‹ Histoire d'AllemagneChapitre 137 sur 150 · MORT DE CONRAD 1V ET D'INNOCENT IV · texte numérisé non relu

MORT DE CONRAD 1V ET D'INNOCENT IV

pour se servir, en Italie, de Guillaume, qui n'avait plus de rival en Allemagne. Mais il s'aperçut bientôt qu'il n'était pourlui, comme pour ses sujets, qu'un fantôme d'empereur, C'était, de sa personne, un chevalier brave, doux de caractère, pur demæurs. Il s'efforçait, en Hollande et en Flandre, de faire régner la paix entre ses vassaux. 11 prenait au sérieux son rôle d'anti-césar et de « roides prêtres » (Pfaf- Jenkænig). On le voyait, en long manteau de laine et les pieds nus, aller d'église en église. Mais on ne le prenait pas au sérieux. Il avait, dans une diète réunie près de Francfort, enlevé aux Hohenstaufen le duché de Souabe avec tous leurs fiefs el biens, ainsi qu'à leurs partisans. Mais un chacun se jetait sur ces biens ainsi que sur ceux de l'empire. C'etait la maladie du temps. Les archevêques du Rhin euxmêmes ne respectaient guère leur protégé. L'archevêque de Trèves ne voulait pas entendre parler de lui sur son territoire, Aidé d'un légat pontifical, Guillaume voulut un jour forcer l'archevêque de Cologne à mettre en liberté l'évêque de Paderborn, son prisonnier; l'archevêque le surprit et faillit le brûler avec le légat dans une chaumière, Un simple chevalier enleva un jour sa femme en voyage près de Trifels, en Alsace, la dépouilla de ses joyaux et la relint quelque lemps prisonnière. Dans son duché même, il n'était guère plus respecté. À Utrecht, on l'assaillit lui même avec des pierres. Commentattirer en [talie ce roi des prêtres qui était si peu maître chez lui !

Toujours opiniâtre dans ses desseins et fertile en ressources, qu'il varie selon les circonstances, Innocent IV, de la ville d'Anagni, après la mort de Conrad, revendique le gouvernement du royaume pour l'Éxlise, à la réserve des droits du jeune Conradin, qu'il offresde prendre sous sa protection. Il envoie un légat pour prendre le gouverne-

ment de Naples, en dépit de Manfred, et adresse à Guillaume de Hollande l'invitation d'avoir à passer les Alpes, pour recevoir à Rome la couronne impériale. Il lui ménagemême pour allié le fils du roi de Bohème, Ottokar, maître de l'Autriche. Quelle fertilité de moyens appropriés à toutes les circonstances changeantles ! Mais tout le monde n'allait pas de la même allure. Guillaume de Hollande ne bougea. Alors le pape, comptant encore plus sur son savoir-faire, traite avec Manfred. IL lui laisse avec le titre de lieutenant du royaume, la principauté de Tarente ; il prend la tutelle du jeune tils de Conrad IV, Conradin, laissé en Bavière, en promettant de lui garder le duché de Souabe et la régence de Jérusalem. Toute cette politique était bien complexe, non sans péril. Néanmoins, après tant de traverses et à travers tant de vicissitudes (27 octobre), Innocent se croyait au port. : L'anti-césar gardera au moins l'Allemagne; lui auralatutelle du jeune Conradin, comme autrefois Innocent III celle de Frédéric IL. Un bâtard de celui-ci sera son lieutenant. Il entre triomphant dans Naples, monté sur un palefroi dont Manfred tient la bride ; mais c’est pour y mourir quelque temps après (7 décembre), dans le beau palais que Pierre de la Vigne, son ancien adversaire, avait longtemps habité.

Intelligence politique remarquable, infatigable lutteur, aussiadroitqu'énergique, aussi souple qu'opiniâtre, mais parfois perdu dans ses complications, ce pape avait voulu élever la domination temporelle du Saint-Siège sur les ruines de la maison des Hohenstaufen, et, après avoir tant peiné, il ne laissait pas à ses successeurs l'héritage de l'Église qu'il avait eu à gouverner dans une situation meilleure que celle où Frédéric avait lui-même légué sa puissance impériale entre les mains de ses descendants.

Guillaume de Hollande assista encore quelque temps à

l'agonie, au démembrement de l'empire : sur ses frontières du sud-est, depuis la mort du dernier des Babenberg, les deux héritiers par les femmes du duché d'Autriche, OUokar I, roi de Bohème, qui avait épousé Marguerite, la veuve du roi Henri le rebelle, et le roi de Hongrie, Bela IV, qui avait épousé aussi une fille du dernier Babenberg, Gertrude, se disputaient le pays au milieu de la plus profonde anarchie. Au lieu et place de l'empereur, le pape Innocent IV, avant de mourir, ménageait entre eux ce partage de Vhéritage des Babenberg, qui donnait les hauteurs du Sommereng et la chaîne de montagnesqui court de ce sommet vers le nord et le sud, comme limites du territoire entre le Bohémien et le Hongroïs, La cour de Rome consacrait ainsi (1954) le partage de ce vieux duché en le détachant de l'empire, au grand dommage de celui-ci ainsi que du duché même. Sous la main impuissante de Guillaume, les villes en danger de tomber au pouvoir des princes et comtes voisins, s'entendaient entre elles et formaient leurs premières ligues pour se donner elles-mêmes la sécurité que l'empire ne leur procurait plus.

Après la mort de Conrad IV, les princes ne répugnaient pas à reconnaître Guillaume comme empereur. Ainsi faisaient les deux fils d'Otton de Bavière, Louis et Henri, et le fils d'Otton de Brunswick, Albert. Les villes aussi, comme Francfort, Worms, Strasbourg, Haguenau, Colmar, lui ouvraient leurs portes. 11 obtenait même du gardien du château de Trifels, la vraie couronne, la sainte Lance, les insignes et trésors de l'empire. 11 s'en montrait très fier, mais il n'en était pas plus puissant. 1l convoquait des diètes; on ne s'y rendait point. IL nommait un grand juge de cour ou lieutenant de l'empire; on ne reconnaissait ni sa juris diction, ni son autorité. En janvier de l'année 1256, il faisait,

à la tête d'une petite armée, une expédition contre les Frisons rebelles, pour les obliger à recevoir ses officiers et à lui faire satisfaction de quelques résistances. C'était en janvier. Les marais du pays étaient gelés. Il s’'avança lourdement armé, à la tête des siens, sur son cheval, quand la glace se rompit sous ses pas. Les paysans, qui étaient cachés dans une embuscade, l'entourèrent et le massacrèrent (28 janvier 1256). Ceux qui purent fuir s’échappèrent, la petite troupe se dispersa. Ce souverain impuissant fut enseveli secrètement sur le seuil d'une maison particulière à Hoogwoode et attendit là jusqu’en 1982 que son fils Florent le découvrit et tît transporter ses lristes restes dans le cloître de l'église de Middelbourg.

Les fantômes d'empereur Richard de Cornouailles et Alphonse de Castille. — Manfred roi de Sicile. — Clément IV appelle Charles d'Anjou. — Bataille de Bénévent. —- Mort de Manfred (1266).

Les deux chefs de l'Église et de l'empire, pape et empereur, allaient être renouvelés en même temps et dans des circonstances également difficiles. Dans la ville de Naples, conquise pour l'Église, les cardinaux se hâtèrent de donner un successeur à Innocent IV. Leur choix tomba sur un membre de la famille des Conti, un neveu de Grégoire IX, Reginald, évêque d'Ostie et de Velletri. 11 n’était pas de la trempe de son oncle, c’élait un homme bien en chair, modeste, paisible, gai, affable et bienveillant 1. Ce n'était point l’homme de la circonstance.

1 Voir dans Martene, Thes. nov., p. 732; la Chronique de saint

Bertin, a dit de lui : Vir placidus, carnosus, humilis, jocundus, affabilis et benignus.

Innocent IV avait laissé, malgré son triomphe apparent, les affaires en mauvais état entre les mains des cardinaux. Le nouveau vassal du Saint-Siège, Manfred, s'était bientôt aperçu qu'il faisait un mélier de dupe. En recevant son serment, Innocent IV, pris dans ses complications, n'en avait pas moins pressé le roi d'Angleterre de lui envoyer enfin son fils Edmond pour ceindre la couronne de Sicile. Le fils de Frédéric I, entouré d'ailleurs d'embûches, avait donc pris son parti résolument. Surveillé par les cardinaux, il s'était échappé d'Acerra, de nuit, avec quelques compagnons el avait traversé les montagnes d'Apulie, sans route tracée. Tantôt hébergé, tantôt repoussé dans les châteaux du parcours, quelquefois poursuivi, il était arrivé par la pluie sous les murs de la citadelle de Lucera, la colonie de Sarrasins fondée dans le royaume par son père. Le commandant avait reçu de Naples l'ordre de ne point ouvrir les portes. Mais le fils de Frédéric 11 s'était montré aux Sarrasins attroupés et il faisait mine de se glisser sous une porte par une ouverture pratiquée pour l'écoulement des eaux, quand les soldats favoris de son père enfoncèrent la porte, prirent le royal fagitif sur leurs épaules et l'emportèrent dans le palais de la ville. Alors, avec ses Sarrasins, il était retourné sur Foggia et avait dispersé les papalins envoyés contre lui, pour revenirreprendre Naples.

Alexandre IV continuait la politique de son prédécesseur; il en vit bientôt les dangers. Il pressait le roi d'Angleterre Henri If, qui avait prélé serment pour son fils, Edmond, de lui envoyer de l'argent et des hommes en [talie comme pour une croisade ; il assura la duchesse veuve de Bavière, tutrice de Conradin, dela protection du Saint-Siège pour ce jeune prince. Mais celle-ci et ses deux fils, l'un duc de Bavière et l'autre comte palatin, ne se laissant pas circon-

venir préférèrent reconnaître Manfred comme tuteur. Celuici, protitant de la victoire de Foggia, soumit une province après l’autre ; et, bientôt, Alexandre, IV ne se croyant plus en sûreté dans les murs de Naples, s'enfuit avec sa cour d’abord à Anagni, puis à Rome, où il fut si mal reçu par le peuple, qu'il retourna comme son prédécesseur à Viterbe.

C'était une victoire complète pour le fils de Frédéric I : Naples et Capoue même lui ouvrirent leurs portes. Il passa alors dans la Sicile qui l’appelait, entra dans Messine, dans Palerme ; et, comme, juste à point, on lui apportait la nouvelle de la mort de Conradin, il se fit solennellement couronner roi à Palerme par l'archevêque de Girgenti (11 août 1258). Une ambassade, envoyée par la duchesseet les princes bavarois, en lui annonçant que Conradin vivait encore, vint réclamer les droits du légitime héritier. Mais Manfred déclara que, ayant conquis ce royaume sur les armées pontificales, il le garderait jusqu’à sa mort pour le haisser à Conradin, et se chargeait d’ailleurs, si l'on voulait, de prendre en garde et d'élever celui-ci. On ne peut pas dire qu'il fit là une action bien légitime, puis qu'elle était contraire au testament de Frédéric Il. Mais, dans les circonstances où il était, elle était peut-être explicable; au moins elle réussit pour un temps. Le roi d'Angleterre, ayant affaire chez lui à ses barons et à son clergé révoltés, gardait pour lui la flotte et l’armée qu'il avait d'abord rassemblés pour faire de son fils Edmond le roi de Sicile. Manfred se fit reconnaitre sans difficultés des deux côtés du phare. I semblait au moins recueillir au midi de l'Europe une épave du grand naufrage de la famille des Hohenstaufen.

Il n’en était pas de même pour le jeune Conradin en Allemagne, où cette illustre race avait pris naissance. Quand on songea à remplacer Conrad IV mort, Conradin était en

Bavière, à la cour de la veuve d'Otton l'Hlustre, dont les deux fils Louis et Henri se partageaient l'héritage, c'est-àdire le Palatinat et la Bavière, Dépouillé de la Sicile, pouvait-il avoir l'empire? Il était encore bien jeune pour ambitionner cet honneur et ce péril. La duchesse de Bavière et ses deux fils ne paraissent avoirrien fait pour lui assurer une couronne, dont ils eussent porté tout le fardeau. L'eussent-ils voulu, ils n'auraient point réussi. Lepape Alexandre IV eut soin de faire parvenir en Allemagne la défense, sous peine d'excommunication, de porter au trône le dernier enfant légitime de la race que la cour de Rome poursuivait de sa malédiction, Les princes et les peuples d'Allemagne même étaient-ils d'humeur à risquer de faire un choix qui eût déchainé de nouveau la guerre civile ? Les uns et les aulres avaient d'autres soucis.

Sans doute, quand l'anarchie de ce qu'on a appelé le grand interrègne commença, le souvenir de la puissance impériale si longtemps respectée et le besoin d'une autorité supérieure, pour maintenir l'ordre et la paix, étaient encore assez grands pour qu'on nelaissât pas la couronne à terre. Mais d’abord quel prince se souciait de la relever pour la mettre sur sa lête ? Quelques princes du Nord songèrent au margrave Ollon de Brandebourg ; ils le désignèrent dans une diète préparatoire en Saxe. Mais il ne fit rien pour soutenir cette désignation. On songea aussi à un prince puissant, Ottokar de Bohème. Celui-ci avail assez à faire, en réunissant l'Autriche à l'héritage paternel, de constituer celte nouvelle puissance ; il ne pensa qu'à surveiller assez l'élection pour qu'elle ne lui donnât pas un suzerain hostile et redoutable. Les villes ne demandaient qu'un choix qui évität toute discorde. Elles le firent dire aux princes. Jadis dans des circonstances semblables, c'était toujours un des

Tous V 30

grands archevèques du Rhin qui prenait l'initiative de l'élection. L'archevêque de Mayence Gerhard étant absent, à Ja suite d'une guerre privée, prisonnier du duc de Brunswick, l'archevêque de Cologne Conrad prit l'affaire en main et l'on put déjà juger, à sa façon d'agir, de ce que devenait l'empire après les Hohenstaufen.

L'archevèque de Cologne, ainsi que la ville capitale de son électorat, avaient depuis longtemps des'relations d'affaires et de commerce avec l'Angleterre. Celte considération avait dicté souvent (par exemple sous Otton IV, voir plus haut p. 5 et 6) et dictait encore à cette épogue la conduite des archevèques. L'Angleterre, nous l'avons vu, passait déjà pour un pays riche. Les papes Innocent IV et Alexandre IV avaient cherché auprès du roi Henri I des prétendants au royaume de Naples. Ce roi d'Angleterre avait un frère d’un grand renom et de grande richesse, Richard de Cornouailles. Celui-ci avait été en Orient;il s'était en-

* remis dans les querelles du sacerdoce et de l'empire pour réconcilier Frédéric I et Innocent IV. L'archevèque de Cologne s’adressa donc à ce prince en disponibilité et se fit fort de Le faire élire, moyennant finance, pour les frais de l'élection, et pour rémunérer de la peine lui et quelques autres princes. Richard de Cornouailles était très vaniteux. 11 promit à l'archevèque de Cologne 12,000 mares, à celui de Mayence 8,000 dont 5,000 serviraient à le racheter, aux deux fils du défunt duc de Bavière 18,000, à d'autres à l'avenant. Mais l'exemple futcontagieux. Jaloux desoncollègue, l'arche= vêque de Trèves chercha et trouva aussi un prétendant: le roi Alphonse X de Castille descendait par les femmes de Philippe de Souabe. La cour de France par jalousie de l'Angleterre, préférait ce candidat, qui promit d'ailleurs 20,000 mares. La couronne des Ottons, des Henri II et des Frédéric, du Saint-Empire, était mise à l'encan par les archevéquess

Après une année d'attente et deux assemblées inutiles,une double élection eut lieu (1257). L'apchevêqne de Trèves, les princes de Saxe et Brandebourg, chefs du parti castillan, pénètrent les premiers dans Francfort et y procédent à l'opéralion. Mais l'archevéqne de Cologne et les princes de Bavière, avec leurs partisans, occupent sous les murs de la ville la terre franconienne. Ceux-ci, les premiers, proclamèrent empereur Richard de Cornouailles etenvoyèrent (13 janvier) une ambassade à Londres pour y annoncer #, dirent-ils, une élection unanime. Quelque temps après, l'archevêque de Trèves et ses partisans (1 avril) proclamèrent à leur tour Alphonse de Castille. Les deux partis, si proches l'un de l'autre, n’entrèrent cependant point en lutte. Ils avaient l'argent; c'est tout ce qu'ils voulaient. Princes et villes n'avaient-ils pas assez de leurs querelles particulières, sans s'intéresser à celles des deux rivaux? Quel était le césar, quel l'anti-césar ? Nul ne chercha à le débattre de près où de loin. Les deux fantômes d'empereur allaient planer sur les ruines de l'empire sans que les princes et les villes s'en souciassent autrement que pour poursuivre, sous deux drapeaux opposés, leurs querelles ou leursintérêts particuliers.

Le haut saint-empire allemand était enseveli, avec Frédérie 11, sous le petit dôme de porphyre qui couvrait son sarcophage dans la cathédrale de Palerme. Le nom d'empereur romain germanique n'était plus qu'un titre d'apparat, auquel ne s'attachait aucune puissance réelle. Ainsi le titre de rai de Jérusalem, qui était aux Infidèles, et celui d'empereur latin de Constantinople, qui retournait alors aux Grecs par une révolution à laquelle les Paléologues ont donné leur nom. Quelle destinée pour le maître du mondet

£ Voir Busson, Die Doppeheahl; Thomas Wikes {B., £ 1):

& Le

Ces deux fantômes d'empereur se gardèrent eux-mêmes de combattre pour l'ombre d'une couronne, tandis que le jeune Conradin grandissait dans l'oubli.

Le pape ne revendique le droit de prononcer entre les deux compétiteurs que pour n’en point user, Alphonse X de Castille ne mit jamais le pied dans l'empire et mérila peutêtre ainsi le nom de Sage. Il se contenta de faire soutenir son droit devant le tribunal pontifical sans rien obtenir d'ailleurs. Richard de Cornouailles vint se faire couronner solennellement, le 17 mai, avec sa femme à Cologne. Il y répandit l'argent, y signa maints privilèges ; il remonta le Rhin jusqu'à Bâle, mais s'en retourna en Angleterre, quand l'argent lui manqua. Les princes et les cités n'invoquèrent parfois l'un des deux souverains que pour couvrir d'une apparence légale leurs usurpations sur les droits régaliens et les biens d'empire, engloutis dans le naufrage général. La dernière fois que le prince anglais parut en Allemagne, il songea moins, dans une diète tenue à Worms, à y rétablir Ja paix publique, qu'à célébrer ses nouvellesnoces au château impérial de Kaiserslautern (1269) avec sa fiancée Béatrice de Falkenstein, pour laquelle il s'était épris, déjà âgé, d'une passion de jeune homme ; de relour en Angleterre, il mourait deux années après d'une atlaque d'apoplexie (1274).

Le nouveau roi de Sicile, Manfred, heureux d'avoir au moins à son profit gardé une partie de l'héritage des Hohenstaufen, ne manifestail aucune ambilion pour la couronne impériale dont il avait appris à connaître la vanité. Il se dés intéressait de l'Allemagne comme celle-ci se désintéressait de lui. Mais il y avait une partie de l'héritage de Frédéric 1 à laquelle Manfred ne pouvait se soustraire ; c'était la haïne pontiticale, Poursuivi comme son père par l’anathème et l'excommunication d'Alexandre IV, comme un « Sultan et

Page 1