FUIT D'INNOGENT IV A GÊNES ET A LYON
comte de Toulouse à Gênes, assurer le pape qu'il était disposé à exécuter le traité. Mais le pape était libre, dans une ville libre, malgré la flotte pisane que l'empereur voulait envoyer contre Génés! Il refusa et envoya demander à Louis IX un asile dans une des villes de son royaume. Ce n'eût pas été la première fois qu'un pape eûL trouvé un refuge en France. Malgré les antécédents, le roi de France, qui assistait alors avec sa mère, Blanche de Castille, à un chapitre général de l'ordre de Clleaux, désireux de garder la neutralité dans un semblable conflit, opposa la nécessilé pour lui de consulter ses barons. Malade, Innocent se fit transporter dans un cloître cistercien des Apennins. Pendant les trois mois qu'il y resta, ayant jeté son dévolu pour asile sur la grande et libre cité de Lyon, qui était à la portée de la France et de l'Angleterre, de l'Espagne et de l'Allemagne, pour y réunir le concile qu'il méditait, il traita avec cette ville, et quand il fut guéri et sûr de son rez fuge, il partit : « Mes fils, écrivit-il aux Génois je veux aller à Lyon, afin de faire connaître avant de mourir aux princes et aux prélats dans quelle misère gémit l'Église. Si je ne puis aller à cheval, je m'y ferai porter, » Il partit sous la protection du marquis Manfred de Careto. Alteint encore, en route, par le mal qui le poursuivait, il descendit en dépit de lout, à dos de mulet, les pentes des Apennins, hébergé de couvent en couvent, arriva à Asli, où le peuple demanda sa bénédiction, et rejoignit ses cardinaux à Suse. Là, sous une escorte fournie par Amédée de Savoie, il franchit le col alpin du mont Cenis, à travers la neige a moncelée, redes- -cendit la vallée de l'Are, arriva sur le Rhône à la Haute- Combe, etentra enfin, le 2 décembre, dans Lyon. Derrière les murailles de cette ville, il mettait la chrétienté entre lui et Frédéric et changeait ainsi toutes les conditions de la luite.
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Le concile de Lyon et la diète impériale de Vérone en 4245. — Les Kharismiens à Jérusalem. — Déposilion de Frédéric II. — Les deux ad versaires en appellent à la chrétienté, — La théorie impériale et la théorie pontificale. — Inutile médiation de Louis IX (126).
La ville de Lyon n'était pas seulement, par sa situation géographique, admirablement choisie pour être la résidence d’un concile. Depuis Frédéric Barberousse et Henri VI, qui avaient visité cette cité, ses liens de vassalité avec l’empire s'étaient singulièrement relâchés. Aucun acte de Frédéric IL ne les avait rappcelés. Elle jouissait d'une autonomie véritable, avec son archevêque, qui était cependant assez puissant, et malgré le voisinage du roi de France, qui Ja convoitait. Celui-ci était à proximité, au moins, pour y protéger une réunion d'évèques chrétiens; et le duc de Savoie, gardien des Alpes, pouvait se mettre au besoin entre elle et l’empereur. C'était donc en pleine sécurité que le pape Innocent IV convoquait, en décembre 1244, les rois, prélats et princes, à venir « lui prêter conseil et secours dans l'intérêt du royaume de Jérusalem, de l'empire grec en péril, et à cause des menaces des Tartares et autres contempteursde la foi, et de la lutte entre l'empire et l'Église t.»
Les affaires de l'Orient n’étaient pas en effet sans préoccuper réellement le pape Innocent IV. Les barons de la Terre Sainte et les Templiers, ennemis des Hohenstaufen, avaient saisi le prétexte de l'absence de leur roi Conrad, qui, en Allemagne, comme roi des Romains, n'avait pas entore mis le pied dans son royaume de Terre Sainte ; ils lai