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LUTTE D'INNOCENT IV ET DE FRÉDÉRIC 11 DANS L'EMPIRE

Lombardie et dans les villes et-châteaux de la Toscane et des Marches, où les factions étaient toujours en présence. La lutte des Guelfes et des Gibelins y reprit avec fureur. Le pape croyait être sûr du Centre de l'Italie, où, en son nom, le cardinal Renier Capocci tenait le patrimoine de Saint-Pierre, le duché de Spolète et la Marche d'Ancône. Mais il fallait donner une sanction à la double déposition de Frédéric dans le royaume de Sicile et en Allemagne.

Le 26 avril 1246, Innocent adressa un décret aux sujets napolitains et-siciliens de Frédéric, pour les exhorter à secouer le joug de « ce second Néron, de ce maître en tromperies, corrupteur du monde, contempteur de la foi et persécuteur de l'Église. » 11 làcha dans le royaume les moines mendiants pour le soulever contre lui, et envoya trois cardinaux pour les recevoir dans le sein de l'Église et sous l'obédience pontificale. En même temps, un légat ardent et énergique, Philippe, évêque de Ferrare, « grand latteur etirascible, vrai fils de Belial, dit Salimbene, » passa les Alpes avec beaucoup d'argent, pour activer les intrigues que les archevèques des bords du Rhin avaient déjà commencées, en vue de l’élection d'un nouvel empereur.

Frédéric ordonna en hâte à son fils Conrad de repasser les Alpes, à travers les territoires du duc de Savoie, et de regaguer les bords du Rhin. Lui, il resta en Italie avec le marquis de Lancia et son fils préféré Enzio, et il fit venir l'argent, dont il avait surtout besoin pour la lutte, de Naples et de Sicile, qu'il fl soumettre à une surveillance terrible. De retour de Turin en Lombardie, il profile avec habileté de la rencontre qu'il fait des représentants que Venise avait envoyés à Lyon, poursigner avec cette république une paix qui était également utile à celle-ci et à l'ltalie méridionale, Eccelin de Romano, son allié dans la Marche

Trévisane, met ses podestals dans la plupart des villes, for tifie les passes des montagnes, multiplie les forteresses et surtout les prisons pour maintenir le territoire dans la terreur. Mais une conspiration occulle répond à cette oppression. Elle se noue dans une ville qui jusque-là avait èté toute gibeline, et de là elle semble faire trembler le sol italien sous les pas de Frédéric dans toute la longueur de Ja péninsule.

Un beau-frère du pape Innocent IV, Bernardo Orlando, fort influent avec les siens dans Parme, avait gagné le podestal impérial de cette ville, pratiqué la guelfe Plaisance, agite la ligue lombarde, les provinces du centre et le royaume du midi de l'Italie, pour susciter partout à la fois. unsoulèvement. Le vicaire impérial de Toscane, Pandolph Fasanella, le grand juge de cour, Jacques de Morra, et les San-Severini à Naples en étaient. Le Cardinal Renier, qui occupait les terres de l'Église, donnerait le signal. Avec les troupes papalines, il envahirait le royaume de Naples et donnerait la main au capitaine général André de Cicala, qui se mettrait à la tête des Siciliens agités par les frères mendiants. On promeltait la couronne de Sicile au podestat de Parme, Ubaldo Francesco, qui, selon l'expression dlinnocent, « de partisan de l'infâme tyran était devenu un soldat du Christ. » Il s'agissait même, on l'assura du moins, de se défaire de Frédéric, d'Enzio et d'Eccelin. Le bruit de l'as: sassinat de l'empereur courut jusqu'en Allemagne. La tra” hison d'un des conjurés qui, au camp de Grosseto, découvrit tout au comte de Caserte, fit tout manquer. Ceux du centre s'enfuirent à Rome, ceux dé Naples aux châteaux forts de Scala et de Capoccio, d

Laconspiralion parut élouffée partout aussitôt que connue. Enzio contint la ville de Reggio en emprisonnant ou déca=

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