‹ Histoire d'AllemagneChapitre 120 sur 150 · ÉLECTION ET MORT DE HENRI RASPON · texte numérisé non relu

ÉLECTION ET MORT DE HENRI RASPON

encore de travailler les prélats de la Bavière et de l'Autriche, les évêques de Freisingen et de Passau et le vieil archevêque de Salzbourg, Eberhardt; les présents, les promesses et les menaces, l'excommunication,rien n'y fil. Ce dernier, dont la fidélité aux Hohenstaufen avait duré près d'un demi-siècle, mourut encore excommunié , le 4er décembre 4246. Vingt années durant, on put lire sur son tombeau la condamnation de l'Église. La reconnaissance de ses fidèles l'honora pendant le même temps du surnom, beau pour un évêque, « d'ami des pauvres. » Désappointé de n'avoir rien pu obtenir de celui-ci, Albert de Beham revint à la Chargé auprès du duc de Bavière. Il lui offrit de faire déclarer non avenues par le pape les flançailles de sa fille avec Le roi Conrad, de trouver à celle-ci un plus noble époux. Il fit jeter l'interdit sur le duché, où l'on vit bientôt tout en feu. La haute et la petite noblesse avec une partie du clergé prennent les armes pour le pape; les villes se déclarent pour les Hohenstaufen.Tout étantainsi préparé, l'anti-césar, Henri Raspon, voulut entraîner tout le duché par sa présence. IL lui importait d'avoir la Bavière pour donner à travers les Alpes la main aux Lombards. En janvier 1247, au milieu de l'hiver, il vient mettre le siège devant la ville d'Ulm, pour passer le Danube et de là, s'il devenait maître de cette ville, se jeter par le Tyrol en Italie, Mais les bourgeois résistent avec opiniâtreté et l’arrêtent.

Encouragé par ces nouvelles, qu'il recut au retour de son royaume du midi, à Crémone, au commencement de 1247, Frédéric crut un instant pouvoir achever sa victoire en Allemagne. Dans cette vue, il confirmait son alliance avec le comte de Savoie, Amédée, par les fiançailles de la fille de celui-ci, Béatrice, avec son fils Manfred ; ilcomblaitde faveurs le dauphin du Viennois, pour gagner son concours, et deman-

dait leur assistance à deux des hauts barons français disposés à l'aider dans salutte contrele clergé. Aller dans la ville du concile à Lyon, en empereur, relancer le pape, s'y défendre des accusations d'hérésie lancées contre lui par son adversaire, et, là, « dans une entrevue solennelle, face à face avec lui, devant les nations transalpines », imposer en personne et en force la paix au pape, pour se jeter ensuite dans la vallée du Rhin, tel était son but ?. Innocent effrayé, mais toujours inébranlable, écrivit aux archevêques, évêques et abbés français de venir l'appuye de leur présence, et à Louis IX et à sa mère Blanche de Castille, de tenir unearmée prête pour défendre l'Église de Dieu, si l'on voulait entreprendre quelque chose contre lui. Ses craintes étaient d'autant mieux fondées qu'il apprenait bientôt la mort subite de Henri Raspon. Découragé par la résistance des bourgeois d'Ulm, par le froid et le manque de vivres, Raspon avait levé le siège et était retourné malade en Thuringe et au château de Wartbourg, autrefois un séjour de fête, qui prit, le 5 février 1247, le deuil d’un prétendant qui avait donné plus de preuves d'ambition que de capacité. L'empereur Frédéric croyait d'autant mieux tenir le pape à merci, quand l'Ilalie, à son tour, l'arrèta encore sur le point de passer les Alpes.

Le 16 juin 1247, des bannis récemment expulsés de Parme, se précipitent la croix sur l'épaule, aux cris de Jesu, Maria, dans la cité,y créent un podestat à leurconvenanceet chassent la garnison impériale. Aussitôt de Plaisance, de Milan, avec le légat Montelongo, de Mantoue, de Gênes, de Ferrare, avec le marquis d’Este, des chevaliers, des hommes armés, des guelfes arrivés en force, font de la ville surprise la citadelle

{ H, Br., VI,528, 554. — Pierre dela Vigne, Il. 49: Solemni colloquio celebrato j:resentaliler et potenter in adversarii facie coram lransalpinie gentlibue.

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