‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 65 sur 135 · DIÈTE DE RONCAGLIA · texte numérisé non relu

DIÈTE DE RONCAGLIA

avaient fait œuvre bâtarde qui n'était précisément ni de doctrine ni de politique. Comptant sur l'équité impériale pour accepter le passé et respecter les privilèges acquis, l'état de possession, ils estimaient que Frédéric laisserait aux détenteurs les droits dont ceux-ci jouissaient légitimement ou qu'il les en investirait à nouveau, de manière à affermir la paix, en coupant la racine même de tout conflit.

Mais Frédéric, inspiré par Rainald de Dassel, son chancelier retors, ne l'entendait point ainsi. Bien au contraire, confondant à dessein les droits et les temps, et appliquant le principe du droit romain, que « la volonté du prince a force de loi », aux relations féodales, il prétendait donner à sa volonté même un effet rétroactif, et dépouiller ou investir à son gré les délenteurs des droits régaliens, afin d'amener ainsi, en divisant pour régner, les évêques, les seigneurs et les villes de l'Italie à sa discrétion. Un poète ne le déclarait-il pas legum immunis et expers? C'est pourquoi il ordonna la recherche des droits qui lui avaient appartenu, renouvela les décrets de Lolhaire sur l'indivisibilité des grands fiefs et l'aliénation des biens féodaux et, enfin, se mit en devoir d'imposer aux seigneurs et aux villes du nord de l'Italie une paix publique comme en Allemagne ; toutes mesures qui faisaient de l'Italie une province de l'empire. La vérité apparut dans toutes ses exigences lorsque les villes virent arriver tout à coup dans leurs murs des délégués de Frédéric. Ils étaient chargés de rechercher eux-mêmes, pour les restituer à l'empereur, les droits régaliens dont la concession ne reposerait point sur des titres valables et authentiques, et surtout de procéder à la nomination et à l'installation de podestats ou magistrats impériaux chargés d'administrer les intérêts des villes au nom de l'empereur.

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