XII AVANT PROPOS
(ion de ces barbares et leur apprit à faire déjà, au moyen âge, dans les lettres et dans les arts, sur d'autres thèmes et sous des formes appropriées à une au(re civilisation, des chefs-d'œuvre nouveaux à la place de ceux qu'ils avaient renversés (J)?
Comment mettre enfin, en regard de la Grèce survivante à l'empire romain, la Gaule du quatrième et du cinquième siècles, pour l'antiquité, la virilité ou les mœurs, et l'Eglise latine, si forte, si libre et si vivante alors,, en face de l'Eglise grecque? N'était-ce pas dans la Gaule, à cette époque, que s'étaient ramassées toutes les forces militaires, politiques et morales de l'empire romain et de l'Eglise chrétienne (2)? et si, en effet, les Francs, les moins incultes et les plus rapprochés d?s conquérants de l'empire, eurent l'honneur d'arrêter l'invasion germaine toujours menaçante, de construire le premier édifice politique durable et enfin de fixer la Germanie chez elle et de la baptiser, est-ce aux vertus propres à leur race, à leurs institutions et à leur petit
(1) J'essaierai de montrer, au troisième volume, ce que même les lettres et les arts de l'Allemagne, malgré une certaine part d'originalité, les poëmes chevaleresques, par exemple, et l'architecture ogivale ou gothique doivent alors à la tradition gallo-latine, à la France, à l'Italie et même à Byzanca. — (2) Voir l'ouvrage de M. de Broglie : Y Empire romain et V Eglise au IVe siècle, et les ouvrages du regretté Amédée Thieirv.