‹ Histoire d'Allemagne (volume 2)Chapitre 13 sur 46 · AVANT-PROPOS. XXI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XXI

de si rudes atteintes, dans ses lois nouvelles, aux constitutions de l'Eglise catholique, et même aux libertés de l'Eglise évangélique ou de l'éducation dans les écoles, si l'on réfléchissait que les gouvernements allemands, sous la forme impériale qui est propre à ce pays, et dans les circonstances même religieuses le plus opposées, depuis les Otton le Grand et les Barberousse jusqu'à l'empereur catholique Charles-Quint et à l'empereur évangélique Guillaume Ier, ont trop souvent abouti à l'oppression des consciences. Car, enfin, détruire la liberté religieuse, au nom d'une croyance ou d'une autre, n'est-ce pas supprimer l'indépendance de la conscience, au nom de quelque forme de gouvernement qu'on puisse invoquer? et ne voyons-nous pas, dans l'espèce, une interprétation forcée des droits de Y Etat (Staat), élevé aujourd'hui, par la politique prussienne, à la hauteur d'un dogme, depuis qu'on a pris soin de faire rentrer dans l'ombre, et pour cause, l'idée nationale qui a fait son œuvre? C'est l'effet du défaut de mesure naturel au génie germanique qui pousse tout à l'extrême et surtout de l'essence du pouvoir absolu, qui, sur son terrain d'antique prédilection, en Allemagne, sous la forme impériale, a toujours poursuivi sa victoire jusqu'au for intérieur.

XXH AVANT-PROPOS.

Quelques mots encore. De jeunes écrivains, en train de s'initier aux travaux de l'érudition germanique, ont bien voulu relever, dans mon premier volume, quelques erreurs ou différences d'opinions, quelques incorrections de détail, inévitables en un sujet aussi difficile et aussi étendu. Je les en remercie. Mais pourquoi m'ont-ils reproché, avec une certaine amertume, l'un surtout, d'avoir écrit cette histoire au point de vue français, sous forme française, et d'y avoir laissé percer l'expression de préoccupations nationales.

Familier depuis longtemps avec les surprises, les mécomptes et quelquefois les démentis de l'érudition allemande, aussi bien qu'avec ses plus belles et ses plus précieuses découvertes, au moins en ce qui regarde mes études, je me suis fait une loi, dans une histoire générale, de n'admettre que les nouveautés assez bien établies pour n'être pas exposées à devenir demain des erreurs nouvelles. Ayant a traiter, pour un public français, un sujet étranger, j'ai dû ménager souvent, dans la forme et dans le choix des mots, sinon dans les idées et dans les faits, des habitudes anciennes, et ne violenter les opinions ou les expressions reçues que lorsque cela était nécessaire; n'était-ce pas le moyen de conserver toujours les voies de communication les plus faciles et comme le plain-

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