‹ Histoire d'AllemagneChapitre 123 sur 150 · ANARCHIE ITALIENNE · texte numérisé non relu

ANARCHIE ITALIENNE

au morcellementqui, des deux côtés des Alpes, succédera à l'empire.

Au centre de la Lombardie, Milan créait en faveur des seigneurs Della Torre la dignité de Capitaine du peuple, pour donner une direction plus forte au parti guelfe. Dans la marche de Trévise, le chef du parti gibelin, Eccelin,« cet homme d'iniquités, couvert de sang », bravant les excommunications poulificales, s'emparait de Feltre, Bellune, ete. A l'occident, le comte Amédée de Savoie, créé lieutenant de l'empire dans cette contrée, pourvu de fiefs d’empire, élargissait les bases de la puissance de sa maison, en soutenant l'empereur. En revanche le légat du pape, Ubaldini, de Bologne, comme d'une citadelleguelfe, dominait Ravenne, Imola, et reprenait Faenza, en face du gibelin de Palayicino, maître dans Modène, Pise et Lueques. On se battait encore aulour de Parme. C'était toujours la continuation, pôur nous monotone, de la luite des guelfes etdes gibelins. Mais les acteurs ne s'en fatiguaient pas; ils voyaient déjà au bout la liberté, avec la chute, soit de la domination alle-. mandé, soit même de la suprématie pontificale; résultat le plus certain déjà de toutes ces luttes des empereurs et des papes et de ces interminables guerres civiles poursuivies sous leurs drapeaux !

Cependant Frédérie IE trouvait partout } pape opposé à son pouvoir, en Allemagne comme en HtaligAÏ sentait la plus grande partie de l'Église derrière son advérsairé, quoiqu'il comptât des partisans même en AngleterrelébemFrance, au moins parmi Les princes laïques, et qu'il se sentit desalliés, sans les vouloir ouvertement accepter, dans les hérétiques, les patarinsetlescatharins d'Halie, de Franceetd'Allemagne. C'est pourquoi il poussa la lulte en Ltalie, en Sicile, où il prétendait alors, pour décourager son rival, se passer de lui sur le

terrain ecclésiastique et même religieux, à une intensité qui intéressait la chrétienté tout entière et qui lui donne un caractère encore plus saisissant.

Lutte de Frédéric II et d'Innocent IV à Naples. — Frédéric II a-t-il voulu se faire chef de religion et réformer l'Église avec une papauté laïque? — Fin tragique de Pierre de la Vigne. — Derniers efforts e: mort de Frédéric ; jugement sur ce prince (1248-1250).

Transportée dans le royaume de Naples et de Sicile, où Frédéric était roi, comme héritier des princes normands, et où le pape était suzerain, depuis qu'il avait créé ce royaume, la

lutte, qui était là celle d'un vassal et d'un suzerain, en même temps que celle de l'empereur et du pape, a prêté à des interprélations qui méritent d'être examinées de près et quiachèvent, en les mettant aux prises sur un terrain plus circonscrit, de nous faire connaître les deux pouvoirs et les deux rivaux.

Depuis l'élection du pape Innocent IV et sa fuite à Lyon, Frédéric II, son vassal, emporté par les ardeurs de la lutte, avait élevéune barrière presque infranchissable entre son royaume et la cour du Saint-Siège. Peu à peu, il avait restreint ou supprimé les juridictions ecclésiastiques, laissé les prélatures vacantes pour s'attribuer la perception de leurs revenus, interdit tout envoi d'argent au pape, prohibé la réception des légats et des bulles du pontife, expulsétous les moines et bénéficiers étrangers. Maître de l'administration ecclésiastique, ilne se faisait faute non plus, au spirituel, de commander à son Église, comme s'il était chargé aussi du salut des âmes, en s'appuyant sur ce texte du droit romain, princeps vero secundum leyem humanam De

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