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LIV. XVIII, CHAP. VII

lui , lo roi , on pouvait agir contre lui conformément au droit. Et comme il fut impossible à Karl de réfuter les graves accusations élevées contre lui, le roi, à la grande satisfaction des Pères assemblés, se fit rendre les insignes de la dignité épiscopalc, la crosse et l'anneau; mais il chercha néanmoins à cousoler et à tranquilliser l'homme soumis à cette humiliation. A sa place il nomma évéque de Constance, avec l'assentiment du clergé , le chanoine Otto de Goslar , avec la demande , il est vrai , à laquelle [ ersonne ne s'opposa , que ,- pour éviter de nouveaux troubles, il reçut aussitôt la consécration.

Pendant ce temps, ses affaires en Saxe n'avaient pas fait de progrès , bien que la construction de ses châteaux et de ses forteresses eût été avancée. A peine en effet avait-il quitté ce pays, que le comte Ilcrmann , oncle du duc Magnus , parut devant Lunebourg avec un nombreux corps de troupes, et bloqua la forteresse. Le château était fort ; il était difficile de le prendre. Mais les vivres manquaient complètement aux assiégés. Au bout de quelques jours la famine fut insupportable, et cette petite troupe de soixante-dix hommes ne pouvait songer à s'ouvrir un passage les armes à la main. Aussi le comte Ebcrhard offrit- il aux assiégeants de leur remettre volontairement le château. Ilcrmann accepta cette offre , mais seulement sous la condition qtf Ebcrhard et les siens resteraient prisonniers jusqu'à ce que le roi eût mis en liberté son neveu le duc Magnus ; et Ebcrhard ne pouvait faire autrement que de se soumettre à cette clause. Ilcrmann tint les prisonniers très-durement; il fit déclarer au roi que s'il voulait revoir les siens sains et saufs , il eût à mettre le duc Magnus en liberté ; que s'il ne le faisait pas, lui , Ilcrmann, punirait de mort, selon les lois de son peuple, les prisonniers, comme des ennemis qui avaient pénétré sur un territoire étranger. Ce message mit le roi dans un grand embarras. Il vit alors combien il avait agi follement d'exposer à un tel danger une troupe si petite, et si importante toutefois, de soixantedix hommes, sans avoir la certitude de pouvoir la secourir. C'était pour lui une accablante pensée , de mettre le duc Magnus en liberté , et de le laisser se placer, avec tout son assentiment , à la tète des siens exaspérés ; c'était pour lui une pensée tout aussi accablante , d'abandonner dans leur captivité le fidèle Ebcrhard et

ses compagnons : car il oc regrettait pas seulement la perte de tant de vaillants hommes ; il craignait encore que désormais personne ne se sentit plus disposé à se déclarer pour lui , à Je soutenir , et a combattre pour lui.

L'occupation de la forteresse de Lunebourg semble avoir exercé une malheureuse influence sous un autre rapport encore. L'entrevue du roi avec le roi ;de Danemark fut connue. Plus les négociations avaient été conduites avec mystère, plus on mit de chaleur à en rechercher la cause et le but. Hcinrich chercha à répandre In croyance que ces négociations avaient en pour objet la guerre avec les Polonais, qu'il croyait nécessaire d'entreprendre, ( ne querelle violente entre le duc de Bohème et le duc des Polonais eût pu sans doute donner une apparence de vérité à cette assertion ; mais l'acte de violence par lequel il s'était si inutilement emparé du château de Lunebourg détruisit cette apparence, et donnaà tout le Teutschland la conviction qu'd n'avait pas eu d'autre vue que celle d'anéantir la maison de Billung, et de soumettre immédiatement à son pouvoir la Saxe entière, ou , comme on avait l'habitude de le dire avec passion et avec colère , d'enlever aux Saxons la bberté de leurs pères et de les transformer en serfs royaux. Toutes les nations teutsches se crurent intéressées dans cette cause. Car, si le roi réussissait une fois a. soumettre les Saxons au jong, ménagerait-il les autres peuples? et où s'arrèterait-il? Il est en conséquence vraisemblable que, vers le commencement de l'an t072, il y eut entre les princes et les seigneurs des peuples teutschs de nouvelles conventions , occasionnées par les Saxons , afin de ne pas se trouver sans secours en cas de besoin. Ce que les Saxons avaient le plus à cœur, c'était de gagner les Souabes à leur cause. Si les Souabes tenaient pour le roi, ils avaient également tout a craindre du duc ^Yelf de Bavière ; si au contraire les Souabes se détachaient du roi , il était à espérer que Welf et les Bavarois ne feraient également rien pour lui. Or jusqu'alors le duc de Souabe avait, en général , entretenu des relations amicales avec le roi , et , dans ces derniers temps , lors de l'élévation du duc Welf, il s'était montré très-dévoué au roi, son beaufrère ; le roi , de son côté , avait la plus grande confiance dans les Souabes, parce que les vassaux et les seigneurs de ce pays , à cause des relations amicales qui existaient entre lui et le

duc Rudolf, lui a y aient montré la meilleure volonté et le plus grand dévoùment. En conséquence aussi son entourage se composait en majeure partie de Souabes ; les garnisons qu'il plaçait dans ses chatcaux-forts étaient formées de Souabes ; des Souabes encore composaient l'escorte qui le protégeait dans ses voyages à travers l'empire. Il est donc vraisemblable que vers ce temps le Billnng Hcrmann essaya de gagner le due Rudolf de Souabc , et de ramener à un traité entre les Souabes et les Saxons , par lequel ils promettraient de ne donner au roi aucun appui pour l'oppression d'un peuple ou de l'autre. Ces négociations toutefois n'eurent pas de succès; mais elles ne restèrent pas cachées au roi , et éveillèrent en lui de tels soupçons , qu'il résolut de renverser le duc Rudolf, comme il avait renversé le duc Otto de Bavière.

Cette marche des choses fut néanmoins interrompue par un événement dont il est difficile de dire s'il fut un bonheur ou un malheur pour le roi , mais qui en tout cas dut agir fortement sur les relations. L'archevêque Adalbert de Brème n'avait pu dominer l'impression que sa chute avait produite sur son esprit comme sur sou corps. La douleur et l'inquiétude , la colère et le ressentiment, des désirs effrénés et des projets barbares l'avaient poussé à une vie désordonnée, et avaient si complètement ébranlé sa santé, que les derniers événements eux-mêmes , si heureux pour lui , n'avaient pu exercer sur lui une influence bienfaisante. Toujours , mémo aux temps antérieurs, entouré de médecins, et dominé par une confiance sans réserve dans leur art , il chercha à suppléer à ses forces chancelantes par un excès de remèdes , et précipita peut-être sa mort par ce qu'il considérait comme un moyen de salut. 11 mourut le 16 mars a. Ooslar , pauvre , abandonné de tous , repoussant tout le inonde, aimé seulement de son roi , et fidèle à son tour dans son affection pour lui. Sa dernière pensée fut pour son église cl pour les biens de son église, que, malgré toutes les spoliations, il avait accrus de plus de mille ma uses de sa propriélé ou par ses efforts.

La mort d' Adalbert était un événement grave pour Heinrirh. Comme son lidèlc Eberhard se trouvait encore dans les prisons de llerinann le Billuug, il se voyait tout à fait seul , car il n'avait à ses eôlés aucun homme qui jouit de quelque considération auprès des princes de l'empire; et lui-même, jeune homme de vingt-

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deux ans, il ne savait pas se tirer d'affaire . et n'osait compter sur aucun des princes de l'empire. Les anciens ennemis de l'archevêque Adalbert crurent donc devoir profiter de ce moment pour ramener a la tête des affaires publiques l'archevêque llanno , dont le caractère sombre et la sauvage vertu avaient , dans les derniers temps , trouvé de nouveaux partisans. Le roi , embarrassé et abandonné , se trouv a , aux fêtes de Pâques, à l'trccht. lii s'était rassemblée une grande foule de princes et de vassaux , comme pour orner la cour du roi dans une fête aussi solennelle. Mais au lieu de consoler et de tranquilliser le jeune prince, au lieu de rameuer dans son âme la sérénité et de l'encourager, ils l'assaillirent de paroles amères et d'instanres fatigantes : « Tout l'empire était rempli de guerres privées , de violences et de malheurs; nulle part il n'y avait de sûreté pour l'innocence; les veuves et les orphelins étaient dépouillés, les couvents et les églises dévastés; la médiancelé se déchaînait partout avec fureur , poussait à toute sorte de crimes , et était certaine de l'impunité. » Le roi , effrayé de ces obsessions , se déclara prêt à tout. Les princes et les seigneurs assemblés insistèrent sur la nécessité de remettre à l'archevêque llanno la direction des affaires publiques; car c'était, disaient-ils, le seul homme qni fut à la hauteur d'une si grande tâche. Et Ileinrich se vit réduit à l'humiliation de supplier lui-même l'homme pour lequel il se sentait une répugnance insurmontable, de reprendre la direction des affaires publiques ; et il subit la nouvelle humiliation de recevoir un refus de ce prêtre au caractère sombre : « I,cs épreuves qu'il avait faites, dit llanno, l'effrayaient et le déterminaient a décliner ce fardeau ; l'ingratitude seule et de* vexations avaient payé ses sacrifices; du rote, son Ame n'était plus vouée désormais qu'am choses divines. » Et il ne céda pas aux prière* du roi, cet homme dur, mais seulement aux v ceux des princes , avec lesquels peiit-étic il avait concerté d'avance toute celte scène.

I,c roi reçut encore une fois une vexation de* plus vives. Il semble que , dans son trouble, il renonça dans le principe à toute pai1iei|w'»l,u aux affaires publiques , et qu'il laissa à l'amievêque llanno une entière liberté, pour satisfaire ses liassions à sa manière , et sauver du moins quelque chose, Goslar, par exemple e{ ses châteaux forts. Hauno , à ce que l'on assure

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se jeta alors arec une extrômo sévérité au milieu du désordre universel, afin de ramener l'Etat à son ancienne dignité. Cependant ce n'est qu'en tenues généraux que l'on vante son influence , et les documents historiques ne nous donnent point d'indications précises. « Ni faveur ni haine, dit-on, ne purent lui faire abandonner la justice pour l'iniquité. Il prononçait sur toutes choses sans acception de personnes. On ne méprisait pas devant son tribunal l'humilité du pauvre , et Ton n'y honorait pas l'arrogance du puissant. Si les riches se rendaient coupables d'oppression envers les pauvres , il les punissait avec les menaces les plus sévères ; il fit détruire de fond en comble les châteaux de ceux qui les faisaient servir de repaire aux criminels , et jeter en prison bien des hommes qui s'élevaient au-dessus des autres par leur naissance et par leurs richesses. » Mais il parait que la sévérité de Hanno ne porta point ses coups plus haut que les petits coupables qui s'étaient livrés au brigandage sur les grandes routes et avaient commis d'autres méfaits, par suite peut-être du manque d'ordre et d'une puissance publique. S'il avait osé réellement se mettre en opposition avec de grands et puissants seigneurs , on aurait probablement signalé leurs noms, sinon pour leur honte, du moins pour la gloire de Hanno. On trouve aussi un fort témoignage sur sa conduite dans cette circonstance, que, de tous ces hommes qui s'élevaient au-dessus des autres par leur naissance ou par leurs richesses , on ne nomme que le comte Egeno, qui s'était présenté comme accusateur contre le duc Otto de Bavière. Hanno anéantit cet homme. Celui-ci fut accusé par beaucoup de personnes d'un grand nombre de vexations et de brigandages. On ne trouve pas que, pour ces accusations , Egeno ait été traduit devant un tribunal , et que sa défense ait été entendue ; mais Hanno le lit arrêter, jeter dans les fers , et promener en spectacle , afin qu'il servit d'exemple. On a van lé cet acte de ce prêtre inflexible ; mais il est difficile de décider s'il fut dicté par la justice plutôt que par la colère. Du reste ce châtiment ou cette punition d'Egcno se rattacha peut-être à la mise en liberté du duc Otto ; celle-ci eut lieu à la Pentecôte, un an après l'arrestation du duc, et elle fut achetée, dit-on , par la cession d'une partie de ses domaines. Le duc Magnus , au contraire, resta encore dans sa prison; peut-être

Hanno ne savait-il pas même où il so trouvait.

Tandis que l'archevêque agissait et administrait de cette manière , le roi prenait insensiblement le dessus sur la nouvelle humiliation qu'on lui avait fait subir. Il forma la résolution de suivre l'exemple de son père , de mener une vie pure , et de diriger par lui-même les affaires publiques. Mais cette résolution était bien plus facile a prendre qu'à suivre. La vie de Heinrich n'était pas pure, et les passions ne pouvaient s'effacer de son cœur. Comment eùt-il pu oublier ce qu'il avait souffert et ce qu'il avait fait? La première ardeur de son zèle lui inspira peut-être quelques bonnes actions, telles que l'élévation de Licmar , jeune homme doué de grandes connaissances , de bonnes mœurs et d'une grande piété , qu'il plaça sur le siège archiépiscopal de Brème. Mais bientôt se réveilla en lui sa vieille méfiance , bien fondée du reste, contre les princes de l'empire, et il sentit naître en lui le désir de se délivrer de l'odieux Hanno, de cet homme qui avait détruit toute la joie de son enfance. En particulier il conservait ses soupçons contre le duc Rudolf de Souabe , et il insista sur ce que celui-ci eût à [paraître à la cour pour se justifier des accusations élevées contre lui. Hudolf reçut à diverses reprises cette sommation ; mais il refusa de s'y conformer. Il donnait pour prétexte , sinon devant le roi , du moins devant d'autres , qu'il était effrayé du sort d'Otto , duc de Bavière. Heinrich réitéra son ordre , pour prouver qu'il avait osé se mettre en opposition avec l'archevêque Hanno. Rudolf devint inquiet. Dans le môme temps , l'impératrice Agnès , mère du roi , se trouvait dans un couvent d'Italie , où , depuis quelques années, elle avait vécu dans les pratiques de la piété la plus austère. Rudolf lui écrivit , comptant sur la vieille bienveillance que jadis Agnès lui avait témoignée . à lui , son gendre , comme sur l'amour maternel qu'elle nourrissait pour le roi son fils. « 11 la suppliait de revenir dans la patrie et de conjurer le menaçant orage d'une guerre civile; car il était fermement résolu a chercher son salut les armes à la main plutôt que de se couvrir de honte et de déshonneur en se livrant à la discrétion de la puissance royale. » L'impératrice , effrayée d'une telle discorde et d'une telle menace , crut qu'il n'y avait point d'œuvre plus religieuse que d'assurer la paix entre son fils et le duc Rudolf. Elle quitta son couvent et l'Italie, et parut à

Worms , accompagné d'un grand nombre d'abbés et de moines. Le roi accourut au-devant d'elle ; le duc Rudolf s'y présenta , les archevêques de Cologne et de Maycncc s'étant portes garants de sa sûreté. Et le roi déclara aussitôt qu'il ne nourrissait plus aucun soupçon contre Rudolf , non assurément qu'il fût convaincu de l'innocence de ce duc, mais parce qu'il céda aux vœux et aux prières de sa mère. Celle-ci , ravie de la réconciliation des deux princes, qu'elle croyait avoir opérée, retourna aussitôt à sa vie monastique; car son œuvre, elle le pensait du moins , était accomplie. Le roi et le duc aussi se séparèrent en paix et amicalement , de telle sorte toutefois que Rudolf emporta la conviction que le roi restait dans ses dispositions hostiles a son égard.

Par suite de cette conviction , Rudolf, dès son arrivée dans son duché , semble aussi de son côté avoir agi dans un sens hostile. Vraisemblablement , tandis qu'il continuait les négociations avec les princes saxons , il avait cherché à amener à une alliance les deux ducs du Teutschland méridional , Welf de Bavière et Bcrthold de Carinthie, afin de trouver chez eux du secours en cas de besoin , ou de n'être pas du moins attaqué par eux ; et comme il était plus sùr du duc Wclf , qui désormais n'avait plus rien à espérer du roi , que du duc Rerthold , qui ne pouvait oublier la perte du duché de Souabe, il se peut que ses efforts eussent surtout eu pour but de gagner l'amitié de ces deux princes. Bien plus, il parait que dans ses négociations et dans ses armements, Rudolf était arrivé si loin , qu'il était résolu a se déclarer en révolte ouverte contre le roi ; et s'il en fut empêché , ce ne fut que par la condescendance ou par les efforts d autres princes ; peu importe que ceux-ci aient été dirigés par leur égoïsme ou par le souvenir de la patrie. Ces menées ne restèrent pas cachées au roi ; lui aussi ne fut empêché qu'avec peine de se livrer à des actes de violence , sans tenir compte du vif intérêt avec lequel sa mère s'était employée pour le duc Rudolf. Mais d'autant plus vif devint son désir de détruire l'alliance que Rudolf avait déjà conclue avec les ducs voisins , ou que du moins il s'efforçait de mener à terme. Il célébra les fêtes de Noël de cette année , 4072, à Ramberg , évidemment à dessein , dans le voisinage des princes suspects , pour les surveiller. Mais dans ces solennités l'on ne vit se montrer à la

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cour du roi ni Rudolf ni Rerthold. Cette négligence frappante d'un antique et bon usage affecta le roi ; il crut y trouver une preuve de résistance et de félonie , et , dans sa colère , il n'hésita pas a retirer au duc Bcrthold le duché de Carinthie pour le donner à l'un de ses parents nommé Markwart. 11 lit tomber sa colère sur Bcrthold , soit qu'il songeât à sa mère , soit qu'il craignit de ne point pouvoir mettre a oxécution une semblable sentence contre Rudolf; il espérait néanmoins l'exécuter contre Berthold , parce que Wclf de Bavière semblait tenir fidèlement encore à lui. Mais, cette sentence une fois exécutée , il pouv ait également s'attendre à ce que Rudolf fût paralysé dans ses projets par les deux ducs Welf et Markwart , jusqu'à ce qu'enfin il fût possible de lui infliger aussi le châtiment qu'il avait mérité.

On no peut le nier , la conduite de ïleinrich était arbitraire ; mais il avait pour loi la conduite de son père. Qu'il ait agi injustement, cela est certain ; mais cela peut s'excuser peut-être , en partie parce que nous connaissons trop peu la connexité des choses, et que nous pénétrons trop peu les intrigues secrètes des princes, en partie parce qu'en général l'équité avait disparu des relations publiques, et que chacun ne faisait que ce qui pouvait lui procurer quel, que avantage. Bien plus, il est difficile de décider s il était imprudent de déposer Berthold ; car il est incertain si , dans la position où il se trouvait , il eût gagné davantagoen se soumettant avec patience aux manières grondeuses de Hanno, et en attendant dans l'inaction le développement des choses que les princes de l'empire préparaient ou s'efforçaient d'amener, que par une conduite brusque et uue décision sans ménagement. Quoi qu'il en soit , par sa façon arbitraire d'agir, il poussa l'homme qu'il considérait comme son pédagogue dans une position insupportable à ce dernier. L'archevêque Hanno put reconnaître assurément que le roi s'était élev é au-dessus, de lui et était dev enu trop fort pour qu'il fût possible de l'intimider plus longtemps. Peut-être aussi voyaitil avec répugnance les menées des princes , en face desquels le roi ne pouvait agir autrement qu'il ne le faisait; et pourtant il ne pouvait pas non plus se rattacher au roi pour résister aux princes de concert avec lui : car d'un côté il ne pouvait se fier au roi ; de l'autre ses engagements avec les princes do l'empire étaient

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peut-être trop compliqués pour qu'il osât rompre avec eux. Il résolut donc de renoncer au gouvernement que jusqu'alors il avait eu entre les mains. A iiaroberg encore , au commencement de l'an 1073, il se présenta devant le roi : il devenait trop vieux , dit-il ; ses forces s'évanouissaient de jour en jour; il ne pouvait plus dominer des affaires si difficiles ; aussi c royait-il nécessaire de se retirer. Kt le roi , enchanté de eette déclaration , lui accorda volontiers le congé qu'il sollicitait.

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