‹ Histoire d'AllemagneChapitre 100 sur 150 · TOUTE PUISSANCE DE FRÉDÉRIC IL · texte numérisé non relu

TOUTE PUISSANCE DE FRÉDÉRIC IL

l'empereur faisait le siège, Faenza en Romagne et Bénévent sur la fontière de Naples, au moisd'avril2M, sontobligées de se rendre; Frédéric Il'détruit leurs murailles et reçoit d'elles des otages.

Encouragé par ce succès l'empereur donne ordre à la flotte pisane etsicilienne, qu'il avait mise sous lecommande. ment de son fils Enzio et de l'amiral Anselm de Mari d'aller au-devant de la flotte génoise de vingt-sept galères, qui portait le concile pour le débarquer sur les côtes de l'État de l'Église. À la hauteur desiles de Monte-Christo et de Giglio, les amiraux impériaux aperçoivent la flotte du concile, commandée par l'amiral Malocello: étant en nombre bien supérieur, ils font voile sur elle. Quoique plusieurs de ses galères fussent lourdement chargées, le commandant génois accepte la bataille, le 3 mai 1241, près du rocher de Meloria. « Or sus à eux ! »s'écrie-til, craignant que quelques-uns voulussent éviter le combat ; mais se voyant menacé d'être entouré, il donne bientôt le signal de la fuile avec cinq galères où se trouvaient les prélats espagnols, et abandonne les autres!. L'une d'elles est coulée à fond avec l'archevêque de Besançon, les autres sont prisesavec trois légats pontificaux, une centaine de prélats du plus haut rang, dont les arche vêques de Bordeaux, de Rouen, de Milan, des envoyés lombards et quatre mille passagers ou soldats. Tandis qu'il faisait conduire cesprisonniers, sous les insultes de ses matelots, à Naples et à Melf, Fréderic apprit que les Milanais, conduits par les légats du pape contre Pavie, avaient été battus par les légats et les troupes gibelines non loin de cette ville. L'empereur s'exaltait dans son triomphe. « Je vois, écrit-il au roi d'Angleterre, que Dieu est avec moi. Ilné

1 Continuateur de Guillaume de Tyr, p. 496.

veut pas que le monde soit gouverné par le sacerdoce seul mais par l'empire et le sacerdoce. »

Le monde semblait en effet, en 1241, obéir aux lois du puissant empereur, même en Orient où la lutte de Frédérie 1Let de Grégoire IX n'avait pas fait les affaires des . chrétiens ri des royaumes de Chypre et de Jérusalem, surtout depuis l'expiration de la trêve de dix ans faite par Frédéric Il en 1220 avec le soudan d'Égypte. Une armée de croisés français et espagnols commandés par le roi de Navarre, et dont Frédéric 11, sans l'approuver, avait favorisé le passage de Marseille par les ports de Sicile en Terre Sainte, avait été battue à Gaza. L'empereurintervenait auprès du soudan pour obtenir la liberté des prisonniers faits dans cette bataille et envoyait son beau-frère, qui n'était rien moins que lefrère même du roi d'Angleterre, Richardde Cornouailles, avec ses instructions, pour traiter en son nom et au nom de son fils Conrad, roi titulaire de Jérusalem, et desgrands maîtres des Hospitaliers et des Teutoniques avec le successeur de Malek-el- Kamel, Saleh-Nodgem-edden-Ayoub, et sauver ce quirestait aux chrétiens du royaume. En effet le prince anglais, fondé de pouvoir de Frédéric, obtenait que le soudan jurât une trève nouvelle, et libérât les prisonniers chrétiens, qui arrivaient en avril à son camp; et, après avoirremis Ascalon, qu'il avait fortifié, aux mains d'un nouveau lieutenant de l'empereur, Gautier, il revenait d'Acre, le 3 mai, annoncer à Frédéric au moins ce résultat. C'élaitdans le même temps que denonveaux députés impériaux, sur un vaisseau appelé le Demt- Monde, débarquaient à Alexandrie, arrivaient par la vallée de Fayoum au Caire, escortés de toute la cavalerie égyptienne, el concluaient avec le Soudan un traité de commerce secret, comme tous ceux qui se faisaient alorsentre musulmans et chrétiens, et dont les avantages compensaient au

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