‹ Histoire d'AllemagneChapitre 87 sur 100 · GERSTUNGEN. DESTRUCTION DE LA · texte numérisé non relu

GERSTUNGEN. DESTRUCTION DE LA

MA RTZ BOURG.

L'an 1074.

Le séjour de Worms pouvait être agréable au roi ; il pouvait se tranquilliser en voyant que le sort effroyable de Regenger avait ruiné une atroce accusation élevée contre lui ; mais ses relations n'étaient pas devenues meilleures, ut

les plus cruelles inquiétudes vinrent l'assaillir. II se trouvait dans la gène la plus grande. Rien ne rentrait des revenus royaux; aucun évêque, aucun abbé, personne ne s'acquittait des prestations dont il lui était redevable. Ce n'était qu'avec peine qu'il se procurait les choses de première nécessité (I). Aux fêtes de Noël, il est v rai, quelques princes ecclésiastiques et laïques vinrent, selon l'usage, le saluer; mais leur visite fut bien différente de l'ancienne coutume. Tous vinrent les mains vides; tous vinrent sans escorte militaire, tous avec des intentions douteuses. Ils se montrèrent au roi dans le but d'éviter auprès de lui les apparences de la félonie ; ils vinrent sans armes et sans appareil, pour prouver aux ennemis du roi qu'ils n'avaient nulle envie de faire quelque chose pour lui. Toutefois Heinrich retint ces princes à Worms, non qu'il eût confiance en eux , ou qu'il attendit d'eux quelque service ; mais parce qu'il espérait que ce ne serait pas une chose sans influence , si l'on apprenait que tel ou tel homme éminent se trouvait auprès de lui , auprès du roi. Pendant ce temps, de mauvais bruits et des nouvelles inquiétantes circulaient de tous côtés; les premiers concernaient les princes, de la fidélité desquels Heinrich ne désespérait pas encore tout à fait : on disait combien ils étaient peu sûrs, combien ils hésitaient, comment ils chancelaient ou faisaient défection ; les dernières concernaient l'état des choses en Saxe et en Thuringe. L'on était au milieu d'un hiver extraordinairemcntdur ; une glace épaisse couvrait toutes les rivières et tous les fleuves; la neige, qui s'étendait sur les plaines et sur les campagnes, s'était changée par le froid en une masse solide et glacée. Cependant les Saxons et les Thnringiens ne renonçaient point à leurs attaques contre les forteresses royales. La vaillante garnison de l'Ascnbourg envoya à plusieurs reprises vers le roi, avec la prière la plus instante de chercher a la sauver de quelque manière que ce fût : les vivres manquaient, la faiinconsumaitces braves; bientôt il ne leur resterait plus qu'à mourir ou à se rendre à l'ennemi. Le roi , hors d'état de les secourir, était contraint d'abandonner à leur sort ces hommes fidèles , et au commencement de l'an 1074 la forteresse fut remise aux Thuringiens. Ceux-ci accordèrent à la garnison une libre retraite; mais ils détruisirent le château de fond en comble. La femme du roi , alors

HISTOIRE DU PEtPLE ALLEMAND.

enceinte, se trouvait dans le château do Vol* kerode; le moment do sa délivrance avançait, et alors même Hcinrich reçut la nouvelle que ce château , qui jusque alors n'avait pas été attaqué, était assiégé par ses ennemis. Ces choses et beaucoup d'autres semblables le tourmentaient et remplissaient son cœur de douleur et d'inquiétude.

Pour arracher avant tout sa femme au danger qui la menaçait , il envoya l'abbé de Hcrsfeld vers les Thuringicus , qui avaient entrepris le siège de la forteresse. Les Thuiingiens consentirent à laisser sortir du château cette femme si malheureuse tout ensemble et si sublime. Elle se rendit avec l'abbé à Hersfeld. La elle resta dans le couvent , le roi son mari étant hors d'état de lui assurer une résidence où elle se trouvât à l'abri. Ce fut dans ce couvent que , le 42 février, elle mit au moude un fils. Comme cet enfant semblait être d une faible constitution , il fut baptisé dès le troisième jour après sa naissance par l'évèque Ezzo d'Aldenbourg , qui se trouvait par hasard à Hersfeld, et il reçut le nom de Kunrad. Aucun prince n'était présent; aussi le nouveau-né futil tenu sur les fonts par l'abbé et par plusieurs moines de Hersfeld.

Quelque douloureux que fût pour le roi cet événement, ou plutôt quelque douloureuses que fussent les circonstances au milieu desquelles il arriva, les relations publiques inspiraient à ce prince des inquiétudes plus grandes encore que ses relations domestiques. Il se voyait de jour en jour impliqué davautage dans de grands embarras , et s'il ne se sentait pas la force d'en rompre le réseau, il ne trouvait non plus nulle part un moyen de s'en démêler. Sa seule espérance était fondée sur une réconciliation avec les Saxons ; mais comment se rapprocher de ces ennemis exaspérés et furieux ? Dans l'extrémité inouïe où il se trouvait, il s'adressa de nouveau aux archevêques de Mayence et de Cologne , à Sigefrid et à Hanno, avec la plus instante prière de faire encore une fois une tentative pour déterminer les Saxons à déposer les armes et a entamer des négociations paisibles. Probablement ce n'était pas un secret pour lui que ces hommes , avec quelque finesse et quelque adresse sacerdotales ils dissimulassent leurs sentiments, s'étaient conduits envers lui en félons et en traîtres, et vraisemblablement sa confiance eu eux était très-faible.

Mais avait -il autour de lui un homme non pas même d'intentions bienveillantes, mais du moins d'un cœur pur et patriotique, entre les mains duquel il put remettre sa cause? et lors même qu'il eût eu un tel homme, les Saxons, dans leur passion , l'auraicnt-ils admis près deux et écouté? Toutefois, il pouvait sans doute conserver quelque espoir que ces deux princes de l'Eglise et de l'Empire travailleraient, du moins pour le moment, à rétablir la trauquillité. Les événements de Worms en effet , la scène d'Oppenheim , la fin terrible de Hegengcr, avaient produit l'impression qu'ils devaient produire , et peut-être avaient-ils eu pour résultat l'incertitude, le désordre et la désunion. Les ennemis de Hcinrich semblaient n'avoir pas moins besoin de la paix que luimême : eux, pour effacer cette impression; lui, pour avoir le temps de réunir ses amis et ses fidèles. Ce qui d'ailleurs afiligeait singulièrement l'archevêque de Mayence , c'est qu'au milieu des mouvements de l'année précédente les Thuringicus n'avaient nullement songé a payer la dime ; et il semblait désirer vivement uue occasion favorable pour opérer la levée de cet impôt, en partie pour jouir du produit qu'il devait donner , en partie pour faire valoir le droit qu'il venait à peine d'obtenir. Quoi qu'il en soit, les deux archevêques acceptèrent la mission du roi , bien qu'avec une répugnance apparente, afin de pouvoir présenter au roi ce qu'ils entreprenaient comme un grand sacrifice.

Les deux archevêques arrangèrent sans peine une entrevue avec quelques princes saxons. Comme la précédente , elle eut lieu à Corvci dans la semaine qui suivit l'Epiphanie. Mais les Saxons refusèrent d'abandonner le siège des forteresses; ils firent, loin de là, aux deux prêtres de vifs reproches au sujet de leur indécision. Ces négociations, ces pourparlers leur faisaient perdre un temps précieux que le roi gagnait, lueurs affaires, disaieut-ils , en étaient venues au point qu'elles pourraient se terminer non par des caquetages de femmes, mais seulement par les armes. Alors les deux envoyés du roi, s'oit qu'ils fussent intimidés par les reproches des Saxons , soit que dés le principe ils eussent agi à leur ancienne manière, n'hésitèrent pas à faire avec les Saxons la conv ention suivante : « Au commencement du mois de février sera tonue à Fritzlar une diète so-

lennclle où Ton délibérera avec tous les princes de l'empire, pour donner à l'empire un chef qui fût agréable à tous. » Cette résolution fut communiquée au roi avec la déclaration que , s'il le jugeait convenable, il pouvait aussi assister à cette diète , mais qu'il aurait à défendre son droit non par des écrits ni par des messagers, mais par sa propre personne et par ses propres paroles. Car ils savaient bien que leur cause était mauvaise, et que, n'ayant ni base ni fondement, elle s'écroulerait nécessairement devant celle du roi , si cette dernière était défendue à fond ; mais ils savaient aussi que ce jeune homme si maltraité perdrait toute fermeté et toute contenance dès qu'il paraîtrait devant eux, seul et semblable à uu criminel ; ils savaient que , si devant eux il n'était pas vaincu, il serait du moins facilement étourdi par leurs clameurs, et réduit au silence-, qu'ensuite ce silence pourrait être interprété comme un aveu de ses torts. Ils en avaient fait une belle épreuve lors de la scène d'Oppenheim.

Le roi, lorsqu'il eut reçu cette déclaration, et reconnu par elle que sa condescendance ne faisait qu'accroître l'insolence de ses ennemis , forma, pénétré qu'il était du sentiment de sa honte et de sa misère, la résolution de recourir aux voies extrêmes , de tenter la fortune les armes à la main , et de périr dans une lutte honorable plutôt que de perdre honteusement l'empire; et cette résolution fut d'autant plus ferme, que ceux qui combattaient et succombaient pour lui se plaignaient depuis longtemps avec aigreur de son inaction dans les murs de Worms. Il adressa donc à tous les princes de l'empire la sommation la plus pressante de venir le joindre avec toutes leurs troupes, et de ne point manquer au jour décisif où il devait venger son honneur. Aussitôt un grand nombre d'évêques se conformèrent à cette sommation , mais nul ne vint dans l'intention de combattre pour lui ; on voulait seulement lui donner de bons conseils dont il n'avait aucun , besoin : nul ne vint entouré des hommes qui lui devaient le service militaire , mais seulement avec une faible escorte pour soutenir sa propre diguité; car tous voulaient se mettre à couvert des deux côtés : devant le roi ils voulaient conserver les dehors de la fidélité , tout en donnant aux ennemis du roi la certitude qu'ils n'avaient rien à craindre

d'eux. Les traîtres de Gcrstungen toutefois, et quelques autres qui dans l'intervalle avaient été gagnés par eux, qui étaient poussés par quelque ressentiment particulier, ou qui calculaient l'issue de la guerre d'après les forces que comptaient les deux partis, jugèrent une telle circonspection désormais inutile. Les archevêques de Mayence et de Cologne, les évéques de Strasbourg et de Worms , les ducs de Bavière , de Souabe , de haute Lotharingie et de Carinthic, ainsi que les abbés de Fulda et de Hersfeld, déclarèrent au roi avec une froide insouciance qu'ils ne porteraient jamais les armes contre les Saxons; que sans doute les Saxons avaient fait bien des choses qui en ellesmêmes méritaient d'être vengées par le glaive, mais qu'ils y avaient été réduits par une dure nécessité qui excusait tout.

Cependant le roi, poussé par le désespoir plutôt que par l'espérance de quelque succès, partit de Worms au mois de janvier par le froid le plus rigoureux. 11 se dirigea par Hersfeld , où il arriva vers la fin de ce mois , sur les frontières de Thuringc , formées alors par la Worra. Son armée était petite ; elle comptait vingt mille hommes selon les uns, et seulement six mille selon les autres. L'esprit de ces bandes était équivoque, et personne ne le suivait avec, plaisir ou avec confiance. ta misère et la colère poussèrent ces hommes au vol et au pillage; et le roi était hors d état de mettre un frein au désordre , car il avait à craindre d'être abandonné de tous. De leur côté les Saxons et les Thuringicns avaient rassemblé une armée aux environs de Berga sur la Wcrra , pour fermer au roi l'entrée de la Thuringc Cette armée était fort supérieure en nombre à celle du roi ; elle était forte de quarante mille hommes selon les uns, de soixante mille selon les autres; et le roi certainement avait des motifs de craindre qu'elle ne fût animée pour la cause des Saxons d'un esprit tout autre que celui dont était animée pour sa propre cause l'armée à la tète de laquelle il se trouvait.

Dans de semblables relations, le roi crut bon de faire encore une tentative pour arranger par les voies pacifiques ces déplorables différends ; et il fit cette tentative moins peut-être dans l'espoir du succès que dans celui de gagner du moius un peu de temps, dont il profiterait pour rassembler autour de lui un nombre plus grand encore d'hommes belliqueux. En conséquence

HISTOIRE DU PKI

il envoya l'abbé de Hersfeld vers l'armée saxonne demander si celle-ci recevrait de lui une ambassade à laquelle on garantirait un libre retour. Et l'abbé revint avec une réponse à laquelle le roi ne s'était certainement pas attendu. - D'après le droit des gens, dirent les Saxons , que respectent les barbares eux-mêmes, les ambassadeurs sont inviolables. La nécessité seule les avait fait entrer en campagne , non pour attaquer, mais pour se défendre. Le danger une fois éloigné , ils préféreront maintenant encore la paix à la guerre , et ils remettront volontiers ï'épéc dans le fourreau. »

Le langage était cliangé, sinon l'intention. Sans doute on ne peut dire avec certitude les motifs qui déterminèrent les Saxons à cette douceur dans les mois ; mais il est bon de doute que ces princes aussi ne reportaient pas sans méliance leurs regards sur leur armée, et que pour cette raison ils cherchaient également de leur côté à gagner du temps. Tout le soulèvement des Saxons était évidemment l'œuvre de quelques princes , et surtout celle d'Otto de Nordheim. La grande masse n'avait été mise en mouvement que par des intrigues fort compliquées , et par des menées dictées par le mensonge ; elle avait été poussée à prendre les armes par la crainte de dangers qu'on lui montrait dans l'avenir, et déterminée à l'action par l'appât d'une prompte victoire. Mais aucune espérance ne s'était accomplie , aucune promesse n'avait été tenue. Le but que I on avait pensé atteindre en j>cu de jours par la capture du roi se trouvait encore fort éloigné après six ou sept mois de grands sacrifices et de frais de toute nature. Pendant ce temps l'hiver était survenu , et avait répandu avec une épouvantable prodigalité des maux de toute espèce sur les hommes et sur le bétail. Tandis que les affaires domestiques étaient négligées, tandis que les frontières , toujours menacées , restaient ouvertes aux peuples >vendes , tandis que tous les biens des Saxons , et la vie même et la liberté de leurs parents les plus chers , de leurs femmes et de leurs enfants, étaient exposés à un danger continuel , ils campaient dans leur propre pays devant les châteaux de leur roi , et ils ne se voyaient pas seulement exposés à des attaques journalières et à des combats de chaque instant; mais il leur fallait encore souffrir le froid , la faim , la maladie , les blessures , sans savoir après tout pourquoi , sans pouvoir pré-

l'LE ALLEMAND.

voir la fin de ces maux. Toutes ces choses étaient sans aucun doute de nature à causer dans l'armée saxonne du mécontentement et de la désunion ; et alors même le roi était arrivé avec une armée, au milieu de l'hiver, tout à fait à l'improvistc. Plus ce mouvement était audacieux, plus on faisait courir de bruits sur la force de l'armée et sur les intentions du roi; plus aussi fut grand l'embarras où tombèrent les princes saxons. Pour empêcher le roi de pénétrer en Thuringe, ils cherchèrent a réunir sur la frontière une masse considérable d'hommes armés. Cela leur réussit , mais non sans précipitation et sans désordre. Dans 1«? même temps où Hcinrieh arriva près des Saxons , les princes se virent dans la nécessité de renvoyer dans leurs foyers onze mille simples soldats , parce que ceux-ci, il est vrai , avaient pris les armes au simple tumulte , mais n'avaient pas apporté de vivres , et que maintenant il était impossible de les nourrir. Et la retraite d'une multitude si [considérable n'était pas propre à diminuer la confusion qui régnait parmi les guerriers. De là la réponse si douce que les princes firent au roi.

Ijc roi probablement savait fort bien de quelle source elle découlait, cette réponse. Mais comme le manque de moyens et de forces le mettait hors d'état de profiter de l'embarras des princes saxons, il reçut leur déclaration comme une preuve de dispositions pacifique» , et il envoya vers les Saxons quatre évoques chargés de continuer les négociations. Or, soit que dans l'intervalle les princes se fussent un peu remis de leur première surprise , soit qu'ils eussent été instruits de l'état de l'armée royale par les éveques envoyés par le roi, ils élevèrent encore une fois les mêmes prétentions qu'ils avaient précédemment formulées à diverse» reprises, et ils les réitérèrent avec la même insolence de langage. Une chose seulement était exprimée d'une manière plus positive qu'auparavant : ils demandaient expressément que le duché de Bavière fui rendu au duc Otto de Nordheim , auquel le roi l'avait enlevé , abusant honteusement, pour le perdre, d'une calomnie habilement menée. De plus , ils demandèrent de même que tous ceux qui , à cette époque , s'étaient détachés du roi , fussent mis à l'abri de toute recherche et de toute punition. Us demandèrent en particulier cette sûreté pour les archevêques de Cologne et de Mayencc et

pour le duc Rudolf de Souabc. Enfin ils exigèrent que , dans le cas où le roi accepterait leurs conditions de paix, les princes qui maintenant remplissaient le rôle de médiateurs servissent d'otages pour l'exécution des conventions faites. Si le roi , ajoutérent-ils, n'acceptait point leurs demandes, ils resteraient iidéles à leur serment, et continueraient sans relâche , tant qu'il leur resterait une étincelle de vie, la lutte engagée j pour la liberté , pour la loi , pour la patrie.

Le roi fut frappé d'étonnement. Ses ennemis, qui s'étaient déclarés disposés à la paix , n'insistaient pas seulement avec énergie sur leurs anciennes prétentions rejetées [par .lui a diveres reprises, mais, ces prétentions, ils les exagéraient encore. Il les rejeta encore une fois , et somma de nouveau avec instance les princes qui l'entouraient de ne pas souffrir qu'on lui fit subir et qu'on leur fit subir a eux-mêmes une honte semblable. Les princes feignirent de partager les sentiments de leur roi. Alors Heinrich résolut de passer le lendemain son armée en revue, de former l'ordre de bataille , et d'attaquer sans retard l'ennemi dont il était assez près pour voir son camp. Il ordonna donc aux princes de faire sortir leurs hommes de leurs quartiers et de les ranger en bataille. Les princes firent répondre au roi qu'ils lui obéiraient avec la dernière exactitude. Mais quand Heinrich se montra à l'endroit désigné pour passer l'armée en revue, il se vit seul avec une très-faible escorte, et attendit vainement l'arrivée des princes et de leurs troupes. La douleur et la colère le mirent hors de lui ; il prit le ciel et la terre à témoin de cette infamie ; il se tourna de côté et d'autre ; il mit tout en œuvre : mais il se tourmenta vainement ; les choses restèrent dans le même état , et il ne reçut des princes et des vassaux que celte sèche réponse : ils feraient mal de combattre des bommes dont ils tenaient la cause pour juste. Enûn le petit nombre de fidèles dont il avait coutume de prendre confidentiellement les avis lui conseillèrent « de se conformer à la nécessité ; selon eux , il ne restait nulle autre ressource ; plus tard peutêtre serait-il possible de recouvrer ce que l'on perdait maintenant. S'il persistait à appeler au combat des hommes qui ne s'étaient pas même prêtés à une revue, qu'arrivera-t-il? Ou bien ils s'éloigneront , on bien ils passeront du côté de l'ennemi : car ses ennemis les plus dangereux n'étaient pas ceux qui se trouvaient en face de

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