CHAPITRK XX. — RÈGNE DE CONRAD III
mands qui arrivaient contre Je petit sultan de Damas. En lin, les deux rois, étant rejoints près d'Acre, à la Saint- Jean (24 juin 11 48), par le jeune roi de Jérusalem, le patriarche et les grands maîtres des deux ordres religieux, composèrent de tous les débris de ce malheureux voyage une aimée de cinquante mille hommes, et apparurent avec elle sous les murs de Damas (24 juillet).
Les chevaliers de l'Occident, braves comme toujours, firent merveille d'abord, en avançant au milieu des bois et jardins délicieux, arrosés par le Barrady, qui entourent la ville à l'occident. Le vieux Conrad III, en personne, d'un coup de hache, fendit la tête casquée d'un Sarrazin et lui enleva l'épaule et le bras gauche. Ils résistaient même aux hordes de secours qui arrivaient aux Musulmans. Mais l'émir même de Damas jeta l'indécision et peut être la trahison chez les assiégeants en menaçant de livrer la ville à un fils du sultan de Bagdad, Noureddin. Les Jérosolimites craignirent de se brouiller avec celui ci. Sur leurs conseils, au moins malencontreux, les Croisés transportèrent leur camp à l'orient de la ville, dans l'espoir de la prendre par là plus facilement. Mais ils y manquèrent d'eau; ils se heurtèrent à des difficultés plus grandes, se querellèrent entr'eux, s'en prirent aux latins de Jérusalem, aux poulains, descendants des premiers croisés, dans lesquels ils voyaient presque des asiatiques, des Infidèlesplus soucieux au moins de leurs intérêts auprès des mu, sulmans que de la foi des occidentaux; et, enfin, découragés , ils ne pensèrent plus qu'à s'en retourner en Occident, malgré la honte de n'avoir rien fait après tant de préparatifs et de si grandes espérances.
106 WELFEPv ET WIBLINGEN (GUELFES ET GIBELINS).
Retour et mort de Conrad III (1150-1152),
En 1149, avec un désenchantement de plus, les deux souverains et les chefs croisés retournaient à leurs affaires, à leurs ambitions, depuis deux années abandonnées ou compromises en Europe. Le roi de France, Louis VII, ramenait tristement sa femme par mer, pour la quitter et perdre sa riche dot en France au concile de Beaugency, pour incompatibilité d'humeur, au profit d'un rival, Henri Plantagenet, qui s'enrichit de belles provinces françaises. Conrad III retournait auprès de l'empereur d'Orient, Emmanuel, avec les débris des croisés, le jeune Frédéric de Souabe, et ses conseillers allemands. Il Ht au moins avec le Byzantin une étroite alliance contre ce Roger II de Sicile qu'ils trouvaient partout devant eux. Mais une infortune commune à l'Allemagne tout entière avait, au lieu d'apaiser, ravivé les vieilles haines intestines. Le rival des Hohenstauffen, Welf VI, séparé de son suzerain, revenait aussi par mer en Occident et traitait justement avec le roi normand, Roger II, à travers les Etals duquel il passait pour regagner l'Allemagne. On s'aperçut bientôt que l'échec de la croisade était loin d'aider à dénouer les dilïicullés intérieures de la chrétienté occidentale un instant oubliées.
Le pape Eugène 111, laissant Rome rebelle à Arnaud de