‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 48 sur 135 · Tome IV · texte numérisé non relu

Tome IV

98 WELFEN ET WIBL1NGEN (GUELFES ET GIBELINS).

temps, « de détruire entièrement la nation slave ou de la convertir » (1).

Au milieu du xne siècle, Conrad III, ayant donc proclamé une paix perpétuelle à Francfort, confia la régence de son fils mineur à l'archevêque de Mayence et à l'abbé de Stablo, Wibald, l'un des hommes d'Eglise les plus éclairés et les plus actifs de ce temps; et l'Allemagne, associée pour la première fois à l'enthousiasme général de la société chrétienne, eut à la fois deux croisades : l'une, des chevaliers du Nord, contre les Wendes païens ; l'autre, des chevaliers du Midi, contre les Infidèles d'Orient. Le mouvement se prononça d'autant plus vivement que la surabondance de la population, l'anarchie séculaire des guerres privées et les débordements de la mer en Frise et en Hollande , avaient commencé à déterminer deux mouvements d'émigrations qui avaient déjà pris leur cours, soit au-delà de l'Elbe, vers la presqu'île du Julland et les rives de la Baltique, soit en descendant le Danube, vers la Transylvanie.

Au nord-est de l'Allemagne, dans le Holstein, Adolphe II de Schauenbourg, voisin et ami des Danois, voué de ce côté à une œuvre à la fois utile et difficile, avait affermi tout doucement sa domination sur le territoire des Wagriens, entre l'Eyder et la Trave, avec des colons de la Frise et de la Westphalie chassés justement alors de leur pays par des débordements fréquents. Grâce aux bons rapports qu'il entretenait avec Niklot, son voisin, le prince

(1) Ollo Fris ,De reb. g. Fr., I, i, 40. — Heinemann, Alb. de B., p. 370. — Act. Gembl. ad ann. 114*8 ■Perlz. YIII, p. 39i : Ut vicinaux sibi Slavormn genlem paganam aui omnuio delereni crut clirislianos fieri cogèrent.

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