LES MONGOLS AUX FRONTIÈRES CHRÉTIENNES
Un pelit-fils du célèbre Tgengis-Khan qui avait failli soumettre aux Tartares on Mongolis presque toute l'Asie, le farouche Batou-Kan, après avoir répañfdu sur la Russie en 1237 cinq cent mille guerriers, couvrait de cendres et de ruines la Pologne, rasait Lublin et Cracovie. Comme autrefois Alila, il franchissait lès Carpathes et envahissait la Hongrie (15 mars 1241) en faisant dire au roitelet Bela, d'avoir à se soumettre à lui s'il ne voulait être anéanti : « car, comment pourrait-il résister au messager du Roi du ciel, seul maître de la terre, lui qui habitait dans des maisons bâties, dans des tours et des villes fortifiées, » dans un pays alors déjà riche et prospère. « Ce serait, ajoutail-il, nier Dieu tout-puissant, negare Deum omnipotentem. » Le roi Bela avec son armée et quelques secours du duc d'Autriche, avait marché au-devant de ce nouveau fléau de Dieu. 11 avait rencontré Batou-Khan dans les plaines de Mobhi (avril), mais avait élé battu et son armée dispersée. Les barbares, sans s'arrêter au butin, poursuivaient et tuaient tout ; les cadavres jonchaient les routes et le sang formait des ruisseaux !, Bela se réfugiait auprès du duc d'Au« triche, et toute la Hongrie jusqu'à la ville de Weisenbourg et la ville de Gran était ravagée. En même temps une autreaile des Mongols, qui avait descendu la valléedel'Oder, anéaatis- ‘sait près de Liegnitz, à Wahistalt, l'armée du duc de Silésie Henri, le fils intrépide et pieux de sainte Hedwige, qui avait marché vaillamment avec quelques princes polonais et des chevaliers allemands. La terreur se répandait en Europe. Le roi de Bohème Wenceslas, en mars 1941, écrivait au Jandgrave de Thuringe et à quelques princes allemands pour les solliciter à venir le défendre, s'ils ne voulaient
4 Hormayr, Die Goldene Chronik von Hohenschwangen.
bientôt être obligés de défendre eux-mêmes leurs vies et leurs biens sur leurs terres, aitam et res cestras in terra vestra. *
Le roi Conrad, avec le nouveau régent du royaume, l'archevêque de Mayence Siegfrid II, à Esslingen (19 mai 1241), ordonna une paix générale et la suspension de toute guerre privée j’usqu'à la Saint-Martin, sous peine, pour les délinquants, d’être traités comme des schismatiques etdes ennemis de l'Église. » Il prit la croix avec un certain nombre de princes présents et leur donna rendez-vous à Nuremberg pour le {+ juillet. L’alarme se répandit jusqu'en Danemark et en Suède. En France, la reine mère Blanche communiquait ses terreurs à son fils Louis IX, qui se contentait de répondre : « O ma mère, que la consolation céleste nous soutienne, et si les barbares viennent à nous, nous les rejetterons dans le Tartare, d'où ils sortent, ou ils nous “enverront au ciel. » Dans les églises on ajoutait aux litanies ce verset : « Seigneur, délivrez-nous de la fureur des Tar-
-tares. » Mais l'ambition et la rage des luttes civiles ne désarment pas, même dans un danger commun. Le pape et l'empereur, qui auraient dû être les premiers, comme le devoir le leur ordonnait, à prendre souci des périls de la chrétienté, sont avec leurs partisans tout à leurs passions. Ils s'accusent même réciproquement d'avoir appelé à leur secours cette diabolique engeance, qui menace de détruire le christianisme; et le rusé Batou-Khan, comme autrefois Attila dans l'empire romain, n’est pas loin de laisser croire à une pareille trahison pour en profiter.
Maître en juin de la Romagne, Frédéric Il, avec sangfroid, franchit les Apennins pour descendre par Spolète, sur Rome. C’est là seulement qu'il croit pouvoir terminer la guerre. De Spolète, il écrivait à ses ministériaux souabes