AVANT-PROPOS. XI
nom, est peut-être un assez faible argument. D'abord il a vécu, il s'est défendu seuJ, par sa politique et par ses armes, contre des invasions continues et répétées, aussi violentes que celles qui renversèrent l'empire romain (4). Honneur aux peuples qui se défendent; il y a toujours quelque ebose en eux. La foi grecque qui soutint Constantinople n'est à dédaigner, ni pour un chrétien, ni pour un penseur, en dépit de ses variations qui attestaient aussi la vie ; et c'est quelque chose, pour Byzance, que d'avoir créé des chrétientés nouvelles parmi les Slaves, au nord de l'Europe, et d'en avoir soutenu d'anciennes dans l'Orient musulman. Qui n'hésiterait, s'il avait à choisir, dans le même temps, entre les œuvres de la littérature et des arts de l'Orient et la barbarie et la stérilité des premières sociétés occidentales, entre les défauts du gouvernement des Césars de Byzance et ceux des souverains francs, longobards, saxons ou vandales! Ces Grecs ne nous conservèrent-ils pas la tradition vivante de l'antiquité classique que ces Germains faillirent étouffer; et n'est-ce pas celle-ci qui, après cet orage terrible, recommença l'éduea-
(I) Voir l'ouvrage de M. Rambaud : Y Empire byzantin et Constantin Porphyrogénète et le rapport de M. Albert Dumont sur lo prix Zograplios (Assoc. pour l'encouragement des études grecques) sur un sujet que l'érudition moderne est appelée à renouveler.