‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 29 sur 135 · CHAPITRE XIX. — L0TI1AIRE DE SAXE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. — L0TI1AIRE DE SAXE

en passant, Fano et Senigaglia, dont Saxons et Bavarois se disputent te butin. Pour les Anconitains, ils marchent en niasse au-devant des Allemands et ils eussent l'ait un mauvais parti à l'archevêque de Magdebourg et au margrave de Mi:>nie, qui étaient à l'avant-garde, si l'empereur n'était survenu à temps et ne leur avait tué deux mille hommes. Rentrés dans leurs murs, les bourgeois mettent leurs bateaux, chargés de provisions, à la disposition de leur vainqueur. Dans les Abbruzzes, tantôt reçu, tantôt repoussé par les châteaux et les bourgs bâtis dans les fourrés boisés des sommets, l'empereur arrive jusqu'au mont Gargano. Il y avait là, sous la garde d'un château fort, une grotte profonde consacrée à l'archange Michel; l'empereur ne pouvait manquer d'y faire ses dévotions. Le château est emporté par Conrad de Souabe en trois jours et les soldats découvrent dans la caverne une masse considérable d'or, d'argent et de joyaux qui y avaient été déposés par un comte de Dalmatie. La dévotion allemande élait richement récompensée. Les habitants de Troya, Cannes et Barlette ferment leurs portes; Lothaire fait couper le nez, les bras, les jambes à ceux de leurs défenseurs qui tombent sous sa main; « on se le rappela longtemps dans ce pays, » disent les chroniques méridionales. Enfin, par Trani, (jui le reçut fort bien, l'empereur arrive sous les murs de Bari, la capitale de l'Apulie, aux bords de l'Adriatique.

Le duc de Bavière, Henri n, gendre de l'empereur, à la tête de l'autre partie de l'armée, avait cru devoir dans la Toscane, dont il ambitionnait la possession comme héritage de Mathilde, agir en maître. Le comte Guido, dans le Mugcllo, après avoir vu tomber trois de ses châteaux forts, se soumet. Florence reçoit l'évèque partisan d'Innocent.

60 WELFEN ET WIBLINGEN (GUELFES ET GIBELINS).

Henri, par un rude chemin où il lui fallut forcer plus d'un repaire de ceux qu'il appelait des brigands, arrive devant Lucques, foyer de la résistance. Les Pisans voulaient la ruine de celle-ci, mais Bernard fait accepter à Henri la rançon des bourgeois. Sur les terres de l'Eglise, Henri 11 et Innocent II trouvaient déjà des occasions de querelles. Ils traversèrent le Garigliano et arrivèrent en Campa nie. Ici s'offrait d'abord, haut perché et fortifié sur son sommet, d'où l'on voit les Apennins et la mer, le vénérable couvent duMont-Cassin. Contre Bernard, dont il craignait surtout la venue, Roger II avait jeté, au monastère crénelé, un vigoureux abbé qui se servait d'autres armes, avec une bonne garnison. Bernard, après dix jours de siège, donne au duc Henri II le conseil d'offrir une belle coupe d'or et 40 livres d'argent au belliqueux abbé, et il obtient ainsi, au grand désappointement d'ailleurs du pape, que la bannière impériale flotte au haut du donjon qui protégeait l'église abbatiale. Robert , son ancien maître , rachète 4,000 livres la ville de Capoue que Henri II voulait maltraiter. Quant à Bénévent, les Allemands voulaient l'emporter de vive force, dans l'espoir du butin. Avec quelques bannis, ils pénétrent dans la ville par un aqueduc, a^m de commencer le mauvais jeu, et Innocent II a de la peine à obtenir que les bourgeois, dont il reçut l'hommage, ne deviennent pas victimes des Allemands (I). Enfin, à travers un pays de montagnes arides, par la chaleur et la poussière, et non encore sans quelques ruines faites et sang versé, Henri II et Innocent II rejoignent Lothaire dans Bari où, après la prise de la forteresse et le massacre de

(1) Chron. Cas., c. evi, cvn. — Falco, Benev., Chr., p. 119 • Opéra papse liberata est civitas de prœda Teutonum.

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