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CHAPITRE XIX. — LOTHAIRE DE SAXE

fief sans la permission du suzerain, c'est-à-dire de se soustraire au service féodal et de mettre les grands vassaux dans la pernicieuse « impossibilité de prêter leur concours à la très heureuse expédition de Sa Majesté ffelicissimœ nostri numinis expeditionij (1), au grand détriment de la chose publique freipublicœj et de l'honneur de l'empire. » Pavie n'ouvrit pas davantage ses portes.

Cette rivale de Milan, bien à l'abri derrière ses murailles, en fut quitte pour rendre les prisonniers milanais faits récemment et payer une bonne somme pour wergeld de quelques fous tués pour avoir voulu, la hache à la main , forcer une de ses portes. Le comte Amédée de Maurienne humilié, dans Turin pris (2), l'empereur revint sur Plaisance, l'emporta facilement dans la plaine, laissa une garnison à Parme, qui l'accueillit gracieusement, puis, sans s'être fait couronner, selon la tradition, roi d'Italie, il passa l'hiver en Romagne où Domna Richenza, la femme du sérénissime empereur, qui l'avait précédé à Reggio, avait aussi légiféré et rendu justice, entourée de docteurs allemands et italiens.

Mais voici que Bologne., la ville du droit renaissant, que Lothaire avait comblée de privilèges dans sa première expédition, veut lui fermer ses portes! Quelques soldats tentent de surprendre un château voisin hissé sur une hauteur abrupte, où les plus riches bourgeois s'étaient retirés avec leurs richesses. Découverts par un clerc, ils sont tués. Aussitôt l'armée donne l'assaut au château, l'emporte, y massacre trois cents hom-

dies et hebdomadas Imper ator curiam potestativc habuit et legcs dédit.

(1) 9 novembre, de Fendis. — (2) Ann. Sax., ann. 1136.

58 WELFEN ET WIBLINGEN (GUELFES ET GIBELINS*).

mes; le clerc vigilant est foulé aux pieds des chevaux. La ville ouvre ses portos et Lolhaire ne s'y montre indulgent que pour les docteurs qu'il fait chevaliers et honore du collier d'or et de robes rehaussées de fourrures palatines. C'est dans celle ville que l'empereur et Innocent U résolurent, au lieu de marcher sur Rome contre Anaclet II, d'aller relancer hardiment au midi de la Péninsule le seul et véritable soutien du schisme, le roi Roger II, proclamé aussi par l'anti-pape bailli et patrice de Rome.

Homme à la fois de réllexion et d'élan, administrateur et soldat, sachant céder pour se relever plus haut, Rogerlt avait vu, sans se décourager, tomber au pouvoir des Pisans la riche cité commerçante d'Amalfi, qu'on croyait imprenable sur son roc, au-dessus de la mer. Il venait encore, avec des Sarrazins de Sicile, de chasser de l'Apulie le comte Rainulf, et de Capoue, Robert; et il restait maître de la terre ferme, moins Naples, qui était à son maître de la milice Sergius. C'était ce païen, ce schismatique, ce mécréant qu'il fallait abattre pour renverser Anaclet.

L'armée d'expédition se divisa au commencement du printemps 1137. Une partie, sous Lothaire, dul, par le rude et montueux pays des marches d'Ancone, de Fermo et par les sauvages Abbruzzes, h l'est des Apennins, le long de l'Adriatique, atteindre l'Apulie. L'autre, à l'ouest de la chaîne, sous le duc de Bavière, par la riche Toscane cl par la triste campagne de Rome, suivant les bords occidentaux de la mer, et soutenue par les flottes de Gènes et de Pise, dut se diriger, avec le pape, vers la ville de Capoue et Naples. Ils avaient pour alliés contre Roger II, Rainulf, duc d'Apulie, et Robert, comte de Capoue.

Reçu avec les plus grands honneurs dans Ravennes, qui lui fournit des vaisseaux et des vivres, Lolhaire emporte^

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