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CONSPIRATION DE PARME

pitant les chefs de la faction guelfe et chassa de Parme tous les partisans du pape, Un lieutenant de Frédéric battit, à Asoli, le cardinal Renier et les rebelles d'Assise et de Pérouse; cinq cents prisonniers furent envoyés aux forteresses de Sicile. Un autre fils naturel de l'empereur, Frédéric d'Antioche, raffermit la domination impériale à Florence et en Toscane. Frédéric lui-même se précipita dans le royaume de Naples et emporta les deux châteaux de Scala et de Capoccio, où les révoltés s'étaient réfugiés. Quelques prisonniers mis à la torture dirent que le pape avait été l'instigateur de l'assassinat en même temps que de la révolte. « O honte! s'écrie Frédérie, se peut-il que le pape ait conçu un pareil forfait !» Ses vengeances furent terribles. Cent cinquante hommes, quarante otages lombards, vingt-deux femmes ou filles furent précipités à Palerme dans des prisons souterraines. On ne les revit jamais plus. On coupa le nez et la main droite, on creva les yeux à la plupart des prisonniers. Frédérie tenta de justifier ces cruautés en accusant le pape de l'avoir voulu faire assassiner, Innocent lui renvoyasans preuve la même aceusation. Mais, tandis que Frédéric comprimait l'Italie, l'Allemagne faillit lui échapper.

On sait que les grands archevèques du Rhin avaient travaillé auprès du landgrave de Thuringe, Henri Raspon, pour faire de lui un anti-césar, L'invitation formelle adressée par le pape, après le concile de Lyon, aux princes de l'Allemagne de pourvoir le plus tôt possible à ce qu'il appelait la vacance de l'Empire, l'arrivée à Wurtzhourg du robuste légat, Philippe de Ferrare, muni de 15,000 murcs d'argent pontiical, produisirent leur effet, Le 22 mai 1246, À Weitshoheim, près Wurtzhourg, le landgrave Henri Raspon était élu empereur par les trois archevèques du Rhin, parsix

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évêques du Midi de l'Allemagne et d'assez nombreux seigneurs ou chevaliers de la Hesse et de la Thuringe. Il est vrai, ni le roi de Bohème, ni les grands princes terriens, comme les ducs de Saxe, de Bavière, de Brabant, de Brandebourg, de Misnie, ne se trouvaient là. Mais le remuant archidiacre Albert de Beham, qui, pendant quelque temps, n’agissait plus que sous terre,se remeltait ouvertement de la partie et entraînait les évêques de Freisingen, le chancelier même de l'empire Sifrid, de Ratishonne, l'évêque de Bamberg et quelques chevaliers souabes. Il rallumait les feux de la guerre civile. | | Dans cette nouvelle compétition à l'empire, les villes et cités allemandes apparurent sur la scène politique et y jouèrent un rôle bien plus important que dans les conflits précédents. Elles y remplacèrent presque les grands princes laïques, qui restaient dans l'indifférence ou la neutralité. En effet, depuis que la politique de Frédéric IT et de son fils Conrad, changeant à leur égard, leur prodiguait les libertés, privilèges et chartes qui leur étaient si précieuses, les princes ecclésiastiques de l'Allemagne faisaient concurrence à la nouvelle politique impériale. Ils s’efforçaient, soit en prévenant, soit en confirmant la générosité du souverain, de les reconquérir à leur cause. Ainsi l'archevêque Siegfrid d'Eppstein faisait confirmer par le pape même, en faveur de Mayence, toute une constitution qui donnait presque à cette ville une municipalité et une administration autonome. L'évèque de Strasbourg en faisait autant pour sa résidence qui acquiert alors la plus grande partie de ses libertés «. Erfuth passait au pape, en obtenant la confirmation de ses privilèges par l'évêque de Mayence. La forte et puissante

# Bœhmor, Reg. d'Inn., a° 22. — Schœpflin, Als. dipl., I, 341.

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