‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 108 sur 135 · RET0UI1 DE FBÉDÈRIC EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

RET0UI1 DE FBÉDÈRIC EN ALLEMAGNE

ans auparavant, en refusant ses services à l'empereur. Ne pouvait-il pas compter sur la fidélité de ses vassaux d'en deçà et d'au delà de l'Elbe, sur Adolphe de Schaucnbourg, comte de Ilolstein, sur le roi de Danemark, Waldemar II, ses alliés, sur les intérêts allemands qu'il avait créés dans la Slavie, sur les Allemands qu'il y avait établis, sur la ville de Lubeck qu'il avait favorisée. L'empereur le sentit ; car, la rupture déclarée, il procéda contre le Lion avec la pins grande prudence. L'archevêque chancelier, ayant dénoncé toutes les violences que les vassaux de celui-ci croyaient avoir à lui reprocher, Frédéric l'ajourna, une seconde fois, à comparaître en Saxe même, dans la ville de Magdebourg, à la Saint-Jean. En attendant, entouré d'une escorte d'évêques et de princes, des archevêques de Cologne et de Magdebourg, de Bei thold de Zœhringen, de Florent de Hollande, d'Otto de Brandebourg, etc., Barberousse remonta le Rhin, proclama la paix dans l'Alsace troublée par une foule de guerres privées, séjourna à Constance, et se dirigea vers la Bohême où venait de s'achever la révolution qui faisait succéder le duc Frédéric à Sobies'as II confiné dans la forteresse de Skala où il devait mourir. A Egra, il fixa les limites des deux duchés d'Autriche et de Bohême, afin de finir toute guerre et.tre eux, et il se dirigea de là, pour le jour indiqué, vers Magdebourg en pleine Saxe. C'est ici que la situation devait se dessiner.

La papauté, ancienne ennemie de Frédéric, travaillait maintenant pour lui et se tournait contre son rival. Alexandre 111, en effet, pour rétablir l'ordre fort troublé dans l'Eglisp, avait convoqué un concile général. C* lui-ci s'ouvrait alors à Rome à Lateran (mars1179). Il donnait un certain éclat au rétablissement de l'unité de l'Église et à la restauration d'Alexandre III. On y voyait, outre les princi-

paux évoques de la chrétienté, sauf les plus importants de l'Allemagne, trop occupés chez eux, des ambassadeurs des principaux souverains chrétiens (nuncii fere omnium principum totius christianitatisj et de l'ordre du Temple et de Saint-Jean. L'autorité pontificale et la hiérarchie y étaient raffermies par la publication de nombreux canons (1). Ce qui était surtout important pour l'empereur Frédéric II, qui voyait beaucoup d'évêques schismatiques non graciés à Venise aller implorer la clémence apostolique à Rome, Alexandre III restait fidèle aux conventions faites. Ainsi l'ancien évêque de Halberstadt, Gero, était relevé de l'excommunication, mais déclaré inhabile à exercer clans cet évêché dévolu à Ulrich; et, quantàl'évêché de Brème, sur lequel Henri le Lion avait fondé, pour ses missions et sa domination en Slavie, de si grandes espérances, un Rertram élu après la mort de Baudoin, et avec l'assentimentde Henri, était déposé par Alexandre; et Siegfried de la maison de Brandebourg, si longtemps repoussé par le duc de Saxe, était définitivement déclaré légitime. Autant d'ennemis affermis chez Henri le Lion, et contre lui!

Et ce pendant la mort enlevait à ce prince des amis fidèles : l'évêque de Ratzebourg et l'administrateur du comté de Holstein. Et ces Slaves d'au-delà de l'Elbe, qu'il avait passé sa vie à combattre et à soumettre, voyant chanceler sa puissance, commençaient à retourner à l'indépendance, au paganisme ; ils se jetaient sur les églises, sur les prêtres, sur les colons allemands, et ils poussaient leurs ravages jusqu'aux frontières de la Saxe. Tel était l'état des choses, quand Frédéric arriva à Magdebourg, le 27 juin 1179.

(1) Y. Reuter, Alex. Ilf., Ht, 425. — Mansi, Actes des conciles, 22, 213,

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