TENTATIVES DE PAIX
pcrsilïlail, avec une légère ironie, l'envoyé trop linïiile pour n'avoir pas compris toutes ces ruses, mais trop dévoué à son maître pour montrer qu'il ne les trouvait ni honorables ni claires. « Comment pouvait-il, lui, pape, reconnaître les schismaliques comme canoniques lorsqu'on ne le reconnaissait pas lui-même comme pape légitime? N'étaitce pas vouloir à la fois, croire à Dieu et le nier. » Celait une rupture. Le pape l'afficha hardiment. On avait veulu le séparer des Lombards. Tandis que l'envoyé de l'empereur, s'en retournant, traversait le nord de l'Italie, Alexandre Ilï adressa aux villes du Nord une circulaire publique; pour la première fois, « il bénissait, consacrait la ligue et la prenait sous la protection particulière de l'Eglise ». Et ce n'étaient point de simples paroles; appliquant toutes les ressources de sa puissance à la défense de la "liberté italienne, solidaire de la sienne, il ordonnait à l'archevêque de Milan et au patriarche d'Aquilée de frapper de l'interdit, sans appel, toute ville où il serait fait un complot contre la ligue; il déclarait « inviolable dans leurs fonctions tous les recteurs de ladite ligue, et il enjoignait à tous de leur obéir, ainsi qu'à l'Église ». Jamais la cause de l'Église et celle de l'Italie n'avaient été si formellement unies.
Quelque temps après, le pape Alexandre III, grâce à une heureuse transaction, rentrait à Tusculum, dans les environs de Rome, pour menacer Calixle III ; de là, il interdisait toute communication et tout commerce, avec les villes toscanes restées fidèles aux Allemands. Avec une grande prudence cependant, tout en favorisant le mariage d'une princesse grecque avec Frangipani, un de ses partisans romains, il résistait aux demandes plusieurs fois réitérées de l'empereur d'Orient, Emmanuel Comnène, prince
entreprenant qui poursuivait l'idée de profiter du conflit, pour se faire conférer la couronne d'Occident.
L'empereur déjoué n'eut plus que l'idée de faire une troisième expédition en Italie. Il déclare de nouveau qu'il ne reconnaîtra jamais celui qu'il n'appelle que Roland, et il négocie, traite, arme, une rage patiente au cœur, pendant trois ans, pour frapper la meilleure défense de la papauté, les villes italiennes. Il entame d'activés négociations avec l'empereur d'Orient, avec le roi de France, avec le roi de Sicile, afin d'avoir une fille impériale ou royale à donner à quelqu'un de ses fils et d'isoler ainsi Alexandre III.
Après la mort du margrave de Brandebourg, Albert l'Ours, Henri le Lion, le prince allemand le plus en renom, semble continuer par sa conduite, à rappeler le chef temporel de la chrétienté à ses anciens devoirs. Comme les Ottons , il ne travaille pas seulement à la soumission des Slaves d'au-delà de l'Elbe, il colonise le pays. Les évêchés de Ratzeburg, de Schwerin, de Lubeck, qu'il aimait particulièrement, deviennent autant d'exploitations agricoles. Un fils du païen Niklot, Prehislas, à Mecklembourg et à Rostock, accoutume ses compagnons à la culture de la terre et au commerce. Waldemar II, de Danemark, pouvait encore être jaloux de l'autorité du duc de Saxe dans ces parages. Henri se le rattache en lui donnant une de ses filles. Comme des princes et empereurs précédents, enfin, Henri le Lion, en 1172, fait un pèlerinage en Terre- Sainte. Sa seconde femme, l'anglaise Mathilde, fille du roi Henri II, avait apporté à sa cour avec le goût de la poésie des habitudes plus pieuses. Il voulut consacrera un pèlerinage armé les trésors qu'il amassait. L'évoque de