‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 104 sur 135 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

montrer ses litres. On tombait de difficultés en difficultés. Les conseillers et négociateurs impériaux, Christian de Mayence et Philippe de Cologne, auxquels n'échappaient point les efforts de la diplomatie secrète de leur maître, persuadèrent au pape de permettre à l'empereur de venir à Chioggia pour aplanir les derniers obstacles en diminuant les distances.

On ne saurait assez s'étonner des fertiles ressources de Frédéric à Chioggia. Dès son arrivée, il noue de nouvelles intrigues avec les nombreux Allemands, comtes, évoques, abbés, qui étaient dans Venise, et il fait demander son entrée dans la ville même, au Doge, par le parti démocratique vénitien, encore puissant malgré les progrès incessants de la noblesse. Les députés lombards, effrayés, quittent la ville ; ils partent pour Trévise. Le pape menace également de s'en aller. Les ambassadeurs du roi normand Guillaume sauvèrent la situation. Ils rassurèrent le pape, allèrent trouver le doge qui était fort hésitant, et firent appareiller avec éclat leurs navires pour s'éloigner dès que Frédéric entrerait, mais en menaçant la république de la colère et des vengeances de leur maître. La crainte de la guerre retourna le peuple; il fit auprès du doge une démonstration en sens contraire, et supplia le pape de rester et d'intervenir. Les plénipotentiaires allemands étaient las d'être joués; Christian de Mayence, qui avait été jadis le plus aveuglément dévoué à l'empereur, fut chargé par eux de lui dire que, pour les alïaires temporelles, ils continueraient à lui tenir fidélité et à lui rendre service, mais qu'ils étaient prêts à reconnaître le pape et à abjurer l'idole pontificale encore debout en Toscane. Frédéric, n'ayant pour consolation que de céder au moins aux siens, fit déclarer, sous serment, au pape Alexandre III

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