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pour ses expéditions eontrc les Slaves et les païens, Wendes, Bohémiens, Lutizes et autres. On le considérait déjà comme un duc tout puissant en Thuringe; tous les comtes de ce pays allemand lui obéissaient. Beau frère du duc de Saxe, Bernhard, beau-père du jeune margrave Gero, de l’Ost-Mark, allié du puissant duc de Pologne, Boleslas Chrobry, son voisin, ce héros germain était, dit emphatiquement Dilhmar de Mersebourg, « l’ornement du royaume, la colonne de la patrie, l’espérance des siens, la terreur des ennemis... » un homme accompli, s'il avait su être maître de lui. Le compétiteur souabe était Hermann, duc de ce pays méridional, fils de ce Franconien Udo qui avait péri dans la bataille livrée autrefois, à Basinlieilo, aux Sarrasins sous Otlon IL Son origine franconienne, son mariage avec la fille du roi de Bourgogne, Conrad, une nièce de l'impératrice Adelhaïde, celui de sa fille avec un autre Franconien, le fils du duc de Carinthie, Otto, descendant de Conrad le Houge et de Luitgarde, fille d’Otton Ier, pouvaient lui faire des partisans.
Henri II, moitié bonheur, moitié habileté, triompha assez promptement de ses adversaires du Nord et du Midi. Il s’attachait les Bavarois, les Carinthiens par des promesses dont il n’était point ménager; il lançait sur Eckhard, le héros de la Misnic, un tout puissant voisin, le duc même de Pologne, au détriment de l’Allemagne. Il montrait déjà que rien ne lui coûterait! La fortune travailla davantage pour lui. Il ne put se flatter d’obtenir cependant la couronne, comme ses prédécesseurs, du libre consentement de tous les peuples allemands; l’impériale ville d’Aix-la-Chapelle ne devait môme pas le voir consacrer, selon la coutume. Ce qui lui paraissait le plus important, c’était d’ôlre roi, quelle que fut la façon d’arriver à
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la royauté. L’ambition de ce roi, qui devait être saint, n'avait point les formes en scrupule.
Tandis que, dans le vieux pays de Saxe, à Prosa, Eckhnrd de Misnic rassemblait ses parlisans pour s’assurer d’eux, le margrave du Nordmark, Lothaire, de la famille des comtes de Stade, son ennemi, muni des pouvoirs de Henri de Bavière, dont il s’était de suite déclaré le |«irlisan, s'entendit avec les deux puissantes abbesses oltoniennrs de la Saxe, Sophie et Adelhaîde, soeurs d’Ollon III, à Werla, pour faire proclamer, par quelques autres Saxons, Henri II comme l’héritier légitime de la royauté. Les abbesses allaient le soir, dans un festin, célébrer l'avènement de leur parent, quand Erkhard de Misnie arriva à l’improviste, les fit fuir et dévora, ainsi que les siens, avec plus de gloutonnerie que de galanterie, ce qui avait été préparé. Après cet exploit, Eckhard se dirigeait vers le Rhin pour prendre les devants quand, ù Pohlda, où il reposait après souper, plusieurs seigneurs saxons qui avaient juré sa mort, pénétrèrent dans le chàleau, arrivèrent, malgré ses serviteurs, jusqu'à lui et le tuèrent. Voulaient-ils seulement venger l’affront fait aux deux puissantes abbesses? étaient-ils les instruments d’Heuri ? On ne sait; ils restèrent du moins impunis. « C’est, dit un historien allemand, cependant favorable à Henri II, l'une des pages les plus sombres de l'histoire d’Henri * qui profila du meurtre.
L’autre compétiteur, Hermann de Souabe, de son côté, chargé d’accompagner les restes d’Olton III jusqu'à Aixla-Chapelle. était arrivé le premier sur le territoire royal, aux bords du Rhin, avec les vassaux de son pays. Il comptait sur Héribert, archevêque de Cologne, et recevait déjà l’hommage de quelques Lorrains. Mais il pa-
raît avoir manqué (l’énergie. Les insignes de la royauté aussi lui faisaient défaut. 11 avait compté sur la Carinthie, la Bourgogne; elles ne bougeaient pas. U se contenta de garder le neuve pour empêcher Henri II de se faire couronner sur le territoire consacré. Mais celui ci, favorisé par le vieil archevêque de Mayence et chancelier de l’empire, Willigis, passa le Rhin vers Worms, arriva le 7 juin 1002 à Mayence et là, ayant en main les insignes de l’empire cl pour lui l’archevêque, à qui appartenait le droit du sacre, malgré le petit nombre des grands présents et quoique dans un lieu inaccoutumé, il se fit couronner (1), et reçut le pouvoir avec la sainte lance. Cela était fort irrégulier. H fallait vaincre. Les deux adversaires se cherché, rent quelque temps sur les deux rives du Rhin, mais sans se rencontrer. Les villes et le pays senls soutiraient, comme Strasbourg et Constance, de leurs ravages. Alors Henri partit pour la Saxe afin de s’y faire au moins reconnaître. Il rencontra, à Mersebourg, les grands du pays, seigneurs et évêques, découragés par les événements précédents. Après tout, quoique les Saxons n’aimassent point en lui le duc de Bavière, c’était toujours pour eux un descendant d’Henri l’Oiseleur, un Saxon. Le maintien de leurs libertés et privilèges était ce qu’ils désiraient le plus. Henri y prêta les mains. Il reconnut leur droit d’élection, « sauf la dignité du royaume, promit de ne jamais porter atteinte aux piiviléges de la province » et obtint ainsi d être reconnu. La Saxe et la Bavière étaient déjà pour lui.
Henri II avait convoqué, môme à Mersebourg, le duc de
(1) Tangmari. V'ita Bernwardi: Willigisus regimen et regiampoteslatem cum dominica liaslailli tradiderunt. — Dithmar, V, 7, 8, 9. — Ann. Quedlimbg. - Adalbotd. Vita Henrici, I. 10.
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Pologne, Boleslas Chrobry, qu’il avait jeté d’abord contre Eckhard de Misnie, en ne lui ménageant pas les promesses! Ce prince, ayant passé l’Elbe, avait déjà, chez les Daleminzesct les Sorbes, récemment soumis, ébranlé la dominalion allemande encore récente; ilprêla, en effet, hommage àHenri dans l’espoir de garder en récompense la ville de Meissen, clef de l'Elbe, qui lui convenait. Henri la lui refusa. Ce n’était point dans les habitudes du nouveau roi de tenir ses promesses. II avaitaussi.au premier jour, promis au margrave du Nordgau bavarois, nommé aussi Henri, fils de Berthold, de lui donner le duché de Bavière dont il convoitait la possession. Il ne fit pas plus honneur à sa parole, celte fois, pins précisément donnée. Les deux méconlents, an milieu de la joie générale, à Mersebourg, se lièrent d’amitié. Ils allaient partir tous les deux, munis d’ailleurs de riéhes présents, de la forteresse de Mersebourg, quand ils trouvèrent gardée la porte de sortie. Des Saxons barraient le passage. On croisa le fer. Pendant le combat, le margrave du Nordgau parvint à entraîner avec lui le duc Boleslas, par une autre porte; mais une partie de leurs gens, coupés de leur retraite, furent massacrés ou dépouillés. L’historien contemporain, Dithmar de Mersebourg, dont nous tenons tous ces détails, atteste Dieu que le nouveau roi ne fut pour rien dans ce guet-apens et cette tuerie, mais sans nous en faire connaître ni les motifs, ni les auteurs, ni le but (I). Il est certain que les deux seigneurs qui y avaient échappé en accusèrent le roi et jurèrent de se venger.
Reconnu en Saxe, Henri II n’en revint pas moins comme
(!) Ditlim., V, 8, 10. — Atlalbold, 12. — .In n. Quedlimb. — l-ïta Bernwardi, c. xxxix.
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un victorieux sur les bords du Rhin. Héribert, l’archevêque de Cologne, les évéques et les seigneurs du pays, bon gré mal gré, le proclamèrent à Aix-la-Chapelle, il se dirigeait de là en force sur la Souabe, quand le duc Hermann, à son tour, vint lui prêter hommage à Bruchsal. Henri entra alors en Bavière, à Ratisbonne, où il fut accueilli avec enthousiasme. Après tout, dans la personne de Henri II, s’unissaient la Bavière, dont il était duc, et la Saxe, dont il était originaire, le nord et le midi de l'Allemagne. Le bon vouloir de la Carinlhie et la soumission de la Souabe, dont les ducs tenaient à la Franconic et lui étaient parents ou alliés, avaient facilité l'entente. Les bonnes dispositions de l’Eglise pour le descendant des Saxons l’avaient achevée. Mais le royaume allemand, l'empire surtout, existaientils encore? Henri II put s’apercevoir promptement qu’il ne suffisait pas d’avoir été proclamé pour être roi. Son règne ne fut qu’une perpétuelle lutte.
On était à peine au commencement de l’année 1003, quand le nouveau roi reçut, en effet, successivement d’Italie et de Bohême les plus mauvaises nouvelles.
Au delà des Alpes, le marquis d’Ivrée, Arduin, puissant feudataire italien de ce pays qui avait déjà donné des rois à la Lombardie, s’était fait proclamer à Pavie, malgré les évêques des plus puissantes villes qui avaient presque tous été nommés récemment par Olton III ou Sylvestre II, et il relevait le drapeau de la royauté nationale. Le duc de Carinthie, Otto, avait envoyé quelques troupes contre loi ; elles avaient été surprises et battues. Pour se maintenir, le nouveau roi ne ménageait pas les évêques complices de l’étranger et traînait un jour par les cheveux, dans son palais, celui de Brescia. Sur l’Elbe, Boleslas Chrobry, doc
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de Pologne, profilant des troubles de la maison ducale de Bohême, s’emparait tout à coup du pays et était reconnu à Prague. L’étoile des Piasl commençait à briller dans la nuit de celle desPremisIz. Un grand royaume slave des Polèncs et des Tschècbes réunis sous un prince que les Polonais ont appelé le Glorieux, menaçait de s’élever sur les frontières orientales de TAIIemagne. Déjà Boleslas, d'ailleurs grand bâtisseur d’église et protecteur des moines, envoyait des ambassadeurs i» Rome pour demander la couronne au pape qui, depuis la mort de Sylvestre 11, n’était plus élu sous l'inlluence allemande. Il fallait faire rentrer l’Italie et la Bohême dans la soumission, quand une révolte de l’intérieur parut donner la main à l’étranger (l).
C’était le margrave du Nordgau bavarois, Henri, récent ami du Polonaise! maintenant son voisin, qui en était l’âme. Le margrave d’Autriche, Ernest, fils de Lnitpold, son parent, enfin le propre frère même du roi, Bruno, mécontent que celui-ci voulût donner le duché de Bavière à un frère de Cunégonde, et non à lui, faisaient partie du mouvement qui rappelait encore les anciennes querelles de famille. Le Slave Boleslas Chrobry souillait la discorde et faisait passer sous main des secours aux rebelles tout près de lui. Ni l'énergie, ni la constance ne manquaient à Henri IL II entra dans le Nordgau, où étaient ses ennemis et emporta le château d’Amerdal, sur Ernest d’Autriche. Vainement le Polonais essaya d’ébranler la fidélité du gouverneur de Meissen, sur l’Elbe, passa ce lleuve près de Slrehla, ravagea la Marche de Thuringe, nouvellement colonisée et cultivée, emmena trois mille esclaves avec un riche bu-
(t) Dilhmnr, V, 15, 18 -, VI, I, lî. — Chron. Pulonoi'um, l. 6.
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