‹ Histoire d'AllemagneChapitre 104 sur 150 · MORT DE GRÉGOIRE IX · texte numérisé non relu

MORT DE GRÉGOIRE IX

queux cardinal Colonna. Celui-ci s'échappait pendant l'assaut. Frédéric, avec lui, prit la forteresse d'Albano, le monastère de Farfa, mit le pays à feu età sangetarriva à Grotta-Ferrata, une des plus importantes abbayes du territoire romain « Ne vous laissez pas, » écrivit Grégoire IX, dans cet extrême danger, aux cardinaux que Frédéric lenail encore prisonniers, « ne vous laissez pas, vous croyants, troubler par le changement apparent de ce qui arrive, Ne soyez ni abattus dans le malheur, ni fiers dans l'infortune ; ayez confiance en Dieu; supportez avec patience les épreuves qu'il vous envoie. La petite barque de Pierre peut de temps en temps étre assaillie par des vents contraires et par les coups de de la tempête : mais, bientôt, au souffle impérieux de Dieu, le calme succède à l'orage, el, échappée aux vagues écumantes, elle glisse en paix et saine et sauve sur la plaine liquide apaisée et soumiset.» Deux jours après, ce vieillard de quatre-vingt-dix-neuf ans, prisonnier dans Rome pendant la mauvaise saison, souffrant depuis longtemps de la pierre (ealeulosus), le 22 août, à Latran, succombait moins aux fatigues de la lutte et à la crainte de la défaite, qu'au défaut des eaux fortifiantes de Vilerbe, où il allait tous les ans se retremper pour le combat. Il mourait, a dit Gregorovius, comme un général d'armée, regardant l'ennemi en face. Anmibal était aux portes; il ne céda qu'à la mort.

# Ruyoald, Ann. ecol., année 4241.

La chrétienté sans pape pendant deux ans. — Inquiétudes des princes et des peuples. — Élection d'Innocent IV. — Négociations inutiles avec Frédéric. — Révoite et siège de Viterbe. — Fuite d'innocent IV à Gêues et à Lyon (1242-1245).

« ]lest mort, » écrivit Frédéric II aux souverains de l'Europe, en parlant de Grégoire IX, « il est mort celui qui voulait renverser Auguste, qui refusait la paix à la terre et perpétuait la discorde dans l'Église. Nous aurions souhaité que le Ciel prolungeât ses jours jusqu'à ce que notre véritable mère, l'Église, et l'empire romain, à la tête duquel nous sommes par la grâce de Dieu, fussent réconciliés. Ce sera une consolation pour la chrétienté affligée de voir élever au Saint-Siège un homme selon son cœur, qui répare le mal fait par Grégoire et qui donne la paix au monde. Si celui-ci ne nourrit pas contre nous les mêmes intentions perverses, nous sommes prêt à donner à luiet à la foi catholique, à la liberté et à la défense de l'Église, notre concours le plus dévoué ‘. » El, pour faire croire à ses bonnes intentions, Frédéric quitte le territoire romain, cesse les hostilités, se retire dans le royaume de Naples et délivre de prison deux des cardinaux faits prisonniers, qu’il y retenaitencore après avoir relâché les prélats français, mais à la condition qu'ils reviendraient au cas que le cardinal-diacre, Otto de Préneste, qu'il préférait, ne fût pas élu.

Le conclave, composé de dix cardinaux etenfermé au Septisonium, selon l'habitude (26 octobre 1341), par le sénateur

4 Pierre de la Vigne, I, 11. — H.B., V, 1165.

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