Tome IV
18 WELFEN ET WIBLINGF.N (GUELFES ET GIBELINS).
lemenl par les empereurs ou ceux qui ont été échangés contre des domaines impériaux appartiennent-ils comme propriété allodiale, privée, au roi, ou bien comme propriété d'Etat à l'empire? » Quoique posée généralement, la question avait trait surtout aux biens que les Hohenstauffen, Frédéric et Conrad, avaient recueillis, indistinctement le plus souvent, dans la succession des empereurs Henri IV etllenri V, grands amateurs de confiscations et troqueurs'de biens fonds. Si Lolliaire respectait l'indépendance des ducs, il n'abandonnait pas, comme on le voit, vis-à-vis d'eux, les droits de l'empire , puisqu'il ne visait à rien moins par là qu'à revendiquer comme propriété impériale une partie des biens acquis par les empereurs franconiens et compris dans leur héritage. La sentence, rendue conformément (1) à ses désirs, frappait directement les Hohenstauffen qui avaient considéré comme privés tous les biens ainsi acquis etavaient fait valoir sur eux leurs droits d'héritiers. Allaitelle faire de Lolliaire le revendicateur exigeant de tout ce qui pouvait être alors considéré comme propriété d'empire dans la succession des césars franconiens, enlr'autres de territoires considérables dans lesquels se trouvaient des villes comme Spire, Nuremberg et Ulm? Rien de plus grave au commencement d'un règne. Deux diètes, l'une, à Strasbourg, des princes du Midi, l'autre, à Goslar, des princes du Nord, condamnèrent les Hohenstauffen à restitution des biens sus-visés, mais en leur laissant un répit jusqu'à la Pentecôte de l'an suivant M 26, pour les rendre. Lothaire, âgé de soixante ans, ne voulut point perdre de temps pour agir ailleurs même en empereur. Après la
(1) Dodech. ann. 1125 ; Judicatum potius regiminis sabjacere ditioni quam régis proprietati.