CONCILE DE RAVENNE
noncée par la ville de Crémone? Mais on se heurtait là encore aux obstacles qui avaient déjà fait échouer la tentative de pacification de Monlebello : au sort d'Alexandrie. Les négociateurs étaient toujours sur le chemin de Venise à Ravenne; les visiteurs affamés de paix augmentaient tous les jours. Us représentaient l'opinion européenne qui ne voulait plus de guerre. Il fallait en finir.
Le pape tira les négociateurs d'embarras. Pour ne pas désappointer la chrétienté, il proposa de faire : 1° la paix, préparée à Anagni , entre l'Empire et l'Église ; 2° une trêve de six ans entre l'empereur et les villes lombardes, et de quinze entre celui-ci et le roi normand de Sicile. A quelque inspiration qu'il eût obéi, le pape Alexandre III, en faisant cette proposition, mécontenta les Lombards qui y virent une trahison, et les conseillers de l'empereur, qui désiraient une paix complète. Mais c'était une victoire pour Frédéric qui poursuivait toujours la conclusion d'une paix séparée. Il s'avança donc de Ravenne jusqu'à l'abbaye de Pomposa, près d'une des embouchures du Pô, pour répondre aux négociateurs que, prêt à tendre la main à l'Église, il refusait les trêves à ses autres adversaires; mais, en même temps, se servant encore de moines français, amis de la paix, qu'il avait comme à souhait sous la main, Hugues, abbé de Citeaux et Ponce, évêque de Clermont , il fit dire par eux au pape qu'il lui accorderait les trêves si Alexandre voulait lui laisser, pour quinze ans, la possession des biens toujours en litige de la comtesse Mathilde, et, à l'expiration de la trêve, la propriété desdits biens, à charge par l'empereur de prouver ses droits. C'était toujours le point délicat. Le pape, choqué de celle persistance, se montra disposé à accorder la possession de quinze ans, mais avec retour ensuite à l'Église, à charge pour elle de