CHAPITRE XX. — RÈGNE DE CONRAD III
des Obolriles qui dominait sur les rives de la Baltique, (Mccklembourg), Lubeck, une première fois délruU, s'était relevé et l'apôtre allemand, Vicelin, évoque d'Oldenbourg, toujours infatigable dans ces parages, avait rebâti le couvent de Siegeberg sur leurs frontières communes. Celait là peut-être la manière la plus sage et la plus douce d'opérer en faveur de la civilisation. En effet, à la nouvelle de l'armement des Saxons, le prince Niklot, qui se croit bien plus menacé par une expédition qui sent le fanatisme, prend les devants; il élève sur les bords du lac de Scbwérin la forteresse de Dobin, puis, se jetant dans la Baltique sur ses navires, va incendier Lubeck encore détruit et disperser les nouveaux colons allemands.
Une première armée de croisés allemands du Nord, qui se trouvait déjà rassemblée, passe aussitôt le bas Elbe, sous le commandement du jeune duc de Saxe, Henri le Lion, et de l'archevêque de Brème; elle va assiéger la forteresse de Dobin. Les Danois viennent les rejoindre pour opérer avec eux contre les païens. Mais la forteresse se défend vigoureusement. Niklot, avec habileté, attaque séparément les Danois qui, n'étant point secourus par les Allemands, périssent par milliers ou bientôt regagnent leur patrie; les Allemands restent seuls au milieu des marais et de leurs ennemis (juillet) .
La seconde armée du Nord, rassemblée plus lard à Magdebourg (Ier août), sous le commandement du margrave Albert l'Ours, du margrave de Misnie et d'un assez grand nombre d'évêques, après s'être entendue avec le duc de Pologne, Boleslas IV, qui devait agir de son côté, envahit le pays des Wendes, au sud des Obotrites. Elle passe à Ilavelberg, où était l'évêque Anselme, incendie, chemin faisant, les villages, détruit un temple païen près du lac de
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