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DISSOLUTION DES DUCHÉS DE SOUAUE ET FRANCONIE

d'agir ei faveur de Conrad et de Frédéric. » Les clercs, en revanche, prêchaient la croisade contre les partisans des Hohenstaufen, des hérétiques ; ils promettaient à leurs ennemis les mêmes indulgences que pour aller à Jérusalemt. Ce qu'il y avait de plus clair dans la Franconie et dans la Souabe, à la suite deces divisions, c'était l'achèvement de la dissolution de ces deux dnchés autrefois pleins de cohésion etde puissance et maintenant déjà presque en morceaux.

Il n'y eut de lutte armée entre les partisans de l'empereur et de l'anti-césar qu'à propos d'Aix-la-Chapelle, Plus puissant dans le nord-ouest de l'empire, où il avait parenté en Brabant et en Hainaut, Guillaume de Hollande fitélever par des Frisons enrôlès comme croisés, contre la ville frédéricienne, une digue qui menaça de la mettre sous

l'eau. Les bourgeois se rendirent et reconnurent l'anti-césar, à la condition de conserver leurs vieilles libertés et leurs

privilèges. Le Hollandais se donna la satisfaction de commander une couronne qu'il ceigoit dans la ville de Charlemagne, à la place de celle qui était entre les mains de Frédéric. Mais, du fond de ses marais, ce César n'était qu'à rs tête de l'anarchie dans laquelle commençait le démembrement général de l'Allemagne en principautés féodales. On ne le voyait que trop partout.

Surles bords du Rhin, après la mort de l'archevêque Siegfrid I, une compétition eut lieu pour Ja puissante principauté ecclésiastique de Mayence entre l'archevéqie de Cologne, qui aurait voulu la réunir à la sienne, un candidat du pape et un Christian d'Eppstein, qui finit par l'emporter, Dans le sud-est et l'est de l'empire, en Autriche et en Bo-

4 Raynald, Ann, eccl.; lettres d'fnnocent IV, 1248. — Bæœhmer, Chron, Erphord., 11, p, 401. — Alb. Slad., Chron., anaée 1248.

hème, mêmes désordres. La mort de Frédéric le Batailleur en Autriche avait été aussi le signal de la lutte entre le parti clérical et le parti impérial. Frédéric veut nommer dans le pays, comme lieutenant et capitaine, Otto de Bavière; le pape lui oppose Hermann de Bade, un de ses partisans, «son flls chéri», en lui faisant épouser Gertrude, déjà veuve de son mari bohémien ; et il prétend, au mépris de tous les droits impériaux, le faire duc du pays. L'empereur Frédéric jette sur eux les Hongrois, quiles chassent, et charge le margrave de Goritz, Meinhard, de gouverner le pays pendant cet interrègne ducal. L'anarchie se déchaîne partout.

En Bohême, le roi Wenceslas espérait gagner Guillaume

en faveur des droits qu’il prétendait avoiren Autriche. Frédéric et Conrad suscitent contre lui une révolte, à la tête de laquelle se met son fils Ottokar. Le vieux Wenceslas consent à se contenter de quelques châteaux pour rester en Bohême. Mais le pape se déclare contre Ottokar et contre les Bohé. . miens rebelles ; l'évêque de Prague relève la fortune du père et ramène le fils repentant à ses pieds. Impossible de suivre les petites guerres qui éclatent aussien Souabe entre seigneurs, châtelains et ministériaux des deux partis. On escalade les châteaux; on ravage les campagnes, on brûle les couven!s ; tout le pays est en proie aux misères d’une multitude de petites guerres plus désastreuses qu'une grande.

En Italie même anarchie, plus générale et plus accentuée encore parce que les passions étaient plus vives, les intérêts des deux adversaires plus opposés, et compliqués encore par le sentiment de la résistance nationale contre l'oppression étrangère. Mais là aussi, seigneurs et villes, comme en Allemagne, vont par l’anarchie des factions et la ruine de l'autorité impériale à l'indépendance, à la division,

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