CHAPITRE XX ni <.*■ i>i: COXR4D m lovnini «i »i: i % dïI'aktic
1>LN 1IUJUU1AIULV (1139-1 15*),
L'empereur Lothaire semblait avoir tout préparé pour la fondation d'une dynastie nouvelle. Il avait mis entre les mains du welf Henri le Superbe, époux de sa fille, les duchés de Saxe et de Bavière et celui de Toscane, et il avait associé son gendre à cette politique de dévouement à la papauté et à l'Eglise qui lui avait été si utile à lui-même. Les domaines de Henri le Superbe allaient de la Baltique à la mer de Toscane (a mare usque ad marej; sa conduite passée semblait répondre à l'Eglise de sa conduite future. La puissance matérielle était entre ses mains ; l'opinion chrétienne lui était acquise; les Hohenstaufien , qui avaient perdu une partie de leurs domaines et de leur considération, et qui étaient restés si longtemps sous les anathèmes de l'Eglise, paraissaient plus que jamais éloignés de l'antique objet de leur ambition.
Tout ce qui semblait assurer le succès des Welfen, du vivant de Lothaire, les trahit cependant à la mort de celui-ci, et la faiblesse même des Hohenstauffen parla en leur
WELFEN ET WIBL1NGEN (GUELFES ET GIBEUNS).
faveur (I). Un souverain qui réunirait, comme Henri le Superbe, la puissance impériale à tant de possessions territoriales en Allemagne et en Italie, ne serait-il pas bien dangereux pour l'indépendance des princes, de l'Eglise et du Saint-Siège? Ces Hohenstauffen, au contraire, héritiers des empereurs franconiens, étaient-ils assez puissants aujourd'hui pour se faire craindre des princes et mettre l'Eglise en danger? Conrad, d'ailleurs, cet anti-roi, cet excommunié, n'avait-il pas été à la croisade? Son ambition satisfaite, était-il tant à craindre? Les événements montrèrent bientôt, une fois de plus, qu'une grande puissance territoriale était une mauvaise recommandation auprès des princes pour s'élever au trône allemand et que l'Eglise, dans sa rivalité contre l'empire, mettait plus de confiance dans la faiblesse de ceux qui pouvaient être ses adversaires que dans la valeur de leurs principes.
Avènement et premières années de Conrad III. — Renouvellement de la lutte des Welfen et des Wiblingen. — (1138-1144.)
L'impératrice, veuve de Lothaire, Richenza, sa fille Gertrude, le welf Henri le Superbe, son gendre, venaient à peine de déposer au cloître de Lutter, fondé par lui, les restes du défunt empereur, et de convoquer une diète des
(1) Voir, pour le règne de Conrad III, JafTé : Gesch. (1er cleulsch. Beich. unter Conrad III.