‹ Histoire d'AllemagneChapitre 129 sur 150 · FIN DE FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

FIN DE FRÉDÉRIC

dix mille hommes pour envahir le royaume de Naples ebil répandait alors les grâces, les présents et les promesses en Sicile pour ÿ provoquer un soulèvement, Ensuite, c'était le moment où le roi saint Louis avait déterminé de s'embarquer sur la Méditerranée pour la croisade d'Orient, Le royal croisé devait passer en vue de Naples, de la Sicile. Frédéric I ne pouvait manquer d'être là, ne fût-ce que pour surveiller cette flotte du roitrès chrétien ou pour lui rendre des services. I n'ignorait pas qu'Innocent IV s'était efforcé de détourner celte croisade, des musulmans, sur l'empereur condamné par lui comme hérétique déposé. Il se rappelait que plusieurs croisades avaient ainsi dévié contre des chrétiens. I en avait écrit au saint roi, qui d'ailleurs n'était pas homme à obéir à de pareilles suggestions, étilaceusait le pape de mauvais desseins contre luietcontre toute lachrétienté «, En lous cas, Frédéric, sachant que saint Louis rassemblait sa flotte à Aigues-Mortes, avait donné ordre au comte de Caserle, gouverneur de Sicile, de recevoir le roi, s'il abordait dans l'Île, avec tous les honneurs, et de pourvoir à tous ses besoins.

Le roi s'embarqua à Aigues-Mortes, en août 1249, donnant un grand exemple à l'empereur et au pape, qu'il conjurait encore de ne pas attaquer Frédéric. Avec un grand tact, Louis IX passa, sans aborder, en vue de la Sicile. Frédéric tint ce qu'il lui avait promis. Il aida le comte de Poitiers, Alphonse, à transporter en Orient des renforts d'hommes etde vivres, même pris dans son royaume ; et il écrivit à la reine Blanche à ce sujet, pour s'excuser de n'avoir pu partir pour l'Orient etui expliquer comment il n'avait pu livrer les vivres à meilleur marché. Les deux sou-

1H, Br., VI, 10.

Lacs =

verains chrétiens d'Allemagne etde France se conduisaient dans cette circonstance avec une grande correction. L’expédition de saint Louis, destinée d'abord à Jérusalem, dont le fils de l’empereur était roi, puis dirigée bientôt contre le soudan d'Égypte, allié de Frédéric, était faite peut-être pour les diviser ; Innocent IV, qui était en correspondance avec les ennemis de Frédéric, à Jérusalem, et avec le soudan lui-même, n'élait pas sans le désirer. Mais saint Louis avait promis à l’empereur, s’il faisait des conquêtes en Orient, de ne pas toucher aux possessions de celui qu'il traitait de son allié; et Frédéric, en concluant ses trèves avec le soudan d'Égypte, avait toujours réservé le cas où un roi chrétien arriverait lui-même en croisé en Orient. Une tempête, qui assaillit la flotte chrétienne et française en vue de Chypre,devait décider saint Louis,qui avait longtemps hésité, à débarquer à Damietie en Egypte, dans la fameuse expédition où il allait être fait prisonnier.

Frédéric 11 avait appris, peu de temps après être arrivé dans le royaume de Naples, la nouvelle d'un échec et d’une perte bien sensibles pour lui. Le légat pontifical Grégoire de Montelongo, de Milan, où ilenflammait la ligue lombarde, et le: cardinal Octavien, de Bologne, s'étaient entendus pour réunir les guelfes lombards aux Romagnols et aller relancer le fils de l'empereur,Enzio, dans Modène. Celui-ci, avec les chevaliers allemands dont il pouvait disposer, avait marché au-devant d'eux. Il avait rencontré ses adversaires à Fossalta ‘26 mai); mais il avait été battu et fait prisonnier avec ses chevaliers et douze cents hommes.

A ces nouvelles, Frédérie II jette un cri de douleur et de rage : « Le malheur ne nous ébranle pas, » écrit-il aux Modenais :« la destinée dela guerre est changeante etilnous a été donné plénitude de fils. » —« Ne croyez pas, » écrit-

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