JUGEMENT SUR FRÉDÉRIC
mand et romain de ses prédécesseurs, quoiqu'il fit déjà remonter son pouvoir au delà de Charlemagne. Son fils Henri VI, le premier, commença à mettre celle conception en phil, en changeant l'axe de la puissance impériale. 1 réunit en effet. la royauté de Naples et de Sicile à celle de l'Allemagne: il forma le projet de joindre par la conquête l'empire grec à son empire, el comprit déjà même l'Orient et Jérusalem dans les universelles visées de son ambition. Mais c'est bien son héritier à Naples, Frédérie LE, qui a tout compromis avec ses jurisles: en reculant les origines traditionnelles de l'empire jusqu'à Constantin et àThéodose, en lui faisant dépasser ses limites précédentes, pour l'universaliser dans l'espace après l'avoir reculé dans le temps, il a fait de l'empire une conception nouvelle et monsirueuse, qui pour avoir tout voulu embrassér a tout perdu. Cet empereur, en même temps roi de la Bourgogne, qu'il tient de ses prédécesseurs, roi de Naples “ de Sicile, qui est son héritage, roi de Jérusalem,
quis, suzerain du royaume de Sardaigne, qu
un instant gendre de l'empereur latin de
ensuite beau-père de l'empereur grec de Ni
former la théorie, encore vague, de l'anivefsalité chrétienne de son pouvoir, en une réalité: à l'empire que ses prédécesseurs avaient obtenu du Saint-Siège, il substitue un autre empire lout politique et de raison, relevant plutôt de l'ancien empire romain que de l'union germano-chrélienne des Otton, et de Sylvestre IL Dans son esprit et sous sa main ce nouvel empire embrasse le monde connu tout entier ; Frédéric IL est moins un successeur de Barberousse .qu'un Trajan, un Auguste. Il fait de la Méditerranée même le centre d'une puissance énorme qui étend ses bras de la mer de Sicile à la Baltique, avec l'Ordre Teulonique trans-