Tome IV
çons honteux reviennent; les Romains sont ramenés vers les murs d'Aurélien, qui les défendent à peine, et massacrés comme des troupeaux (sicut pecora jugulati), pendant qu'ils fuient après avoir laissé leurs armes, leurs cuirasses, leurs chevaux, leurs mules et tout ce qu'ils avaient avec eux. Beaucoup de Romaines restèrent longtemps veuves, faute d'hommes dans la ville pour remplacer leurs maris (quod deftcissent viri habiiatores urbis). C'était quelque temps après, que Frédéric, ayant repoussé les Apuliens sur le Tronto et traité avec Ancône, passait les Apennins par Spolèle et arrivait (24 juillet 1167) devant Rome.
Le courageux Alexandre III, dans la position de Grégoire VII, était sans espoir de secours des Normands gouvernés par un roi mineur; il avait fait relever les murailles de la ville. Mais les Romains étaient découragés. Pratiqués aussi par l'argent des chanceliers, ils aimaient mieux, avec quelques barons, barricader, obstruer les rues et se blottir derrière les masses de pierres de leurs monuments transformés en autant de forteresses, sur les différentes collines, que courir aux murailles. Dès son arrivée, Frédéric fit attaquer la porte Viridaria et pénétra par là dans la cité Léonine ; mais les gens du pape avaient fait une vraie forteresse de la tour de Sainte-Marie in Turn dont tous les accès étaient barricadés jusque devant l'atrium de Saint-Pierre.
C'était bien au sanctuaire que Frédéric faisait la guerre. Après avoir pris d'assaut et renversé les premiers obstacles, le 29 juillet, voyant Sainte-Marie, avant-poste de Saint-Pierre, couronné de machines de jet, il ordonne d'y mettre le feu. L'incendie se déclare bientôt ; une belle mosaïque de l'atrium est détruite ; des habitants de Viterbe qui se trouvaient là en emportent comme un trophée les portes de bronze. Le plus vaillant et le plus fier chevalier