‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 7 sur 135 · CHAPITHE XIX. — LOTHAIRE DE SAXE · texte numérisé non relu

CHAPITHE XIX. — LOTHAIRE DE SAXE

probablement sa première femme, fille du duc bavarois, fit proposer à L'archevêque d'épouser sa nièce, Agnès de Saarbruck, qui devint en effet bientôt sa femme? Quoi qu'il fît, le lendemain, tout tourna contre lui.

A la dernière réunion , on ne vit à l'assemblée ni Frédéric, ni Henri de Bavière. L'archevêque reçoit aussitôt des deux seuls candidats présents le serment de la veille et les prie de s'éloigner. Immédiatement le cri de : « Lothaire roi ! » retentit ; quelques Saxons entourent leur maître, le prennent sur leurs mains et sur leurs épaules, et, malgré ses résistances, le rapportent dans la salle; la foule s'y précipite en renversant plusieurs évoques bavarois de leurssièges. Ceux-ci et quelques princes laïques se récrient et menacent d'abandonner la salle. L'archevêque Adalhert fait fermer les portes, mais le tumulte augmente; les cris du dehors et du dedans se répondent. Lothaire se débat contre ceux qui le promènent et l'acclament. Enfin, les légats du pape interviennent et obtiennent le silence. On reprend ses places; ceux qui avaient troublé la cérémonie font des excuses. Sur la réclamation des évèques bavarois, on envoie chercher le duc Henri, sans adresser la même invitation à Frédéric; et, le duc de Bavière présent et consentant, l'assemblée d'élection proclame enfin roi le Sa\on Lothaire de Supplinbourg, et la foule au dehors l'acclame. L'archevêque de Mayence , Adalberl, était arrivé à ses fins. L'Eglise allemande avait disposé de l'élection

16 WELFEN Eï WIBLINGFN (GUELFES ET GIBELINS).

Origines de la rivalité des Welfen et des Wiblingen. — Lutte de Lothaire de Saxe contre Frédéric de Souab3 et Conrad anti-roi. — Guerres en Bohême et en Bourgogne (t 125-1 131).

Celte élection était une nouvelle victoire de l'Eglise et de la féodalité sur la royauté germanique, mais n'était elle pas destinée à affaiblir la puissance politique intérieure et extérieure de la royauté allemande, de l'empire? Le règne de l'élu de l'archevêque de Mayence et des princes saxons et bavarois allait répondre à cette question.

Avant son couronnement, le nouveau roi, « sous la dictée du Saint-Esprit », accorda d'abord, selon les expressions du temps, « à la reine céleste, c'est-à-dire à l'Eglise (Reginee cœlesli, id est Ecclesiœ), » la liberté qu'elle avait toujours désirée et il ne retint, pour l'Etat, juste de puissance que ce qui pouvait lui soumettre par amour et sans violence tout ce qui est à César. Contrairement, en effet, au concordai de Worms, et comme si cet acte n'avait lié que l'empereur Henri V et non l'empire même, une sorte de capitulation nouvelle règle les rapports de l'Eglise et de la royauté ; « Que l'Eglise, » dit cette capitulation, « ait des « élections libres, ni extorquées par la crainte du prince, « ni contraintes comme auparavant par sa présence, ni « restreintes par aucune présentation. Que le roi conserve « le droit d'investir, par le sceptre, des biens 'ecclésiasli- « ques ou régales, celui qui sera librement élu et cano- « niquement consacré, mais sans exiger de l'argent, et de

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