MORT DE PHILIPPE DE SOUABE
mettait de reconnaître en | 1: li Souabe et de le couronner solennellement quand il viendrait à Rome.
Malgréces négociations très avancées, on semblait se préparér à une dernière lutte dans laquelle l'un ou l'autre eût succombé (non sine alterius exterminio terminari). Philippe, dans les diètes d'Aix-la-Chapelle et de Bamberg, en mars eten avril, rassemblait ses contingents de chevaliers et d'hommes, et donnait rendez-vous à ses partisans du Nord, de la Saxe, du Brandebourg, de l'évêché de Brême, à Quedlimhourg:il comptait sur l'arrivée des secours toujours funestes à l'Allemagne des Bohémiens et des Hongrois. Otton IV de son côté, s'était fortifié dans ses châteaux ; il avait obtenu de Waldemar de Danemark une promesse de secours et jurait de mourir dans Brunswick. La mort tragique de Philippe interrompit tout à coup les négociations diplomatiques et lesappréts de guerre.
Philippe de Souabe tenait à Bamberg une grande cour (curiam celebrem) depuis la Pentecôte. Il venait d'y marier sa nièce Béatrix, comtesse palatine de Bourgogne, avec le duc dé Méran (17 juin), et, après les avoir accompagnés un bout de chemin, il était rentré dans le palais de l'archevèque. I s'était fait saigner et mis au lit. L'évêque de Spire, Conrad, son chancelier, et son chambellan étaient seuls auprès de lui. A rois heures, le comte palatin de Bavière, Olton de Wittesbach, entre dans le palais, accompagné de quelques hommes armés, A la porte de la chambre du roi, ilfrappe, et sur la réponse donnée d'entrer, il pénètre, brandissant son épée nue à la main. « C'était une des manières habituelles de ce grossier seigneur. » Le roi lui dit pour cette fois de cesser ce jeu : « Ce n'est point un jeu aujourd’hui! » s'écrie aussitôt le palatin, et, se précipitant sur lui, il lui donne de son épée dans la gorge. Philippe se redresse, chancelle et