisscn , lequel , comme nous l'avons raconté , avait conduit, l'année précédente , avec Eppo, évêque de Zeitz , une armée teulsche au secours d'André, roi de Hongrie, et que l'on tippcllc markgraf des Thuringicns, parce que l'hériban sur les Thuringicns lui appartenait. Apre* la mort de ce Wilhelm, son frère, le
C1IAP. VI. 527
comte Otto d'Orlamunde , obtint la Marche , et , entre autres domaines en Thuriuge , quelquesuns dont l'archevêque de Mayence avait le droit de conférer les fiefs. L'archevêque Sigefrid, qui sur ces entrefaites était monté sur le siège archiépiscopal de Mayence , refusa en conséquence au nouveau markgraf l'investiture de ces domaines, dans le cas où il ne voudrait pas s'engager à payer la dlme de toutes ses possessions eu Thuringe. Otto , homme ami de la paix, promit, pour arriver à une possession tranquille , de satisfaire aux exigences de l'archevêque, il s'engagea, bien plus, à faire en sorte que les autres Thuringicns se soumissent aussi au paiement de la dime. Mais, en essayant de remplir cette obligation, il excita une grande haine contre lui, et causa un grand mécontentement parmi tous les princes et v assaux de Thuringe. Aussi, lorsqu'il mourut, l'an 1007, la joie fut générale et d'autant plus grande , qu'une scission s'était élevée; car quelques-uns s'étaient soumis au payement de la dlme, d'autres s'y étaient refusés de la manière la plus formelle. La Marche reçut à sa place ce comte Ekbert de Brunswick, cousin du roi, lequel, ainsi que nous l'avons dit, avait prouvé son audacieuse résolution dans les circonstances les plus diverses. 11 devait sans aucun doute y voir une digne récompense du salut du jeune roi , comme de sa participation au fait de Kaiscrswcrtli. Comme Ekbert était lié avec Ilanno de Cologne, avec Otto de Nordheim et Rudolf de Souabe, et comme l'amitié de l'archevêque de Mayence n'était pas indifférente à ces princes, on peut conjecturer qu'il aurait aussi favorisé les prétentions de cet archevêque sur les dimes de Thuringe, s'il eut vécu plus longtemps. Mais il mourut dés la fin de cette même année, et la Marche reçut pour souverain, comme il en avait reçu l'assurance , son fils mineur , également nommé Ekbert , et qui était né d'Immula, jadis épouse d'Otto de Schweinfurt, et sœur de la mère de l'impératrice Bertha. Dans ces circonstances, l'archeNèquc de Mayence pouvait trouver peu ou point d'avantages , et ses prétentions sur les dimes de Thuringe ne se changèrent point en droit et n'arrivèrent pas à leur satisfaction.
Mais le roi considéra ces circonstances précisément comme favorables à l'affaire qui lui tenait à cceur. Il s'adressa à l'archevêque Sigefrid de Mayence, et lui promit non-seulement de lui
HISTOIRE 1)1 PEtPLK ALLEMAND.
être dévoué et obéissant en général , mais encore de contraindre au besoin par la force les Thuringiens au payement de la dime, si l'archevêque voulait l'aider à rompre son malheureux mariage. L'avide prélat accepta aussitôt cette proposition : Hcinrich n'avait qu'à donner un prétexte déterminé. Alors, après la Pentecôte de l'an 4009, le roi convoqua les princes de l'empire à Worms pour délibérer sur les affaires publiques. Beaucoup y parurent. Ce fut dans l'assemblée de ces princes que le roi , après s'étro plus amplement entendu avec Sigcfrid, exposa ses chagrins. « Son union avec son épouse était malheureuse. 11 n'avait a reprocher aucune faute à sa femme ; elle n'avait pas mérité d'être répudiée. Mais ils n'étaient point faits l'un pour l'autre. Que ce fût un efTet du destin ou un jugement de Dieu , il n'y avait point entre eux les rapports qui doivent exister entre époux. Il suppliait donc devant Dieu qu'on le délivrât de ces tristes chaines, et que l'on ouvrit à tous deux les voies d'un mariage plus heureux. Du reste il afûrroait avec serment qu'il n'avait jamais touché sa femme , et qu'il la rendrait telle qu'il l'avait reçue. « Cette proposition affligea vivement les princes assemblés : elle leur sembla une chose odieuse, indigne de la majesté royale. Quelques-uns, peut-être par des motifs particuliers , la reçurent avec une aigreur toute particulière; en effet , le duc de Souabc, Rudolf de Uhcinfclden, après la mort de la soiur du roi , sa première femme, avait épousé en secondes noces Adelheid , sœur de la reine Rertha. L'archevêque Sigcfrid de Mayence se prononça seul pour le roi. Par là il excita l'étonncment et l'indignation ; mais il Ht aussi que l'on ajourna la décision , et qu'on la remit à un concile qui devait se tenir à Mayence en automne, dans la première semaine après la fête de Saint-Michel. La reine Rertha dut se retirer dans le monastère de Lorsch, pour attendre dans la solitude la décision du concile : le roi trouva dans l'intervalle une occupation où il montra pour la première fois son esprit belliqueux.
Le markgraf Otto de Meissen , dont il a été question plus haut, avait laissé une veuve, nommée Adela , femme aussi passionnée et ambitieuse que belle. Le successeur d'Otto, le markgraf Ekbcrt , eut donné sa main à cette princesse , après la répudiation de sa propre femme, si la mort ne l'en eut empêché; elle
épousa donc Dedi, markgraf de Lusacc, lioninn déjà sur le retour de l'âge, et d'un caractère tranquille. Adela poussa son mari à rechercha tous les fiefs que son premier époux avait possédés en Thuringe et tenus de divers suzerains. Dedi, pour plaire à sa femme, sollicila ces domaines; mais il ne put déterminer aucun des suzerains à lui en accorder l'investiture : car ils ne pouvaient concevoir pourquoi le* coud mari d' Adela devait obtenir précisément toutes les terres que son premier mari avait possédées. Adela , en apprenant le refus des suzerains , s'imagina que le roi lui-même !m avait suscité des obstacles , parce qu'elle w pouvait s'expliquer autrement l'unanimité des seigneurs. Elle irrita donc son mari de toute* les manières , mais surtout en le comparant k Otto , son premier époux. En puissance et en richesses, dit-elle, ta es au-dessus d'Otto; mais si tu l'égalais en virilité et en énergie, ta ne souffrirais pas de tels mépris. Ces paroles, sorties de la bouche d'une femme belle et pl«> jeune que lui, déterminèrent le bon marksra; à s'emparer des biens qu'il réclamait en Thuringe, et à entrer en guerre ouverte a\ccl< roi. 11 comptait pour cela sur les Thuringiens. qui, dans sa pensée, devaient être irrités contre le roi , parce qu'il favorisait les prétentions de l'archevêque de Mayence au sujet de la «lime, et les excita à prendre les armes pour défendre leur antique liberté.
A la nouvelle de ces événements, le roi rassembla une forte armée: car l'esprit de guerre était général partout. Les amis du roi on de h maison royale se rangèrent sous les drapeau* de 1 impétueux jeune homme; les suzerains de la Thuringe voulurent défendre leur droit contre les insolentes exigences du markgrai Dedi; plus quêtons, néanmoins, l'archevêque Sigcfrid de Mayence déploya son activité, par ce qu'il regardait ce moment comme dcci>il pour s'assurer à tout jamais les dîmes de Ttniringe : il mit sur pied tous ses vassaux, et N tous ses efforts pour augmenter et reufonvr l'armée royale. En face de cette armée I* Thuringiens coururent aussi aux armes, no» pour assurer au markgraf de Thuringe k> possessions sur lesquelles il n'avait aucun droit, mais pour ne pas être surpris sans défense par l'archevêque sigefriil , et pour ofp être contraints à l'obligation de la dime. iv;n cette raison ils envoyèrent des députés au n" ;
« Us n'avaient à son égard aucune vue hostile; ce n'était aussi ni par leurs conseils ni à leur instigation que le markgraf Dedi s'était soulevé contre la chose publique; bien plus, ils étaient prêts à combattre l'ennemi public au péril de leur vie. Nais assurément ils le feraient avec plus de satisfaction et de dévoùmcnt , si leur franchise de la dime leur était assurée. Si au contraire l'archevêque voulait décider les affaires ecclésiastiques non par les armes saintes, mais par les armes vulgaires, s'il voulait leur extorquer par le droit de la guerre la dime qu'il ne pouvait exiger d'eux ni en vertu du droit ecclésiastique ni en vertu du droit temporel, ils s'étaient conjurés entre eux par serment pour se défendre et se venger mutuellement des brigands et des pillards, et ils aimaient mieux périr en combattant que de vivre en parjures après avoir perdu les libertés de leurs pères. » La fermeté de ce langage eut son effet. 11 était impossible que le roi fût disposé à s'engager dans une lutte avec de tels hommes pour assurer les dimes à l'archevêque de Maycnce, avant même d'être assuré que celui-ci l'aidât à atteindre le but en vue duquel il lui avait promis les dîmes. En tout cas, il était bon de laisser indécise l'affaire de l'archevêque au sujet des dîmes, tant que n'était pas décidée l'affaire du roi lui-même au sujet de son mariage. Hcinrich donna en conséquence aux Thuringiens l'assurance amicale qu'ils pouvaient compter sur lui tant qu'ils resteraient dans sa foi , et cette assurance décida les Thuringiens à ne pas s'engager dans une alliance avec le markgraf Dedi , mais à rester étrangers à cette lutte.
En de telles circonstances il ne fut pas difficile au roi de remporter la victoire sur le markgraf révolté. Dès qu'il fut entré en Thuringe , deux château x-forts, Beichlingen et Schcidungen (4), tombèrent en son pouvoir le premier lui fut livré ; le second fut emporté. Et dès lors il ne fut pas nécessaire d'agir davantage, ta markgraf, trompé dans les espérances qu'il avait fondées sur les Thuringiens, renonça sans peine à une entreprise à laquelle il avait été poussé non par le sentiment du droit et du devoir, mais seulement par la passion de sa femme. H soumit au roi sa personne et tout ce qu'il possédait. Mais cette soumission ne mit pas un terme au malheur qu'il avait attiré sur lui. l e roi lui fit passer quelque temps en prison pour
ni.
le punir de son crime. Sa dignité , il est vrai , lui fut rendue avec la liberté ; mais il fut forcé de renoncer à une partie considérable de ses possessions et de ses revenus , et de reconnaître que cette spoliation était juste, pour conserver la vie et la paix. Et pourtant on lui laissa bien la vie, mais non la paix. Son propre fils, né de son premier mariage, et comme lui nommé Dedi, jeune homme doué de brillantes qualités, conçut une vive inimitié contre son père , soit qu'il fût poussé par l'ambition et l'esprit de domination , soit qu'il fût irrité du second mariage de son père et de la perte que la passion de sa belle-mère avait causée à sa maison. Par sa conduite , le jeune Dedi gagna la bienveillance du roi Heinrich ; mais, dans son ressentiment, il devint la terreur de son père et de sa belle-mère. Il tomba sous les coups d'un assassin, et parmi le peuple se répandit le soupçon quo la main du meurtrier avait servi la marâtre.
C'est ainsi que se termina la révolte du markgraf Dedi. Mais pendant la guerre , s'il n'y avait pas eu de lutte ouverte entre les vassaux de l'archevêque de Maycnce et les Thuringiens , ils s'étaient du moins livrés les uns et les autres à des actes d'hostilité. Les premiers, connaissant fort bien les dispositions de leur seigneur, volèrent et pillèrent de leur mieux les Thuringiens ; les derniers , de leur coté , dirent en face de violentes injures au prélat , se réunirent contre ses gens , leur enlevèrent le butin qu'ils avaient fait, et les forcèrent à une fuite honteuse; ils n'hésitèrent même pas à pendre sans autre formalité quelques hommes de l'archevêque , nobles et non nobles , qui tombèrent entre leurs mains. Le roi mit un terme à ces cruauté», lorsqu'il eut dompté le markgraf. Pour se donner l'apparence d'être encore fidèle a son traité avec l'archevêque Sigefrid,et pour ne pas blesser au dernier point cet homme cupide, il prononça contre les Thuringiens la déclaration que sans doute ils étaient obligés de payer la dime au siège archiépiscopal de Mayence ; mais il fit cette déclaration d'une manière si légère et si méprisante , que les Thuringiens reconnurent sans peine que lui, le roi, n'avait nullement la volonté d'essayer ses armes contre eux. Ils tinrent donc peu de compte de cette déclaration ; et Heinrich , sans rien entreprendre contre eux, fit sortir son armée de Thuringe, et permit a ehaenn de retourner dans ses foyers.
;;.-o histoire ni pi
Le roi lui-même se mit en route poui Mayence, afin de s'y trouver le jour fixé. Il apprit en chemin qu'à Mayence était arrivé un légal du siège apostolique, qui attendait l'arrivée du roi , cl avait pour mission d'empêcher son divorce et de menacer l'archevêque de Mayence d une condamnation par le saint-siége, parce que ce prélat avait promis d'opérer nue séparation si ignominieuse. Heinrich fut effrayé. Il voulut , dans sa douleur et daus son impatience , retourner aussitôt à Goslar , et ses amis ne le firent renoncer qu'avec beaucoup de peine a cette résolution, dont ou devait redouter, si elle était mise à exécution, des suites incalculables et dangereuses; car les princes de l'empire , qu'il avait convoqués à une assemblée a Mayence, l'auraieut difficilement vu avec indifférence s'abstenir, et n'auraient pas manqué de prendre des résolutions sévères. Il se rendit à Francfort , et engagea les princes qui se trouvaient à Mayence à se rendre dans la première de ces villes. Ils y vinrent, et avec eux arriva le plénipotentiaire du pape. C'était Pierre Damiani. Tout d'abord , au nom du pape , il exhorta le roi à renoncer à une si mauv aise affaire : si les lois humaines, si les principes de l'Église ne l'effrayaient pas, il devait du moins respecter son propre honneur comme roi ; il ne devait pas jeter dans le monde chrétien le poison d'un si honteux exemple; lui, le roi, chargé de punir les crimes des hommes, ne devait pas s'abaisser à devenir l'auteur et le porte-étendard du vice. Après ces exhortations, Pierre ajouta : « Heinrich, si vous n'écoutez pas de bons conseils, il sera nécessaire que l'Église use de son pouvoir pour prévenir le crime ; et jamais le pape ne vous sacrera empereur , si vous trahissez la foi chrétienne par un exemple si contagieux. » Aussitôt tous les princes présents s'écrièrent que le pape avait raison. Ils supplièrent le roi de ue pas souiller sa grandeur d'une tache semblable, et de ne pas ternir la majesté du nom de roi par un acte aussi déshonorant; de no point donner aux parents de la reine de justes motifs de défection et de révolte; car plus ces hommes étaient puissants par leurs richesses et par leurs armes, plus sans aucun doute serait terrible la vengeance qu'ils tueraient de l'outrage fait à la reine.
Abattu plus qu'humilié par ces paroles, Heinrich répondit : « Si c est là votre inébran-
PLE ALLEMAND
lable désir , je me rendrai maître de moi-même, et je supporterai du mieux que je pourrai le fardeau dont il ne m'est pas permis de me débarrasser. • Et alors il consentit, plutôt avec un farouche mécontentement que par amour pour la concorde , à ce que sa femme sortit rin couvent et se montrât de nouveau en reine aux yeux du monde; mais, pour éviter l'humiliation de se trouver av ec elle eu préseucedes princes assemblés, il quitta Francfort le plus promptement qu'il lui fut possible, et revînt à (îoslar avec une escorte de quarante hommes d'armes à peine. ta malheureuse Bertha suivit lentement son mari, non sans déployer une magnificeucc royale. A son arrivée Heinrich alla au-devant d'elle et la reçut avec une froide politesse : car il avait résolu d'observer les convenances extérieures , et de v iv re du reste comme s'il n'était pas marié. .Mais cette résolution d'une sauvage passion ne se soutint pas longtemps. Tous les malheurs qui avaient frappe le jeune roi, tous les mauvais conseils , les manvais traitements et les trahisons auxquels il avait été exposé , n'avaient pu étouffer entièrement dans son cœur les nobles sentiments djturels à l'homme. La vertu de Bertlia, silencieuse dans ses souffrances, brisa sou opiniâtre volonté. Dans la deuxième année apiè* l'événement de Francfort , la reine donna un fils à an époux ; et dans la suite elle en eut encore trois enfants. Et si elle ne réussit pas à s'assurer son fidèle amour, elle le força du moins à lui prouver son estime et son respect.