‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 47 sur 135 · CHAPIT11E XX. — REGNE DE CONRAD · texte numérisé non relu

CHAPIT11E XX. — REGNE DE CONRAD

pagnols de la Caslille et du Portugal contre les Arabes d'Espagne. Il semblait qu'on fût à l'apogée même de la théocratie. Les idées spirituelles, les intérêts religieux entraînaient toutes les ambitions politiques, toutes les passions mondaines. L'Eglise, la société chrétienne n'étaient, comme le voulait Bernard, qu'un seul corps mystique où la politique et la religion, l'Etat et l'Eglise, le laïque et le clerc ne faisaient qu'un. C'était le triomphe de l'idée du moyen âge.

Les princes saxons du Nord de l'Allemagne, chefs d'un peuple à la fois rancunier et avide, faisant un retour sur eux-mrmes, songèrent, il est vrai, qu'ils avaient près d'eux, au-delà de l'Elbe, chez les Wendcs, rebelles endurcis, toujours en révolte contre la marche de Brandebourg, entêtés pillards de frontière , des querelles à vider en même temps que des païens à convertir, et, en tout cas, un territoire plus voisin à dépouiller ou plus utile à conquérir pour eux seuls. Quelques uns d'entr'eux, déjà croisés, entr'autres le duc de Saxe, Henri le Lion et le margrave de la Saxe du Nord, Albert l'Ours, apportent l'expression de ces regrets et de ces désirs à la diète de Francfort (mars). Saint Bernard ne pouvait contredire à celle volonté. Il la ramène cependant ou la garde au service de l'Eglise. S'il fait accorder les mêmes indulgences qu'aux croisés d'Orient à ceux qui partiront en guerre contre les Slaves, d'accord avec les autres écrivains ecclésiastiques qui s'élèvent souvent contre l'avidité germanique, préoccupée surtout, de ce côté du moins, de lever des tributs et de s'enrichir et non de faire des chrétiens, Bernard fait recommander, par le pape Eugène III, aux chers saxons, de pousser la guerre jusqu'au bout, et il exige d'eux la promesse, à la fois cruelle et chrétienne, mais toute de ce

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