‹ Histoire d'AllemagneChapitre 135 sur 150 · IMPUISSANCE DE GUILLAUME DE HOLLANDE · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE DE GUILLAUME DE HOLLANDE

était partout? En l'absence du jeune Henri, nommé duc d'Autriche mais encore éloigné, les rois de Bohème et de Hongrie faisaient leur main dans le pays. Dans la Thuringe, le margrave de Misnie, Henri, neveu dé Raspon, et la duchesse de Brabant, sa fille, se disputaient l'héritage de eelui-ci. Dans la Souabe et dans lés contrées du Rhin, les princes, seigneurs et ministériaux, sous le nom et le manteau des factions ecclésiastiques où impériales, poursuivaient leur but, qui n'était autre que de s'emparer des débris des biens impériaux et de ceux des Hohenstaufen déjà bien diminués. Partout les métairies étaient en feu, les champsravagés. « Les marchands », dit un contemporain, « n'osaient plus sé ris+ quer sur les grandes routes; loute autorité générale était à vau-l'eau, tout ordre disparaissait là où une puissante maison et une forte cité nese trouvaient pour garantir de l'orage leurs domaines particuliers. »

Conrad IV put juger des sentiments de l'Allemagne au sujet de son expédition, à la diète d'Augsbourg. Bien peu de princes s’y rendirent. Ils étaient hostiles ou indifiérents à l'ambition impériale au delà des Alpes. Le royaume de Naples était l'affaire de la maison des Hohenstaufen, Les trésors et les richesses autrefois si considérables de la famille, les biens et les fiefs d'empire prodigués par elle, étant passés déjà en d'autres mains, le fils de Frédéric Il ne pouvait plus guère disposer que de quelques biens hérédilaires, acquis autrefois par Frédéric Barberousse, et de privilèges impériaux, au profil des villes de l'Allemagne méridionale et du haut Rhin, pour avoir de l'argent et des hommes. On comprend que Frédéric H, élevé dans la Sicile, ait tont sacrifié pour le pays de ses souvenirs d'enfance et de ses passions d'homme. Mais Conrad IV, bien que né en ltalie, avait été élevé en Allemagne; il y résidait

depuis longtemps. Le royaume de Naples avait été épuisé par les guerres de Frédéric ll. C’élait sacrifier l'Allemagne, sa vie peut-être, à une cause qui semblait perdue. Pouvaitil faire mieux que n'avait fait son père? Après avoir nommé régent de l'empire en son absence son beau-père, Olton de Bavière, Conrad IV, avec une petite armée allemande, comptant davantage sur les Italiens, franchit, après tant d'autres empereurs encore plus puissants, la crête des Alpes, en novembre 1251, et arriva à Vérone à la fin de ce mois.

Comme l'avait fait souvent son père, il réunit à Crémone Eccelin de Romano, le marquis Oberto Palavicini, légat impérial, et quelques envoyés des villes gibelines, dans l'espoir d'augmenter sa chétive armée allemande avecassezd'Iitaliens pour se faire jour à travers la péninsule jusqu'à son royaume méridional. Mais les guelfes de la Lombardie resserraient leurs lignes, ceux de la Romagne, de la Toscane et des États de l'Église, animés par la présence du pape, se disposaient à lui barrer le chemin; et Eccelin de Romano, come les villes gibelines, ne poursuivaient plus sous le drapeau des Hohenstaufen que leurs propres intérêts. Conrad IV renonça donc à la voie de terre et, traversant Venise, alla attendre sur les bords de l’Adriatique seize galères que lui amenait le chancelier du royaume de Sicile Gautier d'Ocra. A la fin de décembre en effet, ces galères le prirent à Pola et le débarquèrent à Manfredonia, où il tomba dans les bras de son frère Manfred.

L'urion qui régna d'abord entre Conrad IV et Manfred, comme si le même sein eût porté ces deux frères de père (ac si ambos unus uterus peperisset), contribua d'abord à ramener tout le royaume à l'obéissance. Aquino, Suessa, San-Germauo, Capoue même ouvrirent leurs portes. Naples seule ferma les siennes. Elle résista plusieurs mois aux Al-

Et LE .

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