‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 11 sur 135 · CHAPITRE XIX. — L0THA1RE DE SAXE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. — L0THA1RE DE SAXE

Lothaire voalut aussi assujélir à sa volonté ces pays bourguignons qui, depuis l'extinction de la dynastie franconienne, devenaient assez indépendants. Seulement, rendu plus prudent par l'expérience, il investit un prince allemand, oncle maternel du défunt, Conrad de Zœhringen, de la comté de Bourgogne (I), pour l'opposer au légitime héritier, et se faire ainsi un partisan d'un prince qui avait été jusque-là l'ami des Hohenstaulïen.

L'année II 27 serait-elle plus heureuse pour Lothaire? Le vieux duc de Bavière, Henri 1er, était mort à la fin de 1126. SÎon fils Henri I[, bientôt surnommé le Superbe, âgé de vingt ans, faisait espérer plus que son père. Dans une première dièle bavaroise, à Ralisbonne, il avait jugé en maître les querelles des grands, ordonné une paix publique et envoyé demander à Lothaire la main de sa fille unique Wulfhilda qui lui avait été promise. Lothaire se hâta de lui envoyer celle-ci, bien qu'elle n'eût que douze ans, pour que le mariage fût solennellement célébré ; et il lui assura, en outre, la possession de ses biens allodiaux de Saxe et le gouvernement du duché en atlendant qu'il s'en démît. En revanche, il lui demanda son concours contre Frédéric de Hohenslauffen et le frère de celui-ci, Conrad, qui avait rapporté de la croisade une grande réputation de bravoure. De sa personne, le roi, suivi des Saxons et de Sobieslas de Bohême, marcha alors contre Nuremberg. Mais la ville franconienne résista, bien qu'elle vît tous les environs mis en feu par les Bohémiens. Lothaire lui-même eut horreur de ses alliés qui n'épargnaient pas les églises et les

(1) Dodechin, ann. 1126 : Conradus Zaringhix dax coram plerisque Burgondiorum optimalibus principatu Burgundix apud Spiram civitatem elevatur.

22 WELFEN ET WIBLINGEN (GUELFES ET G1REMNS).

renvoya chez eux (1). Henri II de Bavière, occupé contre quelques-uns de ses vassaux mécontents et accouru trop tard avec peu de monde, contre les bourgeois de Nuremberg, vit à son tour arriver contre lui le duc de Franconie, Conrad. Lolhaire crut prudent de se retirera Wurlzbourg sur le Mein, et les deux Hohenstauffen qui le poursuivaient, célébrèrent un tournoi sous ses yeux en guise de défi.

Tant de preuves de la faiblesse royale encouragèrent les Hohenstanl'fen à revendiquer de nouveau la couronne royale. Frédéric ne se mil pas en avanl, mais il poussa son frère Conrad ; et celui-ci, fort imprudemment, dans la ville impériale et franconienne de Spire, se fit proclamer roi (2), par peu de princes présents il est vrai (17 décembre 1127). Ils s'aperçurent l'un et l'autre que les temps étaient changés. Il n'y avait pas assez d'années que l'Allemagne sortait de longues et sanglantes guerres pour s'intéresser encore à un anti-roi. Lothaire mit Conrad au ban de l'empire. Les archevêques de Mayence, de Magdebourg et de Salzbourg, excommunièrent le perturbateur. L'Eglise allemande tout entière se groupa autour du roi légitime , et Conrad abandonné alla chercher meilleure fortune en Italie. L'accord de l'empire et du sacerdoce parut consolidé et l'autorité de Lolhaire en Allemagne assurée.

C'est dans l'union avec l'Eglise, en effet, que Lothaire prétend retremper son pouvoir, après les luttes du siècle précédent. On était au commencement du xiic siècle, le siècle ecclésiastique par excellence. Déjà l'exemple de la

(I) Otto Frising , De Gest. Fr , L. V, c. xvi : Nec etiam ecclesiis parcerent. — (2 Ann. Bosov. ann. 1127 : Nïminm inflalus superbia contra jus fasque regium sibi nomen usurpavit.

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