‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 16 sur 135 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

34 WELFEN ET WIBLWGEN (GUELFES ET GIBELINS).

sa voix dans le conflit? cette voix ne devait-elle pas se faire entendre? Innocent II, arrivé à Gênes, avait à choi? sir entre la France et l'Allemagne. Mais le roi de Germanie n'avait-il pas fait peser trop souvent une main lourde sur le Saint-Siège? Lothaire, héritier de ses prédécesseurs, ne chercherait-il pas, malgré le dévouement qu'il affectait pour l'Eglise, à profiter des embarras du pontife, pour lui arracher des concessions qui troubleraient l'équilibre récemment établi, par le concordat de Worms, entre l'empire et le sacerdoce? Innocent II débarqua à Saint-Gilles, en Languedoc. Traversant le Puy-en-Velay et l'Auvergne, il arriva au centre de la France, espérant retrouver dans la vieille Gaule fidèle la tiare qu'il avait perdue à Rome. N'était-ce pas là que Urbain II, Gélase II, Calixte II avaient trouvé asile dans des temps difficiles? N'élait-ce pas là que le célèbre ordre de Cluny, la réforme de l'Eglise, la chevalerie, la croisade, avaient pris naissance? Autant de gages pour y trouver une solution chrétienne à l'un de ces conflits que les empereurs allemands jusqu'alors s'étaient montrés plus aptes à susciter qu'à finir !

Ce n'était pas alors en France le roi Louis VI le Gros, ni môme le célèbre abbé de Saint-Denis, Suger, ministre sous le père comme sous le fils, Louis VII, plus tard, qui avaient en main la puissance. L'ardeur de la foi, l'austérité de la vertu, l'éloquence de la parole jointes à une remarquable intelligence de son temps, avaient mis celle-ci entre les mains d'un simple abbé, Bernard, moine de Citeaux , fondateur de Clairvaux. Réformateur d'ordres qui se relâchaient, comme celui de Cluny et celui de Citeaux qu'il quitta pour Clairvaux, assez autorisé, maigre sa jeunesse, pour admonester, corriger les évêques comme les moines, pour faire renoncer Suger aux pompes du

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